Journal des penchants du roseau

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vendredi 22 novembre 2013

« À genoux, Bretagne ! ou l’arnaque des Benêts Rouges »

La part commune, maison d'édition à Rennes au passionnant catalogue, sort un brûlot signé Youen DrougRu, dont voici un extrait :

« Si les circonstances s'y prêtaient, nous choisirions d'en rire, mais, décidément, cette désolante promenade quimpéroise ne pouvait tromper personne : rien d'une Révolution, tout au plus le morne théâtre de la Soumission.

Ne venez pas prétendre que vous vous êtes soulevés, vous vous êtes prosternés devant vos maîtres, ceux-là même qui vous bafouent depuis des décennies. Vous avez mis genou à terre, soumis au bon vouloir de vos patrons sans scrupule.

Pendant tant d'années vous leur avez picoré dans la main pour des salaires de misère, parmi les plus bas de l'Hexagone, démontrait un quotidien régional, il y a seulement quelques jours ; malgré tantôt le paternalisme, tantôt la morgue , toujours la suffisance affichée pour empocher les subventions phénoménales consenties par l'Europe, parfois la Région, sinon l'État français, sans le moindre souci de moderniser l'outil de production, d'organiser les filières, de tisser des complémentarités. Ils se sont toujours comportés envers vous comme des Seigneurs féodaux, assurés que vous étiez, que vous êtes encore taillables et corvéables à merci. Vous avez accepté, en les suivant à Kemper, tels les bêlant moutons de Panurge, de n'être que leurs Serfs.

Nous étions devant l'écran, des milliers, des dizaines, des centaines de milliers, persuadés, tout comme vous, qu'il y a urgence à défendre les emplois en Bretagne, et combien de fois ne sommes-nous descendus dans les rues - peut-être en compagnie de quelques-uns d'entre vous - pour crier notre révolte, exiger le respect, le développement de l'emploi, des salaires décents... Mais jamais nous ne nous sommes fourvoyés dans une telle mascarade, qui vous conduit à vous laisser happer dans le sillage tracé par ceux qui vous ont virés, ou s'apprêtent à le faire ; qui ont si mal géré vos entreprises, et qui, incapables d'admettre leur médiocrité, leur imprévoyance, leur absence de vision, ont l'audace d'exploiter, cette fois encore, ce qui vous reste, votre désarroi, votre désespérance face à l'avenir.

Vous vous êtes précipités dans le piège ! Leur piège ! (...) »

Nul doute que ce pamphlet - je ne l'ai pas encore lu - va faire du bruit au delà du Landerneau ou de Carhaix. Il a 32 pages, coûte 3,90 € et peut être commandé dans toute librairie ou directement sur le site de l'éditeur.

mardi 19 novembre 2013

Comment un livre vient au monde

Je viens, avec un peu de retard, de découvrir l'exposition Comment un livre vient au monde à la médiathèque de Saint-Aubin-du-Cormier : parcours de quatorze stations, comme autant d'étapes du cheminement d'un livre : de son écriture et son illustration à sa lecture. Il s'appuie - astucieusement et pour donner un peu de chair au propos - sur l'album Sous le grand banian de Jean-Claude Mourlevat et Nathalie Novi et fut conçu par Alain Serres, illustrations de Zaü, directeur des éditions Rue du monde. À lire la présentation faite par la bibliothèque d'Angers, elle s'adresserait à un public de 6 à 12 ans. À l'avoir bien lue - et regardée - je sais que des personnes plus âgées auront beaucoup à apprendre en suivant ce parcours qui, pour céder à la jeunesse (?), évite l'austérité et offre belle clarté au propos.

En cherchant quelques liens pour appuyer ce billet, j'ai découvert une lettre ouverte d'Alain Serres « À l'attention des critiques littéraires et de tous ceux qui n’ont pas encore eu la chance de rencontrer un bon livre jeunesse ». Elle confirme ce que je peux constater jour après jour : le manque presque total de curiosité de la plupart des critiques littéraires, ici pour la littérature jeunesse et ici - plus près - pour tout ce qui ne leur est pas déjà présenté sur un plateau avec arguments de communication.

Je vous la recopie :

« Madame, Monsieur,

Vous faites un métier difficile, forcément critiquable. Tout particulièrement lorsqu’on l’observe depuis notre petit territoire que nous osons nommer l’édition de littérature jeunesse.

Je veux d’emblée remercier François Busnel (France Inter, France 5, Lire et L’Express) de me donner l’occasion de ce courrier. Merci pour la sincérité de ses aveux, dans L’Express du 24 novembre dernier, à la veille de l’ouverture du Salon du livre jeunesse de Montreuil, où il écrit : « Je n'ai jamais cru aux vertus de ce que le monde de l'édition appelle la "littérature jeunesse". Sans doute est-ce une tare, mais ce "secteur" m'est toujours apparu comme une invention marketing destinée à écouler une production souvent mièvre et à soutenir des maisons en mal de chiffre d'affaires. »

Il dit sans doute là ce que beaucoup de ses confrères, qui tiennent chronique dans de grands médias où le livre jeunesse est quasiment absent, n’expriment pas. Je m’adresse à vous tous aujourd’hui avec d’autant moins d’hésitations que je vous ai envoyé, au fil des années, la plupart des 250 livres que notre petite maison d’édition indépendante a publiés ! Des livres que nous parvenons à faire exister contre vents et marées, depuis bientôt quinze années, grâce à un engagement de chaque instant, qui excusera peut-être l’enthousiasme de cette lettre que j’écris sans détours mais en toute cordialité.

Vous pourrez aisément l’observer, il existe bien moins de productions mièvres ou à objectif strictement commercial dans le livre jeunesse que dans le livre adulte ! Question de volume. Et si l’on compare proportionnellement, pour un livre niais qui ne prend guère l’enfant au sérieux (bien sûr qu’il en existe, et des particulièrement affligeants !), combien d’ouvrages qui considèrent les adultes comme des tartes en leur romançant la vie d’une héroïne d’émission de téléréalité, et de manière tout aussi gratinée ?!

Mais quelle étrange idée de limiter son regard à ces produits bêtifiants qui ne relèvent en rien de la littérature, se privant, du même coup, de la fabuleuse forêt de découvertes littéraires qui est, dans notre pays, offerte aux pas aventureux des enfants ! Une forêt de livres où l’on appréhende le monde sensible dans sa complexité et ses contradictions. De vrais livres où, dès le plus jeune âge, l’enfant élabore son point de vue, confronte ses doutes, ses hypothèses, projette sa personnalité en construction, se pense, cherche, apprend son métier de lecteur en lisant entre les lignes ou même entre le texte et l’image. Ce chemin de papier proposé aux enfants est bien celui de la littérature, loin de tout enfermement éducatif ou didactique, de toute démagogie ou condescendance.

