Journal des penchants du roseau

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vendredi 5 mars 2010

Salon du livre de Paris 2010 (suite et fin)

Je m'étonnais, dans un précédent billet, qu'à une manifestation où il est proclamé : « La Région Haute-Normandie, aux côtés de son agence régionale du livre, présentera sur son espace tous les auteurs et les éditeurs régionaux qui contribuent à la création et à la vitalité du livre en Haute-Normandie. Pour en savoir plus : www.arl-haute-normandie.fr. » nos penchants fussent oubliés.

N'ayant, par mail, de réponse du côté de la Région et de son service de communication. Je me suis fais violence en leur téléphonant. Ils me renvoyèrent à l'agence régionale du livre. S. F. (1) eut l'amabilité de me contacter pour m'expliquer leur manière de procéder. Tous les auteurs ne sont bien sûr pas là, puisque ce sont les éditeurs - et éventuellement leurs auteurs - qui bénéficient des tables sur le stand. Il n'y a pas de sélection puisque le nombre de places suffit aux éditeurs souhaitant se déplacer. Il existe une table « tremplin » pour les nouveaux éditeurs, leur inscription y est financée par la Région. J'aurais dédaigné cette table lors de notre entretien, S. F. et moi, fin 2009 : ce qui est fort possible et ne m'étonnerait guère. Bref tout roule, à part cet excès coutumier des communicants - ici ceux de la Région - de vernir ce qui n'a pas besoin de l'être. Nous regarderons si correction a été apportée sur le site du Salon.

Bref, ce salon est pour moi clos, passons à la cuisine et mitonnons une belle recette, ce soir elle sera à base d'éperlans.

(1) S. F. corrigez-moi si je m'égare.

jeudi 4 mars 2010

Paris Normandie (re)parle des Conards de Rouen : cornes de bouc !

Je m'étonnais, hier, de l'article de Paris Normandie dont l'incipit et la conclusion nous présentaient les Conards de Rouen en évitant soigneusement de citer toute référence bibliographique.

Je viens de le relire et suis pris d'un éclat de rire, ça tire dans tous les sens et mériterait un petit coup de badine : « Les Conards, bouffons, badins de Rouen s'associaient tous les ans au Carnaval et avaient le privilège reconnu par le parlement de la ville de défiler masqués avec à leur tête un abbé mitré et de jeter aux tout-venant des rébus et des satyres. »

Jouvencelles & jouvenceaux de Conardye voicy de quoy nous réjouyr sy d'aventure les Conards revenayent.

Cornes de bouc !

mercredi 3 mars 2010

Paris Normandie (re)parle des Conards de Rouen

Paris Normandie - journal du groupe Hersant Média - à l’occasion d’un article sur l’excellente librairie L’Écho des vagues, évoque les Conards de Rouen. Il est dommage qu’il ne cite pas une seule référence bibliographique dont notre Les Conards de Rouen qui non seulement est en vente dans toutes les bonnes librairies dont L’Écho des vagues, mais librement consultable via notre bibliothèque numérique.

Il est vrai que ce journal n’est pas prompt à connaître et relater les sources : voir ici et .

Christian Domec, apprenti libraire.

PS : j’aurais bien laissé un commentaire au bas de l’article, mais, ici aussi, il faut s’inscrire : marchand mais frileux !

mardi 2 mars 2010

Salon du livre de Paris 2010 (à suivre...)

En baguenaudant sur le site du Salon du livre de Paris, je suis tombé sur cette page. J'y lis : « La Région Haute-Normandie, aux côtés de son agence régionale du livre, présentera sur son espace tous les auteurs et les éditeurs régionaux qui contribuent à la création et à la vitalité du livre en Haute-Normandie. Pour en savoir plus : www.arl-haute-normandie.fr. » Diantre ! Et l'on ne me dit rien. Un oubli, sans doute.

Je viens de me fendre d'un message à l'adresse indiquée sur cette page, communication@cr-haute-normandie.fr :

Madame, Monsieur,

J'ai débuté à l'automne 2009 une activité de création, publication et distribution de livres, je vais le 17 mars prochain publier un deuxième ouvrage : Terre Bleu de Jean-François Joubert après Les Conards de Rouen paru le 3 décembre 2009.

En parcourant le site du Salon de Paris 2010, je découvre qu'il existe un stand où : "La Région Haute-Normandie, aux côtés de son agence régionale du livre, présentera sur son espace tous les auteurs et les éditeurs régionaux qui contribuent à la création et à la vitalité du livre en Haute-Normandie."

