Journal des penchants du roseau

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Anecdotes

Fil des billets

dimanche 16 février 2014

Je me demande si...

..., en cette période que j'espère courte où le buzz et le contre buzz tiennent lieu d'information et de matière à réflexion (si, si). Je me demande donc s'il est plus déplorable d'être un crétin critiquant bêtement un livre destiné aux enfants parce qu'on a accès à un micro et une caméra ou d'être partie de la meute qui se précipite suite à cette (contre) prescription.

Mais en parler (« publiquement ») est déjà participer à ce spectacle tenaillant. Nul motif donc de se poiler.

(image : mandibule de fourmis, figurant sur l'article « tenailles » du rapminot en persan : گازانبر, photo de Steve Jurvetson)

samedi 17 août 2013

« Et si on reparlait des livres électroniques ? »

« L'idéal c'est le carton à bananes », m'affirma mon copain épicier tout en me montrant le stock qu'il avait pour y jeter mon dévolu.

J'ai vérifié en le pratiquant : le remplir à raz gueule de livres, le soupeser (hum, il y a dix ans il m'aurait paru plus léger), et le descendre par des escaliers étroits. Franchir ces deux étages colimaçons pour l'entreposer au rez-de-chaussée. Remonter en remplir un nouveau, le déposer sur le précédent : ils s'emboîtent bien. Continuer jusqu'à ce que la colonne cartonnesque ait taille humaine ; en bâtir une nouvelle. Cette lente noria économise une séance de sauna : belle suée assurée. Cinq colonnes à la hune avant embarquement, c'est bon pour le régime.

Au moment où j'achevais - éreinté - l'érection de la dernière colonne. J., assise sur le canapé me susurra : « Et si on reparlait des livres électroniques ? »

Mes lèvres se retroussèrent, s'étirèrent, prirent forme et couleur d'une banane bien fraîche.

°°°

Comme j'en vois qui rigolent, au fond. Je leur fais ce cadeau - via La Bibliothèque électronique du Québec : À la recherche du temps perdu de Marcel Proust au format e-pub et pdf... Pas rancunier pour un sou, grrrr...

    1. Du côté de chez Swann. Première partie.

    2. Du côté de chez Swann. Deuxième partie.

    3. À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Première partie.

    4. À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Deuxième partie.

    5. À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Troisième partie.

    6. Le côté de Guermantes. Première partie.

    7. Le côté de Guermantes. Deuxième partie.

    8. Le côté de Guermantes. Troisième partie.

    9. Sodome et Gomorrhe. Première partie.

    10. Sodome et Gomorrhe. Deuxième partie.

    11. La Prisonnière. Première partie.

    12. La Prisonnière. Deuxième partie.

    13. Albertine disparue.

    14. Le temps retrouvé. Première partie.

    15. Le temps retrouvé. Deuxième partie.

 

°°°

(image : pour illustrer cette anecdote - en quête de la photo d'un carton à bananes, je suis tombé sur ce billet de La feuille Charbinoise. Il tombait à pic.)

lundi 17 décembre 2012

La surveillance de tous par tous, anecdotique

« Big brother n'a de sens aujourd'hui que s'il possède des myriades d'yeux et d'oreilles : une mouche mutante. »

C'est un spam assez particulier qui m'a fait découvrir cette porte ouverte. On est loin de l'indélicatesse ou du manque d'éducation de ceux qui rendent public des lettres et messages privés. Non par la distance, mais par la masse. Un certain "Sergey Anechkin" résidant à Penza en Russie a créé le mois dernier une petite base de donnée où se trouve recensés tous les comptes facebook pour plusieurs pays dont la France. Animé sans doute (mais qu'en savons-nous ?) par le pactole des publicités qu'il y colle : il livre publiquement les points d'entrées de comptes plus ou moins ouverts de millions de personnes, manque les clefs me direz-vous ? Hum, elles ne sont jamais loin, juste sous la grosse pierre juste à droite ou sous le paillasson épais.

L'air du temps est décidément bien là.

PS : Ah oui, le site en question ? Une porte est ici, elle est publique.

samedi 15 décembre 2012

En chargeant ma coche pour trotter vers la Gallésie

[je cherchais une image, vous la verrez dans le billet suivant, mais je rajeunis celui-ci qui date du 20 avril 2012 pour répondre à la question qui - je n'en doute pas - pendait à vos lèvres : non, ils n'ont pas réagi. ]

Réécriture

Entre frocs et dentelles à charger, un court passage sur ma messagerie. Y relever quelques commandes de Bankster, Sel et menthe séchée et Peaux de papier que je promets d'envoyer d'ici lundi ; des réponses un peu plus longues à écrire, je les reportent à la chandelle de mon logis, en particulier celle où il est question de Lisières. Et penser à Vitré, les quelques affichettes à préparer, les dix-sept livres à présenter dont Mémoires du Cargo parce que Padrig et Staccato parce que Michel, mais aussi les quinze autres pour muer l'absence.

