Journal des penchants du roseau

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vendredi 27 janvier 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Staccato

Couverture Staccato 1

Chers lecteurs de Staccato de Michel Gros Dumaine, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

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Staccato, "piqué" et "détaché", donc, à tous les sens: "une suite d'instants", une forme "syncopée" au rythme des saisons de la mémoire, un phrasé souvent heurté, où chaque parcelle de phrase résonne et dit la discontinuité d'une vieille vie qui s'effiloche, un passé qui apparaît par bribes et dont il faudra bien se détacher.

C'est brillant - parfois trop. Je veux dire: les courtes biographies qui associent systématiquement avec malice petite et grande Histoires, tous les thèmes qui s'orchestrent avec une parfaite minutie, la blancheur de la maison dans les ouvertures, les larmes qui reviennent dans les clôtures, certes tout cela est impliqué par les réminiscences en spirale de Simon-l'homme-immobilisé, mais - à mon goût- trop visiblement en place, à leur place exacte. (tout comme les messages du caveau familial qui apparaissent très (trop?) logiquement juste avant la dernière partie, l'hivernale...)

A la lecture, des interférences troublantes, plaisantes, voulues ou non par l'auteur je l'ignore: par exemple le début du "Printemps" fourmille de détails qui renvoient à "L'Orphelinat" de Bayona, film hautement psychanalytique (le prénom: Simon, 1-2-3 soleil, enfances vouées à la disparition, grande maison solitaire au bord de la mer...); ou encore les brefs récits de vie, très réussis, par leurs lacunes même, qui semblent se situer entre "Souvenirs pieux" de Yourcenar et "Vies minuscules" de Michon (cf les 4 belles lignes consacrées au modeste Clotaire)...

Bref encore une oeuvre maîtrisée, émouvante, profonde, malgré mes quelques réserves.

Marc Sefaris

(ce Retour de lecture de Marc fut fait sur Scryf à partir du manuscrit de Staccato déposé là-bas par Michel, il y est d'ailleurs toujours consultable)

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« (...) « Staccato » est un terme employé en musique. Michel Gros Dumaine explique que les contenus de la mémoire, atteinte par la maladie d'Alzheimer, jaillissent par des à-coups non liés comme les notes de musique jouées staccato. La musique est très présente dans « Staccato » puisque l'auteur utilise les quatre saisons comme les quatre temps de la vie (l'enfance, la jeunesse, l'âge mûr et la vieillesse) et qu'il entame chacune d'entre elles dans une relation avec la musique. »

Georges Coffre, Sud-Ouest lire l'article en entier

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Quel livre magnifique ! Je viens juste de le terminer, pleine d'admiration et d'émotion. Vers la fin, je me suis dit "J'avais besoin de ce livre". Je ne sais pas encore pourquoi.Ces phrases minuscules au début, qui se dilatent, s'élargissent progressivement au long du texte (en omettant les Traces de mémoire) jusqu'à une fin presque lyrique, cette voix du narrateur, calme, implacable, cette retenue et ce contrôle ! J'admire (autant que je puisse admirer un écrivain).

Gabrielle Ostoya

(ce Retour de lecture de Gabrielle fut fait sur Scryf à partir du manuscrit de Staccato déposé là-bas par Michel, il y est d'ailleurs toujours consultable)

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« Et le voilà dans la peau de Simon posant sur le papier ses jaillissements de mémoire. Les phrases arrivent avec la force de l'éclair traversant le cerveau de Simon et se posent comme des sculptures, images de souvenirs intimes et inachevés. Simon se répand sur sa jeunesse avec lucidité et nostalgie et s'écorche sur son présent imprécis fugitif et anxieux. On est pris par le rythme, par la richesse des images et des mots, par la souffrance de cet homme qui ne peut faire partager sa lucidité intérieure. Alzheimer. Alzheimer oui mais avec une vie affective qui nous réhabilite avec le patient. Et nous suivons l'homme sur son chemin où chaque caillou le déroute inlassablement et il continue à avoir inlassablement des fulgurances de mémoire que l'auteur traite par saccades aussi riches en vocabulaire que violentes dans l'action. Staccato livre bien nommé et qui nous électrise autant qu'il nous fait suivre, en paix, Simon vers ses "lieux incertains de l'oubli". Un hymne staccato à la gloire de toute trace de vie »

