Journal des penchants du roseau

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mardi 9 avril 2013

La censure, une contrainte délicieusement volontaire

Lors de notre débat sur le « livre » numérique de vendredi dernier, j’ai appris cette nouvelle :

« Exclusif – BD numériques : Izneo censuré par Apple

Izneo, la plateforme proposant des bandes dessinées numériques regroupant des éditeurs tels que Dupuis, Dargaud, Le Lombard etc. a dû, dans l’urgence retirer une partie de son catalogue de BD numériques de son application iPad. La demande venait bien entendu d’Apple et le motif invoqué était la distribution de contenus pornographiques. Une source qui a souhaité conserver l’anonymat, nous a contacté pour nous relater les faits.

A la veille du long week-end de Pâques, vers 20h, l’un des responsables d’Izneo a été appelé par une personne travaillant pour l’Apple Store aux Etats-Unis. Ordre a été donné de nettoyer les différents ebooks présents dans l’application car ils étaient jugés pornographiques pour les américains. On parle ici de BD numériques pour adultes vous l’aurez compris. Apple a lancé un ultimatum. L’équipe d’Izneo a eu 30 heures pour retirer les BD sous peine de suppression totale de l’application de l’Appstore.

Cachez ce sein !

Une cellule de crise a été rapidement montée chez Izneo pour échapper à la sanction : « Apple ne nous a donné aucune consigne sur ce qu’ils jugent comme pornographique ou pas. Nous leur avons proposé de nous caler sur l’iBookstore pour retirer les titres car nos BD sont aussi vendues dans la librairie en dehors de notre application, nous avons essuyé un refus. Notre interlocuteur nous a rétorqué qu’iBooks (Ndlr : la librairie de livres numériques d’Apple) et l’Appstore étaient deux choses différentes. Ils ne nous ont donné aucune clef d’appréciation pour faire le tri ! » nous a confié notre source.

Résultat, pour ne pas risquer d’être banni de l’Appstore, Izneo a fait un grand ménage, la moindre BD dévoilant un sein, un décolleté provoquant, une courbe ou évoquant un geste suggestif a été retirée manu militari.

(…) » (voir la source complète sur Idboox)

C’est amusant cet appel à Molière et à son tartuffe. Parce que franchement qui sont les tartuffes ? Les éditeurs « Dupuis, Dargaud, Le Lombard etc. », Idboox, Izneo ou leur maître en numérique Apple ? Crier à la censure tout en se précipitant pour l’accomplir avec zèle qu’est-ce ? Il est vrai qu’il y a beaucoup de pognon en jeu, alors au prix où sont les gommes... Et ce petit fumet de scandale résonnant de gauloiserie facile « ah ! Ces ricains, des puritains » n’est pas mauvais pour les affaires. Un grand classique.

Ceci dit, une question : qu’en est-il de cette extension infinie de nos libertés dans et par le numérique lorsque nous savons que les machines, la conception des puces, celle de l’encodage des données et même les tuyaux et les turbines pour les faire s’agiter sont concentrés entre si peu de mains - quelques firmes transnationales : une pomme jetée par une fenêtre à Longhua ?

En attendant, les affaires continuent.

PS : ce billet s'autodétruira dès qu'ils le voudront. Nul scandale, un fait.

(image Saint Barthélemy tenant le couteau de son martyre et sa peau écorchée, Michel-Ange)

mardi 8 janvier 2013

Vogue : de toute urgence, tout simplement

Humeur

Après le c'est valable des années soixante, le dément, génial des suivantes, puis en passant par la galère, l'émergence, nous sommes arrivés à l'urgence, tout simplement.

Alors donc il serait urgent de lire un texte, un livre, un poème, une strophe et cela en toute simplicité ! Foutaises de perroquets bavards. Pensez, j'ai mis cinquante-six ans à découvrir Tristram Shandy de Laurence Sterne (je vous dis ça parce qu'il me démange dans ce contexte), et je n'ai pas encore été foutu de finir Ulysse de Joyce ni en français, ni en anglais (je vous dis ça parce que cette version « originale » je l'ai achetée il y a une trentaine d'année et elle me nargue... « tout simplement »). Et ce qui est vrai pour moi, l'est sans doute pour vous. Alors fichtre ! (je dis ça en rigolant).

