Chers lecteurs d'Infinis paysages de Quinze poètes, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.
**********************************************
Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche
dimanche 1 janvier 2012
Par Christian le dimanche 1 janvier 2012, 23:30
Chers lecteurs d'Infinis paysages de Quinze poètes, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.
**********************************************
lundi 23 mai 2011
Par Christian le lundi 23 mai 2011, 07:40
Oh oui, j'ai beaucoup de plaisir à annoncer cette publication et remercier toutes les personnes qui ont participé à ce projet devenu livre ; en rappeler la préface :
« D’Infinis paysages, thème du Printemps des poètes 2011, fut l'occasion pour les penchants du roseau de lancer un appel à poèmes début février. Grande fut notre surprise de découvrir l'engouement qu’il suscita. Pendant plus d’un mois, plusieurs centaines de personnes venaient chaque jour déposer, lire, recopier, commenter des poèmes, ceux de leurs infinis paysages ; certains oubliés dans le fond d'un tiroir ou déjà en recueil, d’autres écrits pour l’occasion. Plaisir de découvrir que leurs paysages déchiraient les décors habituels pour y retisser de l’intime, du profond, de la nostalgie, du malicieux. Ce recueil présente ceux que nous avons choisis : quinze poètes et leurs infinis paysages. »
« poésie, geste de l'être »
Christian Domec, apprenti libraire.
lundi 18 avril 2011
Par Christian le lundi 18 avril 2011, 08:00
Brève : j'ai profité de ces belles journées de printemps pour en fabriquer quelques exemplaires, ils vont rejoindre cette semaine leurs auteurs et ceux qui y ont contribué (dont j'ai bien reçu les adresses postales). Je vais donc, avant parution, ouvrir bientôt une page de bienvenue aux lecteurs d'Infinis paysages.
mardi 12 avril 2011
Par Christian le mardi 12 avril 2011, 23:22
D'Infinis paysages, thème du Printemps des poètes 2011, fut l'occasion pour les penchants du roseau de lancer un appel à poèmes début février. Grande fut notre surprise de découvrir l'engouement qu'il suscita. Pendant plus d'un mois, plusieurs centaines de personnes venaient chaque jour déposer, lire, recopier, commenter des poèmes, ceux de leurs infinis paysages ; certains oubliés dans le fond d'un tiroir ou déjà en recueil, d'autres écrits pour l'occasion. Plaisir de découvrir que leurs paysages déchiraient les décors habituels pour y retisser de l'intime, du profond, de la nostalgie, du malicieux. Ce recueil présente ceux que nous avons choisis : quinze poètes et leurs infinis paysages.
dimanche 10 avril 2011
Par Christian le dimanche 10 avril 2011, 13:42

« Bechameil fit de prodigieuses dépenses à faire des beautés en cette terre de Beauvoisis. Le comte de Fiesque fit sur son entrée en ce lieu la plus plaisante chanson du monde, dont le refrain était Vive le roi et Bechameil son favori, dont le roi pensa mourir de rire, et le pauvre Bechameil de dépit. Il était bien fait et de bonne mine, et croyait avoir de l'air du duc de Grammont. Le comte de Grammont le voyant se promener aux Tuileries : « Voulez-vous parier, dit-il à sa compagnie que je vais donner un coup de pied dans le cul à Bechameil, et qu'il m'en saura le meilleur gré du monde » ; en effet, il l'exécuta en plein. Bechameil bien étonné se retourne, et le comte de Grammont à lui faire de grandes excuses sur ce qu'il l'a pris pour son neveu. Bechameil fut charmé, et les deux compagnies encore davantage. »
In Mémoires du duc de Saint-Simon.
J'ai reçu de mon apprenti préfacier le texte suivant en guise de préface d'Infinis paysage. Vitement lu, je l'ai confié au regard critique et acéré d'une amie. Bien m'en a pris, son verdict fut cinglant : trop sérieux, trop emberlificoté, trop long. Alors, de ce pas « je vais donner un coup de pied dans le cul » de cet apprenti et me pose cette alternative :
- soit je fais figurer quand même cette préface en amorce du recueil (nous
avons bien gardé la sauce de ce Bechameil),
- soit j'en écris une simple, courte et légère (une gageure tout de
même),
- soit je la remplace par une feuille blanche (ou son absence).
Bref, je ne dois pas me comporter comme l'âne de Buridan, et décider avant mercredi.
Quel est votre avis ?
Ah oui, pardon, j'oubliais, la préface en question :
« Infinis paysages
Les derniers replis de l’hiver ont drapé d’infinis paysages. Comme un archet qui joue sur l’âme du poète, les paysages ne se réduisent à une perspective, à ce qu’un belvédère nous offre : du bucolique, des parapets vertigineux, des horizons pigmentés d’outremer ; ils sont aussi visages, cuisses, urbains ou désolés, et intérieurs aussi.
