Journal des penchants du roseau

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Instants tannés

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jeudi 9 octobre 2014

Bienvenue aux lectrices et lecteurs d'Instants tannés

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Chers lecteurs d'Instants tannés de Cécile Fargue Schouler, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

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Le recueil de texte "Les instants tannés" est un petit bijou. Des textes finement ciselés, qui rendent triste souvent, mais qui sont paradoxalement réconfortants. Parce qu'il est toujours réconfortant de lire des textes de vraie littérature, et de suivre un jeune écrivain ( l'an dernier "Le souvenir de personne" a bouleversé tous ceux qui l'ont lu) qui écrit avec son âme, tout simplement.

Nicole (copié d'un commentaire ci-dessous)

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Dans ses 13 petites nouvelles tout en délicatesse et en subtilité, Cécile Fargue Schouler parvient à nous faire ressentir les abîmes du vide qu’ils se logent sous la peau de la semoule au lait ou entre des mocassins de cuir. Quelques secondes d’éternité, un bonheur insoupçonné parfois réussissent contre toute attente à se loger au creux des solitudes de ses personnages mais l’univers de Cécile reste sombre.

Quelques mots sur mes nouvelles préférées :

La nouvelle la plus émouvante : « Une seconde contre le vide ». Un magnifique texte sur ce que peut une seconde dans les bras d’un homme aimé contre le vide de la vie d’une femme. Si je vous dis que c’est en plongeant sa cuillère dans la peau de la semoule au lait que cette sensation refait surface, vous penserez peut-être à Proust ou Virginia Woolf … et vous aurez raison ! (...) »

Lire la suite sur Le Pandémonium Littéraire

Marianne Desroziers

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Ces instants sont treize desserts offerts avec talent par Cécile aux lecteurs. A consommer sans modération. Je les ai tous aimés parce qu'ils sont tous plein d'une humanité généreuse.

Merci.

Yasmina Hasnaoui (copié d'un commentaire ci-dessous)

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Instant choisi

Instant choisi

Photo de Ludo.

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Lecteur anonyme

Lecteur anonyme

Photo de Goj.

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« (...) j’ai découvert un auteur très attachant, une femme comme cela m’arrive souvent ces temps-ci, son nom est Cécile Fargue Schouler.

Le recueil de ses petits récits s’intitule Instants tannés, … encore un jeu de mots. Et ces textes miniatures recèlent un jeu de maux …

Elle saisit une image de la vie quotidienne, un instant banal en apparence, les épluche et dégage souvent un malaise, un drame, une fatalité qui tanne, un état des choses insoupçonné au début de l’histoire … Prenons garde à la douceur des choses, elle cache un côté obscur, au fond de soi se nichent des sentiments qu’on éprouve et que l’écrivain prouve …

L’écriture maintient le lecteur en alerte, un verbe jaillissant, vif et instantané comme un café. (...) »

Grillon du foyer

Lire le billet du côté de chez Grillon du foyer.

°°°

« Bordeaux, 27 août 2013

23h30. La chambre d’hôtel est monochrome. Du sol au plafond, les murs, le mobilier, le linge aussi... Pas vraiment moche, juste sans tempérament. Je me glisse sous les draps, tapote les oreillers. L’heure tardive devrait m’inciter à dormir. Et bien non, c’est avec un livre « de gourmandises » glissé le matin même dans mes bagages que je passerai la soirée : « Instants tannés », ça sonne bien et ça tombe bien aussi. « Une seconde contre le vide » pour lutter contre la monotonie des lieux ! Le ton est donné.

Les histoires courtes se succèdent. J’aime l’efficacité de leur format. La surprise aussi. À chaque fois, un nouvel univers. Un peu comme un voyage que l’on ferait, le nez collé à la vitre. Mélange de poésie et de réalisme, c’est goûteux. Difficile de ne pas succomber à la tenta­tion... Une histoire de plus n’est pas une histoire de trop !