Christian, apprenti urgentiste, tout simplement.

PS : tiens, prenez le temps de découvrir tranquillement ces quelques livres et donnez-en nous quelques nouvelles.

dimanche 7 octobre 2012

Est-ce de croquer Greta qui me mit dans cet état

Aller à Liffré, fameux voyage dépassant les douze kilomètres de mon rayon d'action et de ma pètitude, réserve de drôles de surprises. Outre celle d'être encadré par deux charmantes dames et néanmoins auteurs prolixes et de talent, Nicole et Fernande, qui ont plusieurs dizaines de références à leur catalogue, j'eus la surprise de voir Greta habillée d'aluminium et étroitement ficelée pour que je puisse la croquer le soir venu avec J. et L.

L'exercice ne fut pas difficile tant elle était délicieuse. J'aurais pourtant dû m'en méfier, car ce matin un virus qui virevoltait dans notre chère Gallésie, profita de mon abandon pour me biser. Du coup ma tête ressemble à une pastèque !

Merci Mariana ! ;-)

lundi 10 septembre 2012

Rien

Gallimard absorbe Flammarion (article du Monde avec cette merveilleuse conclusion d'Alain Beuve-Méry : « D'une structure familiale, la maison Gallimard va devoir évoluer vers un groupe d'édition plus moderne. » (sic))

PS : Gallimard c'est aussi : Denoël, Mercure de France, Éditions de la Table ronde, P.O.L., Gallimard Jeunesse, Gallimard Loisirs, Futuropolis, Éditions des Grandes Personnes, Éditions Alternatives, Verticales, etc. ; et maintenant : Flammarion, Casterman, J'ai lu, Arthaud, Librio, Fluide glacial, etc.

mercredi 25 juillet 2012

狗屎 !

Une attaque de robots, pubesque et spameuse, en provenance de Sānménxiá - Chine, inonde ce journal de commentaires (environ 300 visibles ou non). Je vais nettoyer tout ça et fermer les commentaires pour tous les billets les plus anciens.

Ah ! les joies de la modernité branchée !

lundi 23 juillet 2012

Ah ! La rentrée littéraire ! - tout ce que vous avez voulu savoir sans oser le

Vieille neige

(cf. Boucicaut)

lundi 7 mai 2012

Sifflets

Sifflet en roseau

Ce Monde-ci n'est qu'une œuvre comique
Où chacun fait des rôles différens :
Là, sur la Scène, en habit dramatique,
Brillent Prélats, Ministres, Conquérans.
Par nous vil Peuple assis aux derniers rangs,
Troupe futile & des Grands rebutée,
Par nous d'embas la Pièce est écoutée ;
Mais nous payons, utiles Spectateurs,
Et quand la Farce est mal représentée,
Pour notre argent nous sifflons les Acteurs.

Jean-Baptiste Rousseau, Épigramme, in Œuvres nouvelle édition, Bruxelles, 1743.

vendredi 20 avril 2012

Un serveur qui tombe, beaucoup de verre cassé ?

Le serveur, celui qui ouvre l'accueil des penchants du roseau ainsi que celui de nombreux autres sites, s'est cassé la figure. J'ai contacté les brancardiers, il va bien finir par se relever. Reste les bris. Pourvu que les quelques verres déposés sur son plateau par mes bons soins ne sont pas pulvérisés. J'ai à portée de main (comme le p'tit Paul, frère de Marcel, lorsqu'il avait découpé une mante religieuse) une pipette débordant de seccotine, prête à servir elle aussi. Au pire la poisse ne souillera que mes mains. Ah ! les systèmes hyper-matériels* sont bien fragiles.

(*) ceux que les gogos moutonniers appellent virtuels.