Jean Lasaires, Charente Libre lire l'article en entier

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Fini en à peine 2 heures intenses, ce livre est juste magnifique.
Il va pour moi crescendo dans les abîmes inexplorées de la déchéance mentale de Simon en transposant ses flashs sur la vie de l'auteur.
Dans sa construction, dans son style, dans son intensité, dans son humanité et dans sa sensibilité, ce roman est une pure merveille dans laquelle chacun peut se projeter par bribes.
J'ajoute qu'il ne manque pas d'un certain engagement sur les idéaux, d'amour, d'humour aussi, bref j'ai adoré.
Merci Michel.

Laurent Garlin (copie d'un commentaire ci-dessous)

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Dans Staccato j’y suis. Dedans, tout de suite. Il y a un état d’écriture, une humeur, un rythme dans votre Staccato. Une simplicité aussi. Je trouve que l’érudition souvent tue l’émotion. Et puis, c’est toujours désagréable d’être pris en flag de bêtise ou d’inculture.

Dans Staccato la forme épouse le fond. On ne me dit pas, on me fait vivre. Je suis dans la mémoire chaotique de Simon. L’écriture ne raconte pas, elle fait ressentir. J’ai eu froid de solitude dans ce canapé et chaud d’enfance auprès de la forge de l’arrière-grand-père.

Quand vous écrivez « Simon a faim », j’ai senti tous les Simon dans cette faim, l’enfant, l’adolescent, le vieillard.

J’ai BEAUCOUP aimé l’alternance des styles. Avec les Traces de mémoire, vous donnez à ressentir ce que fut la pensée de Simon quand il était dans la force et l’intelligence de l’âge. Tout comme vous dressez avec humour parfois (agréable contrepoint à la dérive du Simon en fin vie) les portraits de ses ancêtres.

J’aime bien cette mémoire accrochée toujours à cette même image qui revient, lancinante, inlassablement « Elle est seule posée sur la plage… »
Il y a des choses superbes de poésie et de simplicité :
« Son horizon, courbé, esquisse la rondeur du monde. »
« C’est l’heure du calme. Des pensées fuyantes, inutiles. Impossibles à retenir. »
« Du temps en vrac. Du temps qui détruit la mémoire. Qui fatigue Simon. Du temps étranger. »
« Simon ouvre les yeux qui regardent son rêve » et tant d’autres !

Staccato est maîtrisé et bouleversant.

Chantal Malignon écrivain.

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mercredi 25 janvier 2012

Poëme à Di de Nourit Masson-Sékiné

Nourit nous propose une nouvelle édition de Poëme à Di, imprimée cette fois à cent exemplaires numérotés par ses soins et de belle manière.

Poëme à DI

Son contenu est librement feuilletable (!) à l'adresse ci-dessus. En voici l'ouverture :

Ouverture

Je me demandais ce jour, amour aux mille têtes : sommes-nous l’œuvre l’un de l’autre ? Qu’ai-je fait de toi, qu’as-tu fait de moi – simultanément.
Œuvre de formes, de sons, de fragrances, fais-tu poids et transportes-tu à la fois ?

Globalité d’une œuvre tourmentée
travaillée par la fermentation d’une alchimie
qui graduellement polit
le cristal de l’Un-fini

Si les visages changent, le corps de l’amour n’est-il pas toujours le même ?
La grande histoire, au tain des petites réunies, se poursuit au-delà d’elle-même et tous les êtres à l’inouï, en un seul, nous entraînent.
A-t-on jamais vu le feu originel s’épuiser aux mille flammes qu’inlassablement il nourrit ?
Est-ce pourquoi ainsi Poëme à Di me vient, sans pluriel, et fouille dans la Mort même que l’Amour interpelle.
Ringard Amour, ringards mots d’amour, mais que sait-on de ce tiers qui, de pile et de face, fait et défait de tout temps ces guerres duelles comme individuelles ?
Ainsi, à mort, amour, à vie, s’essaye.
Toujours.