Page 43, « Les Passants » m’interpellent. Avec eux, je remonte le temps... J’ai 5 ans et attends le samedi avec impatience. De tous les jours de la semaine, celui-là a ma préférence. De bon matin, je m’en vais en ville avec mon père. Toute seule comme une grande, je reste à l’arrière de la voiture, deux-trois heures durant, le temps pour lui de vaquer à ses obligations. Et là, je me régale. Depuis mon poste d’observation, ce sont des visages que je croise et autant d’histoires sans parole que je me raconte. Je porte sur les gens un regard curieux mais bienveillant. J’aimerais savoir leur vie, leurs questionne­ments, leurs bonheurs aussi.

Quand mon père revient, il me rapporte invariablement un éclair à la vanille. C’est mon gâteau préféré. Il le reste encore aujourd’hui...

01h30...

Il n’est jamais trop tard pour se délecter des bonnes choses. Je viens d’achever la lecture des « textes & autres miniatures ».

J’éteins la lumière. Les draps sont parfaitement incolores et inodores. Et pourtant règnent dans mes songes tant de parfums...

Auteur(e)s, libraire ou magicien ? Sur le chemin de la vie, sans doute sommes-nous tous des apprentis. Merci à vous de permettre que des « Instants tannés » puissent devenir ces instants partagés.

Quimper, 8 septembre 2013

« Juste un instant »... Il n’en faut souvent pas plus pour capter une émotion, vivre un quelque chose dont la résonance va nous accom­pagner longtemps.

C’est sur cet éclat dur ou tendre du moment que j’aime écrire.

(...) »

Marylène Le Meur

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« Instantanés poétiques dans leur simplicité et leur humanité la plus dépouillée. Où on redonne enfin une valeur profonde aux gestes, aux sensations aussi anodines et fugaces soient-elles. Votre écriture a une simplicité que j'apprécie énormément. D'un certain côté, je m'y retrouve. Que ce soit dans ce qui est dit ou dans la manière dont vous le dites. Ces petits rien - la peau du lait chaud et les marches sans but - sont, j'en suis persuadée, ce qui fait que la vie est délicieuse et profonde quand on sait les aimer ou du moins, les considérer.

Ces petits textes, à lire et à relire, sont tout simplement un plaisir. »

Flora Delalande

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samedi 14 septembre 2013

Bordeaux - Quimper : « Juste un instant »

« Bordeaux, 27 août 2013

23h30. La chambre d’hôtel est monochrome. Du sol au plafond, les murs, le mobilier, le linge aussi... Pas vraiment moche, juste sans tempérament. Je me glisse sous les draps, tapote les oreillers. L’heure tardive devrait m’inciter à dormir. Et bien non, c’est avec un livre « de gourmandises » glissé le matin même dans mes bagages que je passerai la soirée : « Instants tannés », ça sonne bien et ça tombe bien aussi. « Une seconde contre le vide » pour lutter contre la monotonie des lieux ! Le ton est donné.

Les histoires courtes se succèdent. J’aime l’efficacité de leur format. La surprise aussi. À chaque fois, un nouvel univers. Un peu comme un voyage que l’on ferait, le nez collé à la vitre. Mélange de poésie et de réalisme, c’est goûteux. Difficile de ne pas succomber à la tenta­tion... Une histoire de plus n’est pas une histoire de trop !

Page 43, « Les Passants » m’interpellent. Avec eux, je remonte le temps... J’ai 5 ans et attends le samedi avec impatience. De tous les jours de la semaine, celui-là a ma préférence. De bon matin, je m’en vais en ville avec mon père. Toute seule comme une grande, je reste à l’arrière de la voiture, deux-trois heures durant, le temps pour lui de vaquer à ses obligations. Et là, je me régale. Depuis mon poste d’observation, ce sont des visages que je croise et autant d’histoires sans parole que je me raconte. Je porte sur les gens un regard curieux mais bienveillant. J’aimerais savoir leur vie, leurs questionne­ments, leurs bonheurs aussi.

Quand mon père revient, il me rapporte invariablement un éclair à la vanille. C’est mon gâteau préféré. Il le reste encore aujourd’hui...