PS : bien rentré en Gallésie et sa glaise qui s'engorge du ciel en fuite.

mercredi 22 février 2012

Petite publicité gratuite pour notre amie d'outre Atlantique

(je ne ferai aucun commentaire, mais laisse ceux-ci ouverts à ceux qui le veulent, je ne noterai pas non plus tous les faits erronés - il est si plaisant de créer de la fumée pour désigner le feu qui ne nous réchauffe point - sauf peut-être celui-ci : aucun billet ni commentaire de ce blog n'a été censuré ni retiré hors deux - qui n'ont rien à voir avec m@n : un à la demande d'un commentateur qui le voulait expressément, l'autre quand un auteur fut mis en question pour une histoire strictement privée)

Pub gratuite donc (Lise-Marie, n'allez pas révéler que nous sommes de connivence ! Personne ne vous croira... quoi que...)

je recopierai au fur et à mesure lorsque j'en aurai le temps, désolé si certains commentaires du site source disparaissent.

L’opération m@n de Léo Scheer: la grande entourloupe!

Voilà le message que m’a envoyé une wannabe déçue par l’opération m@n de Léo Scheer (qui consiste à payer 50 euros pour mettre son manuscrit en ligne, 100 euros pour mettre deux manuscrits, etc.)

J'ai découvert votre blog il y a quelques semaines en tapant sur le moteur de recherche google "Léo scheer" et "m@n".

J'ai pu voir que vous étiez critique à l'encontre du site m@n et je constate par moi même que ce site ne tient pas ses promesses.

J'ai adhéré à m@n après avoir vu Patric Le Lay présenter ce site comme une "Star academy des écrivains" dans une émission sur Canal +. Ayant un manuscrit bientôt fini et redoutant de subir des refus en envoyant mon roman par la Poste, je me suis dit "pourquoi pas ?".

Le montant de l'adhésion est de 50 euros et en échange on a le droit de mettre en ligne un texte sur le site et on reçoit trois livres dans l'année. (Les livres sont vendus dans le commerce 12 euros). Cela me paraissait attrayant, mais j'ai vite déchanté:

- nous ne sommes que 133 auteurs et seulement 30% d'entre nous ont déposé un texte. Les adhérents ont souvent des identités étranges, car il n'y a pas d'obligation pour les auteurs de se présenter sous leur identité civile ou sous un pseudo d'auteur vraisemblable. C'est ainsi que font partie des auteurs les dénommés ///, CLC, ddm, entre autres. On peut rêver mieux comme communauté d'auteurs;)

-Quasiment personne n'intervient malgré les efforts de l'animateur m@n pour tenter d'obtenir un semblant de vie sur ce site. Interviews, notes de lecture se succèdent dans l'indifférence générale; les auteurs qui ont déposé ces derniers mois voient leur texte téléchargés entre 10 et 20 fois grand maximum. On se demande pourquoi tous les adhérents silencieux ont acquitté 50 euros puisqu'ils ne lisent pas, ne commentent pas et ne déposent pas de manuscrit !

-il y a eu un mini scandale car le texte qui a gagné le 2 janvier 2012 l'a emporté à une voix près et certains se sont étonnés que ce livre soit déjà publié aux "Penchants du roseau" et ait bénéficié de la voix de son éditeur (inscrit comme auteur...), et de deux voix d'un adhérent qui est parti bien avant le 2 janvier car il était mécontent du fonctionnement du site, mais dont les deux votes ont été conservés. J'ai suivi le vote qui se terminait le 1er janvier à minuit pour constater que comme par hasard, il y a eu en faveur de la gagnante un vote dans la dernière demi heure, correspondant j'imagine à une adhésion providentielle, car entre l'après-midi et la soirée, il n'y avait plus le même nombre d'adhérents. Il est flagrant que l'équipe m@n souhaitait que ce soit ce livre là (Le souvenir de personne écrit par Cécile Fargue) qui gagne. Par ailleurs le site "Les penchants du roseau" est désormais partenaire m@n. Monsieur Domec est donc à la fois éditeur d'une petite maison, adhérent de m@n où il possède un droit de vote, et partenaire d'un site où un de ses auteurs a gagné. On ne peut faire plus embrouillées comme pratique éditoriale et comme transparence d'un concours.

