Journal des penchants du roseau

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dimanche 1 janvier 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs d'Instants tannés

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Chers lecteurs d'Instants tannés de Cécile Fargue Schouler, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.


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Le recueil de texte "Les instants tannés" est un petit bijou. Des textes finement ciselés, qui rendent triste souvent, mais qui sont paradoxalement réconfortants. Parce qu'il est toujours réconfortant de lire des textes de vraie littérature, et de suivre un jeune écrivain ( l'an dernier "Le souvenir de personne" a bouleversé tous ceux qui l'ont lu) qui écrit avec son âme, tout simplement.

Nicole (copié d'un commentaire ci-dessous)


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Dans ses 13 petites nouvelles tout en délicatesse et en subtilité, Cécile Fargue Schouler parvient à nous faire ressentir les abîmes du vide qu’ils se logent sous la peau de la semoule au lait ou entre des mocassins de cuir. Quelques secondes d’éternité, un bonheur insoupçonné parfois réussissent contre toute attente à se loger au creux des solitudes de ses personnages mais l’univers de Cécile reste sombre.

Quelques mots sur mes nouvelles préférées :

La nouvelle la plus émouvante : « Une seconde contre le vide ». Un magnifique texte sur ce que peut une seconde dans les bras d’un homme aimé contre le vide de la vie d’une femme. Si je vous dis que c’est en plongeant sa cuillère dans la peau de la semoule au lait que cette sensation refait surface, vous penserez peut-être à Proust ou Virginia Woolf … et vous aurez raison ! (...) »

Lire la suite sur Le Pandémonium Littéraire

Marianne Desroziers


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Ces instants sont treize desserts offerts avec talent par Cécile aux lecteurs. A consommer sans modération. Je les ai tous aimés parce qu'is sont tous plein d'une humanité généreuse.

Merci.

Yasmina Hasnaoui (copié d'un commentaire ci-dessous)


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dimanche 4 décembre 2011

Instants tannés vu par Marianne Desroziers

« Dans ses 13 petites nouvelles tout en délicatesse et en subtilité, Cécile Fargue Schouler parvient à nous faire ressentir les abîmes du vide qu’ils se logent sous la peau de la semoule au lait ou entre des mocassins de cuir. Quelques secondes d’éternité, un bonheur insoupçonné parfois réussissent contre toute attente à se loger au creux des solitudes de ses personnages mais l’univers de Cécile reste sombre.

Quelques mots sur mes nouvelles préférées :

La nouvelle la plus émouvante : « Une seconde contre le vide ». Un magnifique texte sur ce que peut une seconde dans les bras d’un homme aimé contre le vide de la vie d’une femme. Si je vous dis que c’est en plongeant sa cuillère dans la peau de la semoule au lait que cette sensation refait surface, vous penserez peut-être à Proust ou Virginia Woolf … et vous aurez raison ! (...) »

Lire la suite sur Le Pandémonium Littéraire de Marianne Desroziers.

vendredi 25 novembre 2011

Un nuage dans la gorge

Elles tombaient sans faire de bruit sur l’émail blanc du lavabo, des petites taches vermeilles éclaboussant à peine. Si on regardait attentivement, on y discernait des formes et des visages, comme dans les nuages les ciels d’été.

Elle se souvint alors avoir été cette petite fille qui, dans les blés coupés, regardait par dessus elle et comptait les dames et les messieurs se faire la course dans les cumulus. Quand elle partait en vacances, à l’époque, elle avait même un cahier qu’elle gardait toujours sur elle et où elle notait, chaque jour, les plus belles formes rencontrées. C’était son trésor, beaucoup plus marrant qu’un herbier. Elle avait sept ou huit ans alors, elle ne le connaissait pas encore et elle avait du temps pour elle, pour les nuages et les trésors. Mais depuis qu’elle lui avait ouvert son ventre et sa tête, elle n’avait plus de place pour le reste. Il avait pris tout l’espace de son ciel et disait maintenant qu’il voulait partir, la laisser avec son grand vide en elle.

Ce soir, devant le lavabo, elle y repensait soudain à son cahier… Elle plissait un peu les yeux pour mieux discerner les dessins rouges sur le blanc… Là, à gauche, n’était-ce pas un soleil ?… Et juste à côté, encore, la silhouette d’un chat, un minou au dos rond… Plus bas, vers le siphon, une tête d’Indien qui faisait son important… Et au-dessus du lavabo, sur le miroir, sa tête à lui.

Elle n’avait jamais vu comme le blanc de ses yeux avait des reflets bleus par endroits. À moins que ce ne soit la lumière du néon, juste face à eux, qui les colore ainsi… Elle l’avait si bien regardé, c’est vrai. Des heures entières à ne voir que lui. Et, même là, elle continuait. Même si son corps se mettait à peser contre elle, à s’avachir sur sa poitrine menue. Elle regardait sa bouche entrouverte, sa grimace presque comique. Cette bouche qui ne lui dirait plus que l’amour était parti… et qu’elle embrasserait bien encore une fois si le rouge n’était pas venu l’éclabousser jusqu’ici. Elle ne voudrait pas qu’il parte fâché.