François Busnel écrit aussi : « Il faut donner aux jeunes des lectures qui ne sont pas de leur âge. Jack London, Robert Louis Stevenson, Jules Verne, Alexandre Dumas, Homère ..., Balzac, Stendhal, Maupassant ..., Rabelais... » S’il s’agit de rester libre quant aux classifications d’âge des lecteurs, je le suis volontiers, mais limiter les lectures des enfants à ces grands classiques, quelle punition ! Et quelle mauvaise habitude de parler systématiquement des odeurs d’antan quand on entend le mot « enfant » ! Je crois qu’il faut que l’on s’y fasse : les enfants sont terriblement contemporains. Et même si Dumas, London ou Rabelais demeurent d’une totale actualité, il existe aujourd’hui des créateurs authentiques, écrivains ou illustrateurs, qui savent partager leur esprit d’enfance avec des millions de jeunes. Ils leur parlent de la vie, de la mort, de la haine, de l’amour, de l’homosexualité, de la mémoire, de l’espoir émigré, de la vérité tue, de la lumière louche d’un Picasso, de la poésie violente des cascades d’Iguaçu, des mots morts à la guerre et ressuscités dans un pot en terre sur un balcon de banlieue... Ils parlent aux enfants en les considérant comme de véritables personnes parce qu’ils en sont ! Et si ces créateurs parviennent à le faire, c’est grâce à leur talent, mais aussi grâce à l’implication de tous les acteurs du bonheur de lire. Ce sont des éditeurs exigeants, capables de prendre des risques, des libraires passionnés, des bibliothécaires, des enseignants, des parents, des grands-parents qui vont lire dans les écoles, des bons copains qui troquent un bouquin contre rien dans la cour de récréation. Comme tout au long de la chaîne du livre pour adultes. À une différence près : l’absence des grands médias pour relayer critiques et coups de cœur. Chaque journaliste, chaque rédacteur en chef avance sa bonne raison : place, temps, compétences ou, comme François Busnel feint de le croire dans ce même article de L’Express, le fait que les éditeurs jeunesse ne publieraient que « des versions expurgées de chefs-d'œuvre dits “classiques” ». En réalité, 0,2 % des 8 000 livres jeunesse édités chaque année !

Je me permets de vous suggérer, à vous qui avez pour métier de naviguer de livre en livre, de vous offrir de temps à autre le plaisir d’une escale sur ces îlots de littérature jeunesse qui nous sauvent des certitudes. Entrez dans les livres que je vais continuer de vous envoyer – une espérance un peu enfantine m’a toujours accompagné ! Découvrez ce que publient tous mes confrères de qualité, et ils sont nombreux. Le livre jeunesse francophone recèle des réussites et des audaces qu’on nous envie dans le monde entier. Ses productions, avec celles de quelques rares pays, tranchent nettement dans un paysage culturel mondial qui méprise trop souvent l’enfant. On le tire vers le bas et le laid, on n’a de considération que pour ses capacités à docilement consommer. Mais ce pire ne doit pas dissimuler le meilleur, sinon pires encore seraient les enfances du monde.

Il est temps que les quotidiens, les grands hebdomadaires, les plateaux de télévision n’excluent pas l’enfant du champ culturel. Et si les jeunes parents trouvaient là de bonnes raisons de fréquenter davantage une presse qui a aussi besoin de lecteurs ? Dans les grands médias, quelques rares exceptions existent, souvent avec difficulté ; mille mercis à ceux qui, au sein de leurs rédactions, parviennent à inviter l’enfance. Merci aussi à toutes les publications spécialisées qui viennent régulièrement se pencher à nos fenêtres. Et bienvenue à tous les autres. Il nous faut travailler à cette rencontre.

Que diriez-vous, par exemple, d’une table ronde, amicale et constructive, dans les prochaines semaines ? Il y aurait là des éditeurs de littérature jeunesse, des libraires, de bons auteurs, quelques grands illustrateurs, des organisateurs de salons du livre, des critiques littéraires, et des jeunes lecteurs aussi... Nous parlerions ensemble de nos engagements professionnels, de nos manières de penser le livre, de nos lectures, de nos écrits : juste deux heures de découvertes. Je sais bien que vos heures sont précieuses, nos agendas sont tous bien remplis aussi, mais peut-être l’investissement créatif de milliers d’acteurs du livre jeunesse en France mérite-t-il nos efforts communs. Je me permets de lancer l’idée auprès de mes confrères, et de tous ceux qui sont déçus, irrités, malheureux du silence qui finit par rendre invisibles les livres qu’ils aiment.

J’espère bien sincèrement que nous parviendrons ensemble à ce que la grande famille des dévoreurs de livres s’agrandisse chaque fois qu’un enfant en ouvre un ou que ses parents lisent dans leur magazine préféré la bonne nouvelle : un excellent livre pour enfants vient de naître ! Il en vient plus souvent au monde qu’on ne le soupçonne sur cette planète Littérature aux millions de visages.

Cordialement à vous,

Alain Serres,
directeur de Rue du monde
Janvier 2011. »

°°°

Les critiques, mais pas qu'eux bien sûr, et me rappeler cette anecdote que l'on m'a contée il y a quelques semaines : À un jeune enfant qui trépignait dans un centre de consommation, pour le faire taire, sa mère utilisa cette menace : « si tu n'arrêtes pas, tu auras un livre pour cadeau ! »

mardi 8 octobre 2013

Le Temps des possibles : trouver une écriture singulière

« À l’adolescence, le désir d’écrire est un possible de l’expérience créative de la solitude. Journaux intimes, poèmes, lettres d’amour adressées ou pas, conversations imaginaires, espaces de rêverie, l’écriture permet de se distancier par rapport à soi et à l’autre et de se découvrir.

D’après Winnicott, « c’est seulement en étant créatif que l’individu découvre le soi ».

D’où l’idée « d’un sas pour poser des sacs d’embarras, un lieu à part pour oser être, pour se révéler avec envie et plaisir, où les cris se transformeraient en écrit ».

Vous aurez compris que l’atelier d’écriture auprès des adolescents n’enseigne pas une manière d’écrire, il est plutôt envisagé comme un acte d’affranchissement des modèles que l’on apprend à l’école, pour trouver un style, une écriture singulière à chacun.

« Un lieu où les fautes comptent pour du beurre où les peurs d’écrire et de dire tombent toutes seules comme les feuilles mortes d’une histoire vécue ailleurs ».

Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont accepté de partager leurs songes, leurs songes d’adolescents… »

Chrystelle Dourdain & Gilles Clainchard

Lors du salon de Liffré j'ai découvert l'Association Intermède qui, avec La Balade des livres, a publié ce Temps des possibles. La préface de Chrystelle Dourdain et de Gilles Clainchard dit bien ce qu'écrire est : un acte d'affranchissement, exprimer une singularité. Comme des membres de l'association me le dirent de vive-voix, il s'agit plus d'un atelier d'expression que d'écriture, sauf que celle-ci la permet et l'enrichit. C'est, je crois, bien plus intéressant que ces jeux de mots - parfois oulipesques - proposés le plus souvent dans ce genre d'atelier. De cette préface nous pourrions aisément supprimer les deux premiers mots et sa virgule : « À l’adolescence, », tant son propos peut transpirer des épidermes lisses, ridés ou craquelés.

Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site de La Balade des livres. Cerise ! l'ensemble du Temps des possible y est librement feuilletable sous sa forme électronique, même philosophie que la nôtre et c'est tant mieux.

mercredi 20 mars 2013

Boccace III : les jonquilles rient

Par mail, je fus averti des cinq recueils sélectionnés pour le prix Boccace 2013 (1) :

  • Les Empêchements d'Isabelle Flaten, éd. La Dernière goutte,
  • La Fée Amphête d'Arnaud Modat, éd. Quadrature,
  • Un renard à mains nues d'Emmanuelle Pagano, éd. P.O.L,
  • Une collection très particulière de Bernard Quiriny, éd. Seuil,
  • Écrivain public de Leïlla Sebar, éd. Bleu Autour.

Nulle trace de Lisières de Marianne Desroziers. Pourtant, Marianne, les quelques exemplaires fournis vont rencontrer leurs lecteurs. C'est important. Comme ces jonquilles aujourd'hui qui ouvrent leurs fleurs à ceux qui y prêtent attention.

Jaune et lumineux.

(1) Lire plus de détail du côté de Tu connais la nouvelle.

lundi 11 février 2013

Boccace II : Lisières de Marianne Desroziers en lice pour le prix

Sacrifice de Polyxène, illustration du De claris mulieribus de Boccace

Il ne doit pas être bien difficile de deviner que je n'éprouve aucun attrait particulier pour les prix quels qu'ils soient. Ni dégoût d'ailleurs. C'est une information donnée sur une étiquette parfois, c'est l'occasion de célébrer un rite d'autres fois. Ils sont le plus souvent étrangers à ce à quoi ils sont accolés, comme un colifichet. Mais celui-ci a sa vie propre, il n'est pas sans user salive.

Les prix littéraires, par exemple, sont foison, on en dénombre plusieurs milliers décernés chaque année en France, des prestigieux, des confidentiels. Sans trop en décrypter les mécanismes, ils manifestent souvent l'expression d'une congratulation endogène. Certains s'adressent exclusivement aux auteurs édités par de grands éditeurs – ceux qui ont un système intégré de publication-diffusion-distribution -, d'autres arrosent des auteurs moins dotés. On critique souvent le Goncourt – la lumière excite mieux -, j'ai un jour vu qu'un prix international (si, si) décerné lors d'un salon dans un petit village offrait à tous les auteurs présents une belle jaquette rouge pour leur livre avec une variété imaginative de titres. L'esprit est là ! le même, juste plus ou moins lumineux.

Mais, curieusement me direz-vous, lorsque je réfléchis à différentes actions pour faire vibrer autour du livre et de la littérature, les mots prix ou concours me reviennent souvent à l'esprit. Ils offrent des moules simples et commodes pour des actions qui les dépasseront. Un enjeu, même faible, peut offrir l'opportunité de discussions passionnées autour d'un texte (les quelques témoignages recueillis par des participants au Goncourt des lycéens et au prix du livre Inter ne me laissent aucun doute à ce sujet. Mais pour ces deux prix, qui décide et comment se fait la première sélection ? La réponse est écrite ci-dessus).

Lorsque Marianne Desroziers m'a suggéré de présenter Lisières pour le prix Boccace 2013, j'ai pensé : « voyons, voyons ».

J'ai pris le temps, quelques jours, de me documenter un peu sur la réalité de ce prix : qui l'organise, à qui il s'adresse, comment se fait la sélection, en quoi il engage l'auteur, l'éditeur, etc.

Marianne m'avait mâché le travail : Lisières entrait très exactement dans la cible visée : un recueil de nouvelles publié entre février 2012 et janvier 2013, de langue française, écrites par un seul auteur, et à compte d'éditeur. Il devait être aussi cohérent et présenter une bonne qualité d'écriture. En plein dans le mille !

Qui organise ce prix ? Une association : « Tu connais la nouvelle » en partenariat avec le Conseil régional du Loiret. J'ai eu la curiosité de regarder un peu ce que faisait cette association. Elle est très active et propose des animations qui me plaisent : en direction des écoles (sensibilisation à la lecture et l'écriture), des prisonniers ; en organisant des kiosques de nouvelles : mettre des livres à la disposition des personnes fréquentant une halle de sports, une mairie, un foyer, un centre social, etc.

Mon « voyons, voyons » s'adoucissait.

Quand j'ai appris que les quelques livres mis en jeu (6 dans un premier temps, plus 6 après une première sélection) seraient « libérés » dans la ville de Saint-Jean-de-Braye, les yeux ouverts, je fus conquis. Lisières serait présenté.

Et dire à Marianne : « Merde ! »

Liste (provisoire) des ouvrages sélectionnés :