01h30...

Il n’est jamais trop tard pour se délecter des bonnes choses. Je viens d’achever la lecture des « textes & autres miniatures ».

J’éteins la lumière. Les draps sont parfaitement incolores et inodores. Et pourtant règnent dans mes songes tant de parfums...

Auteur(e)s, libraire ou magicien ? Sur le chemin de la vie, sans doute sommes-nous tous des apprentis. Merci à vous de permettre que des « Instants tannés » puissent devenir ces instants partagés.

Quimper, 8 septembre 2013

« Juste un instant »... Il n’en faut souvent pas plus pour capter une émotion, vivre un quelque chose dont la résonance va nous accom­pagner longtemps.

C’est sur cet éclat dur ou tendre du moment que j’aime écrire.

(...) »

Marylène Le Meur

(lettre reçue par mail ce lundi 9 septembre 2013, publiée ici avec plaisir et - bien sûr - l'accord de son auteur)

(image de "baron-noir", voir source)

mercredi 7 août 2013

Instants tannés : une lecture de Grillon du foyer

« (...) j’ai découvert un auteur très attachant, une femme comme cela m’arrive souvent ces temps-ci, son nom est Cécile Fargue Schouler.

Le recueil de ses petits récits s’intitule Instants tannés, … encore un jeu de mots. Et ces textes miniatures recèlent un jeu de maux …

Elle saisit une image de la vie quotidienne, un instant banal en apparence, les épluche et dégage souvent un malaise, un drame, une fatalité qui tanne, un état des choses insoupçonné au début de l’histoire … Prenons garde à la douceur des choses, elle cache un côté obscur, au fond de soi se nichent des sentiments qu’on éprouve et que l’écrivain prouve …

L’écriture maintient le lecteur en alerte, un verbe jaillissant, vif et instantané comme un café. (...) »

Lire le billet du côté de chez Grillon du foyer.

(photo prise par Grillon du foyer que je remercie)

lundi 24 décembre 2012

La Madeleine des poubelles

Tout à l’heure, juste avant que la nuit tombe complètement, elle a sorti ses poubelles. Il y a, dans la résidence où elle habite, un local aménagé à cet effet. Petit réduit rudimentaire et mal aéré, qui se cache derrière sa porte de fer. D’ordinaire, ce local est nettoyé chaque jour à grands jets d’eau et renfort de produits ménagers, de sorte que ça ne sent jamais la pourriture et les poubelles, mais qu’au contraire flotte un parfum agréable de savon de Marseille. C’est étrange, mais c’est ainsi. Le monde a de drôles de pudeurs, c’est comme si nos sens fainéants n’aimaient plus trop digérer les relents de leurs propres buffets.

Aujourd’hui, pour je ne sais quelle raison, il n’y avait pas cette odeur de propre, il y avait les ventres rebondis des conteneurs vert et gris. Il y avait la vraie vie.

Sans doute avez-vous tous déjà senti cette odeur, mais avez-vous pris le temps de respirer encore, après votre haut-le-cœur ? Non peut-être, et peut-être avez-vous eu tort. Car il y a caché dedans… un trésor. Oui, il y a un vrai cadeau, une énorme madeleine qui macère dans le ventre des poubelles. Un parfum qui, si on ferme les yeux, nous rappelle des temps joyeux.

Souvenez-vous de cet air qui souffle aux narines quand vous soulevez le couvercle. C’est un parfum piquant et vif, un fruit hybride né des amours improbables d’une épluchure de banane avec un carton d’emballage, d’un filtre à café et d’une croûte de fromage… peu importe les couples de toute façon, le parfum ne s’évente et ne tourne curieusement jamais.

Vous souvenez-vous maintenant ? Et savez-vous dans votre mémoire lui trouver sa filiation ? C’est un parfum d’orange. Si, si, d’orange. Et ceux qui ont fait des poubelles des autres leurs tables dressées vous le confirmeront, tous retrouvent cette odeur d’agrume qui sent presque bon finalement.

