Journal des penchants du roseau

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mercredi 24 février 2016

Quant à l’Orthographe, i’ay plus ſuyuy le commun, & antiq’vſaige, que la Raiſon

pétales

(préface des Conards de Rouen, éd. les penchants du roseau, 2009)

Un frémissement

Il semble venir de l’ouest ce vent, il souffle, annonce l’humidité. Pourtant, on ne le nomme pas. Il fait se pencher le roseau – comme s’il saluait pour la première fois –, le distrait de sa fragilité. Il vient de loin, la proche renaissance, dit-on, vernis commode pour tracer une frontière temporelle artificielle. De son souffle il rappelle timidement ce que l’on étouffe au son des fifres et des tambours. Oubliés les Conards, ceux de Rouen ? Presque. Et pourtant, à mesure que nos doigts impriment ces caractères, on nous annonce une rumeur : ils sortiraient lentement de l’ombre, toujours braillards, prêts à se moquer des dignitaires et surtout d’eux-mêmes.

Pas d’exégèse ici : convoquer simplement mais fermement, avec leurs habits, Nicolas Dugord et ses auteurs anonymes, Marc de Montifaud et ses hardiesses, Hervé Bréchet et ses goûts, en un curieux mélange apprenti, en souhaitant qu’il vous soit plaisant.

Leur langue, il serait stupide de la châtrer, en la traduisant, en l’affadissant pour – soi-disant – la mettre à votre portée. Notre parti pris est de la respecter dans ses accents aigus, tant pis pour les anciens et les modernes et leur querelle éternelle. Quelques corrections furent tentées avec pour écho lointain cet avertissement de Du Bellay, in La Deffence et Illuſtration de la Langue Françoyſe, éd. 1549 : « Quant à l’Orthographe, i’ay plus ſuyuy le commun, & antiq’vſaige, que la Raiſon : d’autãt que cete nouuelle (mais legitime à mon iugement) facon d’ecrire eſt ſi mal receue en beaucoup de lieux, que la nouueauté d’icelle euſt peu rendre l’Oeuure non gueres de ſoy recommendable, mal plaiſant, voyre contemptible aux Lecteurs. Quand aux fautes, qui ſe pouroint trouuer en l’impreſsiõ, comme de lettres trãſpoſées, omiſes, ou ſuperflues, la premiere Edition les excuſera, & la diſcretion du Lecteur Scauant, qui ne ſ’arreſtera à ſi petites choſes . A Dieu, Amy Lecteur. »

Ami lecteur, nous vous avons soulagé des fameuses notes de bas de page ainsi que d’une orientation bibliographique par peur d’alourdir le corps de ce livre. Ce choix ne nous convient pas. Nous tenterons de nous en excuser en les rédigeant, à mesure de vos observations, sur le site des penchants du roseau.

Ce livre, oui celui que vous avez entre les mains, est unique. Il n’est pas soumis à la loi des séries, même si, par respect pour le dépôt légal, son corpus est commun à un autre. C’est le Xième exemplaire de l’édition des Conards de Rouen, il porte l’étrange code : XXXXXXX que nous vous invitons à utiliser lorsque vous consulterez notre site : http://domec.net/. À bientôt.

Un apprenti libraire.

samedi 17 octobre 2015

« Autopsie du paysage » de Padrig Moazon

« Sont interdits :

La pêche à pied des coquillages, le ramassage des galets,
la promenade des chiens même tenus en laisse,
la cigarette sur le sable
et la baignade non surveillée.

Sont autorisés :

Les tirs de missile,
les sous-marins nucléaires,
les nitrates et les pesticides,
le dragage du sable,
le clapage des boues,
les déchets flottants,
les pavillons de complaisance,
les chalutiers industriels
et le nettoyage des plages au bulldozer. »

Padrig Moazon in Autopsie du paysage, éd. Stellamaris, octobre 2015.