D’accord, il lui avait assez dit : c’est fini, mais ne pouvaient-ils pas rester bons amis ?

Elle regardait la fourchette fichée dans la gorge de son amant. Le manche brillant sous le néon était planté profondément dans sa chair blanche. Comme une fourchette plantée dans un nuage, un air de grandes et longues vacances qui commencent.

Cécile Fargue Schouler, Instants tannés - textes & autres miniatures.

mardi 8 novembre 2011

Instants tannés de Cécile Fargue Schouler est publié

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Se rappeler ce souvenir, celui d'une personne : « Ce matin, en me réveillant, j’ai trouvé sur la table juste à côté de mon lit une liasse de papiers réunis, agrafés, petit pavé blanc immaculé. Je l’ai pris. Il m’a fallu le tourner et le retourner plusieurs fois dans ma main, l’ouvrir, lire des mots au hasard, le refermer, le poser, le reprendre… pour le reconnaître enfin. Derrière son air définitif, il y avait Toi, moi, les mots que depuis des semaines je t’écris ici, l’amour qui ne s’en va jamais. Ils étaient soudain là, tous, dans ma main. C’était bien un livre, un vrai. Un que tu aurais pu toucher. Un que je pouvais toucher moi aussi, que n’importe qui sur cette terre pouvait toucher… Et c’est comme si soudain t’était rendu tout ce qui t’avait été pris. Un poids, une place. Enfin. »
in Le Souvenir de personne, Cécile Fargue, 8 novembre 2010.

Se sentir touché en ce matin du 8 novembre par ces Instants tannés : « Elle a soudain rouvert les yeux et, dans la semoule, sans plus faire attention à la fine pellicule, elle a plongé sa cuillère. Cette nuit était certes déjà lointaine, l’homme disparu, elle plus la même, mais elle l’avait. Elle l’avait sa seconde…

Sa seconde contre le vide. »
in Instants tannés - Textes & autres miniatures, Cécile Fargue Schouler, 8 novembre 2011.

Les lire, les lire et les lire encore.

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Rappel pour toute lecture d'un livre des penchants du roseau

Les penchants du roseau, librairie artisanale, vous propose un très petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l'étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine. Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou acheté chez votre libraire (il se chargera de la commande). Il vous est loisible de le feuilleter dans sa bibliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau ou, plus charnellement, dans votre bibliothèque préférée, si vous en demandez l'acquisition.

Que vous soyez professionnel ou particulier, suivre cette démarche commune :

envoyer un message (1) à l'adresse roseau.penchant@orange.fr annonçant votre commande,
vous recevrez une réponse précisant la date estimée de l'envoi, les moyens de paiement (chèque (2), virement (3), paypal (4)),
si vous en convenez, vous envoyez votre paiement (5),
après réception, votre commande vous sera expédiée à la date convenue.

(1) Attention ! Vous recevrez la réponse d'une personne et non d'un robot, n'en soyez pas surpris.
(2) chèque à l'ordre de Christian Domec,
adressé à :

Christian Domec
9 rue du Bourg au Loup
35140 Saint-Aubin-du-Cormier

(3) les références vous seront communiquées par retour de mail
(4) compte : christian.domec@wanadoo.fr
(5) une facture sera jointe à l'envoi aux libraires ou bibliothécaires pour paiement à réception.

Frais d'envoi communs

Un forfait de 2 € de frais d'envoi pour la France et les pays limitrophes est ajouté à la commande lorsque son montant total est inférieur à 12 € ; les frais d'envoi sont inclus au-delà.

Remise libraire

Sauf accord particulier, la remise libraire est de 30 % sur le prix indiqué hors frais d'envoi.

lundi 7 novembre 2011

Un sirop, une voix, un instantané : Cécile veille & voix

Demain ce sera hier : Du sirop pour vos étiquettes.

Cécile, cela faisait longtemps que je n'avais entendu ta voix. À demain. Merci.

samedi 5 novembre 2011

Une malle-poste d'Instants tannés

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Ce matin, deux poignées d'Instants tannés sont parties rejoindre Cécile Fargue Schouler, leur auteur, par la malle-poste.

La date de parution sera bien celle prévue : le 8 novembre 2012, un an, jour pour jour, après celle du Souvenir de personne.

Les personnes curieuses et pressées peuvent déjà feuilleter en ligne ces Textes & autres miniatures et ceci avant même leur publication officielle.

