Journal des penchants du roseau

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Lisières

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jeudi 9 octobre 2014

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Lisières

couverture_lisieres_1_400

Chers lecteurs de Lisières de Marianne Desroziers, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

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Lire Lisières c’est entrer dans un monde où l’ordinaire et l’extraordinaire se confondent. C’est accepter de voir des ombres furtives, des souvenirs se matérialiser, un horizon trouble où des êtres semblent sortir de nulle part. En un mot c’est être dans un ailleurs.

C’est avec talent que Marianne Desroziers entraîne son lecteur dans cet univers tout en ambiguïté. Très friande, je me ne suis pas laissé prier.

Marianne a su dans ces courtes nouvelles plonger le lecteur dans une atmosphère, parfois lourde et angoissante, tout en laissant à celui-ci le choix d’interprétation et c’est ce que j’ai apprécié dans ce recueil.

J’ai particulièrement aimé « La couverture rouge », texte à la sensibilité à fleur de peau, porte ouverte à cette possibilité de se jouer de la mort. Le texte est court comparé aux autres mais je pense qu’il est le cœur de ce recueil.

J’ai moins aimé La disparition de la photo. Je lui trouve quelques faiblesses. Je crois que plus court, avec moins de détails sur les souvenirs de cette femme, ce texte aurait gagné en force. En fait, j’ai deviné très tôt, trop tôt. L’effet de surprise n’était pas au rendez-vous.

Le Vice enfin puni est une petite récréation dans cette lecture. En quelques pages, le lecteur est invité à faire une pause ludique, le temps de se remettre avant de s’asseoir sur cette fameuse couverture rouge.

Marianne crée, dans un style simple et clair, usant de monologues intérieurs, une ambiance et suggère sans dire. Il y a, à mon avis, une petite faiblesse quant à la voix de ce livre. D’une histoire à l’autre, j’ai eu le sentiment d’entendre la même. C’est un petit reproche qu’on pourrait lui faire. La boîte, le fauteuil sont des objets que nous retrouvons au moins déjà dans deux nouvelles.

Mais, au moment même où j’écris cette phrase, je me dis que peut-être cette voix unique est voulue.

Ne serait-ce pas un seul être qui, à l’instar du personnage du Vice enfin puni qui nous parle ?

Tout est possible. A nous d’interpréter.

Yasmina Hasnaoui (commentaire ci-dessous)

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Pre­mier recueil de nou­velles de Marianne Des­ro­ziers, Lisières doit se lire dans l’idée qu’on va frô­ler quelque chose, l’effleurer. Ce geste de tou­cher à peine n’est pas syno­nyme de super­fi­cia­lité, au contraire : on peut frô­ler quelque chose sans pour autant pas­ser à côté ni mettre les pieds dans le plat. Frô­ler c’est cares­ser l’envie d’entrer subrep­ti­ce­ment dans un uni­vers et d’en res­sor­tir sans rien y dépla­cer : “…le vent a décidé de me frô­ler, poli­ment, timi­de­ment, comme s’il deman­dait la per­mis­sion” peut-on lire dans Depuis les ter­rasses. (...)

Sébastien Marcheteau (lire la suite sur Labyrinthes avec vue)

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Je ne suis pas restée à l'orée de ce recueil à l'écriture ciselée presqu'épurée où la tessiture de la mémoire en est le fil d'Ariane...En peu de mots, l'auteure nous fait pénétrer dans des univers (le décor est campé, les personnages prennent vie,) en nous contant des histoires mêlant le dicible et l'indicible...univers à la frontière...invitant à pousser la porte de l'imagination ce que je ne me suis pas privée de faire...Gros coup de cœur pour la couverture rouge où Marianne a su saisir cet instant d'amour fou et dès lors l'on sait que la vie de l'héroïne ne sera jamais la même..que dire du vice enfin puni où cette lectrice semble avoir une étrange ressemblance avec l'humble lectrice que je suis...que j'ai souri...actrice des romans...merveilleuse métaphore...Je remercie à nouveau la main innocente qui m'a fait gagner ce recueil que j'ai pris grand plaisir à lire...les mots sont des poésies, la lecture un voyage et ne puis que recommander chaleureusement ce premier recueil de nouvelles et merci aux penchants du roseau et à l'illustration de William Mathieu. Musique écoutée pendant la lecture l'Intermezzo de Brahms interprété par Lev Oborin.

