Journal des penchants du roseau

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Amor omnia

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jeudi 9 octobre 2014

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Amor omnia

Amor omnia, Christophe Esnault, première de couverture

Chers lecteurs de Amor omnia, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.

°°°

« (...) Après le romantisme échevelé d’Isabelle à m’en disloquer, Christophe Esnault publie ce court texte d’un romantisme noir et ébréché.

Rencontre sexuellement très agressive entre un ex-taulard en fuite, René, et une femme au foyer fragile, Florence. Amor Omnia c’est la cavale de ces deux êtres brisés, dont le seul véritable but est d’échapper à un quotidien qui leur est devenu insupportable. (...) » (lire l'ensemble de la critique sur Les Chroniques de Racines )

Anne V. in Chronique livre : Amor Omnia, Les Chroniques de Racines

°°°

« Qui a dit que la qualité d’un livre se mesurait au nombre de pages qui le composent ? En tous cas, pas Christophe Esnault, qui, avec Amor Omnia, nous donne à lire un roman confidentiel et troublant : un roman qui en à peine 60 pages, nous parle de nos vies et de nos espoirs, de nos échecs, et de cette quête farouche, cet instinct de survie propre à notre humanité, qui nous pousse, inlassablement, à espérer qu’un bonheur nous attend, quelque-part.

Christophe Esnault, vous le connaissez par le groupe Le Manque où, avec Lionel Fondeville, il a créé certainement un des projets vidéo, littéraire et musical les plus passionnants du web. Par ailleurs, il nous a fait récemment découvrir le magnifique roman de Pierre Lamalattie 121 curriculum vitae pour un tombeau.

Mais Christophe Esnault est aussi un auteur, amoureux d’une langue à la construction exigeante, qui sait se jouer sans vergogne de la réalité pour nous emporter dans les destins de ses personnages. (...) » (lire l'ensemble de la critique sur L'Ivre de lire)

Lionel Clément in Amor Omnia - Christophe Esnault, L'Ivre de lire.

°°°

C'est un récit insolite et émouvant, irréel par moment, et dont l'écriture me fait penser au cinéma.
D'ailleurs, je l'ai lu comme si je regardais un film.
L'errance de cet homme et de cette femme en quête d'une autre vie que celle qu'ils menaient avant de se rencontrer exprime quelque chose d'infiniment douloureux, voire tragique. Au début de leur relation, ils s'accrochent à leur chair. C'est violent et triste, ô combien !

Pourtant, petit à petit, il y a comme un souffle fragile de tendresse et d'espoir qui commence à les animer et qui se transmet au lecteur. Et ce lecteur ne saurait y être indifférent et accepte ce conte romantique malgré les quelques invraisemblances qui s'y trouvent, puisque dans un tel conte tout est possible.

Il permet, peut-être aussi, de rêver et d'espérer que " amor vincit omnia" !

Maïa

°°°.

« (...) Il veut s’enfuir, elle désire l’accompagner. Trois jours, seulement trois, comme un court poème dont le dernier vers est laissé au bord d’un précipice.

Ils n’ont rien à perdre, peut-être tout à gagner. Si socialement tout semble les séparer, il existe entre eux un lien tenace : le désir de se sentir vivant. Non pas vivre ou survivre, mais bien se sentir vivant, comme une renaissance – « Firenze en italien » dit René* à propos du prénom Florence - et ce quitte à mourir ensuite.

C’est dans un style rythmé, quasi filmique, que l’auteur nous emmène donc dans cette virée, cette expérience poétique – parce qu’il s’agit bien de poésie.(...) »

Yasmina Hasnaoui

Lire le billet entier sur Correspondance de nuit.

mercredi 2 avril 2014

La lecture d'Amor omnia de Christophe Esnault par Yasmina Hasnaoui

Correspondance de nuit

« (...) Il veut s’enfuir, elle désire l’accompagner. Trois jours, seulement trois, comme un court poème dont le dernier vers est laissé au bord d’un précipice.

Ils n’ont rien à perdre, peut-être tout à gagner. Si socialement tout semble les séparer, il existe entre eux un lien tenace : le désir de se sentir vivant. Non pas vivre ou survivre, mais bien se sentir vivant, comme une renaissance – « Firenze en italien » dit René* à propos du prénom Florence - et ce quitte à mourir ensuite.