Nourit Masson-Sékiné in Poëme à Di.

mardi 24 janvier 2012

Bienvenue aux lecteurs

Étude, Frédéric Leighton

« Le propre des grands livres est que chaque lecteur en est l'auteur. »

Amélie Nothomb.

(à suivre)

Image31ter lecteurs

Bulletin des penchants du roseau & son catalogue des livres disponibles (non mis à jour)

(Étude, Frederic Leighton)

dimanche 22 janvier 2012

À l'autre bout du rêve de Nat Renard

On se souvient de cet homme aux cheveux crépus, les yeux mobiles et ardents ; une fois l'an il venait – d'où ? jamais nous ne le sûmes – nous conter des histoires extraordinaires. Elles étaient empruntées à diverses mythologies, ces légendes vivantes parce que colportées, d'origines grecques, latines, sémites, nordiques et autres encore. Une fois nous fûmes distraits, bruyants, il abrégea l'histoire, la maintint en suspens jusqu'à l'année suivante. Nous attendîmes une année, mais la suite ne vint pas, l'histoire s'était transformée par l'oubli de l'incident. Nous n'avions pas oublié pourtant. Même aujourd'hui.

C'était un fameux conteur, quelques gestes, un regard, mais surtout un texte, une voix. Comme une mélopée où une répétition légèrement décalée précise mieux sans alourdir le trait. Ici ou là, un mot étrange, celui que nous ne comprenions pas, mais pourquoi essayer alors qu'il nous suffisait de le contempler, et conserver en nous ce voile, celui du mystère. Il s'agissait souvent de naissance, celle du monde, le nôtre, la nôtre. Et quand l'homme ramassait les étoiles, il les cueillait du bout des doigts avec le souffle de sa bouche. Leur scintillement mouché les rétrécissait à les rendre palpables, vivantes, comme la naissance l'est. Cette naissance nous poursuit alors qu'elle nous précède. Les contes se jouent de la flèche du temps, de son sens, qu'ils légendent le verbe, l'œuf ou aujourd'hui le grand bang, ils nous apprennent nous-même, nous avant et nous aussi.

C'est Nat Renard et son À l'autre bout du rêve qui nous ont rappelé cet homme, puis bien plus tard la petite voix de l'enfant qui découvrant les montagnes, alors que nos mains se poignaient, demanda : « qui a fait tout ça ? » et nous de promettre de lui répondre, un jour, par une brassée de contes. Ceux qui accompagneront ses rêves, l'essentiel de sa vie.

Ah oui ! Vous parler de À l'autre bout du rêve ? Bonne idée... Quand vous l'aurez lu. Non mais !

vendredi 20 janvier 2012

Staccato : première invitation à Neuvicq

Château de Neuvicq

L’association pour la mise en valeur et l'animation du château et de son site est heureuse de vous inviter samedi 21 janvier 2012 à 15 heures, salle boisée du château, 17490 Neuvicq-le-Château, à la première présentation publique du livre de Michel Gros Dumaine : Staccato publié par les éditions les penchants du roseau.

Michel Gros Dumaine est « un enfant de Neuvicq », arrière petit-fils du maréchal-ferrant Oscar Martineau (1874-1953) et de son épouse Maria (1879-1959).

Son roman raconte l’histoire d’un homme touché par la maladie d’Alzheimer dont les souvenirs d’enfance se déroulent dans notre village.

Des tableaux réalisés par Jean-Paul Ingrand « Étude d’atmosphère pour Staccato » seront exposés.

Entrée gratuite

jeudi 19 janvier 2012

Un courrier qui fait plaisir

En ouvrant son courrier on éprouve parfois un vif plaisir à le lire. Celui d'Anne, reçu en début d'année, concerne les penchants du roseau ; avec son accord, je vous le fais partager & le plaisir aussi.