Joëlle BASSO, Tango Revolver, Rhubarbe
Philippe de BOISSY, Nouvelles d’Elles, Editions du Jasmin
Daniel BOUDIER, Marcello, Bruit Blanc
Marie-Christine BUFFAT (1), Le nombre de fois où je suis morte, Xénia Editions
Marie CAUSSE, L’odeur de la ville mouillée, Gallimard, collection l’Arpenteur
Elodie DA SILVA, Mauvais Potage, éditions Lunatique
Bérangère DEPREZ, Derrière moi, éditions Luce Wilquin
Marianne DESROZIERS, Lisières, les penchants du roseau
Sabine DORMOND, Full sentimental et autres nouvelles, éd Mon Village
Patrice DUFETEL, Quelque chose de l’oiseau, In Octavo
Joël EGLOFF, Libellules, Buchet Chastel
Eric FAYE, Devenir immortel, et puis mourir, José Corti
Emmanuelle FAVIER, Confessions des genres, éditions Luce Wilquin
Isabelle FLATEN, Les empêchements, La dernière goutte
Fouad LAROUI, L'étrange affaire du pantalon de Dassoukine, Julliard
Arnaud MODAT, La Fée Amphète, Quadrature
Stéphane MONNOT, Noche Triste, Antidata
Marie-Line MUSSET, Old Fashioned, Les joueurs d'Astres éditions
Christine NICOLAUS, Bad trip pour un pou, A vos pages
Emmanuelle PAGANO, Un renard à mains nues, P.O.L
Basile PANURGIAS, La photo du siècle, éditions du moteur
Gaëlle PINGAULT, Bref ils ont besoin d’un orthophoniste, Quadrature
Corine POURTAU, Pour que demain vienne, D’un Noir si Bleu
Bernard QUIRINY, Une collection très particulière, éditions du Seuil
Karim SALLINEN, Paris, nuits, Blessures, éditions Persée
Leïla SEBBAR, Ecrivain public, Bleu autour
Jan THIRION, Autant d'ennemis terrassés, Krakoen
David THOMAS, Je n'ai pas fini de regarder le monde, Albin Michel
Maryse VANNIER, Un jour, je partirai, éditions de Janus
Marc VILLARD, Un ange passe à Memphis, Rivages
José WOLFER, Villa Giudita et autres nouvelles, éditions Persée
Valérie ZENATTI, Mariage Blanc, éditions du moteur

(1) un clin d’œil à Marie-Christine !

À suivre...

Lire aussi : Boccace I : Rhubarbe.

(image : Sacrifice de Polyxène, illustration du De claris muleribus de Boccace)

vendredi 8 février 2013

Blogs et sites littéraires : Sylviane Sambor, Brigitte Chapelain & Julie Proust-Tanguy

« je préfère le terme de passeur »

Julie Proust-Tanguy

source : LivreLecture_PoitouCharente archives sonores

vendredi 25 janvier 2013

Boccace I - Rhubarbe

A tale from the Decameron, John William Waterhouse, 1916

De Boccace, je ne vous parlerai pas. Je n'en connais que le Décameron - lecture adolescente - et les Contes... revisités par La Fontaine. De sa modernité non plus, donc. Je ne vous dirai rien aujourd'hui sur son prix, celui que me fit découvrir Marianne Desroziers en décembre dernier. J'y reviendrai, soyez-en sûrs. C'est du côté d'Auxerre que je veux vous emmener.

En parcourant les titres des premiers livres en lice pour le prix Boccace, je me suis arrêté à la première ligne : « Joëlle BASSO, Tango Revolver, Rhubarbe ». Diantre ! une maison d'édition portant le nom de cette plante que par mégarde des enfants ont écrasée au fond du jardinet, nous privant de confitures à venir. Rhubarbe !

Oh ! d'Auxerre je ne vous parlerai pas non plus. J'y ai vécu une courte année (tiens, c'y fut - hum, malgré Chablis, bières au gingembre aussi - ma première connexion internet). Non, non. Juste vous recopier la présentation de ces éditions Rhubarbe, elle me plaît beaucoup, et l'escargot gaminant sur cette feuille de rhubarbe aussi. Tant pis pour les confitures. La lenteur est précieuse, délectable & vorace.

Ainsi donc :

« Bienvenue chez Rhubarbe. Créé en décembre 2004, ce micro-éditeur ne cherche pas à réparer la Grande Injustice des éditions parisiennes qui méprisent les auteurs géniaux et méconnus. Lecteur fervent de ces mêmes maisons, je suis persuadé que la Littérature (avec une grande aile) n'a pas besoin de moi pour bien se porter. La seule motivation a été le plaisir.

Plaisir de lire d'abord et bien sûr. Il y a à lire un manuscrit inédit quelque chose de l'explorateur, du défricheur de jardin. Rhubarbe se donne pour ligne éditoriale de publier des textes inclassables, hors normes, des monstruosités littéraires ; de remettre à l'honneur des formes oubliées, délaissées ; d'en inventer de nouvelles, qui sait ? Son nom le dit, Rhubarbe a le goût du sucré-acide, de l'énorme, de l'envahissant ; mais aussi envie de retrouver une saveur enfouie quand sucer la tige de rhubarbe attirait irrésistiblement malgré la certitude de s'y "serrer les dents". A la fois plaisir de se perdre parmi les feuilles du potager, d'y chercher je-ne-sais-quel trésor d'escargots ou de limaces et plaisir de l'apprenti sorcier : est-ce que "ça" se mange ?

Plaisir de fabriquer ensuite : saisir, mettre en page, chipoter sur une police de caractères, une virgule, un titre, une qualité de papier, le centrage d'une illustration, toutes ces choses, - la chasse sadique aux coquilles et fautes d'orthographe y compris -, font toucher du doigt la matière palpitante du livre comme éplucher la tige afin d'en retirer les fibres ligneuses qui en gâteraient le goût nous plonge au cœur de la vie végétale ; comme découper cette tige en tronçons réguliers après l'avoir préalablement fendue, confectionner des tartes et des confitures, des vins et des compotes avec la patience minutieuse de la cuisinière au gros derrière nous fait retrouver les gestes de l'alchimiste ou du savant fou - fioles et cornues fumantes, instables, dont devrait s'exhaler un parfum, dont quelquefois, il s'exhale, en effet.

Plaisir de publier, enfin. Publier un texte, c'est déguster, éprouver une jubilation, partager une émotion. C'est entrer en connivence avec un lecteur, lui faire un clin d'œil : "Goûte-moi ça ? Fameux, hein ?" C'est rencontrer ce lecteur, parler avec lui au détour d'un rayonnage de goûts communs ou divergents, d'expériences livresques heureuses ou seulement curieuses, faire le tour du monde autour d'un verre et se resservir jusqu'à l'ivresse bienfaisante des mots.

Et, me dira-t-on, le nerf de la guerre ? Le plaisir de vendre, de faire du bénéfice, d'investir, de grandir, d'entrer en bourse, de racheter le petit copain mal portant ? Le plaisir d'être connu, reconnu, invité aux cocktails, interviewé à la télé ? Ben non. Pas ces plaisirs là... Rhubarbe publiera à son rythme, quand ça lui plaira, ce qui lui plaira. soixante-dix titres sont dores et déjà parus, disponibles chez tous les (excellents) libraires. D'autres sont à la mûrisserie. Après, on verra.

Alain Kewes, président-fonds de pensions-factotum et surtout, surtout, gourmand de Rhubarbe. »

Plaisant non ? Et vous inviter à les découvrir mieux, et les effeuiller : Éditions Rhubarbe.

Alain Kewes, apprenti sorcier, je vous salue !

(image : A tale from the Decameron, John William Waterhouse, 1916 : ceci n'est pas une rhubarbe, nom d'une pipe !)

lundi 7 janvier 2013

Transsibérien Ulan Bator, samedi Carrefour l'escalator...

