Chaque année, je t’aidais à préparer la terre, à semer épinards, laitues, carottes, persil, haricots verts, tomates et choux-raves. Printemps comme été, nous arrachions les mauvaises herbes
Je te sentais heureuse de sortir et de renouer enfin avec la nature. Tu semblais retrouver ta quiétude dans le vent doux d’un printemps salvateur. Comme il y avait chaque année beaucoup de radis, nous les rassemblions en bottes que quelqu’un venait chercher pour les vendre. C’était important pour arrondir les fins de mois. Tu vendais aussi parfois des fleurs de ton jardin. Le soir, nous allions déposer les bouquets chez une fleuriste qui te disait que tes fleurs étaient toujours les plus belles de toute la ville.
À cette saison, nous mangions surtout des épinards, de la purée d’orties et de la soupe de salade :
Soupe de salade
Faire revenir de l’ail et des lardons fumés dans un peu d’huile.
Ajouter de l’eau et du vinaigre (ou du citron), puis la salade préalablement
lavée et coupée en lanières.
Battre un oeuf avec un yaourt et un peu de farine (une c. à c.) puis
l’incorporer progressivement dans le mélange.
Avant de servir, ajouter de l’aneth et de la livèche ciselés.
J’ai préparé depuis cette soupe en France, mes amis l’ont beaucoup aimée. Ils ont trouvé ce plat étonnant, dépaysant. Il me rappelle avant tout mon enfance et nos moments complices au potager.
extrait de Sel et menthe séchée de Mariana Iacoblev Barbu




