Journal des penchants du roseau

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Les Conards de Rouen

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jeudi 9 octobre 2014

Bienvenue aux lectrices et lecteurs des Conards de Rouen

Les Conards de Rouen - Couverture

Les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon ou de l'ivresse. Je suis aussi vivement intéressé par les célèbres question : où ? quand ? qui ? quoi ? comment ? Concernant la lecture de ce livre.

Merci.

(depuis 1er février 2010, ce billet est public)

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« (...) Des bouffons essentiels, bousculeurs de l’ordre établi, qui, sous couvert de carnaval, organisaient de grands tribunaux où l’on dénonçait, avec une verve impitoyable, les tromperies des époux, les beuveries des bourgeois, les entourloupes des nobles, les dérives des régiments, les grossièretés des chrétiens, les gras doubles des ermites, les veuleries des puissants, les mesquineries des maquerelles, les folies de la justice, les abus des riches, les sottises des pauvres, les médisances sans sexe, les prêtres simoniaques, les âneries de la société et les obscénités du monde… avant de conclure par un banquet rougeoyant d’ivresse et de plaisir grossier ces grands rires de révolte. (...) »

Lire l'article de De Litteris en entier en suivant ce lien.

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Penchant pour les Conards

Penchants pour les Conards

Veillerot's terror

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« Un livre qui se mérite (la langue demande un effort) et qui mérite l'effort qu'il exige... et un excellent antidépresseur ! »

Sylvie Huguet

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mardi 9 avril 2013

La Friquassée crotestyllonnée

Oiseau portant une lettre - Bosch

C'est l'ami Jean-Pierre Mathias qui m'a annoncé la nouvelle : La Friquassée crotestyllonnée de nos Conards serait rééditée aux éditions Silène. Belle nouvelle ! Pour la fêter, je vous offre ci-dessous ce fameux fumet qui fleure bon la culture.

Nous sommes loin, me direz-vous, de leur rejeton, Pierre Corneille. En êtes-vous si sûr ? Relisez, sans que j'aie besoin de graisser la première lettre de chaque vers, ce fameux extrait d'Horace. Il est vrai que notre Pierre était en colère :

S'attacher au combat contre un autre soi-même
Attaquer au parti qui prend pour défenseur
Le frère d'une femme et l'amant d'une sœur,
Et, rompant tous ces nœuds, s'armer pour la patrie,
Contre un sang qu'on voudrait racheter de sa vie,
Une telle vertu n'appartenait qu'à nous
L'éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux

°°°

(en aparté, je devrais faire un (re)tour en Conardie le 8 juin prochain et y présenter les penchants du roseau. Je vous en dirai plus bientôt)

°°°

LA FRIQVASSEE CROTESTYLLONNÉE, DES ANTIQVES MODERNES CHANSONS
Ieux, et menu Fretel des petits Enfans de Rouen,
tant Ieunes que vieux, que grands, que longs, que gros gresles de tous estats,
et plusieurs autres, mis et remis en beau desordre,
par une grande herchevelée des plus memoriaulx et Ingenieux Cerueaulx de nostre année,
lesquelz en ont chacun leur pallée,
comme verrez cy derrière si vous n'estes aveugles.
A ROUEN
Chez Abraham le Cousturier, Libraire,
pres la porte du Palais, au Sacrifice d'Abraham.
M. VI. C. IIII.

A TRES ET RETRES FAME' ET
AFFAME' SIEVR DES SIEVRS
D'AIZ, INREDOUTABLE SUPPEUR RIEUR DONNEZ,
CORNADOTES, ET DE TOUTE LEUR MONARCHIE.
SALVS.

EN ne sçavant chose plus cappable à mettre devant l'oeil de ta face sans nez, par nature si oriante que millions de legions d'animaux resonnables et irresonnables n'en n'ont jamais sceu veoir que l'estuit chassé ou encastillement en quoy et de quoy, et comment estoit caché ceste tant dure face, pleine de sens très-sauoureux, l'ay prins la hardiesse couärde, pour par icelle plus nobleusement te presenter et dedicasser ce mien vollume, recueilly de plusieurs lieux, ruës et passages, où il estoit respandu depuis la primitive recreation, aage, Ieunesse et adolescence, normande Rouennoyse, dans lequel dict volume, pourras veior, cy plaist à ta grosse et grace Majesté ouvrir les yeux ocullerement lumineux, la fleur des plus Ingenieux Ieux, chansons, et menus flajollements dicelle Ieunesse puerille, en sorte que, par l'inspiration naturelle, sans estre aux mereaulx mercuristes, ont inventé et pris de main en main iusques en ce iour, leurs particuliers et communs passetemps, que je t'ay appliquez en forme de crotesques afin de te donner redoublée occasion d'ouvrir la bouche et monstrer les dents de joye, et ne te soucier que de bien dancer, Car tu auras bonne notte, et adieu sans adieu, On te reverra en ce monde cy ou à l'autre.

Ainsi Signe couche vestu, de peur de perdre ces habits, par celuy qui te peut faillir au besoin :

Caillard
De l'Abbé Raillard.

Et de sa main, le propre Iour qui luy en souuint, mil cinq cents cinquante sept.

AVX LECTEVRS

Selon l'octographe Normande
Trouuerez plusieurs mots escripts,
En qui gist mainte anphase grande,
Quand à leur sens ils ont bien pris,
Pour resjouir tristes esprits,
Ce recueil faict en plaine boyse,
Est presenté par joyeux ris,
Par la Ieunesse Rouennoyse.