Une hésitation ?
Malmenés ils sont nos paysages, des pans entiers s'effondrent à l'extrémité de l'Orient, d'autres plus au sud vivent le tumulte de l'entre-deux, d'une révolte toujours légitime aux fracas de son étouffement. La propagation numérique de leur réalité les transforme en décors obscènes et émouvants ; désolés par l'absence de personnes.
La poésie n'est-elle pas ce faire puisé du grec ? Et le faire est la négation du spectacle, il est notre condition, celle de vivre. Ce faire n'est pas extérieur à nous, il est ce que nous sommes. Lorsqu'il se saisit de la langue, il use ses aspérités, les courbe pour en modeler le sens. Nos iris le diffractent parce que nous, l'un, l'autre et pourtant.
Le poète n'a pas toujours raison, le poète peut être odieux, vaniteux, stupide, mais sensible, vibrant et parfois sublime. Lorsqu'il fait et surprend notre attention, il est déjà ce que nous serons et poursuivrons, sans raison. Le poète est juste nous et la poésie : ce que nous créons. Poursuivons.
Découvrons et goûtons ceux de ces quinze poètes, d'un Matin vert à Né en Maurienne, ils nous laissent entrevoir ce que replis voilaient. »
(photo de Jeff Golden, licence creative common)
lundi 21 mars 2011
Par Christian le lundi 21 mars 2011, 01:34
Matin vert
Aux tempes de l’homme
S’agrippent les temps anciens
Quand l’horizon n’était que reflet sombre
Au bord du cil
Patience ! Le moment viendra
Où tout sera lavé
À la sortie de ce long sommeil
Les arbres dévoileront leur chair tendre
Et les rues frétilleront
Les draps de l’eau se mouvront
Au rythme de l’étreinte du ciel et de la terre
Écoute, les entends-tu se chercher ?
Le matin vert est annoncé
Déjà sur tes lèvres fendues
Le jour a posé ses éclats
Yasmina Teterel
Avec Yasmina, tout est question de peaux et cie...
À paraître : Infinis paysages.
dimanche 20 mars 2011
Par Christian le dimanche 20 mars 2011, 01:12
Les Paumés
Le bar repu de gens se balance et s’enfume
Sur des visages las que la bière consume.
De belles filles lascives déshabillent l’envie
De mâles à l’affût de jouissances bannies.
Et au rythme d’un Bird que cajole Charlie
Un vieux beau philosophe soliloque assis.
Et moi je suis assise où s’accrochent les paumés
Près d’un autre qui pourtant s’acharne à le cacher.
Mes yeux fixent sa jambe qui pend d’un tabouret,
elle tremble et me trouble et fige mes pensées.
Sous les lumières glauques voilées par l’alcool,
les serveuses se trémoussent pitoyables et molles,
entre les tables pleines de vide et d’ennui,
qu’une mousse de bière vient remplir chaque nuit.
Au fond, près du billard, un homme bouge sa queue
Devant une boule sage qui ne demande pas mieux.
Et moi je suis assise où s’accrochent les paumés
Près d’un autre qui pourtant s’acharne à le cacher.
Comme un aimant malin, son tibia m’hypnotise,
il est mon seul repère, mon phare, ma balise.
Derrière la rampe de cuivre où s’épanchent les plaies,
le barman cabotine sans douter du succès.
Seul acteur sur la scène illusoire de son bar,
il joue à écouter leurs confidences bizarres.
Car les paumés sont riches d’amours inachevées
De passions étouffées, de plaintes avortées,
Que le jour refuse d’un revers de morale,
Mais que la nuit complice accueille dans ses cales.
Et moi je suis assise où s’accrochent les paumés
Près d’un autre qui pourtant s’acharne à le cacher.
Sa jambe ne tremble plus le long du tabouret
C’est lui qui me regarde comme si j’étais paumée
__
Tess
Le gilet de laine noire de Tess a un gros trou juste sur son sein gauche par-dessus son cœur ploum. Des courants d’air glacial s’y plantent comme des morsures de rats. Elle a mal. Ils s’infiltrent dans ses tripes pour y larguer des crampes qui s’agrippent méchamment aux parois de son vide. Ça lui fait des spasmes à l’âme et ça déchire la toile de son intime gouache. Elle a mal.
Tess ne veut pas mourir, Tess aime la vie. Mais elle se dit parfois qu’elle aimerait être folle comme quand elle était gosse, seule, blottie dans les draps froids d’un box aux rideaux blancs et près d'un pot de chambre qu'on aurait dit ciboire.
Morte, elle n'aurait pas pu voir qu’enfin sur l’accroc, quelqu’un se penche.