Contribuant, à ma mesure, à cette vitalité, j'aimerais savoir comment trouver place à ce stand et connaître tous les détails pratiques pour y faire honneur ne serait-ce qu'une demi-journée.

Merci de votre attention, bien à vous,

Christian Domec.

PS :
- ma "vitrine" : http://domec.net/
- ma "fiche" : http://www.arl-haute-normandie.fr/Annuaire/Editeurs--Les-penchants-du-roseau-1583.htm
- mes livres :
Les Conards de Rouen : http://billets.domec.net/pages/Les-Conards-de-Rouen
Bleu Terre : http://billets.domec.net/pages/Bleu-Terre

Nous verrons bien. Je vous tiens au courant.

mardi 23 février 2010

À votre service me presse ?

– La consigne n'a pas changé, dit l'allumeur. C'est bien là le drame ! La planète d'année en année a tourné de plus en plus vite, et la consigne n'a pas changé !

Le Petit Prince, Antoine de Saint Exupéry, 1943.

Un bref échange de courriels, hier, entre le responsable de l’agence locale d’un organe de presse et moi-même me permet de préciser quelques petites choses.

Résumons nos propos :

Responsable agence locale de presse (Ralop) : « serait-il possible d'avoir un exemplaire du livre Les conards de Rouen afin de l'évoquer dans nos colonnes (…) »

Christian Domec (Céder) : « Les exemplaires des Conards de Rouen prévus pour le service de presse sont malheureusement épuisés, je garde les autres pour satisfaire les commandes client, en attendant une nouvelle édition. Quelques jour avant la sortie de ce livre le 3 décembre 2009, j'avais proposé ce service de presse à B. V., mais il ne m'a pas répondu. Néanmoins, vous pouvez prendre connaissance de l'ensemble du contenu de ce livre soit sur le journal des penchants du Roseau (…) soit, de manière plus confortable, via google books (…) »

Ralop : « le livre constitue le point de départ une autre fois peut-être »

Céder : « Je suis tout à fait d'accord avec vous. Vous avez, à proximité, la librairie l'Armitière, Chantefables, Élisabeth Brunet et un peu plus à l'est l'Écho des vagues, ils se feront un plaisir, je crois, de vous proposer les Conards de Rouen. Je peux aussi vous l'envoyer, vous avez dans ma page contact mes coordonnées postales (adresse et compte). »

Il me semble donc nécessaire de rappeler qu’ici un livre n’est pas l’élément d’un stock dont le premier souci serait qu’il s’épuise, qu’un article, une critique ou une chronique seront toujours bien venues, mêmes les plus acides, mais qu’en aucune manière un « service de presse » va de soi. Décidément le port de la chaîne du livre consigne d’étranges habitudes qui ne seront miennes. Je décide d’offrir un livre selon mon bon plaisir, les petites connivences et les « un prêté pour un rendu », au mieux, me fatiguent. En cela, je suis un vrai Conard et en tire quelque fierté.

Christian Domec, apprenti libraire.

jeudi 18 février 2010

Le prix unique du livre et ses effets pervers 1

Nul doute que le prix unique du livre a permis le maintien d'un réseau dense de librairies « indépendantes » sur le territoire français. Et, autant vous le dire franchement, j'y tiens autant qu'au pain boulangé artisanalement, même si, il faudrait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte, l'indépendance des libraires s'amenuise à mesure que le pain s'industrialise : des pâtons texturés, aromatisés, calibrés sillonnant l'asphalte au rythme de la livraison des stocks de livres aux criardes couvertures à distribuer, rayonner, pilonner.

Certes, le prix unique du livre évite à quelques mammouths d'écraser la diversité que seules des souris trompeuses pourraient, en catimini et marginalement, sauvegarder.

Pourtant le prix unique du livre nivelle lui aussi. Il est adapté aux structures industrielles d'édition.

Un exemple ?

Je décide de publier Bleu Terre, je sais qu'un libraire pour vivre a besoin d'une ristourne d'environ 30 %, souvent plus, rarement moins. Je dois bien acheminer ce livre jusqu'à ce libraire, prendre à ma charge les frais de port : il faut donc au minimum que je compte ces deux postes pour établir le prix de vente unique de Bleu Terre.

Le seul subterfuge légal trouvé pour proposer ce livre à un prix plus abordable lorsque je le vends directement est la pré-commande avant sa sortie officielle. C'est chouette, mais c'est une contorsion qui ne m'amuse pas.