Ah oui, j'ai aussi reçu un message, une pub professionnelle comme on dit, une proposition de services. Malins les frelons. Ben ouais quoi. Voilà un extrait du topo adressé par une agence partenaire des professionnels de l'édition (sic) :

"Externaliser certaines tâches, pour mieux vous consacrer à votre cœur de métier,
Remplacer temporairement un de vos employés,
Gérer un surcroît d’activités…"

Bah oui, quoi, le cœur de métier (appréciez l'originalité de l'expression - la même qui fait qu'en la ville de Fougères plus personne ne sait façonner une chaussure, juste son dit zaïnne -, et sa force palpitante), ce n'est certainement pas mettre les mains dans le cambouis. L'édition c'est un métier noble, ventricule bleue & pouls mouillé !

Suit un laïus sur les compétences de nos petites mains à gratouilles et, enfin, les services proposés. Eh bien, je vous le donne en mille, le premier - recouvert d'une toge anglaise pour le travestir un brin - est (je traduis) la réécriture (elle donne tant de mal aux éditeurs, mon brave muscadin).

Non, non, je n'ai rien contre Picasso, je ne vois d'ailleurs pas le rapport, même si c'est le nom d'une coche dit-on.

Un apprenti libraire qui compte bien le rester.

PS : pour rigoler - un fard ne tue -, je vais quand même leur répondre. Leur dire que la réécriture est mon cœur de métier, que l'on ne peut me l'arracher, s'ils réagissent, je vous en informerai.

dimanche 22 avril 2012

Gégé Bélom : Oh ! Hé ! Hein ! Bon !

Vitré 2012

Eh Gégé, eh Bélom, vous trouvez ça drôle ? Oh ! Hé ! Hein ! Bon !.

(quand je pense que nous avons salué De Gaulle en personne... et vous mettre sur votre 31).

samedi 21 avril 2012

Brève vitré(e)

Première journée, courants d'air, plaisir de revoir Padrig et Michel, beaucoup de passants, moins de causants, il faut dire que je suis taiseux aussi - enfin parfois - notre voisine, ô sort plaisant !, est Bernadette - pas eu le temps de causer avec Pierrot - Carmen écrit toujours de beaux poèmes, elle m'a remis un manuscrit, je verrais pour la suite, mes premiers regards sont favorables - Imre présentait sa Taupographie de l'orthographe, un manuscrit resté (trop) longtemps sur ma table de chevet, il devrait venir le 12 pour la rencontre avec Yasmina - ai rencontré Michèle (j'ai ajouté un "l" à votre prénom, désolé), une lectrice attentive des penchants, mes yeux souriaient - Pluie parfois, j'ai offert deux impairs à Martine, je n'ai pas fait gaffe, du moins je l'espère - deux, trois idées (nouvelles ?) dans ma besace, reste à faire, pas le plus simple.

Padrig et Michel, merci et belle soirée, je vais - de mon côté - l'écourter.

lundi 13 février 2012

Ça va saigner, ce 14 février !

Outre les moyens surnaturels, le Normand sait des secrets thérapeutiques qu’il est bon d’indiquer, pour l’instruction des docteurs et le bien de l’humanité. Avant Broussais, il avait deviné l’utilité de la saignée :

Saignée du jour saint Valentin,
Fait le sang net soir et matin.
La saignée du jour de devant
Garde des fièvres pour constant.
Le jour sainte Gertrude bon fait
Se faire saigner du bras droit.
Celui qui ainsi le fera
Les yeux clairs cette année aura.

Émile Gigault de la Bédollière in Le Normand, 1842.

dimanche 25 décembre 2011

Et merde ! une nouvelle Alexandrie pulvérisée

Drôle d'idée : m'offrir une « liseuse » électronique... C'est pour tes manuscrits mon chéri... Tu parles, je les ai mis au sommeil quelques jours. La geste compte, dit-on, feindre un sourire.

Je sors le plastique de son emballage papier, j'appuie sur le bouton, rien ne se passe. Que faire ? Ah oui, brancher le cordon à la fée alternative (pédalez, pédalez !). Attendre trois heures... Le temps du coq et du vin.

Je m'essuie les mains, le plastique est chaud, c'est bon, ça croustille. Bouton. Bibliothèque : des centaines de livres dans 200 grammes de circuits imprimés. effleurement d'index. Écran clignotant. Mouarf. Prise United States of Brittany. Manuscrit chargé. Lecturhone.

« J'ai longtemps écorché mon bonheur & m'assoupir »... Plagiat ! Il m'en tombe des mains. Sol dur. Pulvérisée la « liseuse ».