Autopsie du paysage de Padrig Moazon

Padrig Moazon vient donc de publier un nouveau recueil de poèmes dont le titre définit les contours et dévoile déjà le verbe. Le scalpel utilisé pour cette autopsie possède trois tranchants : « Passages », « Regards » et « Vaches », ce dernier n'étant pas le moins incisif pour décrire ces paysages froissés, ces territoires déménagés par l'activité humaine. La stupide métaphore du « regard bovin » en prend un sacré coup à l'avantage de nos tendres cousines.

Les lecteurs qui auront aimé Mémoires du cargo ou Une gorgée de cailloux seront comblés par la lecture de ce nouveau recueil. Les autres y trouveront une belle entrée dans l’œuvre - modeste - de Padrig Moazon.

Une première après-midi de rencontre avec l'auteur et de signature est prévue à la librairie L'Encre de Bretagne à Rennes le samedi 7 novembre à partir de 16h30.

vendredi 5 juin 2015

Ce 7 juin, des auteurs et des livres à Mézin et à Laillé

Si vous ne pouvez vous rendre au Bar d'à côté à Saint-Aubin-du-Cormier pour notre rencontre à fleur de zinc ce dimanche 7 juin, n'hésitez pas à visiter Mézin dans le Lot-et-Garonne ou Laillé en Ille-et-Vilaine : des auteurs et des livres vous y attendent.

Mézin : fête les écrivains avec Marianne Desroziers

Mézin

L'association Des livres et nous animée, en particulier, par Marianne Desroziers organise son premier festival littéraire à Mézin. Douze auteurs y sont invités : Marlène Tissot, Derek Munn, Serge Cazenave-Sarkis... Une documentation détaillée, prélude à ce festival, est présente sur un site dédié à celui-ci : http://mezinfetelesecrivains.blogspot.fr/

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Laillé : rencontre avec Carmen Pennarun

Laillé

C'est autour du livre Rose garden que la médiathèque de Laillé vous convie à rencontrer son auteur : Carmen Pennarun ses 6 et 7 juin.

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Belles découvertes et rencontres !

mardi 17 mars 2015

Le Barroso, en ses carnets, à Saint-Aubin-du-Cormier

Serge Prioul à la voix, Margaux Miossec à la harpe nous chanteront le Barroso à la médiathèque de Saint-Aubin-du-Cormier ce samedi 21 mars de 17 à 18 heures. Cette lecture poétique aura pour matière les Carnets du Barroso recueil de poèmes de Serge Prioul illustrés par Gérard Fourel et publiés par les éditions Vagamundo en 2014. Elle se poursuivra fin mars et en avril en ces lieux et dates :

  • vendredi 27 mars, de 20h30 à 21h30, à la bibliothèque d'Irodouër
  • vendredi 10 avril, de 18 à 19 heures, à la médiathèque de Châtillon-en-Vendelais
  • samedi 18 avril, de 16 à 17 heures, au café/concert le Coquelicot à Fougères

mardi 3 mars 2015

Élégie de Lampedusa à l'Encre de Bretagne

Denis Heudré, poète, présentera son Bleu naufrage, éd. La Sirène étoilée à la Librairie L'Encre de Bretagne à Rennes ce samedi 7 mars à partir de 16 heures. Il sera accompagné de son éditeur et non moins auteur Gilles Plazy.

À bientôt !

(Denis Heudré est aussi l'animateur du site Tout Rennes en poésie)

jeudi 22 janvier 2015

Et ta critique ?

Et ta critique ?

« Chroniqueur de haut vol, conférencier reconnu, polémiste de talent et membre emblématique de l’association à but lucratif Psychanalystes sans frontières, Georgie de Saint-Maur a un avis sur tout.

Il en fait la brillante démonstration dans cette nouvelle rubrique bimestrielle, dans laquelle il nous livrera ses analyses définitives sur les sujets les plus variés.