Ah oui, pour ceux qui aiment les livres : l'enveloppe, un petit penchant, est composée d'un corps en papier dit velin et une couverture très souple en papier dit vergé, le tout protégé par une pochette de papier cristal : c'est un livre.

jeudi 27 octobre 2011

Treize textes & autres miniatures - Cécile Fargue Schouler

Instants tannés, textes & autres miniatures de Cécile Fargue Schouler sera publié le mardi 8 novembre 2011.

(voir nouveautés éditeurs de la Bibliothèque nationale de France)

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« Ça lui est arrivé comme ça, d’un coup, la petite cuillère en l’air, alors qu’elle essayait consciencieusement de faire glisser la peau qui s’était formée sur le dessus de sa semoule au lait. Une fine pellicule blanche, un peu translucide, qu’elle tentait de scalper en un seul et fragile morceau. Et voilà que ça lui est tombé dessus, sans prévenir : la peur de l’absurde et du vide. »

in Une seconde contre le vide

« Il regardait ses pieds avancer, les kilomètres qu’ils devaient avaler chaque jour pour rien, ou pas grand-chose, et ça finissait par ressembler à une danse. À un corps à corps, un durillon fier et debout sur la plante du monde. »

in Les Mocassins de cuir

« Ce soir, devant le lavabo, elle y repensait soudain à son cahier… Elle plissait un peu les yeux pour mieux discerner les dessins rouges sur le blanc… Là, à gauche, n’était-ce pas un soleil ?… Et juste à côté, encore, la silhouette d’un chat, un minou au dos rond… Plus bas, vers le siphon, une tête d’Indien qui faisait son important… Et au-dessus du lavabo, sur le miroir, sa tête à lui. »

in Un nuage dans la gorge

« Il n’aimait donc pas ce gris étroit, mais curieusement, assis sur sa banquette, dans sa rame de métro, à glisser sur les flancs de ce long boyau, il se sentait bien, il se sentait vivant. Ça passait par ses pieds, ses fesses, sa tempe collée à la vitre, c’était les trépidations de fer qui résonnaient dans son corps et qui le remplissaient tout entier. »

in Station intime

« En le quittant, elle se dirait, au dedans d’elle, que les hommes n’ont décidément rien compris, que ce sont les bêtes qui savent, et ainsi de suite en reprenant son chemin. Elle continuerait de se rabâcher ces choses qu’on dit pour avoir moins froid, pour croire que toute cette solitude c’est un choix. Même que ça lui ferait du bien ces petits mensonges, parce que ce ne sont jamais les gros arbres qui font les radeaux de fortune, mais les petites branches qu’on accumule. »

in Le Sentier

« Quand il le pouvait, il aimait à le choisir auréolé d’une trace grasse et brillante de rouge à lèvres, le rose tendre étant son préféré. Une trace comme un baiser posthume, une rencontre à rebours sur le coin du gobelet. »

in Les Fonds de café

« Elle pense aux nuits passées les yeux grands ouverts. Les siennes, celles des autres, ceux qui restent enfermés dehors. Les yeux grands ouverts car dans les chambres de plein air l’obscurité n’est jamais familière. »

in Minuit et des amnésies

« Le monde ne lui parlait plus et il ne parlait plus au monde. Il fallait en arriver à cette conclusion : sa voix s’était perdue. Ce n’était pas rien que cette chose-là. C’était le début d’un quelque chose qui sentait la fin. »

in Voix sans issue

« Certains fuient, d’autres cherchent, la plupart se contentent de relier des points déjà tracés, mais tous aiment ça, être en mouvement, ça leur donne le sentiment d’être vivant. »

in Des rails

« Pour couper, trancher, gratter et nettoyer, il se servait de son couteau, un cadeau oublié de son naufrage. La lame, elle, il la réservait à d’autres fins, à un drame autrement plus noble que la découpe sauvage d’un saucisson pur porc. »

in Lame de fond

« Son corps contre la voiture n’a pas fait plus de bruit qu’une feuille de papier qui se déplie. La tête un peu renversée sur le capot, elle a vu ses deux yeux ouverts. Des yeux très verts et des cils longs et noirs. Des cils comme des sutures qui auraient lâché pour laisser place à la brûlure. De ses paupières éventrées sortait un cri. »

in Les Petits Bateaux de papier

« Ça semble fou, mais ça n’en est pas moins vrai. Il frôlait à peine le sol, coulant plus qu’avançant lui semblait-il. Comme les algues prises entre deux eaux et qui, par un effet d’optique, paraissent se déplacer dans leur immobilité. »

in Les Passants

« Souvenez-vous de cet air qui souffle aux narines quand vous soulevez le couvercle. C’est un parfum piquant et vif, un fruit hybride né des amours improbables d’une épluchure de banane avec un carton d’emballage, d’un filtre à café et d’une croûte de fromage… peu importe les couples de toute façon, le parfum ne s’évente et ne tourne curieusement jamais. »

in La Madeleine des poubelles

Cécile Fargue Schouler

extraits d'Instants tannés, petits penchants n° 10, à paraître en novembre 2011.