C’est dans un style rythmé, quasi filmique, que l’auteur nous emmène donc dans cette virée, cette expérience poétique – parce qu’il s’agit bien de poésie.(...) »

Yasmina Hasnaoui

Lire le billet entier sur Correspondance de nuit.

samedi 8 février 2014

Amor omnia de Christophe Esnault : « une fulgurance »

Depuis la publication d'Amor omnia de Christophe Esnault, j'ai reçu - en privé - une dizaine d'appréciations très encourageantes, mais trop brèves pour en faire un billet, telle cette toute dernière : « J'ai adoré le livre de Christophe Esnault, je l'ai dévoré, belle histoire très touchante et émouvante. »

Publiquement, je n'en ai lu que deux, dont une qui vient de paraître ce matin. Étrangement, elles semblent se répondre (Anne et Lionel, les signataires de ces critiques se lisent sans doute). Ce qui pourrait être l'amorce d'un débat, d'une correspondance littéraire.

Je vous laisse les découvrir :

« (...) Après le romantisme échevelé d’Isabelle à m’en disloquer, Christophe Esnault publie ce court texte d’un romantisme noir et ébréché.

Rencontre sexuellement très agressive entre un ex-taulard en fuite, René, et une femme au foyer fragile, Florence. Amor Omnia c’est la cavale de ces deux êtres brisés, dont le seul véritable but est d’échapper à un quotidien qui leur est devenu insupportable. (...) » (lire l'ensemble de la critique sur Les Chroniques de Racines )

Anne V. in Chronique livre : Amor Omnia, Les Chroniques de Racines

« Qui a dit que la qualité d’un livre se mesurait au nombre de pages qui le composent ? En tous cas, pas Christophe Esnault, qui, avec Amor Omnia, nous donne à lire un roman confidentiel et troublant : un roman qui en à peine 60 pages, nous parle de nos vies et de nos espoirs, de nos échecs, et de cette quête farouche, cet instinct de survie propre à notre humanité, qui nous pousse, inlassablement, à espérer qu’un bonheur nous attend, quelque-part.

Christophe Esnault, vous le connaissez par le groupe Le Manque où, avec Lionel Fondeville, il a créé certainement un des projets vidéo, littéraire et musical les plus passionnants du web. Par ailleurs, il nous a fait récemment découvrir le magnifique roman de Pierre Lamalattie 121 curriculum vitae pour un tombeau.

Mais Christophe Esnault est aussi un auteur, amoureux d’une langue à la construction exigeante, qui sait se jouer sans vergogne de la réalité pour nous emporter dans les destins de ses personnages. (...) » (lire l'ensemble de la critique sur L'Ivre de lire)

Lionel Clément in Amor Omnia - Christophe Esnault, L'Ivre de lire.

Anne, Lionel, merci pour vos lectures et de les exprimer.

(image : Omnia vincit amor, gravure d'Agostino Carracci, 1599 : source)

jeudi 30 janvier 2014

Amor omnia de Christophe Esnault est publié


de      "R" 
à       amoromnia@live.fr
date    31/01/14 00:01
objet   Vincit


Firenze,

 

« Omnia vincit Amor : et nos cedamus Amori »

 

R.

Amor omnia, Christophe Esnault, première de couverture

Amor omnia, Christophe Esnault, quatrième de couverture

Informations pratiques :

Titre : Amor omnia
Auteur : Christophe Esnault
ISBN : 978-2-916965-26-0
Format : 14 cm x 20,5 cm
nb pages : 64
prix de vente public : 10,00 €
date de publication : 31 janvier 2014

Ce livre est fabriqué par votre apprenti libraire à l’unité.

Au préalable, vous pouvez le feuilleter (lien à venir), lire les billets à son propos, lire les réactions des lecteurs.

Christophe Esnault,

auteur compulsif, se jouant des formes, participe à de nombreuses revues littéraires, en particulier Écrit(s) du Nord où il signa une variation de Amor omnia. Il a écrit plusieurs livres dont Isabelle à m’en disloquer, éd. Les Doigts dans la prose, en 2011.