N’hésitez pas à exprimer dans les commentaires des articles votre admiration pour son travail, ou votre profonde désapprobation le cas échéant : sachez en tout cas qu’il se tient prêt à vous répondre. »

Ça se passe sur le site des éditions de l'Abat-jour et cela commence par Les phéromones de Blake et Mortimer (janvier/février 2015).

jeudi 19 juin 2014

Claude Bougeot et Louis Boullé à Orsenna ce dimanche 22 juin

Claude Bougeot qui insuffla vie à la bibliothèque de Châtillon-en-Vendelais, devenue médiathèque Erik Orsenna dédicacera son nouvel ouvrage Mots dits, mots tus... - recueil d'aphorismes illustré par Nono et édité par La Gidouille - en ce lieu : 14 place de l’Église, le dimanche 22 juin à 17 h. C'est toujours un plaisir de le rencontrer ou de le revoir.

Louis Boullé du Théâtre-Livre Vivant de Liffré - acteur, metteur en scène et organisateur d'événements culturels - y lira ce même jour à 16 h un choix de textes de l'atelier de Châtillon : Vent de lettres, à entendre et à découvrir.

(image pillée ici de Georgette Gouret qui nous a aimablement prévenu de cette initiative. Elle pourrait être légendée ainsi : « Claude au micro, Louis au sirop »)

dimanche 6 avril 2014

Des buissons de Castillonnès

à ceux de Saint-Aubin-du-Cormier en passant par l'Embas de Vitré, il y aurait, dit-on, 158 lieues à parcourir et autant de hameaux à traverser.

Marianne Desroziers, avant d'entamer ce périple, a décidé de prendre quelque force en faisant salon hier, samedi 5 avril. En cliquant sur la photo, vous saurez ce qu'elle en dit :

vendredi 4 avril 2014

« les gens se trempent-ils... »

« .... de tout ? »

Charlotte Monégier in Petite Fille , éd. Lunatique, 2014.

Petite fille, Charlotte Monégier

Et se revoir - sans s'y rincer - au zinc du Barravel.

PS : si d'aventure le 24 mai tu passais par ici... Petite Fille y sera lui.

mardi 18 mars 2014

Robert Bruce, Yannick Torlini, Serge Prioul et se réjouir

L'annonce de nouvelles éditions est souvent plaisante à entendre, quand elles sont celles d'auteurs que l'on a pu croiser, ou mieux, faire tinter le verre, c'est réjouissant.

Trois nouvelles que je partage avec vous, celles de leur auteur :

Robert Bruce, vous le connaissez bien ici, signe une nouvelle édition remaniée avec soin de Un café et l'addition chez la toute jeune maison située à Dieppe : Les Éditions des Vents et Marées.

Vous y retrouverez sa gouaille et son rire au bord des rides, celles provoquées par les duretés de la vie. Le ressort pour s'en amuser avec émotion. Pour les connaisseurs des écrits de Robert, vous découvrirez que le texte de Bankster s'y fait chapitre.

Un extrait ? : « Le marché des Saturnins est une immense plate-forme alimentaire, une sorte de grande foire aux victuailles. Dès le matin à l’aube, l’on débarque avec entrain les arrivages du jour. Saisis de fébrilité dans un vacarme étourdissant, les camions des grossistes s’immobilisent le long des quais dans le grincement des freins à air comprimé, déversant caisses, fagots, palettes et sacs sur le carreau. Les hommes de peine sont machinisés, s’interpellent bruyamment, se lancent parfois une plaisanterie grivoise, et se tapent dans le dos pour se donner du courage. Les roues des diables chargés de cagettes jusqu’aux poignées grincent sous le poids et slaloment difficilement dans les travées. Les caisses en bois s’empilent progressivement sur les étals des détaillants.

Les chevillards, maraîchers, fleuristes, poissonniers négocient âprement en langue verte avec les grossistes, les bouchers s’interpellent en louchebem, puis concluent leurs accords avec les détaillants en se tapant dans la main. Les transactions se traitent en cash, sont discrètes, rapides, formelles et consensuelles. Ici, pas de chèque, pas de trace. Une poignée de main vaut contrat.