OR OVEZ

Hau hau l'escoufle,
Qu'esche là que j'ay ouy,
Chest la maison du prestre
Qui est abattüe,
Que luy as-tu faict,
Je luy ay faict sen lict,
Que ta ty donné,
La crotte d'un pasté
Ou en est ma part,
Elle est au cul o quat,
Allez par dela el est trop foureuse,
Bergerot lurot, lurot,
Ta brebis est morte,
Souffle ly au cul, au cul :
Et la reconforte,
tu ne sçay qui te boute,
A quand coups me ly baille tu
Que i'ais donc ruë de quarette,
Pren ta duppe,
A vigne, vigne l'oreille,
A la baculle qui n'y viendra
Un beau coup de poing era
Dite ly par coinsette,
Pehum pehum ô pot ô pot,
Venez à men petit frere,
Qui mengut sa morue
Vela ma peire vela ma pomme,
Et tout chen que ie te donne
Su qui te plain tu,
Su platel mon amy,
Qui faict aller et venir
Et chu petit poucherot,
A devignez su quay y dort,
A Paris sur la queuë d'vne souris
A Rouen su la queuë d'vne iument,
Y sont iouquez mere nos guelines,
Le premier qui palera leque foure mengera,
Grand Ian petit Ian,
Margot la fendue, et tous ses gens,
Lainée flambée loriflambe lorinel
Ienne regnault suppillon alouette,
Hingue hoche à la plache clique cloche,
Trippe Dieu mest à malen qui ne la raquitte
Faict vng pet et on te quitte,
A reng, à reng à reng,
Vous erez du pain et du haren,
A la tire queuë,
Va te quier et cauffer baire de l'eau,
La femme et le mary,
Qui barbotte sen bachin,
Au day moüille pour qui à vecy,
Entre ches beaulx garchonnetz,
Qui mengussent les gros petz
Par à d'vn, par à deux, par à trois,
l'ay lezins lezins lezeaulx à bon marché,
Vingt quatre et vingt chinq pour vn denier
Harengueres pessonnieres,
Quies à vos gartes
Il est ennuy samedi,
Y sera demain Pasques
I'ay mangé du coquart pour tuer careme,
A la vieulle morte
Coffre Dieu de saincte Annette,
Qui pormene sa quarette
Tout du lon de Paradis,
Au riaume Dieu y set,
Je retiens pie et egambée
Men pere la dit ma mere le veut,
Ma seur en est consentente.
A la fontaine marmittaine
Dieu va Dieu y maine,
Quatre vingtz marmousez
Qui ont faict vn gros pet,
Aussi gros qu'vn barillet,
Garde lay bien ce tu las
Tete à tete, becqueueche,
A la quaire do do,
Do do popelot,
Où fus-tu né dens vn focé
Qui ty bouta vn vieux cheual,
Qui te resaqua vne brebis,
Qui criet ma mere, bees
Apportes le pot au let,
Coquerioco benette
Tu ne sçay pas baise cul ne ce marie pas,
La belle est trouuée,
tu sçay tout tu es nourry d'andouilles,
Curian curian,
Cristo cristorium
Garchon fillette cauche dallouette
Cha de quatre qui va de trois pert ses noys
Cardot tout y baille,
tout y bitte tout y joint
Per en fosse l'emporte,
Et du mol et du dur,
Margot tournez vostre cul
Je retiens les requestes de la siette,
Qui veut soufler au cul il era la vesie
Et ma mere que i'ais le gratin,
Au renyrenart qui a perdu sa queue
A la remontée à la deuallée,
Vire vire le bonnet
Vestu ioüer à passer le balleil,
Au viretom, au merelles, au quilbocquet,
A callifourquet, au real, au cheual saint George
A la fossette, aux iouquets, à la pouldrette,
A la chuche pinnette, au parquet, à fouquet,
Aux matres, aux epingues, à binder,
Au coulombier, à corne corne de cerf,
A pic à romme, a la croisette au bonnet,
Au capifol, à bi bi ma comere, ten cul fait nape,
A bloquer, à pin pin malo, à malinne caa,
Au quillard, à ballotter, à la poulle vesse,
A branler au grenier, à la bru, au pié de mouque,
Aux esses et cetera pour la bigotte.
Venez a men frere qui leque tout
Ce i'y vois ie vous lequeray le cul à tous deux
Men pere gardez men pain,
Ie men vais quier,
Dyne dyne la chair dos,
Les matines sur le dos
Ma comere rendez may la teste de ma lument
Nourriche, baillez ly votre cul à teter,
Tu fais bien les cats pondre
Tu en humeras les oeufz,
Vielleur veu tu du lart
Tourne tourne bachinnet,
Le ver de la madaleinne,
Qu'on appelle croquechou,
Qui te pique au cul gillet,
Cha du plomb cha du fer
Pour couurir men chatelet
Fredin fredo les pois au pot,
Quand pot quand pelle
Petits patez michault du cul,
Vnne perdry deulx perdrits hau la caille
Trois ans a men poullain
Neset neset heurtte baillet,
Volucres cely,
Seulet l'enfant vestu de blanc
Din dam balam din dam balam,
Ou va tu compere,
Je vois à Saint Iacques
Et qui va tu faire,
Querir des Iacquets
A qui les donra tu,
Au mignon de ma maison,
Qui tient ma quandelle,
Deuant ma puchelle,
Je la feray rire
D'une robe grise.
Et d'un petit cochonnet,
Qui fera oygnon oygnet,
Je sis sus tes barres guillot,
Veu tu iouer au cul sallé,
Ma commere il est temps de petrir
Queulle heure est il,
Il est l'heure que les fols vont à lecolle
Pren ten pennier et ti en va
Bonnet blanc plain de sang,
Bonnet rouge plain de foure,
Pisse à lestre haricoq,
Guauce rost gauce pouquette
Roque don qui empochom,
Qui cache Dieu de sa maison,
Oraulet du pardom gogo dufaye
Tien te bien à ten baton
Enne bedier calipotier,
Capel de Berné marchant de trouyes,
Grand blant sen puant
Veu tu liter à may
Boute du fain au ratelier,
Vechi venir nostre année,
Au pie maigret,
Sonnin sonnes au carillon,
Pour vnne epaulle de moutom,
A ta pennetiere ni a il poin de pain
Je pry à Dieu à saint Lignart,