-dernier point qui est très contraignant et injuste; les votes ne sont pas remis à zero, si bien que le texte qui a perdu à une voix près, bénéficie de 28 voix d'avance pour le prochain vote.

J'ai pris la décision de ne pas déposer de manuscrit sur ce site: à quoi bon ? Pour être lue par dix personnes et voir gagner quelqu'un avec des voix de complaisance, merci bien. Et je ne renouvellerai pas cette adhésion. Quand je pense qu'il y en a qui ont dépensé 100 euros pour déposer deux manuscrits !

Je vous remercie de défendre les auteurs car ils en ont bien besoin.

Le 16 mars 2011, j’écrivais que l’opération m@n est une opération pour se faire de l’argent sur le dos des wannabes. On vous avait prévenu! Reste que je compatis au sort de tous ces malheureux qui ont payé 50 euros ou plus pour une telle entourloupe...

Commentaires

Sans doute cela s'est passé comme ça... mais ce qui est dommage, c'est que le texte de Cécile Fargue est très bien et méritait de gagner une publication chez m@n et peut être même bien ailleurs. L'opération m@n est peut être foireuse mais pas "Le souvenir de personne". Quant aux "Penchants du Roseau", je pense que Christian Domec s'est fait piégé dans cette histoire. Quand il a proposé le livre de Cécile, il voyait sûrement une possibilité de donner de la visibilité au livre de son auteur sans bien prévoir une telle suite...

Rédigé par : osier | 22 février 2012 à 08:49

Bon, mais fallait quand même être un peu cruche pour lâcher ses 50 balles. Il y a longtemps que Wrath nous a ouvert les yeux sur cet éditeur, non ?

Rédigé par : Clodius | 22 février 2012 à 09:45

Ce qui serait cool, ce serait que tous les commentateurs de ce blog se cotisent et déposent le fameux "Crevez tous, useless cunts" sur le site de ce brave Léo.

Ce serait plutôt marrant que ce soit lui qui publie la camarade Wrath...

Rédigé par : Philippe M. | 22 février 2012 à 15:21

"je pense que Christian Domec s'est fait piégé dans cette histoire." Allons donc; il savait très bien ce qu'il faisait, utiliser cyniquement la plateforme de quelqu'un d'autre pour mettre en valeur un de ses auteurs. Et d'après la personne qui a écrit à Wrath, le vote s'est fait à une voix près, sans celle de son éditeur et des copains de l'auteur et de l'éditeur probablement inscrits sur le site eux aussi; celui qui a perdu à une voix près a dû en être tout dégouté... Le penchant n'est pas un ange d'intégrité intellectuelle, comme il aime à le faire croire; il a supprimé le billet de son blog où il critiquait m@n quelques semaines avant le vote, ça en dit long sur la force de ses "convictions". Cela dit, si la demoiselle n'en vend que 130 et quelques ex aux abonnés et une poignée en librairie ça leur fera une belle jambe !

Rédigé par : zazou | 22 février 2012 à 17:05

@Zazou : non je ne suis pas d'accord, Christian Domec n'est pas un cynique, il était déjà dans la mouvance de M@nuscrit version Leo Scheer, il aussi ouvert un partenariat avec Scriff...

Ce que je regrette, c'est que rien ne trouvera grâce à vos yeux, des alternatives comme comme Publie.net de François Bon ou celle des Christian Domec avec les Penchants du Roseau, les wanabees les noircissent alors que si on touche un cheveu à Gallimard c'est le tollé : ne touchez pas à notre rêve ! Les wannabes veulent rêver rien de plus !

Rédigé par : osier | 22 février 2012 à 18:08

http://www.scribd.com/doc/60583535/Semper-fidelis

Le voici, ce fameux Crevez tous. Bonne lecture !

Rédigé par : Sansnom | 22 février 2012 à 19:03

@Osier. Scryf.