...Apprendre le russe pour Essenine...

°°°

« (...)

Au revoir, mon ami, sans geste, sans mot,
Ne sois ni triste, ni en chagrin.
Mourir en cette vie n'est pas nouveau,
Mais vivre, bien sûr n'y est pas plus nouveau. »

Sergueï Essenine, 1925.

°°°

Christophe Esnault auteur de Isabelle à m'en disloquer, éd. Les Doigts dans la prose, 2011, participe avec Lionel Fondeville au groupe Le Manque. Parmi les clips réalisés, j'en retiens particulièrement un, Ulan Bator :

Mais j'ai aussi un faible pour Œdipe casserole :

dimanche 16 septembre 2012

Appel des 451

L'appel, ci-dessous, est partie, poursuit et prolonge les débats que nous avons ici. Je compte bien me rendre à Montreuil ces 12 & 13 janvier 2013.

« Un ami paysan nous racontait  : «  Avant, il y avait la tomate. Puis, ils ont fabriqué la tomate de merde. Et au lieu d’appeler la tomate de merde “tomate de merde”, ils l’ont appelée “tomate”,  tandis que la tomate, celle qui avait un goût de tomate et qui était cultivée en tant que telle, est devenue “tomate bio”. À partir de là, c’était foutu.  » Aussi nous refusons d’emblée le terme de «  livre numérique  » :  un fichier de données informatiques téléchargées sur une tablette ne sera jamais un livre. »

Appel des 451, pour la constitution d’un groupe d’action et de réflexions autour des métiers du livre

Nous (1) avons commencé à nous réunir depuis quelque temps pour discuter ensemble de la situation présente et à venir du livre et de ses métiers. Pris dans une organisation sociale qui sépare les activités, partis d’un sentiment commun – fondé sur des expériences diverses – d’une dégradation accélérée des manières de lire, produire, partager et vendre des livres, nous considérons aujourd’hui que la question ne se limite pas à ce secteur, et cherchons des solutions collectives à une situation sociale que nous refusons d’accepter.

L’industrie du livre vit en grande partie grâce à la précarité qu’acceptent nombre de ses travailleurs, par nécessité, passion ou engagement politique. Pendant que ceux-ci s’efforcent de diffuser des idées ou des images susceptibles de décaler nos points de vue sur le monde, d’autres ont bien compris que le livre est surtout une marchandise avec laquelle il est possible d’engranger des profits conséquents. Sachant autant s’approprier les grands principes d’indépendance ou de démocratie culturelle que pratiquer le déferlement publicitaire, l’exploitation salariale et la diversité du monopole, les Leclerc, Fnac, Amazon, Lagardère et autres grands groupes financiers veulent nous faire perdre de vue l’une des dimensions essentielles du livre : un lien, une rencontre.

Pendant ce temps, qu’il s’agisse des professions symboliquement reconnues ou des petits boulots indispensables à toute chaîne économique, culturelle et sociale, les divers métiers du livre sont disqualifiés et remplacés par des opérations techniques, à côté desquelles prendre le temps devient inconcevable. L’industrie du livre n’aurait-elle en effet besoin que de consommateurs impulsifs, de réseauteurs d’opinion et autres intérimaires malléables ? Beaucoup d’entre nous se trouvent ainsi enrôlés dans des logiques marchandes, dépossédés de toute pensée collective ou de perspectives d’émancipation sociale – aujourd’hui terriblement absentes de l’espace public.

Contrainte par le critère du succès, la production d’essais, de littérature ou de poésie s’appauvrit, les fonds de librairie ou de bibliothèque s’épuisent. La valeur d’un livre devient donc fonction de ses chiffres de vente et non de son contenu : il ne sera bientôt plus possible de lire que ce qui marche. Or, pendant que le PDG d’Amazon déclare que « les seules personnes nécessaires dans l’édition sont maintenant le lecteur et l’écrivain (2) », certaines personnes continuent de travailler avec des livres  (3), des librairies, des imprimeries, des bibliothèques ou des maisons d’édition à échelle humaine. Malgré notre envie de résister, nous sommes, comme l’immense majorité, cernés par le tout-informatique, les logiques gestionnaires et les fins de mois difficiles. Nous sommes également embarqués dans une pseudo démocratisation de la culture, qui continue de se faire par le bas, et se réduit à l’appauvrissement et l’uniformisation des idées et des imaginaires, pour correspondre au marché et à sa rationalité. Étourdis, nous tentons de rester dans le coup : on fait avec les logiciels, les commandes en ligne, les correcteurs automatiques, les délocalisations, l’avalanche de nouveautés creuses, les menaces des banques, la hausse des loyers et les numérisations sauvages.

Cependant, nous ne pouvons nous résoudre à réduire le livre et son contenu à un flux d’informations numériques et cliquables ad nauseam ; ce que nous produisons, partageons et vendons est avant tout un objet social, politique et poétique. Même dans son aspect le plus humble, de divertissement ou de plaisir, nous tenons à ce qu’il reste entouré d’humains. Nous rejetons clairement le modèle de société que l’on nous propose, quelque part entre l’écran et la grande surface, avec ses bip-bip, ses néons, et ses écouteurs grésillants, et qui tend à conquérir toutes les professions. Car en pensant à l’actualité des métiers du livre, nous pensons également à tous ceux qui vivent des situations trop similaires pour être anecdotiques : les médecins segmentent leurs actes pour mieux comptabiliser, les travailleurs sociaux s’épuisent à remplir des grilles d’évaluation, les charpentiers ne peuvent plus planter un clou qui ne soit ordonné par ordinateur, les bergers sont sommés d’équiper leurs brebis de puces électroniques, les mécaniciens obéissent à leur valise informatique, et le cartable électronique dans les collèges, c’est pour tout à l’heure.

La liste est si longue que nous devons nous regrouper, et ainsi enrayer cette machine du progrès aveugle. Plutôt que d’attendre la prochaine mesure européenne de rigueur ou la énième attaque du ministère de la Culture contre la chaîne des métiers du livre, nous préférons nous organiser dès maintenant. Par exemple, en trouvant des alternatives, en créant des coopératives et des mutuelles d’achat, en nous unissant pour de meilleures conditions salariales, ou bien encore en inventant des lieux et des pratiques qui conviennent davantage à notre vision du monde et à la société dans laquelle nous désirons vivre.