Il est le fondateur avec Lionel Fondeville du projet littéraire, musical & cinématographique Le Manque : Nietzsche m’a tout piqué, Œdipe casserole, Mourir à Chartres

http://lemanque.free.fr

Lionel Fondeville illustre la couverture.

°°°

« — Tu voulais voir la mer, je crois…

Elle sort brusquement de sa mélancolie.

— Oh oui, j’en ai si envie. On part en vacances alors ?

— Si tu veux. Trois jours.

— Je suis heureuse.

— Il y a vingt minutes, tu voulais mourir…

— Justement, vouloir mourir, c’est parfois désirer vivre autre chose. »

Amor omnia

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La littérature m’a empêché de me suicider, alors je lui en veux

« — Si tu savais le nombre de médecins que j’ai vus. Les psychiatres, les magnétiseurs, un hypnotiseur, je reviens toujours à des périodes de crise où la vie est un enfer. Les médicaments, les internements, les chambres d’isolement quand je me cogne la tête contre les murs, les électrochocs… Enfin, je veux te dire, elle est pas lisse, ma vie. Je m’y cogne sans arrêt. Pas seulement métaphoriquement. Tu as bien vu, je suis couverte de bleus.

— Le réel, c’est quand on se cogne.

— Quoi ?

— Une citation d’un psychanalyste.

— Tu as lu des ouvrages de psychanalyse ?

— J’ai lu tous les jours pendant deux ans, en prison. Le type de la bibliothèque m’avait à la bonne. Je lui faisais des listes et il commandait les ouvrages. Maintenant, la vue d’un livre m’oppresse immédiatement. Ça me rappelle trop la taule et entrer dans une librairie me fait froid dans le dos. La littérature m’a empêché de me suicider, alors je lui en veux…

— Mes fils pourraient se passer de moi, ils sont grands et réussissent très bien leurs études… Ma fille m’empêche de me suicider et je dois lui en vouloir aussi. C’est affreux d’en vouloir à ceux que l’on aime le plus. Parce qu’ils nous retiennent… »

Christophe Esnault in Amor omnia, 2014. (sera publié demain le 31 janvier)

(image : Lucrèce de Véronèse (Paolo Caliari), 1580)

mercredi 29 janvier 2014

NE ME FAIS PLUS JAMAIS ÇA ! (...) — Tu n’écoutes pas tes désirs

« (...) Un vélo providentiel est posé contre le mur d’une maison. Elle a honte, mais elle a trop peur de perdre des minutes précieuses. Elle s’en empare. Pédale comme une dératée en se retournant avec la peur d’être vue. Pas habituée à ce genre de larcin. Elle rejoint la route. Se poste à un feu. Son cœur s’alarme dès qu’une voiture blanche apparaît. Elle désespère et se trouve idiote. Il a sans doute pris l’autoroute… Et puis se moque éperdument d’elle. Elle fume cigarette sur cigarette.

Ça bondit d’un coup dans sa poitrine quand elle le voit arriver. Terrifiée qu’il ne s’arrête pas, elle jette le vélo en travers de la route pour l’empêcher de s’enfuir. Il croise son regard, abasourdi. Il est bien obligé de freiner. Elle s’engouffre par la portière et lui assène des coups violents à la tête en hurlant : NE ME FAIS PLUS JAMAIS ÇA !

Une voiture klaxonne derrière eux. René sort pour dégager le vélo du passage. Remonte dans la voiture. Le feu passe au rouge. Il démarre sans s’en soucier. Elle veut qu’il fasse demi-tour pour qu’elle rapporte le vélo. Il émet un non catégorique. Feint d’être concentré sur la route et opte pour un complet mutisme.

Au sortir d’un long silence, elle lui souffle :

— Quand j’ai pris tes mains au café, elles m’ont dit que tu voulais de moi. Tu peux te mentir, mais j’ai bien senti… Tu n’écoutes pas tes désirs.

— … (...) »

Christophe Esnault in Amor omnia, 2014.

(image : A nail sticking out from a block of wood, Marcos André)

mardi 28 janvier 2014

La poésie m’insupporte

« — Tu connais Rencontre dans la forêt d’Henri Michaux ?