Rédigé par : nic | 22 février 2012 à 19:14

Je mets au défi n'importe quel auteur de trouver un éditeur qui remplisse toutes les conditions suivantes :

1/ Travail éditorial de premier ordre, de niveau égal à ce qui se trouve chez des éditeurs "reconnus
2/ Fabrication de livres d'une qualité identique à celle d'un grand éditeur (avec simplement une couverture souple, sans doute pour de simples raisons technico-budgétaires : C. Domec fabrique chaque livre à l'unité, mais dans une forme irréprochable de finition)
3/Non exigence d'un contrat d'exclusivité et souplesse totale du rapport auteur/éditeur : un auteur reste libre de le quitter ou d'éditer ailleurs même en restant chez lui. Et libre aussi de lui rester fidèle quoi qu'il arrive.
4/ Diffusion simultanée en numérique (partielle ou totale, sous Google livres ou carrément sous Pdf, au choix de l'auteur) et en "papier"
5/ Honnêteté et respect de l'auteur en tous points
Je n'ai pas eu de contacts très prolongés avec Leo Scheer, et son expérience M@n, dont l'échec était prévisible, m'a dès l'origine répugné pour son caractère commercial et le mépris que cette loterie impliquait envers les auteurs, à l'inverse de l'expérience initiale M@nuscrits, laquelle témoignait d'une ouverture exceptionnelle de sa part, étonnante chez un éditeur "classique".
Mais C. Domec, je connais un peu à présent, et c'est l'éditeur dont tout auteur pourrait rêver. Celui à qui on peut dire : faites au mieux, sans jamais être déçu. Et question honnêteté, on ne fait pas d'eau plus claire : aussi cette idée d'une "magouille" à laquelle il serait mêlé me paraît-elle relever d'une absurdité sans nom ou d'une totale méprise.
En ce qui concerne la suppression d'un billet critique de son blog envers M@n, il s'agit d'une contre-vérité facile à démontrer : le billet en question est toujours là, et se montrait très critique envers la qualité technique sommaire de la première mouture des livres de M@n (il semblerait qu'il y ait eu une évolution ensuite mais je n'en sais pas plus, n'étant pas inscrit là-bas - et cela ne risque pas de changer :
http://billets.domec.net/post/2011/10/11/Est-ce-un-livre
Il a d'ailleurs décidé de publier sur son blog l'intégralité du présent billet de Miss Wrath et les commentaires qui s'ensuivront : preuve de transparence, s'il en était besoin. http://billets.domec.net/post/2012/02/22/Petite-publicit%C3%A9-gratuite-pour-notre-amie-d-outre-Atlantique
Je me permettrai d'ajouter - ironiquement - qu'il s'agit pour C. Domec d'une véritable consécration : il n'était jusqu'alors qu'un simple apprenti, le voici promu au rand d'éditeur magouilleur. Bref, il passe "pro". Donc champagne...

Rédigé par : East-Mount | 22 février 2012 à 20:14

Moi je pense que le "drame" de m@n c'est de n'avoir pas démarré de zéro... m@n est parti avec l'handicap des courtisans de Leo Scheer... qui, pour beaucoup, ont plus ou moins obtenus ce qu'ils voulaient. Courtisans virtuels mais aussi au travers de rencontres réelles lors de soirées sur Paris.
Sur l’entreprise m@n, on a vu dans le passé que tous ces types d'initiatives étaient plus ou moins vouées à l'échec parce que personne ne jouait vraiment le jeu : tricheries avec les votes multiples (Blogauteurs) ou tricheries de l'organisateur lui même (festival internet de Romans).

Au fond, tout ce que l'on reproche à l'édition traditionnelle (copinages, passe-droits) se retrouve encore et toujours dans ce type d'organisation.

Rédigé par : cobalt | 22 février 2012 à 20:43

Et qui seraient donc ces courtisans cher Cobalt?

Rédigé par : Diffama | 22 février 2012 à 21:02

@Diffama : dans ces courtisans je n'inclue pas Christian Domec qui n'est pas un auteur... enfin pas que je sache.

Rédigé par : cobalt | 22 février 2012 à 21:18

Et qui y incluez-vous alors, pourrait-on le savoir? Un peu de témérité, que diable!

Rédigé par : Diffama | 22 février 2012 à 21:23

Peut être vous même cher Diffama ?