Ceci dit la loi sur le prix du livre dit une autre chose : « Tout détaillant doit offrir le service gratuit de commande à l'unité », ce qui signifie qu'aucun marchand de livre, qu'il soit en librairie, en superette, ou en amazone ne peut légalement dire : je ne peux vous le commander. Elle ne précise pas, par contre, la marge minimale qu'un détaillant peut exiger. Je n'ai pas encore reçu de commande via une boutique multinationale en ligne, mais il est sûr qu'elle ne pourra bénéficier de ma part d'une ristourne préférentielle : je préfère la réserver à des libraires qui ont des livres une autre considération, même si, pour tout un tas de raisons, commander de cette manière peut être agréable d'autant que le service de commande et d'envoi est souvent de bonne qualité.

Quand je pense que d'aucuns commencent à réfléchir sur le prix unique des fichiers numériques, j'ai quelques frissons... Moi ? Je les donne.

mardi 16 février 2010

Madame le Maire de Rouen : invitation à festoyer demain me presse !

« Nous souhaitons beaucoup de chance à notre apprenti libraire et s’il réussit dans son entreprise, nous l’inviterons à festoyer aux frais d’Itinéraires de Normandie, pour célébrer le plus fameux Conard de toute la Normandie ! »

Telle est la chute de l’éditorial d’Yves Buffetaut dans la revue qu’il a eu la gentillesse de m’adresser en ce jour de Mardi gras. Madame le Maire, rappelez-vous, cette entreprise n’est pour vous qu’une formalité réjouissante : faire résonner et tambouriner la Conardie là où l’abbaye de Saint Amand fut éventrée.

Il me presse de festoyer et même si « le plus fameux » me semble immérité, je suis en matière de Conardie un apprenti attentif.

Christian Domec, apprenti Conard.

PS : et céder à la débauche d’un Saint Amant...

La Débauche

Nous perdons le temps à rimer,
Amis, il ne faut plus chômer ;
Voici Bacchus qui nous convie
A mener bien une autre vie ;
Laissons là ce fat d’Apollon,
Chions dedans son violon ;
Nargue du Parnasse et des Muses,
Elles sont vieilles et camuses ;
Nargue de leur sacré ruisseau,
De leur archet, de leur pinceau,
Et de leur verve poétique.
Qui n’est qu’une ardeur frénétique;
Pégase enfin n’est qu’un cheval,
Et pour moi je crois, cher Laval,
Que qui le suit et lui fait fête
Ne suit et n’est rien qu’une bête.

Morbieu ! comme il pleut là dehors !
Faisons pleuvoir dans notre corps
Du vin, tu l’entends sans le dire,
Et c’est là le vrai mot pour rire ;
Chantons, rions, menons du bruit.
Buvons ici toute la nuit,
Tant que demain la belle Aurore
Nous trouve tous à table encore.
Loin de nous sommeil et repos ;
Boissat, lorsque nos pauvres os
Seront enfermés dans la tombe
Par la mort, sous qui tout succombe,
Et qui nous poursuit au galop,
Las ! nous ne dormirons que trop.
Prenons de ce doux jus de vigne;
Je vois Faret qui se rend digne
De porter ce dieu dans son sein,
Et j’approuve fort son dessein.

Bacchus ! qui vois notre débauche.
Par ton saint portrait que j’ébauche
En m’enluminant le museau
De ce trait que je bois sans eau ;
Par ta couronne de lierre.
Par la splendeur de ce grand verre,
Par ton thyrse tant redouté.
Par ton éternelle santé.
Par l’honneur de tes belles fêtes,
Par tes innombrables conquêtes.
Par les coups non donnés, mais bus.
Par tes glorieux attributs,
Par les hurlements des Ménades,
Par le haut goût des carbonnades,
Par tes couleurs blanc et clairet,
Par le plus fameux cabaret,
Par le doux chant de tes orgies.
Par l’éclat des trognes rougies,
Par table ouverte à tout venant,
Par le bon carême prenant.
Par les fins mots de ta cabale,
Par le tambour et la cymbale,
Par tes cloches qui sont des pots.
Par tes soupirs qui sont des rots.
Par tes hauts et sacrés mystères.
Par tes furieuses panthères.
Par ce lieu si frais et si doux.
Par ton bouc paillard comme nous,
Par ta grosse garce Ariane,
Par le vieillard monté sur l’âne.
Par les Satyres tes cousins,
Par la fleur des plus beaux raisins.
Par ces bisques si renommées,
Par ces langues de bœufs fumées,
Par ce tabac, ton seul encens.
Par tous les plaisirs innocens.
Par ce jambon couvert d’épice.
Par ce long pendant de saucisse,
Par la majesté de ce broc.
Par masse, tope, cric et croc,
Par cette olive que je mange.
Par ce gai passeport d’orange,
Par ce vieux fromage pourri,
Bref, par Gillot, ton favori,
Reçois-nous dans l’heureuse roupe,
Des francs chevaliers de la coupe,
Et, pour te montrer tout divin,
Ne la laisse jamais sans vin.