Que la febue set à ma part,
Encor trois fais pu large
Troys rais de silliom,
Qui en est le bachelet cera
Laisse couler, ch'est vng gros ver
Follin follet à qui pren tu tent bricquet,
Men coutel sen vien pleurant
Il a seruy vng gros truant
A liau, à liau, à liau,
Pinche me lingue, de loc et de lepingue,
Ri ri bouillette,
Au port morin laisse may dormir,
Il est temps de lauer nos ecuelles,
A la boüille boüille caudiere,
Je ly coupy la tete
Aussi file à Dieu,
Il est bon à dire au maistre,
Maistre stichi a ragé,
Qui esse qui est reux,
Faites lay forger,
Gobito defendo et pour qui et pour may
Si ie te happe ie teray
Men cousin taille boudin,
Ta iacquette na point esté à la messe,
Y ly faut rabatre les coutures
Catin Cataulz, la mere à pourcheaux,
Veu tu ioüer à la loque
Que iays d'vne haute à ma croche,
Ie retiens picoté par commandement
Qui dyra putot part, era chela,
Cheuallier trop courtoys,
Plait il cornu troys foys
Pic ou plat pour qui appellera
La belle soubz la cuue,
Et la laide sus la mulle
Gy retiens part et m'en compagnon sans part
Veu tu partyr faisons les neuches,
Calmy cal ma si nest gros va dehors
A ha poullaille
Veu tu escrire en demoyselle,
Angelin angelot, ten pere ty mande,
Que pendu tu seras ce tu ne tamende,
Et le coq qui chante
Pardessus la plancque,
Et le coq qui crie pardessus la plye,
Que tu fais de nares
Perrot quiot, Perrette quiette,
Tyre halle boutte
Je vais au let, va ten au gibet,
Din din barentin,
Le Diable de Sainct Martin,
Je le vi vif, je le vi mort,
Je le vi vif apres sa mort,
Dieu gard Dieu sault madame Nonne
Vyez queu bras quelle couronne,
Queu gentil corps de gentil-homme
J'ay bien mieux veu, et qua tu veu,
Marchandise dise dise,
En l'Escole et en l'Eglise
Malle broque broque cetu broque
Si tu vis jamais,
Derobé acheté dérobé acheté,
Les innocentz les innocentz
Ariere du rost les broques sont caudes,
Et de neuf ie retiens men pié de boeuf.
Lou lou que fais tu, je fais men feu
Tu nen mengera ia ia ia,
A la draque, à la draque,
O dayze bien hayr ma vie,
Ma commere de maisom,
Pretez may vostre chachom,
Il est la Saint Hubert,
Qui sort de sa plache y la pert,
Credo, j'en sis hors,
In deom, ce cymon,
Veu tu iouer au Roy depouille
Si ie ten poingne ie te ferai quier rongne
Si ie te happe ie te feray quier grappe,
Veu tu à may bataille din din gallerom,
Ie ne suis pas de ta sorte,
Viue en France et son alliance
Viue en France et le roy aussy
Beau solleil, rebaudit toy
Deuant Dieu et deuant may,
Quy est en ceste tour oger oger
La lune et le cresant
Quy nous fache beaux et grans
Qui dort le porc
Qui veille la corneille
De qui est alle enchainte
De bicarrel en carillom
Trois puchelles sen vont pleurant
Par la ville et par les champs
Ma dame la Royne ie viens à vous,
Et vous apporte rozes et flours
Vous plait-il point que je me coeuure
Le roy boit le roy boit,
Adieu Noël,
Nostre roy est courronné
Linge linge lange,
Chapelet de franche,
Qui viuent saint Sauueur le vaillant
Je le vois querre querre,
Je le vois querre men quoquet,
Y pleut dieu le veut,
Mes oysons mes oysons,
La rochete en reniendra,
A climuchettes missantu,
Qui les rabbat,
La fille au batard,
Qui les raconte,
La fille au viconte,
Patris qu'il à dit il à menti.
Il est beau de sa chairnure,
Beau coutteau belle chainture,
Belle femme deit aver patrie,
A la souppe à mon ville au iaflier,
Beau Nicollas le gros le gras,
Le chiquette le loquette,
Sy nest dehors qu'il est dedens,
Marguerite fleur de lis,
Quand ironge en paradis,
Il est ennuy muche mains,
Choulle tay galiagal
Lire lire pot detain,
Je nous marirons demain,
Beau pere beau filz,
Il mettet esser auis
Que la crois de paradis
Etet au pié de men lyt.
Mais chetet la ronde pomme
Que Dieu fit porter à Romme
Et porter et raporter,
Dens vng quariot de fer
Iay vne gambe de verre,
Et lautre de terre.
Sou menviez bien loin,
Ie querray à terre,
Men compere roubaron,
Donne may plain pot de ten boüillon
Ten tou pin est venu de mort en vie,
Y vera iette au pilory
Colin morue ventre de grue
Tu as fait l'ecolle bissonnniere
A sainct Aignen set tu pelé,
Dominé admiston,
Le premier sentu la vesse ly pent au cul,
Maistre stichi a vecy,
Sen ly à lepaule,
Sauge percil, men coeur ma dit,
Que tu as vecy et ou ychy
Ren tay lardom, ie suys Ianderme,
Gare le cul vechy les vergues
Mort en vng ettron,
Et ne mort pain à ma canchon
Bon enfant mengut candelle
Va quier à la renelle.
Veu tu fere question à may
Tu ne seres pus que repondre,
En beurre pice tu fondre,
Que fais-tu loq,
Je fais des lanternes,
A maistre au cul au demandeur
Que che qui demande su bochu daliquan,
Miau, miau, miau,
Su cat la pice menger la foure à zautres,
Mes que men cul set paticher,
Tu mengeras des gauffres,
Collette qui à deux cornes au cul
Et vnne teste la mort y est,
Ianne tru dane, chapiau de fetu,
Les pates à terre et le nez au cul,
Mais agarez se Dieu vous set anide,
Deulx loux mangerest bien vnne brebis
Y faut rendre ou prendre,
Ou la mort denfer attendre,
Je n'en fais de rien osus
Car qui na fay na rien,
Nen plus qum quien,