Rédigé par : cobalt | 22 février 2012 à 21:26

Ah! Le courage des anonymes qui font dans l'ad hominem sans citer de noms. Des pets, rien de plus.

Rédigé par : Diffama | 22 février 2012 à 21:35

Votre insistance et/ou votre fébrilité est amusante. Sacré Diffama !

Rédigé par : cobalt | 22 février 2012 à 21:45

Je suis au regret de vous le dire, mais la traduction de François Domec du "Vieil homme et la mer" est vraiment à ch..

Rédigé par : aussi sec | 23 février 2012 à 10:20

Pas étonnant : au lieu de bosser sa traduction à fond, il a couché avec la baleine (notez que c'est toujours plus moral que de s'être tapé le gamin ou le vieux)

Rédigé par : Saligaud | 23 février 2012 à 10:31

et là, tu vas encore avoir Philippe Jaenada et sa réponse habituelle à Lise-Marie et Guillaume : "ben quoi ? c'est normal ! dans quel monde vivez-vous ?" "pourquoi semblez-vous ulcérés ? c'est comme ça le monde, c'est ainsi"

Rédigé par : Guillaume | 23 février 2012 à 11:33

Ah bon ? C'est Jaenada qui emballe le chocolat à présent ? Moi, je pensais que c'était la marmotte.

Rédigé par : vroum-vroum | 23 février 2012 à 12:02

http://www.dailymotion.com/video/xoziwk_la-belle-et-l-abbe-raphael-zacharie-de-izarra_news

Rédigé par : Anna Rosenberg | 23 février 2012 à 13:04

@Sansnom: Merci pour le lien, j'ai pu jeter un coup d'oeil à ce fameux roman qui a fait couler tant d'encre.

Après avoir lu plusieurs commentaires qui le traitaient de "bouse", avec des avis aussi tranchés que ceux que Wrath elle-même réserve pour les éditeurs, je m'attendais à une véritable catastrophe.

Bon.

J'ai lu les vingt premières pages et, pour être honnête, il n'est pas si mal. Je ne le pense pas publiable en l'état (trop de répétitions, de phrases lourdes, de métaphores maladroites) mais il a du potentiel. Plus, en tout cas, que pas mal de textes amateurs qu'on peut trouver sur le net.

Après, je ne sais pas si Wrath a démarché les bonnes maisons. De ce que j'en ai lu également, c'est un roman qui aurait plus sa place (une fois retravaillé et épuré) chez un éditeur de thrillers ou de policiers, plutôt que chez GalliGraSeuil. Ca se lit agréablement, un peu comme un roman de gare (et c'est un vrai compliment que je fais, les romans de gare nécessitent un vrai talent), mais je ne le vois pas en couverture blanche.

My two cents.

Rédigé par : Grenouille Bleue | 23 février 2012 à 14:15

Grenouille Bleue, vous n'avez jamais dû lire Houellebecq (cas rare !). Ce manuscrit est un exécrable plagiat de Houellebecq, surtout de celui des Particules et de Plateforme.

Mais le pastiche nécessite lui aussi du talent, comme vous le dites.

Rédigé par : Sansnom | 23 février 2012 à 17:09

J'ai lu Houellebecq - mais si tous les auteurs qui parlent de sexe crûment doivent se comparer à ses Particules, on n'est pas sorti de l'auberge.

Je suis le premier à trouver les articles de Wrath bien trop creux et orientés pour être intéressants (mais après tout, a-t-elle tort de jouer ce rôle puisqu'il lui apporte l'exposition ?). Je suis le premier à penser que les facettes qu'elle expose sur internet la font passer pour une fille capricieuse, agressive et monomaniaque.

Ca ne m'empêche pas de juger honnêtement son texte et, DE MON POINT DE VUE, il se lit agréablement. Encore une fois, il y a de nombreux défauts de jeunesse dedans, mais il incite à tourner la page, et c'est déjà pas si mal.

Combien de romans ces derniers temps ont-ils été écrits avec un talent littéraire impressionnant, une habileté syntaxique éblouissante, des effets de style admirables - et une histoire anémique ?

Après, je rappelle que je ne me base que sur une vingtaine de pages.

