Journal des penchants du roseau

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lundi 24 février 2014

La littérature est impuissante

Si la littérature interroge, comme le fait si finement Tout pour Titou de Violaine Bérot - nous en reparlerons un autre jour -, si elle peut éviter une exaltation soudaine et dérisoire à un fait, un acte ou une simple rumeur. Elle n'arme en rien et n'offre aucune réponse. Elle n'habille pas et c'est tant mieux. Reste le nu de la vie, toujours.

Dans ce charmant bourg de Saint-Aubin-du-Cormier où les salutations sont chaleureuses la plupart du temps. Un homme, un très vieil homme - né en 1917 ou 1918, une espérance ? - fut secoué hier, à l'aube-vitre-fracassée, par trois cagoulés.

Les faibles toujours, pour trois sous.

C'est triste.

(image : À la porte de l'éternité, Vincent van Gogh, 1890)

jeudi 17 janvier 2013

En attendant Tisane de thym au jardin d'hiver de Carmen Pennarun

La Légion d’honneur et autres distinctions

Pierre Larousse (1817–1875) explique dans Le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle que la Révolution avait supprimé tous les ordres de chevalerie, mais Bonaparte proposa, en 1801, la création d’un ordre de chevalerie, la Légion d’honneur.

Cette proposition souleva une vive opposition. Le futur empereur répliqua : « On appelle cela des hochets, eh bien, c’est avec des hochets qu’on mène le monde ! »

Ainsi, à la rubrique « décoration », l’illustre encyclopédiste narre cette anecdote : le compositeur Spontini (1774–1851) aimait se montrer, paré de nombreuses décorations. Il les portait à une fête musicale. Comme un homme de l’orchestre s’écriait : « Sa poitrine est constellée de croix et Mozart n’en avait pas ! », l’auteur de La Vestale se retourna et lança, plein d’esprit : « Mozart pouvait s’en passer. »

L’homme le plus décoré au monde fut le duc de Saldanha, grand maréchal de la noblesse du Portugal. Arrivant à une réception au palais, la poitrine littéralement cachée sous les décorations, un marquis l’apostropha en lui témoignant sa stupéfaction. Le maréchal lui répondit avec bonhomie : « J’en ai encore à la maison ! »

Le Grand Dictionnaire universel précise, cependant, qu’en 1866, il n’y a, en France, qu’un décoré de la Légion d’honneur pour cent soixante-six individus majeurs, soit un médaillé pour mille hectares, alors qu’en Belgique, qui se révèle le peuple le plus décoré de la terre, il y a une personne sur soixante qui porte le ruban de l’ordre de Léopold, soit un homme pour soixante-six hectares !

À la fin du siècle, Alphonse Allais (1854–1905) s’immisce dans le débat, en souhaitant qu’une loi intervienne aux termes de laquelle tout haut dignitaire de la Légion d’honneur ne pourrait plus jamais être cocu !

Simultanément, le célèbre humoriste suggère au gouvernement « d’octroyer aux hommes toutes les décorations à leur naissance, mais de leur ôter au fur et à mesure qu’ils commettraient des bêtises ! »

Le mot de la fin n’appartient-il pas à un autre grand Normand qui, par son œuvre, a montré qu’il connaissait les qualités et les faiblesses humaines. En effet, Gustave Flaubert (1821–1880) note dans le Dictionnaire des idées reçues : « Légion d’honneur : la blaguer mais la convoiter. Quand on l’obtient, toujours dire qu’on ne l’a pas demandée. »

JD

dimanche 16 décembre 2012

Une sixième ampoule est allumée

« Dans ce numéro, vingt textes et onze illustrations à découvrir sur le thème des machines et des inventions.