Cathie (copie d'un commentaire ci-dessous)

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(...) Les pieds sur terre, ou bien la plume trempée dans les ambiances fantastiques de la littérature sud-américaine, Marianne Desroziers cherche son chemin d'écriture dans ce premier recueil de nouvelles prometteur. Dommage que le premier texte de l'ouvrage soit aussi le plus difficile à lire. Sautez-le et gardez-le pour la fin ! »

Jean-Louis Le Breton extrait tiré du Canard Gascon numéro 45

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Ces petites histoires sensibles, originales, se situent à la lisière du réel, au bord du fantastique, en marge des souvenirs, dans le creux vague et fragile d’un certain malêtre des personnages encore jeunes, ne sachant franchir le fossé qui sépare de la maturité.

Ce n’est ni mon rôle, ni ma place ici de me permettre une critique, c’est délicat face à un jeune auteur qui se lance avec courage dans la publication de ses récits. Je dirai simplement que le style m’a un peu déçue, demanderait à être plus travaillé, mais je sais que je suis excessivement exigeante, trop contemplative, plus facilement fascinée par une forme surprenante d’écriture que par un contenu original.

Bref, j’adresse mes plus vifs encouragements à Marianne !

Grillon du foyer extrait d'un billet de ce blog

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Un premier recueil de nouvelles sensibles très réussies. Explorez ces subtiles Lisières, vous succomberez à leur(s) charme(s).

S. libraire à Lesparre Médoc

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« Lors du marché aux livres organisé par l'association Arrebiscoula, dimanche dernier, parmi les libraires et bouquinistes, une jeune auteure de 33 ans, domiciliée à Mézin (47), est venue présenter et dédicacer son premier recueil de nouvelles intitulé « Lisières », édité depuis le 1er juin par Les Penchants du roseau.

Avec ces six nouvelles, Marianne Desroziers entraîne les lecteurs dans son monde imaginaire, où l'ordinaire côtoie l'extraordinaire, où deux mondes se confondent à la lisière de la vie et de la mort. Ces histoires sont remplies de mystère, d'étrangetés et d'ambiguïtés, où les personnages vivent beaucoup dans les non-dits. (...) »

Henri Portes, Sud-Ouest.

Lire l'article complet.

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J'ai feuilleté le e-book Lisières. Il n'y a pas à dire. Malgré le fond un peu énigmatique et le style prismatique utilisés par l'auteur, on arrive quand même à comprendre le sens et l'orientation des textes. J'ai surtout aimé Marie-Josée et les répétitions à chaque paragraphe. Cela me rappelle une chanson ou un poème ressemblant à une chorale ou un choeur. La sculpture des mots et des phrases menée avec une certaine aisance démontrent une maîtrise de la narration, bien qu'à la fin, je suis resté sur ma faim. J'aurais aimé une oeuvre plus longue, un roman en quelque sorte, car (...) je suis un ancien nostalgique des écrivains du siècle des lumières, de Chateaubriand ( Ah! St Malo ). De toutes les façons, Marianne Deroziers a beaucoup de talent et sait capter la curiosité du lecteur.

Yacine (copie de ce commentaire)

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« (...) Bien qu’ayant chacune leur univers, les nouvelles de ce recueil ont une cohérence évidente : elles nous emmènent toutes à la lisière de la réalité et du fantastique, à celle de la vie et de la mort, à celle du passé, du présent et du futur. En peu de mots, dans un style épuré, Marianne Desroziers a su planter les décors et atmosphères de ces histoires qui nous transportent vers un ailleurs. Une volonté de l’auteur que l’on retrouve dès la quatrième de couverture : « Lecteur, suis-moi sur ce chemin, à la lisière, même- et surtout- si tu ne sais pas où il te mènera. La lecture est un risque à prendre. Ceci est une invitation au voyage, au périple le long de la frontière de toutes les frontières Celles poreuses entre la réalité et l’illusion, le banal et l’extraordinaire, le monde des vivants et celui des morts. » (...) »

Julie Lecanu extrait de son billet lisible dans Le Salon Littéraire.