C’est parce que nous prenons la mesure du désastre en cours que nous sommes optimistes : tout est à construire. Avant tout, nous voulons cesser de nous rejeter éternellement la faute les uns sur les autres et couper court à la résignation et au défaitisme ambiants. Nous lançons donc un appel à tou.te.s celles et ceux qui se sentent concerné.e.s à se rencontrer, en vue d’échanger sur nos difficultés et nos besoins, nos envies et nos projets.

Vous êtes invité.e.s à une première session nationale de discussions, en vue de partager des réflexions, d’élaborer des groupes de travail ou de préparer des actions communes (4) à Montreuil, le week-end du 12 et 13 janvier 2013, à la Parole errante (5).

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Pour vous tenir informé.e.s, nous contacter et participer 
Blog : les451.noblogs.org
Adresse mail  : les451@riseup.net
Adresse postale : Les 451 / 30, avenue Mathurin Moreau / 75019 Paris

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Notes :

(1) Auteur.e.s, éditeur.trice.s, maquettistes, graphistes, correcteur.trice.s, imprimeur.ses, diffuseur.euse.s, distributeur.trice.s, libraires, livreur.euse.s, manutentionnaires, traducteur.trice.s, illustrateur.trice.s, bibliothécaires, archivistes…

(2) Le Monde, 21 octobre 2011

(3) Un ami paysan nous racontait  : «  Avant, il y avait la tomate. Puis, ils ont fabriqué la tomate de merde. Et au lieu d’appeler la tomate de merde “tomate de merde”, ils l’ont appelée “tomate”,  tandis que la tomate, celle qui avait un goût de tomate et qui était cultivée en tant que telle, est devenue “tomate bio”. À partir de là, c’était foutu.  » Aussi nous refusons d’emblée le terme de «  livre numérique  » :  un fichier de données informatiques téléchargées sur une tablette ne sera jamais un livre.

(4) Les thèmes jusqu’ici retenus sont : 1. Conditions de travail dans les métiers du livre, 2. Vente en ligne et numérisation, 3. de l’auteur au lecteur: métiers et savoir-faire dans la chaîne du livre, 4. L’économie du livre : entre partage et profits (associations, commerces, coopératives, mutuelles d’achat, bibliothèques…), 5. Quels lieux pour le livre ?

D’autres thèmes peuvent être proposés par qui le souhaite ; un programme sera bientôt disponible.

(5) 9, rue François Debergue, 93100 Montreuil, Métro Croix de Chavaux.

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Premiers signataires

Giorgio Agamben – philosophe
Damien Almar – simple lecteur
Matthieu Amiech – éditeur
Florence Andrieu & Hélène Serra – libraires
Audrey Andriot – libraire
Robin Assous – réalisateur sonore, journaliste
Leslie Auguste – assistante éditoriale
Mathilde Azzopardi – assistante d’édition

Nadège Baheux – assistante d’édition
Viviane Baladi – mathématicienne
Michel Bambel – imprimeur
Jean-Baptiste Baronian – écrivain
Guillaume Basquin – aviateur, auteur
Jérôme Bau – étudiant en édition
Jean-Michel Baudoin – auteur dramatique, directeur de théâtre
Jacques Baujard – libraire
Nicolas Bayart – éditeur
Ana Becciú – traductrice, poète
Josée Bégaud – traductrice
Sabrina Berkane – libraire
Sandra Belland – Animatrice d’ateliers d’écriture, auteur en galère
Dominique Bellec – éditeur
Philippe Berger – correcteur
Aurélien Berlan – traducteur
Émilien Bernard – traducteur
Jean-Baptiste Bernard – journaliste
Florent Bernon – apprenti imprimeur
Cédric Biagini – libraire, éditeur
Gisèle Bienne – écrivain
Éliane Blaise – plasticienne
Clarisse Blanchard – libraire
Philippe Blanchon – écrivain, éditeur
Brigitte Bonnefille – secrétaire de rédaction, correctrice
Jeanne Bordelet-Defrocourt – lectrice, professeur des écoles
Dominique Bordes – éditeur
Benoit Bories – réalisateur radio
Giulia Bouchault-Mathis – étudiante en édition
Abderrahmane Bouchène – éditeur
Jean-François Bourdic – éditeur
Isabelle Bourgueil – éditrice
Aurélien Boudon – éditeur
Camille Broch – étudiante en librairie
Jean-Christophe Brochier – éditeur
Emmanuel Broda-Morhange – urbaniste
Philippe Brulin – maquettiste, graphiste, correcteur, éditeur
Michel Butel – écrivain, directeur de journal

Xavier Calais – éditeur
Pauline Carlier – éditrice
Guillaume Carnino – historien, éditeur
Anna Maria Carpi – écrivain, traductrice
Gianni Carrozza – bibliothécaire
Jean-Jacques Cellier – éditeur
Julien Cendres – écrivain
Michèle Chadeisson – libraire
Francis Chaput-Dezerville – librairie
Angélique Charbonnet – étudiante en édition
Fabien Charreton – libraire
David Chauvel – scénariste, éditeur
Carmela Chergui – attachée de presse
Paul Chevillard – lecteur, auteur, comédien
Clément Chevrier – étudiant en création éditoriale
Karine Clugery – libraire
Anne-Françoise Cochet – libraire, correctrice
Christine Colonna-Cesari – écrivain
Marine Coquet – éditrice
Jean-François Cornu – traducteur
Denis Cressens – auteur
Florence Curt – éditrice

Michel David – lecteur, acheteur de droits
Bertrand Davodeau –psychologue
Alèssi Dell’Umbria – auteur, réalisateur
Julien Delorme – assistant d’édition, assistant administratif
Aurélie DelPiccolo – documentaliste
Hervé Delouche – correcteur édition
Audrey Dervaux – lectrice, bibliothécaire bénévole
Xavier Desnos – journaliste, animateur radio
Thierry Discepolo – éditeur
Oriana Djaballah – représentante Livres
Fabrice Domingo – libraire
Thibault Dubreuil – enseignant
Charlotte Dugrand – correctrice, éditrice
Jean-Claude Duhourcq – Archiviste
Marion Dumand – journaliste, animatrice livresque, chômeuse
Guillaume Dumora – libraire

Frédéric Evrard-Narducci – lecteur
Nicolas Eyguesier – éditeur
Pierre Eyguesier – éditeur, correcteur

Laurent F. Trousselle – auteur, lecteur
Gérard Fabre – imprimeur
Gérard Farasse – professeur émérite, écrivain
Vincent Farasse – auteur
Nicolas Fargette – libraire
Virginie Faucher-Raymond – libraire
Patrice Favaro – auteur, formateur littérature jeunesse, responsable publication
Claire Féasson – libraire
Pascale Félix – éditrice
Nathalie Fey – éditeur, journaliste, fabriquant
Nicolas Filloque – graphiste, dessinateur
Julienne Flory – cheffe d’édition
Hervé Floury – libraire
Eric Floury – libraire
Salvador Foraster – libraire
Patrick Frêche – libraire
Thierry Fredriksson – libraire
Nicole de Fréminville – libraire
Marie Fritsch – libraire
Jean-Pierre Frommer – ingénieur
Pierre Furlan – écrivain