(de) Raymond Penblanc, M-Rose Cornu, Christian Jannone, Philippe Sarr, Sébastien Marcheteau, Arthur-Louis Cingualte, Romain Giordan, Christian Attard, François Cosmos, Alain Lasverne, Marc Laumonier, Yokshares, Marianne Desroziers, Serge Cazenave-Sarkis, Édouard.k.Dive, Catherine Bédarida, Jacques Cauda, Benoît Patris, Georgie de Saint-Maur, Antonella Fiori, Philippe Choffat, See Real, Chris Simon, Marlène Tissot, Florence Dupin, Diane Comte Frost, Natacha Gréget, Hugues Breton, Marray, Julie Garnier, Gilbert K. et Kowalski. »

Pour accéder à sa lecture et voir le diaporama des illustrations, rendez-vous sur le site des éditions de l'Abat-jour.

dimanche 23 septembre 2012

« Les « autres » éditeurs »

« (...) Quid des autres, qui n’ont pas encore atteint les projecteurs des tirages à 5 000 exemplaires et plus ? Sans rentrer dans une caricature grand éditeur = méchant et inintéressant éditeur, je m’interroge sur le sort de ces éditeurs qui se font les vifs passeurs d’une littérature vivante, vibrante – je n’ose dire exigeante, de peur d’en faire fuir certains : et pourtant… la littérature qui m’importe est celle qui exige, au sens étymologique, qui me pousse hors de mes repères confortables-, ces éditeurs qui, à travers leurs publications, défendent l’idée du lire –plus importante, à mes yeux, que celle du livre et de son éventuel format, même si je demeure une grande amoureuse du papier -, ces éditeurs dont je souhaiterais la pleine mise en avant… (...) »

extrait de Les « autres » éditeurs , De LItteris.

(à noter que De Litteris a écrit cette critique de Lisières de Marianne Desroziers).

jeudi 13 septembre 2012

Le vendredi 14 septembre à Saint-Aubin-du-Cormier

« Anniversaire du Bardac, adieux à Philippe,

C’était un anniversaire, ce sera surtout la présence de Philippe dans les pensées de chacun pour cette soirée toute particulière. Aussi, rendez vous au Bardac pour un « Concert Baluche » à 20 h, histoire de se retrouver, danser, jouer, chanter peut-être, faire ce que bon vous semble, mais surtout partager. Pensez à amener un truc à manger. Faites suivre. »

Thierry

samedi 8 septembre 2012

Une pensée pour Philippe, Philippe Tual

...Ses enfants, sa femme et ses amis aussi.

Et de relire ce passage écrit par Jean-Pierre, où il est question de son âne Gaston.

Promis, nous ferons pleurer les guitares.

À bientôt, sans doute.

Christian.

Un cormier

mercredi 30 mai 2012

En attendant Lisières, résidence à Saint-Germain-sur-Ille

(juste à l'instant je m'aperçois que l'accueil des penchants est blanc, une panne, elle durera le temps qu'il faudra)

Lisières de Marianne Desroziers sera publié vendredi 1er juin. En attendant ce jour, je vais faire deux pub, voici la première :

Un petit extrait d'Homère

« Payez-moi le prix promis, et je chanterai, braves potiers. Écoute, ô Pallas ! et d'un bras tout-puissant protége leur four. Que les coupes et tous les vases sacrés noircissent bien ; que la cuisson réussisse bien, et que leur travail leur apporte et l'honneur et la richesse, soit qu'ils vendent leurs articles au marché ou dans les rues. Puisse aucune contestation s'élever entrc eux et moi ! Mais, potiers, si, avec un front éhonté, vous manquez à vos promesses, puissent tous les maux se réunir sur vos têtes pour venger mon affront. Accourez, Syntrips, Smaragdus, Sabactes et Asbetus. Accourez surtout, Amodamus, avec vos punitions les plus sévères. Que l'incendie dévore vos maisons et tout ce qu'elles renferment ! Lamentez-vous en vain, tandis que le désordre ruinera tout le travail de vos mains. Que votre four retentisse du bruit semblable à celui d'un cheval dévorant son avoine, pendant ce temps que vos pots, vos coupes et vos cruches se brisent et se cassent. Accours aussi, fille du soleil, Circé la sorcière, et avec tes drogues empoisonne potiers et poteries. Viens aussi, Chiron, avec toute ta troupe de centaures, tant ceux qui ont succombé sous la massue d'Hercule, que ceux qui s'y sont soustraits ; venez tous, et sous vos pieds réduisez en poussière tout le travail de ces potiers infidèles. Que leur cheminée s'écroule ! Qu'ils voient de leurs yeux et en se désolant la ruine de leur art, tandis que je me réjouirai de leur infortune ; et si un seul potier s'incline pour regarder dans le four, puisse la flamme s'en élancer et lui brûler les yeux, afin que le monde applaudisse à la peine de ceux qui manquent a l'équité et a la bonne foi ! »

Ode, Homère. trad. angl. Cowper, trad. fr. d'Armaillé et Salvetat (1866).