dimanche 14 février 2010

Ah ! ça ! l'esprit Conard a émigré de Conardie en Bretagne intérieure

bococo

Au moment de vous souhaiter la 新年快乐, je reçois ceci de mon clown préféré :

Le mardi 16 février, à l’occasion du Mardi gras, la compagnie BOCOCO de Bretagne intérieure, (non subventionnée par CG, DRAC, Région, ODDC, non sponsorisé par l’industrie agroalimentaire) vous convie à 16h, place Général de Gaulle à St Brieuc (devant les grilles de la préfecture).

La Grosse Commission-22, emmenée par Monsieur Algues Vertes - Algues Bleues, composée de Chantal Jano, Secrétaire d’Etable, d’un bouc, d’un coq et d’un cochon et accompagnée des compères aux pilons à sonnailles, soumettra au préfet des Côtes d’Armorc’h son rapport tant attendu sur les algues vertes et les algues bleues qui lui a été depuis un certain temps commandé.

Le bon peuple des badauds est invité à se joindre sans manière à la cohorte bigarrée des gras messagers.

Dans la capitale étique de la Conardie étriquée, bonne graine et moult pots de vins devraient être imités et pris.

新年快乐

tipule tigrée

(photo, Tipule tigrée, Gilles Gonthier, licence creative common)

samedi 6 février 2010

Wikipedia n'aime pas les Conards

Je tente de rédiger un articulet sur Wikipedia (1) à propos des Conards, ils sont redirigés vers con dans cette encyclopédie. Son contenu ? Le voici :

Conard, membre d'une société bouffonne particulière aux villes de Rouen, d'Évreux et de Cherbourg qui se masquait et se livrait à toutes sortes de joyeusetés, de licences, de facéties lors des jours gras au XVe et XVIe siècles. Le Conard de Rouen était à Paris le Badin, le Turlupin, à Poitiers le Mau-gouverne, à Dijon la Mère folle.

Bibliographie

  • Les Triomphes de l'abbaye des Conards, Nicolas Dugord, Rouen, 1587.
  • Les triomphes de l'abbaye des Conards avec une notice sur la fête des fous par Marc de Montifaud, Librairie des Bibliophiles, Paris, 1874.
  • Conard, Pierre Larousse, Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle.
  • Les Conards de Rouen, les penchants du roseau, 2009.

Mais un robot, répondant au doux nom de Salebot, n'arrête pas de m'embêter. Il me dit que j'emploie des mots grossiers et fusille mes modifications.

Je lui ai envoyé un commentaire : Rediriger conard vers con me paraît expéditif, d'autant que les Conards eurent leurs heures de gloire pendant près de deux siècles. Ils surent même réjouir le roi Henri II lors de son entrée royale à Rouen en 1550 (voir l'article Wikipedia concernant ce roi). Le spectacle nautique représenté par ce tableau fut mis en scène et joué furieusement par les fameux Conards de Rouen. Une ressource en anglais vous paraîtra, peut-être, plus crédible...

Christian Domec.

Que croyez-vous qu'il advint ? Salebot a supprimé mon commentaire : il contenait des grossièretés.

Je jette momentanément l'éponge et vais sortir, un petit crachin (2) m'appelle.

Christian, apprenti et encore mal dégrossi.

(1) qu'un temps j'appelais Rapminot, étymologie oblige (voir ci-dessous).
(2) c'est la bruine qui est appelée ainsi en Conardie.

31. Le samedi 24 mai 2008 par Christian

(+) Maintenir suite à une bonne correction.

La première est de citer les références étymologiques : rendre à Rabelais ce qui lui revient (encyclopedia).

La deuxième est de franciser : comme pour la blague le blogue de à Léo.

Franciser ce deuxième membre : enfant, gosse, minot.

Franciser également le premier membre : wiki qui de l'Hawaïen wiki wiki = rapide, vite le tronque à demi. Disons rap ou vi.

Proposition : Rebaptiser wikipédia en rapgosse ou viminot. Rapminot serait mieux.

Dès que trois sources indépendantes auront repris ce terme : Rapminot, Wikipédia devra l'adopter, sinon il disparaîtra de fait du champ sémantique : ce que l'on ne nomme pas n'existe pas.

Dans une salle de classe nous entendrons désormais à la place du désuet : "Consultez votre Gaffiot" ; l'admirable "Requêtez votre Rapminot".

La plus célèbre source indépendante ne l'a pas encore validé, mais cela ne saurait tarder.

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