Rédigé par : Grenouille Bleue | 23 février 2012 à 18:02

Non, non, je ne parle pas du "fond", mais du style. La plupart des phrases sonnent comme du Houellebecq : ce mélange d'audace fausse, d'ingénuité vraie ou fausse, de cynisme, de sécheresse et de moralisme.

Au hasard, des phrases comme : "Mais Valentin avait fâcheusement gardé ses baskets, ce qui cassait un peu l’effet de réel" ; "Axel se souvenait vaguement d’avoir tâté des gros seins et d’avoir léché une chatte touffue. C’était à peu près tout" ; "Qui n’a pas une attitude passive ? Il faut énormément de résignation pour supporter la vie. D’ailleurs, dès quelqu’un affiche une trop grande joie, ou une tristesse exagérée, ilest vite remis à sa place. Il faut se traîner dans l’existence avec un sourire commercial et légèrementennuyé. Elle soupira, se sentit soudain proche de Prune. Mais quand même, se reprit-elle, il y avaitle cul. Seul le sexe pouvait donner l’impression de vivre vraiment." ; "Axel sentit une vague de chaleur douce envahir ses organes, comme une promesse d’intimité et de bonheur." sans parler de "C’était débile, elle n’avait que 22 ans. Ça lui laissait encore une quinzaine d’années à vivre. Mais peu à peu, elle assisterait à la chute de son potentiel érotique, et de son enviede vivre. Voilà le système qu’avaient institué les pédés. A quarante ans, ils commençaient tous à paniquer devant leur chair pendante et leurs culs flasques." (reprise presque mot à mot d'un passage des Particules) sont du pur Houellebecq.

Mettons que ce sont les Particules récrites par une adolescente convenablement intelligente et pas douée pour écrire. Pas plus.

Rédigé par : Sansnom | 23 février 2012 à 19:18 flytox

On s'en fout Sansnom, ce n'est pas le sujet du billet !

Rédigé par : flytox | 23 février 2012 à 19:29

Cobalt a écrit : "tricheries avec les votes multiples (Blogauteurs) ou tricheries de l'organisateur lui-même (festival internet de Romans)."

N'oublions pas non plus le prix Gros Sel qui cumule la tricherie des votes et la complicité des organisateurs.

En ce qui concerne "m@n", le plus gros reproche serait son opacité : il faut payer 50 € pour savoir ce qui s'y passe. Le teasing actuel serait que Léo Scheer y écrit maintenant son blog. Vous êtes prêt à mettre 50 € pour lire un blog ?

Rédigé par : Reuters | 24 février 2012 à 07:48

50 euros pour une chance sur 30 d'être publié, c'est un bon deal en fait. Quant à LS, il a donc reçu un peu plus de 5600 euros et doit en échange offrir 260 livres, payer un informaticien, une publication, donc un correcteur et l'imprimeur, je ne vois pas en quoi il se fait le moindre argent d'ailleurs depuis 2008, il ne se fait pas le moindre argent avec cette opération, il en a perdu très certainement. On peut lui reprocher beaucoup de choses mais pas de se faire du fric. Et bien sûr qu'éditer un livre qui a déjà été publié et que l'éditeur précédent soit un participant, c'est maladroit pour les nouveaux inscrits, même si cela partait d'une bonne intention. Cependant si le texte était objectivement le meilleur sur 30, pourquoi pas? Mais dans ces cas là, le mieux serait de recommander ce texte auprès d'un grand éditeur parisien.

Rédigé par : Fatigue | 24 février 2012 à 08:20

Oui, que Léo Scheer ne gagne pas grand chose, c'était surtout vrai avec la série des M@nuscrits. Les m@n, c'est autre chose : avec 5600 € moi je ferais plein de choses.

Sinon, pour le moment je n'ai pas trouvé un m@n dans les libraies de ma ville, alors que j'y voyais les M@nuscrits... j'ai l'impression que les libraires se sont lassés de ces expériences.

Rédigé par : afp | 24 février 2012 à 13:21

@afp: "je n'ai pas trouvé un m@n dans les libraies de ma ville, alors que j'y voyais les M@nuscrits... j'ai l'impression que les libraires se sont lassés de ces expériences." Les chiffres de ventes de M@nuscrits étaient catastrophiques, voilà pourquoi!