Les poubelles cachent donc des oranges, mais, attention, pas n’importe lesquelles. Ce sont des oranges de Noël. Les mêmes que celles qu’on accrochait autrefois aux sapins, avec les pommes, les dattes, les noix…

Voilà, vous connaissez le secret des poubelles : elles cachent les Noëls de ceux qui n’en ont pas.

Cécile Fargue Schouler in Instants tannés.

jeudi 13 décembre 2012

Les Petits Bateaux de papier

C’était un jour de pluie. Un jour où la ville ne faisait que se rincer à gris sur le bord de ses trottoirs. Rien que du noir et du blanc qui allaient se mêlant, sans qu’aucun des deux n’emporte le duel. Le monde se dépêchait de rentrer, juché sur des talons pressés qui frappaient des coups secs pour ne pas trop se mouiller. Elle s’était mise à flâner, à ne pas avoir envie tout de suite de rentrer. À prendre de longues rues, longues et lentes comme des traînées d’humus. Je crois qu’elle était un peu triste, non de la pluie, mais du brillant qu’elle laissait sur le sol et de tous ces pieds pressés qui couraient dessus sans s’arrêter. C’est là qu’elle l’a croisé. Elle l’a reconnu parce qu’il avait pris la forme d’un corps, le corps jeune d’un homme en train de jouer avec sa mort.

Il était debout au beau milieu de la chaussée, les voi­tures, toujours pressées, le frôlant dangereusement de chaque côté. Des talons, sur le bord des trottoirs, s’étaient arrêtés en même temps qu’elle. Des voix l’interpellaient, lui disaient de se casser, devant son silence finissaient même par l’insulter. Il ne semblait pourtant pas décidé à bouger. Il ne semblait pas non plus égaré. Son entêtement avait quelque chose qui forçait son respect et, dans son ventre, elle sentait remonter les petits bateaux de papiers. Le long de ses tripes, elle les sentait s’agiter pour rejoindre là-bas, à l’angle bizarre de ce corps et de la chaussée, la terre sans doute promise autrefois par des enfants. Des enfants qui aujourd’hui, pourtant, n’avaient plus de papiers pour leurs voilures et les grands vents.

Immobile et cerné par les cris, il la vit soudain et lui sourit. Enfin, je crois, parce que sa bouche n’a pas suivi, elle ne devait pas être faite pour ça. Puis, il a continué à se faire insulter et à ne rien dire, comme si tout cela n’était pas vraiment la vérité, juste un dégui­sement pour s’amuser. D’ailleurs, il n’avait pas l’air d’en souffrir. Au contraire, il mordait fort dans sa lèvre comme pour réprimer un fou rire.

Comme elle ne comprenait rien, sur son trottoir, elle a décidé de s’asseoir et de le regarder.

Son corps contre la voiture n’a pas fait plus de bruit qu’une feuille de papier qui se déplie. La tête un peu renversée sur le capot, elle a vu ses deux yeux ouverts. Des yeux très verts et des cils longs et noirs. Des cils comme des sutures qui auraient lâché pour laisser place à la brûlure. De ses paupières éventrées sortait un cri. Un mot sans alphabet, sans forme et sans couleur, mais qu’elle pouvait écouter. Comme elle ne comprenait toujours pas, elle a laissé le cri décider de la place qu’il voulait se donner. Aucune de celles qu’elle avait ne lui convenait, alors dans sa rétine il s’est planté et elle a oublié la voiture, les gens se pressant tout autour, les autres mots pleins d’incom­préhension et d’insultes… En un instant, il les avait balayés et c’est là qu’elle a compris, compris qui était ce corps sous la pluie. Dans la crevasse verte, verte comme peut l’être la pourriture sur les fruits, il y avait la victoire. Oui. C’était bien elle qui lui avait souri. La victoire sur l’ennui, sur les talons qui se pressent, les pas qui se protègent de la lumière mouillée sous les réverbères.

Les passants, sur les trottoirs, se sont remis à passer, à passer à autre chose, comme toujours, et elle est restée sous la pluie avec ses bateaux en vague mouillée au bord de l’iris.