Qui vesse pert, qui pette gaigne
Fay nen comme Margot fit de ces trippes,
Trainez, rotis, bouillis, aulx chendres
Dune fille depuchelée
Entre quien et leu,
Les lous pissent menger femmes au pretres
Les lous les lous puisse menger pretre et tous
A quatre heures coulas,
Que ly fault y faire,
Il ly fault mettre le cul deuant
Et la panche derriere
Guere lo gueres to ma compaignette.
Jay du pain à ma pouquette
Et du fromage en men sain
Ien mengus quand iay fain
Bon homme bon homme
A tu point mis ten hault bonnet
Dando inuenta qui preferranta lanta
Hate tay rignot ta soupe ce gatte
Je feray beau cul et magister,
Que ie nen ays guere,
Moyssom moyson monte quelette
Et deffendez votre queue,
Il cemble qui ne mengit iamais caude porée
A la danse des foureux,
Il n'y a, ame que nous deux,
Iay porté la queue de la bru au montier,
Par le bien qui est en femme,
Ie ne jure pas grand chose,
La trouye que vous demannez.
Guillebert la meine,
Tu y es laisse tay quair,
Boute loq y ny va ny quiens
Y ne fera ia vieux os,
Bren à ma gorge que tu as de jergon
Du foin a la mulle Sainct Ouain,
Tu ne iouras ia, a note montier
Si tu ne poye queque chose,
Tu y viens byen crete
Il en est bien chaint par le cul
Sentez fleurez cy ne sen bon
Ie le veux perdre.
En reue en rue paturelle
Tes brebis sont en gauelle
Entre vos petilz enfans
Qui a les alles a la moutàrde
Entre du cler et la fontainne,
Qui va en Flandre sans coustel,
Et à fromage pour tous mez,
C'est le plus profon de saine,
Y le deit tailler epez
As-tu poin veu chu boyteux.
Queu boyteux, qui a le cu fendu
Ten nez entre deux,
Et tant tues enterin,
Tu mela mis au fin firouet
Je me loue à tay
Par la fay de men petit day,
Toutant que je te verray,
Jen eray la metié,
Juque à la sainct Iens deté,
Vela qui perdit sen pouchin
Vela qui en vit lelle,
Vela qui la rotit,
Vela qui la mengit,
Vela la petite souris,
Qui jamais n'en tatit,
Au fond du carrel
Ie retiens la longne,
Et deffentz souflé et rabattu,
La crois faudret te puisse faire fauldre
La crois denier te pisse faire gaigner.
Tu feras bien ce que ie ne seres faire
Et quay, tu baiseras bien men cul,
Et ie ne le serez baiser
Veu-tu venir, et ou
Au moulin de leque trou,
Et prete la may et quay,
Ta langue à torcher mon cul.
Catelinnette, vous petez,
Rybaut moyne vous mentez
Par la foy de men corps,
Vela belle compagnie,
Et chest bien le dieble et pus
Poucherot lequepot,
Crois ou pile pour qui lera.
Veu tu iouer au pors brulé, ouy,
Chouche tay sus le ventre
Va querir des fetus iay du sauon,
Et des cloquettes ie ferom,
Ouy dire va par la ville,
Et besse cul par les maisons,
Et vne, et deulx, et trois et quatre
Estu gentill'homme vela pour ta gentillesse,
Fourque de fer fourque derable
Va ten la hault à nostre estable,
Qui est derrain à su tuyel,
A su bout, ou à su parmy,
Ouurez vostre huys ouvrez
Nouvelle mariée,
Qui a vecy vecy vecy,
Rouge pomme me la dit
De la rigolice pour desepingues chacha,
Beau temps ou mouille,
La bru brullee ramaine sa fusée,
Hue ma breliere est decousue,
Gare l'eau trois foys
La quetz borde de souppe et de nauelz
Ou est ton maistre il est à blais,
Filz de putain courez à prez,
Domine crepuit, il est rasibus de la relle
Nouriche bailliez ly votte cul a teter,
Nouë ils sont pris si ne senuolent
Ma fay vere
Paris, venes paler au roy
Oseroye, ouy,
Monsieur le sis venu que feroye
Veu tu iouter pour la brindolle,
Et choquer pour le toupin,
Ie ne sis pas de ta sorte,
Ma toupie est deboullée,
Nostradabus lauet bien dit,
A la part à la souris,
Qui la trouue chest pour ly
Vng quien nourry de pain fetis
Que ma donne
Grand appetit
Omblieur, hola,
Porte may quier,
Hault et bas la cheminée
Il a peté sus les andouilles,
Ie vous commande et recommande
Comme le roy fit à sen sergeant
Et la royne à son enfan
Que vous baisez stila au cul,
Matelot qui na qun oeil,
Pesque may ung haren borgne
Va du guaret le cul te flaiolle,
Ie te pinche sans rire,
Richard richard, crac, crac, crac
Quy a vesi il era vng denier,
Per ou nom, qui choq, deux a tout,
Je te pique sus set.
Qui balie se naire na rien à la faire,
Et dou venez vous mire ly moufle
Ie viens du marche, soufle ly soufle,
Ie vous vens le barillet, bien lye,
Bien borde bien barifaricote
Sy n'est bien lie, bien borde
Bien barifaricote ie veux perdre, la
Lieure la bordeure la barifaricoture,
Et queche dens ten bonnet,
Chest ung etrom qui presche,
En veu tu etre sen maitre
Trois petilz patez michault du cul,
A part à part je sis venu,
Vng pie cauche et lautre nu,
Ma marotelle ma tant batu,
Quelle à rompu les dens du cul
Il a vecy la queue ly fume,
A lon baire chopienette,
De bon vin à la tassette,
Horiho, ma commere
Au bout de lanne faut le drap,
Regnault a perdu, la belle a gagne
Baillez ly a baire la gorge liard
Ie nayme point laigre moynne,
Ie veux faire caca pour faire dodo,
Ie si tant saut mon frerot,
Et couppe te ne gullette,
Tu as beau nez pour baire a la bouteille
Sy ne vault y le paise,
Pour seruir de montarde apres digner
Fault yl tant de molz à marier margot
Ecollier de pie de beuf,
Vingt et quattre pour vng oeuf,