Les mises en place seront terminées en moins d’une heure, la grande foire à la ripaille pourra commencer. Les Parisiens réputés bons becs viendront fureter, comparer, tâter, récriminer puis remplir leurs paniers. Le numéraire va circuler dans tous les sens, s’extraire des poches, gonfler les tiroirs-caisses, puis s’empiler dans les coffres. L’or et l’argent résistent aux acides, pas aux cupides. »

Qu'en dit De Litteris ? : « (...) Notre narrateur a l’art de la rencontre insolite et de sa mise en récit : sous sa langue, oscillant entre raffinement imprégné de culture et gouaille pleine de verve, les rues de Paris résonnent de vies oubliées, d’éclats de société enf(o)uis et d’humanité sincère. Sa plume sait capter le trait saillant qui fera mouche (ainsi ce portrait de son père, « excentrique aristocrate autrichien de vieille roche, immigré qui voulait devenir professeur de cirque à Paris, mais termina lutteur dans une baraque de foire ambulante payé au combat gagné, toujours fauché, bondissait entre les cordes d’un ring en se prenant pour Superman », ou les portraits pittoresques des habitués d’un bistrot), la tournure qui fera rire autant que celle qui retranscrira la vérité d’un être (« ils sont là, les laissés-pour-compte, réservoirs vivants d’informations, invisibles dans leurs gestes, immobiles, fondus dans le paysage, observant en temps réel, riverains et passants, commerçants et particuliers, sociétés et artisans. Neutres, impassibles spectateurs devant l’agitation, voyeurs patentés malgré eux, ils croisent une multitude de situations, de faits, d’infractions, recoupent les informations mais savent bien que ces petites histoires ne feront pas la grande »). (...)»

Pour contacter Robert Bruce via Les Editions des vents et marées c'est ici : 10, rue Desmarets à Dieppe, tél. 06 28 49 68 84. Courriel : contact@ventsetmarees.fr

À bientôt Robert !

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Yannick Torlini. J'ai eu la chance de lire quelques-uns de ses écrits. Si comme moi vous recherchez la singularité dans l'écriture vous la trouverez dans les textes de ce jeune auteur qui a déjà une belle bibliographie. Son Nous avons marché sera publié par les éditions Al Dante en mars/avril 2014.

Nous avons marché sera présenté par son auteur au festival Poema à Vandœuvre-lès-Nancy du 27 au 30 mars 2014.

Bravo Yannick !

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Serge Prioul rencontré pour la première fois aux lectures buissonnières de 2013 et bien présent lors de nos rencontres au bar d'à côté signe avec les éditions Vagamundo l'édition de son premier recueil de poèmes : Carnets du Barroso où des passerelles sont lancées entre la Bretagne et le Portugal. À paraître prochainement.

« Deuxième jour de l’an
Est-ce que se lever aux aurores voudrait aussi dire qu’on est neuf
Allumer les chandelles de la chambre
Les murs ont été montés avec les granits des champs
Et presque tous les champs sont devenus le Lac
Le Lac est-il devenu notre Lac

On ne s’approprie rien
Mais les choses nous viennent
Pourvu qu’on les aime

Nous aimons le Lac
Les granits
Les murs des maisons
Les sources nous traversent
Un ruisseau rapide longe la maison

Tout d’un coup
Surtout l’été
Il s’arrête de couler
Les villageois de Negrões retiennent l’eau dans la montagne
Nous ne savons pas trop où
C’est le monde de la montagne
Les mystères de pauvres du Trás-os-Montes
Heureux déjà que nous accueillent à boire
L’eau des fontaines
Les loups du Barroso »

Serge Prioul in Carnets du Barroso, éd. Vagamundo, 2014.

Eh bien, Serge, trinquons !

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