Cécile Fargue Schouler in Instants tannés.

dimanche 4 décembre 2011

Instants tannés vu par Marianne Desroziers

« Dans ses 13 petites nouvelles tout en délicatesse et en subtilité, Cécile Fargue Schouler parvient à nous faire ressentir les abîmes du vide qu’ils se logent sous la peau de la semoule au lait ou entre des mocassins de cuir. Quelques secondes d’éternité, un bonheur insoupçonné parfois réussissent contre toute attente à se loger au creux des solitudes de ses personnages mais l’univers de Cécile reste sombre.

Quelques mots sur mes nouvelles préférées :

La nouvelle la plus émouvante : « Une seconde contre le vide ». Un magnifique texte sur ce que peut une seconde dans les bras d’un homme aimé contre le vide de la vie d’une femme. Si je vous dis que c’est en plongeant sa cuillère dans la peau de la semoule au lait que cette sensation refait surface, vous penserez peut-être à Proust ou Virginia Woolf … et vous aurez raison ! (...) »

Lire la suite sur Le Pandémonium Littéraire de Marianne Desroziers.

vendredi 25 novembre 2011

Un nuage dans la gorge

Elles tombaient sans faire de bruit sur l’émail blanc du lavabo, des petites taches vermeilles éclaboussant à peine. Si on regardait attentivement, on y discernait des formes et des visages, comme dans les nuages les ciels d’été.

Elle se souvint alors avoir été cette petite fille qui, dans les blés coupés, regardait par dessus elle et comptait les dames et les messieurs se faire la course dans les cumulus. Quand elle partait en vacances, à l’époque, elle avait même un cahier qu’elle gardait toujours sur elle et où elle notait, chaque jour, les plus belles formes rencontrées. C’était son trésor, beaucoup plus marrant qu’un herbier. Elle avait sept ou huit ans alors, elle ne le connaissait pas encore et elle avait du temps pour elle, pour les nuages et les trésors. Mais depuis qu’elle lui avait ouvert son ventre et sa tête, elle n’avait plus de place pour le reste. Il avait pris tout l’espace de son ciel et disait maintenant qu’il voulait partir, la laisser avec son grand vide en elle.

Ce soir, devant le lavabo, elle y repensait soudain à son cahier… Elle plissait un peu les yeux pour mieux discerner les dessins rouges sur le blanc… Là, à gauche, n’était-ce pas un soleil ?… Et juste à côté, encore, la silhouette d’un chat, un minou au dos rond… Plus bas, vers le siphon, une tête d’Indien qui faisait son important… Et au-dessus du lavabo, sur le miroir, sa tête à lui.

Elle n’avait jamais vu comme le blanc de ses yeux avait des reflets bleus par endroits. À moins que ce ne soit la lumière du néon, juste face à eux, qui les colore ainsi… Elle l’avait si bien regardé, c’est vrai. Des heures entières à ne voir que lui. Et, même là, elle continuait. Même si son corps se mettait à peser contre elle, à s’avachir sur sa poitrine menue. Elle regardait sa bouche entrouverte, sa grimace presque comique. Cette bouche qui ne lui dirait plus que l’amour était parti… et qu’elle embrasserait bien encore une fois si le rouge n’était pas venu l’éclabousser jusqu’ici. Elle ne voudrait pas qu’il parte fâché.

D’accord, il lui avait assez dit : c’est fini, mais ne pouvaient-ils pas rester bons amis ?

Elle regardait la fourchette fichée dans la gorge de son amant. Le manche brillant sous le néon était planté profondément dans sa chair blanche. Comme une fourchette plantée dans un nuage, un air de grandes et longues vacances qui commencent.