Catia Gabrielli – libraire, auteur
Guillaume Gandelot – libraire
María Teresa Gallego Urrutia – traductrice
Alexis Garandeau – auteur-éditeur
Jean-Philippe Garçon – éditeur
Edith Garnier – historienne
Aurélie Garreau – libraire
Patrick Garrouste – lecteur
Régis Gaspaillard – traducteur
Camille Gautier – assistante éditoriale
Jean-Louis Gérard – retraité de l’édition
Alain Gérardin – éditeur
Frédérique Giacomoni – éditrice
Benjamin Girodet – lecteur
Philippe Godard – écrivain
Gilles Gonord & Céline Lucet – libraires, éditeurs
Bruno Gouteux – éditeur
Gaël Goy – éditeur, graphiste
Sylvain Grateau – rédacteur, réviseur
Isabelle Grémillet – directrice commerciale diffusion
Adeline Grolleau – chargée de clientèle édition
Michel Gros-Dumaine – auteur
Philippe Guazzo – libraire
Benoit Guillaume – auteur, graphiste
Alain Guillo – libraire
Joëlle Guimier, lectrice-édition
Thierry Guslevic – conservateur des bibliothèques
Jeanne Guyon – éditrice

Eric Hazan – éditeur
Jacques Hébert – secrétaire particulier, écrivain
Karine Hervë – représentante livres
Manon Him – étudiante en édition
Mathilde Houlès – libraire
David Houte – libraire
Elsa Houzelles – libraire
Manuel Huriot – libraire

Celia Izoard – traductrice, journaliste

Florence Jany-Catrice – professeur d’université en sciences économiques
Philippe Jeannin – professeur des universités en sciences économiques
Gégory Jérome – chargé d’étude, conseiller professionnel pour les métiers de la culture

Joëlle Jolivet – illustratrice
Michel Jung – conservateur des bibliothèques

Francis Kapetanovic – éditeur
Raphaële Kipen – éditrice
Mickaël Kobler – maquettiste, graphiste
Benjamin Koskas – éditeur

Julien Ladegaillerie – étudiant en Métiers du livre
Caroline Laffon – auteur
Marie-Pierre Lajot – éditrice
Aurélien Lambert – éditeur en collectif
Gérard Lambert – libraire liquidé
Guido Lagomarsino – agent littéraire
Emilie Lassus – coordinatrice éditoriale
Elise Laven – lectrice, libraire, chroniqueuse
Samantha Lavergnolle – attachée de presse
Emmanuelle Lavoix – économie du livre (SRL), traductrice
Nicolas de La Casinière – journaliste, auteur
Natacha de La Simone – libraire
Aude Le Breton – correctrice
Joël Le Corre – lecteur
Bruno Le Dantec – écrivain, journaliste
Camille Le Doze – éditrice
Laurence Le Léannec – bibliothécaire
Michel Le Meur – libraire
Aurélie Le Pen – agent à tout faire en bibliothèque
Marie Ange Le Rochais – auteure, illustratrice jeunesse
Sandrine Lefrançois – médiatrice du livre
Julia Lerat – apprentie libraire
Lucie Lesvenan – assistante commerciale diffusion
Régine Lilensten – éditrice
Renaud Lopès – éditeur
Gilles Lucas – rédacteur, éditeur

Stella Magliani-Belkacem – secrétaire d’édition
Raimondo Di Maio – libraire, éditeur
Lenia Major – auteur
Jean-Baptiste Malet – journaliste
Lysiane Mangin – étudiante en édition
Martin Manuel – éditeur
Alain Marc – auteur
Patrick Marcolini – conservateur de bibliothèque stagiaire
Bernard Marrey – historien de l’architecture, éditeur
Dominique Martel – rédactrice, réviseuse
Jean-Louis Marteil – éditeur
Elodie Martin – représentante livres, libraire
Gilles Martin – éditeur
Catherine Martin-Zay – libraire
Lucien Massaert – éditeur
Simone Mathis – lectrice
Anne-Laure Mayer – éditrice
Dominique Mazuet – libraire
Daniel Michel – écrivain
François Michel – conservateur de bibliothèque stagiaire
Dominique Minard – libraire
Nicole Mison – correctrice
Annalisa Molle – communicante éditions
Georges Monti – éditeur, enseignant d’édition
Gérard Mordillat – écrivain, cinéaste
Philippe Moreau – typographe, lithographe, éditeur
Tatiana Moroni – libraire, traductrice
Déborah Mortali – attachée de presse
Romain Mollica – libraire chômeur
Alexandre Mouawad – maquettiste
Raphael Mouterde – technicien du son
Gilles Moutot – enseignant
Bernard Mnich – bibliothécaire
Florent Murat – éditeur

Maurice Nadeau – éditeur
Bernard Nardo – dessinateur
Claude Naves – formateur en librairie
Kelig Nicolas – magasinier de bibliothèque
Émilie Nief – éditrice
Bernard Noël – écrivain
Léanne Noilhac – libraire
Guillaume Normand – archiviste
Nicolas Norrito – éditeur, enseignant

Yvette Orengo, consultante édition, lectrice,
Heber Ostroviesky – éditeur, traducteur, enseignant-chercheur
Mari Otxandi – secrétaire de rédaction, correctrice, traductrice

Juuso Paaso – bibliothécaire
Arnaud Pascal – éditeur
Yves Pagès – écrivain, éditeur
Célio Paillard – graphiste, éditeur en collectif
Michel Paolasso – membre du Directoire du SLF, libraire
Daniel Pardo – directeur de recherche au CNRS
Bernadette Paringaux – éditrice
Chloé Pathé – éditrice
Samuel Pelras – professeur de philosophie, essayiste
Andrés Pérez – journaliste
Tangui Perron – historien
Madeleine Pierre-Maurizi – juriste
Geoffroy Pithon – graphiste
Emilie Poinsot – libraire-bouquiniste
Aude Poirot – auteure, illustratrice
Philippe Pottier – libraire
Maud Poupa – assistante éditoriale
Pierre Prigent – lecteur
Franck Pruja – éditeur

Serge Quadruppani – écrivain, traducteur
Bernard Quérol – éditeur
Julien Ques – graphiste, maquettiste