Et autant pour vng ecalle,
Fy de toute la merdaille
Tire ta dague raguet,
I'ai veu vnne puche
Sortir d'une huche et l'espée au cotte
Tu es abille homme
Tu prens les poux à tatons
Par la barbe je te tiens
Pipe moysson tu es glue
Par desseuls la courte caille
Iay veu passer le court coullon
Qui na faict qui na dist
Qui na barbotine le nez
Gardez vous du loup pelé,
Qui a dens et sous dens
Et oreilles de iumens
Et cy veut menger les gens
Et de ma gallette flic
Ie regardy par ung butel
Ie vy Iudas qui rotisset
Ie lys demandys vn lardon,
Il me bailla vn coup de batom,
Brou a mere, i'ay veu le dieble
Mes chabotz font choq choq choq
Ma mere ie veux et quay
Du lart à deux coennes,
On hon oreillé de porc,
A la gatte qui pace de huit pert,
Veu tu jouer au pie de mouque
Ou au court fetu pour qui lera,
Mignon pet le cat madame ?
Cache marée mengut blanc pain,
Et sa femme meurt de fain
La vaque neire qui va à la faire
Il est bien anne par nature,
Qui ne peut lyre ce necripture
Adieu penniers vendenges sont faictes,
Les porez vous mengeront friant de merde,
Les bateaux qui sont sus Sainne
Ont ils des piez
Tripes sont sainnes à qui les ayment
Mais merde y a,
Les grands bateaux en font il de petitz
Qui fera rochete,
Hay capperom dolent,
A robec corbeille et tout
Ie sis desbauchée
Ma canne est cassée plantez,
Veu tu iouer a la sautereule
Ou crocher pour qui era, le gal,
Vn pet espousa vne vesse,
Et tous deux sortent dune fesse
Et quand en mariage sont
Ilz engendre de beaux etrons
A chettes vous point desguletes
Matelot de quien,
Quand du gourd piuois ne pirav,
Bien girard ie me couyray,
Ca tu, C
Qui te boute, T
Qui volle haut. L
Que crie la corneille. K
Quy est ceans M
Quy à grandes oreilles N
Quy arrete les chevaux. O
Qui regarde. X
Qui est su panchu G
Qui est su petit I
Qui est derriere. Q
Au joly bocquet cret la violette,
Selon les depens, la besongne est faite
Iay bibi au day, ie ny bitis onc
Y court partout commun pannier
Y ne tieut de becarre ne de bemol,
Y ne tient que de nature,
Ro ba be de son dos oniprincipie a marate,
Cinq carnasuis iobridelle et cy Io bridez
Ma roard tarodant,
Crosabas à Iatanis policides ytera grobis
Hanuy pia cailla bany rocha prima
Serpe culla fouquabe qualerba,
Rogate grabaton ente manifetu
Con beatison,
Qua ie viuois les vifs pessoient
Et ie sys mort le vif men port
Et par dessus les vifs m'enuoys
Supra teton supra collon,
Supra dorson supra regnum supra culon,
Faisons la bru, et iouons à la branle au grenier
Che nest que fretin, à gobea,
Mouches vous la gargouille vous mengera.
Jay menge vn oeuf
La lange d'un boeuf
Quatre vingt montons,
Autant de chappons
Vingt congnons de pain
Ancore ay ge fain,
Enny ie ne tatis ne saluis
Mouque queppe saut du creux
Et me happe ce tu veux
Belle et ioliettement
Va la quieuure sur le mur
Belle et ioliettement
Tu li lequeras le cul
A croisset à la boille pour vn pet
Hare hare marechal,
Ung quien vng cat et vne mouque
Allez au brouet,
Bren à ta gorge chest safren,
Note cat na point figué
Vng loup passant par ung desert
La queue leuée, le cul ouvert,
Chest bien rapporte la pieche au trou
Et era tu mefuyt feillote
Il n'y à point da tente aboute hors
Pain blanc pain caut,
Va ten la haut,
Sera cloque vienne à may paller,
Ie retiens fiquet et vollée,
Au cul le nez pour la froidure
A le bahitay fi tay dichyi
Saut saut martinet
De la fenestre au cardinet
Ma commere pretes may vote petit sas,
Ma mye ien sachete ien buttes
Ien faitz tout men petit cas
Il mest pas de bonne heure ne
Qui ni fourre sen clou
Pour sonetter et pour vecyr,
Il ne fault bouger du lit
Ie vous vens le corbillon
Qui met-on
Chou chou mes pouchins
Ma mere ca ca,
Que i'ais la derraine,
Ou je feray miaux,
Ma mere hau serayie point marie,
Adieu hay l'homme,
Le roy couuery,
Do do domimete do do domino,
Gloria patri ma mere a petri,
Elle a faict vnne galette,
Iamais ie nen tatis miette
Ie renie men riaume
Pour sauuer men compagnon,
Il est de priaux,
La quemise ly passe les drapeaulx,
Il en cera pendu,
Aussy hault que le gibet,
Au viuian avec ses gens
Qui langue a, à Romme va
Cochonnet va deuant
Tu as le bec afile comme raseur de guinaut
Et viuian beau viuian
Et tu sergent monstre may ta mache
Croquet denfer qui en palera,
Helas ie lay perdu men pigeon pingeonnet
Au cheval fondu
Ne vous en allez point et vos tenez ycy
Qui fayct dessay perd sen epingue,
Pape pape pape volle,
S'il est nonne cy tenvolles
Palalibalam plan palalibalam plan,
Calimachon montre may tos carnes
Ie sis roy daudioche.
Quand ie bay du vin clairet tout tourne.
Ie retiens la siflée et le coutelage,
Y fera beau temps
Les marmousez sont aux fenestres
Y neige ie ney point dargent aussi naige,
Adieu i'eux,
Tant il y mengent de mouques qui ni veit
Houppe gay iay beu du sidre,
A lotel à lotel à lotel,
Ie ny sis pas ni encore ni encore
Cou cou babelou
Chest fait demuchez-vous
Lecolle est creuée
La merde en sault
Ie feray bien megnen megnent tout
Le terrain à millieu grain
Ma mere men petit frere à fait ca ca,
A ces garets, et bien torche ly le cul :