Rédigé par : wrath | 25 février 2012 à 06:23

(à suivre peut-être...)

vendredi 30 décembre 2011

Objet onirique et vision numérique

Reflet du réel

Pour des raisons essentiellement idéologiques, les informations véhiculées par les tuyaux numériques comportent deux valeurs représentées par le 0 et le 1 : une représentation binaire du monde, celle des idéologies dominantes ou des discussions au café du commerce (ou sur son pendant numérique : facebook, par exemple). La nuance est à proscrire parce qu’elle est vertigineuse. Humaine quoi.

Alors bien sûr, la multiplication des combinaisons de 0 et de 1 permet de finement représenter des nuances ou du moins de s’en approcher « à peu près ». Pourtant c’est cet « à peu près » qui importe : c’est le lieu où vibre nos sensibilités aussi ténu soit-il.

Cet « à peu près », fin parfois, peut devenir grossier ou obscène.

Je vous raconte ça… mais pourquoi donc ?

Oh ! Juste un petit truc cocasse – encore un.

Pour le livre en France - outre celle de la Bibliothèque nationale de France chargée du dépôt légal et du catalogage physique et numérique des publications - il existe plusieurs bases de données. Elles vont « arroser » de leurs informations les librairies et bibliothèques en ou hors ligne. Les deux plus importantes sont Électre et Dilicom ; elles sont parentes, la seconde étant une excroissance de la première qui avec Livres hebdo a un rôle commercial au service de la « grande » édition. Dans ces bases, un livre est essentiellement représenté par une unité de stock : ses dimensions, son poids et son prix seront les données essentielles à retenir, un numéro (ISBN) son identifiant unique ; un nom d’auteur, un titre, un nom d’éditeur sont aussi obligatoires, mais considérés comme secondaires puisque les champs à remplir n’ont pas toujours la dimension suffisante (ex. Cécile Fargue Schouler était trop long, il été tronqué à Schou, j’ai en accord avec Cécile choisi S.), le contenu ils s’en fichent (sic) complètement. Dilicom enregistre à l’aveugle, Électre c’est maximum – pour la plupart des livres (tout se négocie…) – cinq minutes par fiche. Jugeons-en, voici celle du seul livre que je leur ai envoyé « pour voir » :

« Le livre est écrit en hommage à un adolescent, Sébastien, de 14 ans, sans abri, retrouvé mort. C. Fargue lui écrit une lettre 15 ans après les faits. Puis, ce sont des fragments plus ou moins longs de textes, datés de septembre à mars. »

Vous aurez reconnu sans doute de quel livre il est question… J'aime beaucoup ce « des fragments plus ou moins longs de textes », j'ai des goûts bizarres me direz-vous.

0 et 1 donc. Mais le zéro, seul, passe difficilement même lorsqu’il est suivi d’une virgule. J’ai, il y a trois jours, entré deux livres : Scènes étranges d’une enfance de garçon – objet onirique et Staccato de Michel Gros Dumaine. Côté Bnf, en attendant le dépôt légal physique aucun problème, voici l’un (sans prix) et l’autre (avec le prix). Côté Dilicom, je ne pouvais entrer 0, un livre gratuit, ils ne connaissent pas, j’ai – pour forcer l’enregistrement – mis 0,01 €, ça ne passe pas, la TVA ne pouvait être calculée… Malin, je suis passé à 0,10 €… Ouf l’enregistrement s’est fait… mais dans le vide. Qu’on en juge sur, par exemple Amazon qui se nourrit de ces bases n’ayant que peu de stocks (cette présence est du pipeau, un effet catalogue, ils ne traitent guère ce type de commande), Staccato apparaît, l’Objet onirique non (je suis quand même en train de chercher une parade… style le mettre à XXX € mais en rupture de stock).

Lorsque le binaire se réduit à 1 - soyons positif ! -, il ne voit plus rien. C’est la version numérique du fanatisme, ici, celui du marchand.

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