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« (...) Je souhaitais venir vous donner mes impressions, après lecture des ouvrages, mais je « navigue » entre le Québec et Saint-Malo.
(...) je tiens à vous dire que j'aime vraiment la texture du papier et le format. Vous éditez des ouvrages de qualité et c'est très agréable de compulser vos livres.

Concernant le contenu j'ai beaucoup aimé L'Homme qui plantait des arbres. Magnifique et tellement rafraîchissant que cet homme qui, en toute simplicité, sans « flon-flon » soigne et aide la terre, notre terre des hommes, à vivre et à s'enrichir grâce à des gestes simples mais grandioses en même temps. Merveilleux vraiment.

J'aime le style des poèmes de Padrig Moazon peut-être parce que je suis une fille de la mer, une fille du vent, une voyageuse dans ma jeunesse qui a adoré la Mer Rouge et l'Océan Indien. Ses formules concernant la nuit sont d'une grande poésie. Bleu Terre, le seul titre me plaît déjà. Les textes ont trouvé accord avec mon esprit et ma façon de penser. Je suis heureuse de ce choix qui m'a été imposé par les titres avant les auteurs que j 'ai eu le bonheur, grâce à vous, de rencontrer au fil des pages. J'ai été moins séduite par Infinis paysages, cependant quelques poèmes m'ont été droit au cœur dont Croquis Marin de Stanislas Fleury , Un chat de Dzovinar et Là-bas de Fanie Vincent. J'ai été surprise par La Chèvre Jaune dont j'ai apprécié la lecture au fur et à mesure que ma lecture avançait.

Christian, en conclusion, j'aime profondément Les Penchants du Roseau. Une de mes résolutions de l'an nouveau est d'aller faire un petit tour chez vous pour rencontrer l'éditeur que vous êtes. (...) »

Anne

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À bientôt, Anne, et merci.

Hic, rogo, non furor est, ne moriare, mori ?

Saint-Aubin-du-Cormier

mercredi 18 janvier 2012

Ce soir

Je ne parlerai ni de Staccato, ni de Peaux de papier, ni d'Un jour de grosse lune, ni des Conards de Rouen, ni de Descriptions, ni de Bankster, ni du Souvenir de personne, ni de L'Homme qui plantait des arbres, ni d'Infinis paysages, ni de Scènes étranges d'une enfance de garçon, ni d'Instants tannés, ni de Retours difficiles, ni de La Chèvre jaune, ni de Dangereuse expédition, ni de Mémoires du cargo, ni de Bleu Terre, ni de leurs auteurs.

Ce soir non, mais demain sans doute & d'autres encore.

(ça y est, l'apprenti débloque)

mardi 17 janvier 2012

« Marie Eye Liner » de Yasmina H. pour A.

Marie Eye Liner

Icône glacée
Femme adrénaline
Les bas-ventres affamés de ces chiens
Crient ton nom

Ô Marie Eye Liner
Cesse de pleurer

Toi, si adulée
Acidulée
Rondeur platine sur cheval désaxé
Croupe offerte aux loups enragés

Ô Marie Eye Liner
Cesse de pleurer

Corps praline
Au cœur de porcelaine
Brisé sous le joug
De ces sculpteurs cupides

Ô Marie Eye Liner
A Cessé de pleurer

Peaux de papier, Yasmina Teterel

Encore, Babette pub

Babette, vous vous souvenez de Babette et ses boules :

LES BOULES

J'ai les boules, t'es pas là
J'ai les boules, j't'en veux pas
J'ai les boules, j'pense à toi
J'ai les boules, t'en fais pas
J'ai les boules, j'm'ennuie pas
J'ai les boules de Geisha!

Eh bien Babette a sorti un recueil cet automne : Encore, il sera chroniqué dans l'émission « Pluriel » animée par Gabriel Aubert de Radio Rennes (100.8 MHz), vendredi 20 janvier à partir de 10 h 10 et de 23 h10 : « Dans la chronique 'L'instant érotique' : Encore, un recueil de poésie coquine de Bernadette Guillouët. »

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