— De quoi tu parles ?

— Un poème, je le connais par cœur. Arrête-toi, je vais te le dire.

— T’es fêlée.

— Arrête-toi, tu vas voir ça parle de nous deux.

Il s’arrête et elle commence à déclamer :

D’abord il l’épie à travers les branches.
De loin il la humine, en saligoron, en nalais.
Elle : une blonde rêveuse un peu vatte.

Ça le soursouille, ça le salave
Ça le prend partout, en bas, en haut, en han, en hahan
Il pâtemine. Il n’en peut plus

Donc, il s’approche en subcul,
l’arrape et, par violence et par terreur la renverse
sur les feuilles sales et froides de la forêt silencieuse.

— Bon, ça suffit !

— J’ai pas fini.

— La poésie m’insupporte. »

Christophe Esnault in Amor omnia, 2014.

(image : Henri Michaux, Sans titre, 1959, encre de Chine sur papier. source : Gustave et Cie)

dimanche 26 janvier 2014

— J’ai vu un écureuil. — Vous avez une cigarette ?

« Une femme sur la pelouse. Elle regarde dans les arbres. Il s’avance vers elle. La dévisage sans dire un mot.

— J’ai vu un écureuil.

— Vous avez une cigarette ?

Elle sort un paquet de Winston de son sac à main. L’ouvre, le tend vers lui. Colle aussi une clope à ses lèvres. Elle farfouille dans son sac pour trouver une boîte d’allumettes familiale. Ils tirent tous les deux sur leur clope. Silencieusement. C’est une belle beauté détruite. »

Christophe Esnault in Amor omnia, 2014.

(image : un écureuil de New York, photo de Dismas)

vendredi 17 janvier 2014

« La courbe des choses oubliées »

« Les choses s’incurvent lentement hors de vue
jusqu’à disparaître tout à fait.

Après ne reste plus
que la courbe. »

« The Curve of Forgotten Things

Things slowly curve out of sight
until they are gone. Afterwards

only the curve
remains. »

Richard Brautigan in Loading Mercury with a Pitchfork, éd.1976.

(image : source)

vendredi 10 janvier 2014

Tu es si belle qu’il se met à pleuvoir

« En passant devant la vitrine d’un bouquiniste, il remarque Aucune bête aussi féroce d’Edward Bunker. Ça lui donne envie de faire un petit cadeau à Florence. Il entre et demande le rayon poésie. Il farfouille dans un bac en bois. Ne voit rien qui lui plaît. S’apprête à sortir. Le bouquiniste lui demande :

— Vous cherchez un titre ?

— Non, rien de précis… Ou si, mais vous ne l’avez sûrement pas, Tu es si belle qu’il se met à pleuvoir de Brautigan.

— Introuvable. Il a été tiré à très peu d’exemplaires. Je n’en ai jamais vu un passer. Attendez, je regarde par curiosité, mais je fais le pari qu’on va rien trouver.

Il pianote sur son ordinateur.

— Y’a un exemplaire à Brest, Librairie Brocante du livre, vingt-cinq euros. Vous voulez l’adresse mail du libraire ?

— Non, merci. »

Christophe Esnault in Amor omnia, 2014.

Insane Asylum

Baudelaire went
to the insane asylum
disguised as a
psychiatrist.
He stayed there
for two months
and when he left,
the insane asylum
loved him so much
that it followed
him all over
California,
and Baudelaire
laughed when the
insane asylum
rubbed itself
up against his
leg like a
strange cat.

Asile de fous

Baudelaire entra
dans l’asile
déguisé en
psychiatre.
Il y resta
pendant deux mois
et quand il partit
l’asile de fous
qui l’aimait beaucoup
le suivit
à travers
la Californie,
et Baudelaire
rigolait quand
l’asile
se frottait
contre sa jambe
tel un drôle
de matou.

Richard Brautigan in The Pill Versus the Springhill Mine Disaster, éd. Four Seasons Foundation, 1968. (trad. Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard, éd. Le Castor Astral, 1997).

(image : Richard Brautigan, Olivier Dalmon)

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