Chloé Radiguet – auteur, lectrice
Sébastien Raimondi – éditeur
Samuel Rault – représentant livres
Isabelle Raymond – correctrice, assistante d’édition
Jean-Marc Raynaud – éditeur
Sophie Richard, future gérante d’une structure de diffusion
Yann Richard – Assistant à la mise en scène
Bruno Richer – lecteur, rat de librairie
Guillaume Riquier – magasinier en bibliothèque
Mathieu Rivat – auteur, lecteur
Georges Rivière – graphiste, maquettiste
Bastien Roche – libraire
Frater Rodriguez ­ – éditeur retraité
Dominique Roger – journaliste, auteur
Daniel Roignant – libraire, charcutier
Noémie Rollet – correctrice
Marco Romano – libraire
Roger Roques – libraire
Charlotte Rouault – réalisatrice radio
Jérémie Rueff – apprenti en fabrication du livre, éditeur indépendant
Marion Roussel – pédiatre, lectrice

Fabrizio Sabelli – anthropologue économiste et écrivain
Jean-Luc Sahagian – chanteur de variétés
Angelo Salvatori – libraire, bibliothécaire
Alexandre Sánchez – traductrice
Anne-Charlotte Sangam – éditrice
Caroline Sayanouanchan – libraire
Gabriele Scardino – libraire
Soline Scutella – éditrice
Magosha Seitz – bibliothécaire, traductrice
Doris Séjourné, libraire
Jeanne-Marie Sens – éditeur, écrivain
Patrick Silberstein – éditeur
Isabelle Sivan – lectrice
Chloé Strack – assistante d’édition, traductrice

Laurence Tacou – éditeur
Valérie Tafforeau – libraire
James Tanneau – libraire retraité
Julien Tardif – étudiant en édition
Claudio Tennant – chef opérateur du son
Bertrand Tesson – documentariste
Elisa Thepot Da Silva – libraire
Emilie Thomas – assistante d’édition
Jerôme Thorel – journaliste, auteur
Valérie Thouard – éditrice
Lucas Thouy – libraire
Marie Hélène Tomatis – psychanalyste, lectrice
Marc Tomsin – correcteur, éditeur
Lorenzo Tortora de Falco – professeur en université de Logique
Justine Tosonian, étudiante en Métiers du livre
Anna Touati – éditrice, traductrice
Rémy Toulouse – éditeur
Annabela Tournon – graphiste, historienne
Rémi Tréhin-Lalanne – lecteur
Christiane Tricoit ­– éditrice
Roland Truc – lecteur, écrivain amateur

Thierry Vanhasselt – auteur, enseignant
Marion Velten & Florent Vial – libraires
Nicolas Vigour – étudiant en bibliothèque, auteur
Grégoire Vilanova – magasinier en bibliothèque
Nataly Villena – éditrice
Marc Villemain – écrivain, éditeur

Samuel Wahl – journaliste
Fanny Walz – graphiste

Nicole Yrle – auteur

Adrien Zammit – graphiste
Alberto Zino – psychanalyste
Julia Zortea – rédactrice
Nathalie Zylberman – relations presse communication éditions

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mardi 14 août 2012

Toujours plus

Gilles Monplaisir 1

En matière d’édition et de distribution des livres, le « toujours plus » industriel, et aujourd’hui technologique, est la seule voie raisonnable envisagée. Ne pas prendre cette voie serait se condamner à une confidentialité jugée le plus souvent marginale ou pis de mauvais aloi. Certes, certes, tout pousse au toujours plus. Dans l’édition et la fabrication classiques de livres, les supposées réalités économiques qui ne sont en fait qu’un concentré d’idéologie aiment les échelles et leurs degrés (leur économie diraient toto & logie). Adressez-vous à un imprimeur et vous constaterez l’équation suivante (c’est une approximation) : le coût de 10 livres est 2 fois supérieur au coût d’un seul ; celui de 100 sera dans les mêmes proportions par rapport à 10, etc. Ainsi, celui qui passe commande a tout intérêt à forcer le tirage. Il en est de même pour l’imprimeur lorsqu’il commande du papier ou de l’encre ou pour rentabiliser – à feu continu – sa presse ultra sophistiquée : l’interruption de la machine pour caler une nouvelle production est plus coûteuse que la poursuite de la fabrication de la série en cours. Nous parlons ici d’éditeur et d’imprimeur, mais tous les « éléments » de ce qui est appelé la « chaîne » du livre (« éléments » et « chaînes » sont bien laids, avouez) poussent dans le même sens : l’auteur désire un tirage important, le distributeur préfère un paquet de 100 que 100 paquets de 1, le diffuseur aime le renouvellement de son catalogue, et l’étal du libraire, les colonnes imposantes de livres dressés sur table. Reste un petit écueil : le stock, le volume que prend tous ces « produits » dans les entrepôts, trois voies pour y remédier : faire bouffer du livre au consommateur en l’aguichant pas les « meilleures ventes », les prix toujours prestigieux et les couvertures de magazines papiers-cathodiques-plasma ; accélérer la rotation des titres : « de la nouveauté ! » ; pilonner le rebut (environ 25 % des livres neufs). Bref cycles effrénés et recyclage. Le système hyper-matériel des réseaux électroniques loin d’être une alternative à ces temps modernes (cf. Charlie Chaplin) en est l’approfondissement partagé : ce n’est plus seulement le texte édité inscrit physiquement en fichier électronique qui va vivre ces rotations, mais les supports qui en permettent la lecture dont les plus grands VRP seront les consommateurs eux-même, Ah mon Ifauve rugissant version XYZ !

. Gilles Monplaisir 2

Dans ce brouhaha il existe pourtant des personnes qui vibrent autrement, elles sont nombreuses bien sûr, j’en ai choisi deux parce qu’elles donnent à voir et sont assez proches des préoccupations des penchants du roseau : choisir des textes avec soin et tenter de les faire partager en se penchant longuement sur l’objet qui les fera vivre : le livre, y compris en y plongeant les doigts. Un respect à portée de mains des êtres, et des objets qu’ils façonnent.

Il s’agit de Christophe Chomant et Gilles Monplaisir.

Christophe Chomant, installé près de Rouen, a déjà constitué un fonds imposant, je vous invite à le découvrir ici, mais surtout à regarder les séquences qu’il propose :

Gilles Monplaisir que je ne présente pas ici, c’est l’éditeur du petit bijou écrit par Pauline Varnage, La Volonté des anges. Nous invite à entrer dans son atelier, n’hésitez pas à vous y rendre, c’est ici : Comment a été confectionné le livre que vous avez entre les mains ?

Christophe et Gilles, chapeau bas !, et à bientôt, sans doute.

(les deux photos de ce billets sont empruntées aux Éditions Monplaisir)

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