JoG sera en résidence les vendredis, samedis et dimanches du moi de juin à Saint-Germain-sur-Ille en surplomb du canal d'Ille-Rance. Si vous aimez mettre la main à la terre ou êtes plus contemplatifs n'hésitez pas à toquer à sa porte. Le nez à la vitrine ne suffit pas.

samedi 24 septembre 2011

Cot cot & Bococo versus Glon & Couic, suite et ouverture

Pour ceux qui n'auraient pas suivi, le premier épisode se trouve ici. J'y précisais dans un commentaire : « En général, je signe assez peu, parce qu'il y a disproportion entre une réalité à combattre et le poids d'un paraphe griffonné à la va-vite qui, au mieux, n'est que l'expression de "bons sentiments", les pires. Ici ce n'est pas le cas. Cette plainte contre un clown et son expression - ici assez mesurée - devrait pouvoir être assez facilement neutralisée par quelques dizaines de milliers de signatures. Le poulailler, lui... il y a des forces bien plus considérables derrière. »

J'ai le plaisir de vous annoncer que ces quelques paraphes accompagnant la détermination de notre clown ne furent pas vains. Voici ce qu'il nous écrit (vous noterez l'appel à textes à la fin de son courrier) :

« Merci aux courageux qui se sont engagés à partager mon sort en cas de poursuites. J’ai déposé vos signatures (4.033 + 17 arrivés depuis, dont les ¾ par Cybéracteurs) au parquet de St Brieuc jeudi matin. Dès vendredi, j’avais dans ma boîte aux lettres un avis du Procureur, pourtant silencieux depuis trois mois, m’annonçant que la plainte du maire de Glomel à mon encontre était classée sans suite, car « l’infraction ne paraît pas suffisamment constituée ou caractérisée, l’enquête n’ayant pas permis de rassembler des preuves suffisantes ».

À travers cette affaire, notre droit d’expression était en jeu. Il n’est pas question que ce lobby agricole mafieux joue sur la peur pour nous contraindre au silence.

Suite littéraire

Certains signataires m’ont adressé copie de lettres d’indignation adressées au maire de Glomel (j’en ai mis une sur mon site). Une idée nous est venue : l’association BAGNE se propose d’organiser une soirée « Lettre au maire », début 2012, pour les lire en public. Le concours littéraire est ouvert. Le destinataire imaginaire peut être le maire de Glomel, (à propos de ce poulailler sur la Tranchée et de sa plainte contre moi), mais votre lettre peut aussi concerner un autre maire et un autre sujet d’indignation. Une page, pas plus (dans les 3000 signes).

Écrivains amateurs ou professionnels à vos plumes ! Lettres à adresser à Jean Kergrist Penvern Vras 22110 GLOMEL ou par courriel - kergrist@orange.fr - * (inutile de l’adresser au maire de Glomel que je n’ai nullement intention de harceler. La baffe du procureur est, pour l’instant, largement suffisante).

Et, en souvenir de Fouesnant, dimanche dernier :
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=23220 »

Jean Kergrist

mardi 20 septembre 2011

À Saint-Aubin-du-Cormier, bienvenue chez vous.

Un cormier

C'est donc ainsi.

On s'installe dans une petite ville, non loin de son étang, on est charmé par l'accueil. Il est, à force d'habitudes – parce que nous sommes aux Marches –, devenu spontané chez les personnes qui vivent ce lieu. Nous sommes tous de passage, nous le savons. Certains depuis quelques générations, d'autres – comme cet apprenti libraire – depuis une année. Nous savons vite qu'ici l'entraide, l'échange sans souci d'un retour, est vivante, évidente. Elle accompagne ces bonjours qui rythment nos pas sans même savoir vraiment à qui nous les adressons. Juste dire par un hochement de tête, un sourire, une mimique ou un claquement sonore que nous ne sommes pas les ombres d'un décor où il faudrait se fondre et s'enfouir. Oh ! Rien d'idyllique : nous avons nos bisbilles et nos fronts froncés aussi, quelques esclandres qui habillent nos tragédies intimes lorsque le chant mue. Mais il y fait bon vivre, avec mesure : nous jouissons de ce luxe là.