Quand Tess sort, elle enfile son manteau pour ne pas que l’on voit sa déchirure d’habit. On a appris à Tess à se bien présenter, à se paraître toujours sur une vitrine digne. Tess s’est faite golem sur la grève de sa quête, ça lui fait un chemin qui s’efface dans le rien qu’on accepte avec grâce.
Tess a son Achille, et son talon d’amour, son père, sa passion, son mystère à jamais. Et tout ça, ça dépose comme troublures de vie qui lui font se confondre des hoquets de désirs avec des signes d’amour.
Tess sait bien quand même que sous des airs de rien, sa chair pourtant est chair.
Tess est tant sur le fil que quand un mâle se pointe, elle se lui veut donner tous ses rêves et ses peaux que jamais on ne touche tant l’horizon est loin de ce qu’elle a rêvé qu’un Achille a promis.
Elle se veut tant donneuse qu’à force de mouiller, elle assèche le mâle tant elle se fait vouleuse…
Mais Tess se trompe toujours, et comme une éléphante, elle s’en va vite mourir sur un vit trop pressé qui ne voit pas le trou sur son gilet de laine qu’elle lui a comme un string trop voulu lui cacher.
Et l’amour se tire et chaque fois Tess pleure. Mais elle s’assèche vite et Tess se dit encore qu’il faudrait qu’elle soit folle pour qu’enfin il l’a veuille.
Cécile Delalandre
Cécile est PoUpiE LiMpOpO ou La BeZoTe et parfois... Un Jour de grosse lune.. celle de Chios.
À paraître : Infinis paysages.
samedi 19 mars 2011
Par Christian le samedi 19 mars 2011, 00:20
Le Jour me lève
Soleil Soleil !
la lucidité n'empêche pas l'aveuglement
elle l'éclaire assurément
Constellée de signes,
ma peau parchemine
griffée par les temps
réalité jamais
n'est ce qu'elle apparaît
l'âme guettée sur le qui vive
dans l'invisible j'ai pénétré
pour autant nul question ne répond
l’imperfection secrète le mouvement
l’utile nourrit l’inutile
semeuses éperdument bêchent et moissonnent les champs
les mânes au bleu jetés
dans le firmament
gonflent chaque an et bourgeonne le printemps
infinis paysages l’indistinction me prend
sage sagesse : vois en silence
mais jamais ne sais à l’avance
que sont les conséquences d’antan
(y’a y’a
y’a pas y’a pas
mais qui comment quoi)
Nourit Masson-Sékiné
Nourit, auteur du Courage de vivre pour mourir, Nourit, ses peintures, ses dessins et ses poèmes, « poëme à di » vit entre Est et Orient extrême.
À paraître : Infinis paysages.
vendredi 18 mars 2011
Par Christian le vendredi 18 mars 2011, 01:45
Croquis marins
Une âme borde un foc sur l'océan sans porte
Et les vapeurs des champs versent comme des mains
Leurs senteurs qui choquent, morcelées de chemins,
Qu'un vol de goélands sans alphabet rapporte.
Le mûrier s'étoile d'abeilles et d'oiseaux,
C’est un orgue emphatique et peureux, car écoute,
C'est le vent du levant qui recherche sa route
Et qui compose en brins tous ces refrains nouveaux.
Et les sables ingrats tuent les vagues si rondes
Qui vautrent leurs corps sur ces curieux époux.
Cet incessant trépas nous suit jusque chez nous,
Et ces sanglots de mort semblent d’un autre monde.
Quand un murmure pieux fera tomber le jour
Et le soir qui se peint, que la lune qu'On lève
Confessera la mer en lumière de rêve,
Chut !... Notre tour sera de composer l'amour.
__
Croquis urbains
Des chats mystérieux
Sur les cheminées pâles
Qu’engloutissent les cieux,
Tintent d’un ton d’étoile.
La ruelle sauvage
Brille comme un étang
De six ou sept étages
Épisodiquement.
Cuits comme un fleuve lourd,
Le rire clandestin,
Un enfant, son chien, courent
Avec un air festin
Pour le jeu solennel
De secourir du pied
Le navire et sa belle
Des grands égouts hantés.
Quatre fumées s’affichent
Dans un ciel qui se tord
Près du terrain en friche
Qu’abritent près d’éclore
Trois lys en deuil étrange.
Mais loin des feux ternis,
Des ombres se dérangent,
Sans bruit, et c’est la nuit.
Stanislas Fleury
Industriel sirupeux et petit artisan amusé du verbe, Stanislas Fleury s'est souvenu qu'avant un premier roman catastrophique, il s'était aventuré sur les plates-bandes de la poésie. Des prix avaient jadis auréolé ses vers, dont en voici quelques-uns exhumés. R.I.P.
À paraître : Infinis paysages.
« billets précédents - page 1 de 3