O quouard.

FIN.

vendredi 2 novembre 2012

Les Conards de Rouen lu par De Litteris

« (...) Des bouffons essentiels, bousculeurs de l’ordre établi, qui, sous couvert de carnaval, organisaient de grands tribunaux où l’on dénonçait, avec une verve impitoyable, les tromperies des époux, les beuveries des bourgeois, les entourloupes des nobles, les dérives des régiments, les grossièretés des chrétiens, les gras doubles des ermites, les veuleries des puissants, les mesquineries des maquerelles, les folies de la justice, les abus des riches, les sottises des pauvres, les médisances sans sexe, les prêtres simoniaques, les âneries de la société et les obscénités du monde… avant de conclure par un banquet rougeoyant d’ivresse et de plaisir grossier ces grands rires de révolte. (...) »

Lire l'article de De Litteris en entier en suivant ce lien.

°°°

PS : ça tombe bien, demain je vais en Conardie...


la Conardie

°°°

Autres articles de Julie :

lundi 20 février 2012

L'appel à dix dizains de Conards contemporains, est-ce une bonne idée ?

En cette veille du mardi, gras du nom, je me souviens des Conards de Rouen.

Je ne les avais pas oubliés, pensez-vous, mais je pensais relancer leur impression après avoir fait un appel à des dizains de Conards contemporains pour en choisir dix. Un peu pris par le temps et - autant le dire - manquant un peu d'énergie pour ça, j'ai retardé cet appel quitte à l'oublier.

Je me pose pourtant une question, pourquoi ne pas choisir la date du 9 avril 2012 pour, de manière officielle, lancer cet appel ? Une première sélection pourrait se faire à Vitré avec Padrig Moazon, Michel Gros Dumaine et toute autre personne présente le week-end du 21 et 22 avril lors du salon du livre, pour enfin choisir - en m'isolant - les dix élus, fermement, le soir du 6 mai 2012.

Qu'en pensez-vous ?

En attendant, suite à deux demandes pressantes, j'ai décidé de republier Les Conards de Rouen.

Les Conards de Rouen - Couverture

PS : le contenu de ce livre peut, bien sûr, être feuilleté librement.

vendredi 4 juin 2010

Conards, les délier, les relire, les relier

Je vous en parlais dans un billet précédent : Brèves de Conards : une occasion, Valérie Fourneyron, une reliure, je viens d'en recevoir les photos... et, figurez-vous, que j'en suis réjoui ! Je m'offre donc juste le plaisir de vous les faire partager.

conards reliés

conards reliés 2

conards reliés 3

PS : l'auteur de cette reliure et de ces photos préfère par modestie l'anonymat garder.

mardi 1 juin 2010

Brèves de Conards : une occasion, Valérie Fourneyron, une reliure

Une occasion

Au moment où je vais clore la première édition des Conards de Rouen, il m’arrive de fanfaronner lorsque je parle des quelques exemplaires qu’il me reste. Je vais les proposer plus cher que les neufs ! Ceux qui me connaissent se doutent que je le ferai verbalement ou par écrit, mais les offrirai plus volontiers comme cadeau : il aura juste une plus grande valeur symbolique… voire. Par curiosité, avant que le statut de cette édition change, je suis passé par Amazon et quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’un certain TM 76 le proposait à la vente à 20 € - hors frais d’envoi. Un visionnaire, un !

Clore cette édition veut dire lancer une nouvelle, certainement cet automne. Elle sera légèrement augmentée : je pense proposer à des poètes blogueurs l’envoi de quatrains ou dizains sur les Conards ; qu’un comité de lecture choisisse celui qui ornera l’incipit de l’ouvrage… Je vous en dirai plus. J’y ajouterai bien sûr la magnifique et limpide réponse de Valérie Fourneyron, maire de Rouen, à mon Adresse : deux belles pages vierges. Il est vrai que notre maire est fort bien occupée par ses nombreux mandats.

Valérie Fourneyron

Un soudain afflux de visites vers nos penchants m’a intrigué, les mots clefs approchaient de « Valérie » « Fourneyron » « Journal ». Par curiosité, j’ai lancé cette requête et compris que non loin de la vidéo qui fit l’honneur de notre maire – ici députée – figurait un billet des penchants. Un clic malencontreux égarait nos visiteurs dans la prose plus que l’image. Oh ! j’ai quand même regardé la vidéo. Rien de neuf sous le soleil. La Française et leurs jeux arrosent. Je suis stupide, j’aurais dû penser à inviter notre maire à un serrement de main : un jeu de paume dans une halle aux toiles. Nouer et relier.