Et puis voilà. Voilà que ce qui nous est profondément étranger nous rattrape. Une mécanique politique, administrative & judiciaire, mais surtout anonyme et étrangère, décide d'extirper de cette petite ville – leur lieu d'accueil et de vie – deux enfants, leur père et leur mère. De les enfermer quelques jours, semaines ou mois dans un centre dit de rétention – prison administrative – dans le but de les bannir du territoire qu'ils avaient choisi pour les exiler dans celui qu'ils fuyaient.

Ils habitaient, jusqu'à ce lundi 19 septembre où la gendarmerie frappa à leur porte, à deux pas de chez moi, rue du Bourg au Loup. Leur tort ? Vouloir et vivre ici ; accompagner leurs bonjours d'une timide mimique.

Et ce sentiment de honte qui empêche d'agir – tellement la mécanique froide semble incontrôlable : appliquer ces consignes de lutte de tous contre tous –, et pourtant ne pas y céder parce qu'elle nous est étrangère. Essayer d'agir pour que ces quatre personnes reviennent ici, chez eux et qu'ils puissent retrouver le sourire malgré cet effroyable et – Oh combien ordinaire ! - traumatisme.

À bientôt donc Sydney, Elohin, Mme Diatezua, M. M'Bimba, et bienvenue - ici - chez vous. Chez nous.

Christian Domec. 9 rue du Bourg au Loup, 35140 Saint-Aubin-du-Cormier

PS : je l'ai appris comme ça, aujourd'hui :

« À St Aubin du Cormier, chez nous, rue du Bourg au Loup, hier, à 8h du matin, au moment du départ à l'école, les gendarmes ont encerclé une maison, arrêté une famille (père, mère, deux jeunes enfants (5 ans et 2 ans)) pour les enfermer dans un centre de rétention.

Arrêter des petits enfants et les enfermer ça me trouble toujours un peu ...

Leur faute : ne pas vouloir retourner dans la misère de leur pays.

Hier soir une réunion d'information a eu lieu. Objectivement ces personnes semblent bien ordinaires (au bon sens du terme), ne mettent en aucun cas l'ordre public en péril.

Je voulais vous en informer.»

Yves Le Roux

« Sydney est un élève de G.S. (maternelle) de l'école Alix de Bretagne. Originaires du Congo, ses parents ont demandé en 2008 l'asile à la France, qui le leur a refusé mais les a laissés vivre depuis 3 ans à St-Aubin-du-Cormier. Lundi matin, à 8h, alors qu'ils se préparaient à venir à l'école, les gendarmes ont cerné la maison où ils habitaient pour les emmener en Centre de Rétention à St-Jacques-de-la-Lande. Ils risquent d'y passer plus d'un mois, et risquent au bout du compte le renvoi dans leur pays, ravagé pourtant par les conflits armés et la pauvreté.

Lundi soir, un collectif de soutien a vu le jour à St-Aubin-du-Cormier pour défendre la vie de cette famille et le retour de Sydney auprès de ses copains à l'école.

Rassemblement mercredi à 14h place de la mairie à Saint-Aubin-du-Cormier
Audience publique mercredi à 15h30 au Tribunal Administratif de Rennes (3 Contour de la Motte) »

K.

« Une famille originaire de la République Démocratique du Congo a été interpelée, ce matin à son domicile, à Saint-Aubin-du-Cormier, entre Rennes et Fougères. La femme, enceinte de plusieurs mois, a été conduite avec son compagnon, ainsi que leurs deux enfants, âgés de cinq ans et d’un an et demi, au centre de rétention administrative Saint-Jacques-de-la-Lande. L’aîné des deux enfants est scolarisé à l’école maternelle Alix-de-Bretagne, à Saint-Aubin-du-Cormier. La famille était arrivée en France en 2008, où elle a fait une demande d’asile. Celle-ci a été rejetée en novembre 2009. En juillet dernier, elle avait reçu une obligation de quitter le territoire français. »

Ouest-France

samedi 17 septembre 2011

Que lit-elle ? Qu'écoutent-elles ?

Contes de la Jungle

Jungle Tales, James Jebusa Shannon, 1895.

Merci à Ariane G. pour la remembrance.

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