SAV. - Allo ! Comment le bris n'est pas garanti ? Une bibliothèque s'éclate et vous n'intervenez pas ? Incultes, iconoclastes !

M'en suis retourné la calame pendante entre les jambes, vers mon étang, ses massettes et ses quenouilles.

Chute.

vendredi 23 décembre 2011

Mœurs provinciales, faits divers et mauvais Pinard

En fumant une cigarette nous nous demandions, A.-C. et moi, quels étaient les romans issus de faits divers, je pensais immédiatement aux Mœurs provinciales de Flaubert, A.-C. m'en cita d'autres, et vous ? À quels romans pensez-vous ? Cette question est l'occasion d'écrire rapidement le billet ci-dessous.

« Madame Bovary est une pure invention » écrit Flaubert à un lecteur en 1857. Celui qui s'écriait « Madame Bovary c'est moi » écouta son ami Louis Bouilhet lorsqu'il lui proposa de s'inspirer de ce drame qui défraya la chronique en Caux, celui de cette jeune femme, Delphine Couturier, ép. Delamare, qui sut s'étourdir avec frénésie avant d'épouser la mort à Ry avec l'immuable fidélité des gisants.

L'inspiration et l'invention – pure ou impure – ont toujours fait bon ménage, il n'y a aucune contradiction à ce qu'elles s'accolent, se frictionnent et soupirent.

Madame Bovary, mœurs provinciales est pour moi « le » roman, celui où « l'infini perdu du monde extérieur est remplacé par l'infini de l'âme » (Milan Kundera). Ce roman écrit avec acharnement pendant cinq ans (cf. manuscrit) eut une aventure éditoriale mouvementée dès que sa publication fut envisagée :

  • en feuilleton – partiellement censuré – dans La Revue de Paris fin 1856 « Des considérations que je n’ai pas à apprécier ont contraint la Revue de Paris à faire une suppression dans le numéro du 1er décembre. Ses scrupules s’étant renouvelés à l’occasion du présent numéro, elle a jugé convenable d’enlever encore plusieurs passages. En conséquence, je déclare dénier la responsabilité des lignes qui suivent ; le lecteur est prié de n’y voir que des fragments et non pas un ensemble. Gustave Flaubert. »
  • plusieurs éditions chez Michel Lévy à partir de 1857 (avant même la fin du procès et le réquisitoire du fameux Pinard ; oui, le même qui s'en pris avec succès aux Fleurs du mal) et durant une vingtaine d'années,
  • une édition « pirate » chez L. Garcke en 1857 (cf. catalogue BNF),
  • celle de Cornillac en 1869,
  • celle de Lemerre, 1874,
  • celle de Charpentier en 1876.
  • etc.

Durant la vie de l'auteur, mort en 1880, des dizaines d'éditions différentes de ces Mœurs diffusèrent Madame Bovary ; confidentielles, parfois ; moins, souvent ; mais la vie de ce roman s'épanouit pleinement au XXe siècle.

Ah oui, j'oubliais Pinard, le voici dans toute sa splendeur (c'est la fin de son réquisitoire, vous pouvez lire l'ensemble du côté de Lisieux) :

« (...) Cette morale stigmatise la littérature réaliste, non pas parce qu'elle peint les passions : la haine, la vengeance, l'amour ; le monde ne vit que là-dessus, et l'art doit les peindre ; mais quand elle les peint sans frein, sans mesure. L'art sans règle n'est plus l'art ; c'est comme une femme qui quitterait tout vêtement. Imposer à l'art l'unique règle de la décence publique, ce n'est pas l'asservir, mais l'honorer. On ne grandit qu'avec une règle. Voilà, messieurs, les principes que nous professons, voilà une doctrine que nous défendons avec conscience. »

dimanche 31 juillet 2011

Et vous trouvez ça drôle ?

Je viens de recevoir un mail du Cercle Régional d’Étude des Tendances de l'Information Numérique me félicitant pour le nombre de personnes commentant les différents billets du journal des penchants du roseau. En pièce jointe figurait une médaille, je l'ai goûtée, c'était du mauvais chocolat, mais l'ai pourtant avalée gosier sec avant de lire le contenu de ce mail... 740 commentateurs, il a compté ce fichu cercle. Pris d'un doute, je viens de vérifier : ces crétins outre ne pas savoir ce qu'est du bon chocolat ont confondu personnes et sobriquets. Il y a bien 740 sobriquets, mais seulement 116 personnes ayant écrit un commentaire. Chacune d'entre elles en porterait donc 6 ou 7 ? Que nenni - les moyennes vous savez... Il s'en trouve une qui réussit l'exploit de s'en être affublé de 604 différents pour 1472 commentaires ! Et ma boule, mon cristal et le marc qui le coupelle me prédisent que ce n'est qu'un début ; le débit n'est tari.

Encore un effort, camarade.

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