Reliure

Un Rouennais d’adoption m’a commandé un Conard. Il vient de m’apprendre – par mail, je ne l’ai encore rencontré – que son père, relieur professionnel, avait réalisé une belle reliure de son ouvrage. J’ai hâte de voir ça ! avant de me diriger vers les marches de la Conardie de l’autre côté du Couesnon.

Les cloches sonnent, les merles s'envolent.

vendredi 19 février 2010

Bienvenue en Conardie (& à Rouen aussi)

La carte, ci-dessous, va s'enrichir peu à peu des hauts-lieux de Conardie. En vous rapprochant de Rouen, alors capitale, vous pourrez découvrir le tracé de la future rue de la Conardie. J'attends avec impatience le relevé de décision du conseil municipal que Madame le Maire aura, je n'en doute pas, l'obligeance de me faire parvenir par pneumatique.


Afficher rue de la Conardie sur une carte plus grande

lundi 8 février 2010

Les Conards de Rouen - Blanque

BLANQUE

de plusieurs pièces excellentes et rares
trouvez dedans les vieilles aumoires de l’abbaye,

Et addirez depuis le tems de Noé jusques à present qu’ils ont esté recouvertes.

Premierement.

Le corselet, dont estoit vestu le dieu Mars, lorsqu’il fust surprins par Vulcain avec Venus, auquel sont gravez toutes les batailles que les Pigméens ont eu contre les gruës, estimé par les heaumiers de Paris à la somme de unze mil medicaux d’or.

Le voulge ou javelot dont Cephalle tua Pocris, où sont gravez les batailles de Baccus contre les Indois, estimé par les four­bisseurs haut et bas à quinze mil portugaises.

La targe d’Ajax, de telle estoffe qu’on ne sçait que c’est, où sont par semblables gravez les faits d’armes de Caillette et Triboulet, estimée par lesdits fourbisseurs à quatre mil trois sterces d’or.

La massuë d’Herculles dont il tua le serpent lernean, estimée par les dessusdits à huit millions d’or. L’espée ou bracquemart de feu frere Jean des Entoumeures, garnie d’or, estimée par deffunt Guernotte à vingt deux mil moutons à la grand laine.

La dague dont Lucresse se tua pour un coup de fesse, estimée par feu Rizou à douze mil saluts d’or. Les botines du feu sieur de Saint Germain, jadis thresorier de la maison abbatiale, estant fourrez de martres telles que les espa­gnolles portent à Rouen autour de leur col, et les esperons de mesmes, estimez par le deffunt La Regnardiere à neuf mil reaux d’or.

L’asne sur laquelle montoit ordinairement Silene, grand amy de Baccus, enharnaché du harnois de Bucephal, cheval d’Alexandre le Grand, estimé par les courtiers de chair humaine à cinquante mil huit cens saize croisades.

La cheville du cheval de Pacollet, qui avoit esté adirée par l’espace de traize cens ans, et à present recouverte, estimée par les charpentiers et menuisiers à soixante trois mil quatorze doubles Henris. Une roüelle de dent de ciron, enchassée en or, aussi grande que la tour du Colombier, estimée par deffunt Cajollet à quatre vingt six mil double ducats à deux testes d’or.

L’os couronnal d’une pulce noire, aussi enchassé en or, ouvragé de tauchie, estimé par deffunt Gratian à cinquante six mil douillons d’or.

Les lunettes d’Argus qui avoit cent yeux, estimez par les lunetiers à deux cens quatre vingts millions de ducats.

Le carcan qu’avoit l’Engingnarde quand elle espousa mere Jeanne, estimé par deffunt Jean Viard à vingt un mil unze ducats à potence.

Le teurs de mariage d’Urgaude la descognuë avec le sage Alquiff, estimé par les biblotiers à trois cens vingt six mil escus.

La fueille du figuier dont Ève couvroit sa nudité, estimée à neuf cens mil trois pistollets.

Le premier brin de la v..... apporté de Naples en France, enchassé en naque de perles pour avoir meilleure couleur, estimé à quatre vingt un mil angelots et demy.

L’anneau de Hans Carruel, propre pour garder les cocus de porter besicles, estimé à quatorze cens mil dix nobles à la roze.

Trois livres d’entendement feustré, estans dans une boüette de coral de la grandeur des halles du vieil marché, pour guarir du flux de bourse, estimées à trois cens quatre vingts mil fleurins d’or.

Une harcelée de cornes de cocus, dont le nombre est tel que l’on ne le sçauroit nombrer, estimée à six vingt deux cens neuf mil charetées de pieces de long vestus.

Les esperons que Heurtally avoit pour piquer l’arche de Noë sur les ondes, estimez à traize mil charetez de francs.

L’escuelle où Adam et Ève mangeoyent leurs pois au commen­cement de leur mariage, faite de riche estoffe, estimée à huit vingt mil charetez de quarts d’escus.

La callebasse de Maugis d’Aigrement, aussi grande que la tonne de Sainte Barbe en Auge, estimée à neuf cens mil traize brouetez de testons de Navarre.

Le grand messel de Sainte Geneviesve de Paris, où l’on chante a furore Normennorum, estimée par l’hermite d’Orival à trente neuf pennerées de badaux.

La branche de l’arbre où Absalon demeura pendu par les cheveux, estimée à traize cens demis escus. La maschoire d’asne dont Sanson tua mille Philistins, estimée à quatre cens millions de ceraphs.

L’escarboucle que maistre Guillaume de Louviers portoit au doigt medical, de prix inestimable, estimée au prix de la valeur de la vigne d’or présentée à Cyrus, roy des Perses.

Le flajollet dont Mercure endormit Arguë, quand il gardoit Yomuée en vache, estimé par les cornemuseurs à trente deux mil angelots de thorren.

Le bec de l’aigle qui mangea le polmon de Promethée, estimé par les poullailliers à dix huit mil tallens d’or. Le cadenas dont étoit fermé le cheval de Troye, estimé par les serruriers vingt six mil pieces de vingt huit sols.