Cécile Fargue Schouler, Instants tannés - textes & autres miniatures.

mardi 8 novembre 2011

Instants tannés de Cécile Fargue Schouler est publié

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Se rappeler ce souvenir, celui d'une personne : « Ce matin, en me réveillant, j’ai trouvé sur la table juste à côté de mon lit une liasse de papiers réunis, agrafés, petit pavé blanc immaculé. Je l’ai pris. Il m’a fallu le tourner et le retourner plusieurs fois dans ma main, l’ouvrir, lire des mots au hasard, le refermer, le poser, le reprendre… pour le reconnaître enfin. Derrière son air définitif, il y avait Toi, moi, les mots que depuis des semaines je t’écris ici, l’amour qui ne s’en va jamais. Ils étaient soudain là, tous, dans ma main. C’était bien un livre, un vrai. Un que tu aurais pu toucher. Un que je pouvais toucher moi aussi, que n’importe qui sur cette terre pouvait toucher… Et c’est comme si soudain t’était rendu tout ce qui t’avait été pris. Un poids, une place. Enfin. »
in Le Souvenir de personne, Cécile Fargue, 8 novembre 2010.

Se sentir touché en ce matin du 8 novembre par ces Instants tannés : « Elle a soudain rouvert les yeux et, dans la semoule, sans plus faire attention à la fine pellicule, elle a plongé sa cuillère. Cette nuit était certes déjà lointaine, l’homme disparu, elle plus la même, mais elle l’avait. Elle l’avait sa seconde…

Sa seconde contre le vide. »
in Instants tannés - Textes & autres miniatures, Cécile Fargue Schouler, 8 novembre 2011.

Les lire, les lire et les lire encore.

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Rappel pour toute lecture d'un livre des penchants du roseau

Les penchants du roseau, librairie artisanale, vous propose un très petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l'étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine. Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou acheté chez votre libraire (il se chargera de la commande). Il vous est loisible de le feuilleter dans sa bibliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau ou, plus charnellement, dans votre bibliothèque préférée, si vous en demandez l'acquisition.

Que vous soyez professionnel ou particulier, suivre cette démarche commune :

envoyer un message (1) à l'adresse roseau.penchant@orange.fr annonçant votre commande,
vous recevrez une réponse précisant la date estimée de l'envoi, les moyens de paiement (chèque (2), virement (3), paypal (4)),
si vous en convenez, vous envoyez votre paiement (5),
après réception, votre commande vous sera expédiée à la date convenue.

(1) Attention ! Vous recevrez la réponse d'une personne et non d'un robot, n'en soyez pas surpris.
(2) chèque à l'ordre de Christian Domec,
adressé à :

Christian Domec
9 rue du Bourg au Loup
35140 Saint-Aubin-du-Cormier

(3) les références vous seront communiquées par retour de mail
(4) compte : christian.domec@wanadoo.fr
(5) une facture sera jointe à l'envoi aux libraires ou bibliothécaires pour paiement à réception.

Frais d'envoi communs

Un forfait de 2 € de frais d'envoi pour la France et les pays limitrophes est ajouté à la commande lorsque son montant total est inférieur à 12 € ; les frais d'envoi sont inclus au-delà.

Remise libraire

Sauf accord particulier, la remise libraire est de 30 % sur le prix indiqué hors frais d'envoi.

lundi 7 novembre 2011

Un sirop, une voix, un instantané : Cécile veille & voix

Demain ce sera hier : Du sirop pour vos étiquettes.

Cécile, cela faisait longtemps que je n'avais entendu ta voix. À demain. Merci.

samedi 5 novembre 2011

Une malle-poste d'Instants tannés

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Ce matin, deux poignées d'Instants tannés sont parties rejoindre Cécile Fargue Schouler, leur auteur, par la malle-poste.

La date de parution sera bien celle prévue : le 8 novembre 2012, un an, jour pour jour, après celle du Souvenir de personne.

Les personnes curieuses et pressées peuvent déjà feuilleter en ligne ces Textes & autres miniatures et ceci avant même leur publication officielle.

Ah oui, pour ceux qui aiment les livres : l'enveloppe, un petit penchant, est composée d'un corps en papier dit velin et une couverture très souple en papier dit vergé, le tout protégé par une pochette de papier cristal : c'est un livre.

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