Les mitaines de la reine de Sabba, et une de ses pantoufles, estimez par les guantiers et cordonniers à traize mil six cens philippins d’or.

La corbeille où Virgile demeura pendu à Rome, estimée par les pennetiers à six mil sept cens quatre douzains au moulin.

Le bonnet doctoral de Colas à quatre heures fait de la toison d’Or conquise par Jason, estimé par les bonnetiers, à saize cens mil traizains.

Le collet de Gare le heurt, avec trois boutons d’or de la grosseur et façon de la fontaine du marché aux Veaux, estimé par les carreleurs à trente mil millions de malvedis.

La perle que Cléopâtre mangea en son banquet, quand elle gagea contre Anthoine le triunvir, estimée par les joyalliers à deux cens dix sept mil nobles Henris.

Le trenche-plume de Bredallin avec le dellot, estimé par les gardes du mestier à mil livres de rente annuelle, tout bien conduit et mené s’il n’y a reprinse.

L’aureille de Grimouïn, grande comme un vent à vanner du bled, estimée par les essorilleurs, à deux charretez de liards au barbeau.

L’estingue de quoy David tua Gollias, avec la pierre, estimée par Chrestien Pierrier à traize mil brouetez de doubles neufs.

Le cornet de Roullant, qui mourut à la bataile de Roncevaux, estimé par gens à ce recognoissans et faiseurs de brindolles à neuf mil pieces de Nefle.

Les griffes du griffon de Huon de Bordeaux, estimez par le greffier de Lorris à dix huit mil de quarts de ducats d’or.

La rondache de Mills et amis, estimée par Catherine la petote à dix huit mil huit sols aux vaches. Une des dents du grand maillotins d’Orival, estimée par Cajollet à trois mil traize carollus.

L’œil de l’elephant du grand Hannibal de Carthage, estimé par les bouchers à quatre mil millions de sacs de quinzains.

Le sappin de Semiramis, estimé par deffunt maistre Robert Becquet à quatre sacs de testons de Berne. La grand serpe de Noë, estimée par les fouarciers de Lerne à six panniers de trippes.

La truelle de maistre Thomas, estimée par les plastriers à deux penniers plains de gros jaques cœur.

Le landier de maistre Pierre le cloutier, estimé par les serruriers à vingt sept cens trois mil deniers au cat.

Le grand almanach de Mauduit, estimé par le crossu du palais à semblable somme de prix si dessus.

Les prix s’adjugèrent le mardi gras, en la halle aux mercier, en la Vieille tour, où fut fait le banquet solemnel, à dix sols pour homme, à tous venans.

in Les Conards de Rouen, 2009.

Les Conards de Rouen - Le Sujet

LE SUJET

de la magnifique blanque.

On ne sçauroit de fortune mieux faindre
Le grand pouvoir, ne son image paindre,
Qu’en descrivant le hazard plein de ris
Qui, de present, est joué dans Paris,
Nommé la blanque ; auquels lieux plusieurs hommes
Y ont gaigné d’or et d’argent grands sommes,
Pour petit prix qu’ils avoyent au jeu mis ;
Et sans faveur d’amis ou ennemis,
Autres y ont du leur mis grand’partie,
Et dessus eux toute perte est sortie,
N’en rapportant que courroux seullement.
Ce jeu se fait à tous egallement :
Car, d’un costé, sont les noms et devises
De ceux qui font d’argent les grosses mises.
De l’autre part sont les escriteaux blancs,
Qui, aux premiers, sont du tout ressemblants,
Parmy lesquels sont mis les benefices
Aux rencontrans gracieux et propices.
Ce sont joyaux, bagues, chaisnes doreures,
Carquans, anneaux, couppes, tasses, ceintures,
Et autres biens dont les poix et les prix
Sont dans aucuns de ces billets escrits.
Un aveugle est entre les deux vaisseaux,
A ses deux mains tirant les escriteaux
Des deux costez, desquels il fait la monstre ;
Dont il advient que, s’il y a rencontre
De la devise et benefice aussi,
C’est à celuy dont la devise ainsi
Est rencontrée et des autres le reste
Se trouve blanc, sans que rien s’y acqueste.
Je ne sçaurois pour fortune prouver,
Pource que maints par luy se trouvent riches,
Les autres nuds, et demeurez en friches.

in Les Conards de Rouen, 2009.

dimanche 7 février 2010

Les Conards de Rouen - Semonce

SEMONCE

a la magnifique blanque.

L’abbé, estant en son pontificat,
Après avoir chanté Magnificat,
Fait à sçavoir à ses joyeux supposts,
Autres aussi aimans vuider les pots,
Que dans ce jour il veut sans nul caquet
Dans la viétour faire son grand banquet,
Où l’on voirra tous ses gros orfessiers
Estre assemblez dans la halle aux merciers,
Qui avec luy jugeront de voix ranque,
Les gaillards prix de sa gentille blanque.
Parquoy, Conards, pour avoir mill’ plaisirs,
Qui seront là ensuivant vos desirs,
Venez soudain, car l’abbé qui tout peut,
Vous traittera, et ainsi il le veut,
De bons morceaux et friandes poulailles,
De bons levraux, de canards et de cailles,
Et de cent mil millions d’autres mets
Que n’avez veus et ne voirrez jamais,
Et avec ce, de ses gros poix cauchois,
Dont maillotins aiment avoir le choix.
Vous asseurant qu’il ne vous coustera
Que dix beaux sols, et si chacun aura
Bien à disner avec force risée ;
Et, sur le soir, la petite brisée.
Parquoy venez et veus serez contens,
Ayant receu cent mille passetemps.

Ainsi signé : par deux nez embrenez
Payant dix sols vous serez bien disnez.

in Les Conards de Rouen, 2009.

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