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« (...) Voilà le lecteur condamné à vaciller d’un mot à l’autre, jamais certain d’échapper aux sables mouvants des atmosphères chuchotées par l’auteur. Que l’on se laisse prendre par les vagues de monologues intérieurs (Depuis les terrasses, texte écrit à l’ombre de Virginia Woolf) ou piéger dans une bibliothèque (Le vice enfin puni, hommage pétillant à Borgès, confirmant, si l’on en doutait, que l’écrivain est avant tout un lecteur) ; que l’on tente d’élucider le mystère d’un cliché (La disparition de la photo, plaisante variation autour d’un thème fantastique rebattu) ou de la disparition d’une jeune fille (Marie-Josée, jolie ré-appropriation d’une œuvre de Boltanski, dont le rythme, très travaillé, emporte) ; que la frontière soit matérielle (Le bar d’acajou, intéressante interprétation du rôle de garde-frontière) ou spirituelle (La couverture rouge, morceau de bravoure sensible), l’écrivain travaille à cristalliser ces bordures intimes et à confondre son lecteur, lui laissant le choix entre le mystère et l’introspection. (...) »

De Litteris, extrait de ce billet du site du même nom.

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imagination 1

(Dimanche ensoleillé de fin d'été, photo de William Mathieu)

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imagination 2

(Au plus près des mots, photo de William Mathieu)

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L'isière

L'isière

Photo de Jacques Cauda

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Autoportrait en lisière

Autoportrait en lisière

Photo de Danièle Gheerbrant

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« (...) Marianne Desroziers sème au gré de ses nouvelles des madeleines proustiennes qui réveillent chez ses personnages la mélancolie liée aux souvenirs, et les font déambuler -et nous avec- le long d'une frontière devenue poreuse, séparant le réel de l'inconcevable, le passé du présent, les vivants des morts. Un simple objet suffit. L'inspiration de l'auteure fait le reste, lui permettant de nourrir les rêveries de ses protagonistes, ou d'imaginer des aventures insolites, des existences multiples... (...) »

Ingannmic, (lire l'ensemble du billet.

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lundi 25 mars 2013

Lisières lu par Book'ing

Une surprise ce matin, découvrir le billet d'Ingannmic sur sa lecture de Lisières. Merci.

« (...) Marianne Desroziers sème au gré de ses nouvelles des madeleines proustiennes qui réveillent chez ses personnages la mélancolie liée aux souvenirs, et les font déambuler -et nous avec- le long d'une frontière devenue poreuse, séparant le réel de l'inconcevable, le passé du présent, les vivants des morts. Un simple objet suffit. L'inspiration de l'auteure fait le reste, lui permettant de nourrir les rêveries de ses protagonistes, ou d'imaginer des aventures insolites, des existences multiples... (...) »

Lire l'ensemble du billet.

dimanche 23 décembre 2012

Quelle année ? Quelle fête ? Quels invités ?

Cet homme sur la photo, attablé devant un repas de fête – Noël peut-être –, on dirait mon père à l’époque de ma naissance. Même regard rieur, mêmes cheveux châtains bouclés, même carrure athlétique contrastant avec des mains très petites et des doigts fins, presque des mains d’enfant. En réalité, la scène se déroule cinquante ans plus tard, il s’agit de mon fils, non de mon père. S’il n’y avait quelques détails marquant l’époque de façon irréfutable (un téléphone portable posé sur le guéridon, un lecteur de disques vidéo à côté de la télévision, au dernier plan), j’aurais juré que c’était mon père.

Aucune date indiquée sous la photo. Quelle année ? Quelle fête ? Quels invités ?

Sur la photo suivante, la femme un peu floue au foulard rouge, au fond à gauche, assise jambes croisées, sur le canapé à fleurs un peu défraîchi, c’est moi. Le décor est le même. De là à dire qu’elles ont été prises le même jour, je n’en mettrais pas ma main à couper, tant le salon est resté inchangé depuis des années.

Mon regard se détache de la grande table en chêne où sont étalés onze albums photo, et je remarque avec un contentement mêlé d’effroi que rien n’a bougé. Pas un fauteuil déplacé, les trophées de natation de Frédéric sont toujours sur la cheminée, semblant narguer les médailles de judo de Chloé lesquelles ont l’air de vouloir se débarrasser du vase chinois offert par ma belle-mère pour nos dix ans de mariage – je lui ai toujours trouvé un air arrogant à ce vase, c’est drôle. Le tapis persan que Jacques avait absolument tenu à acheter lors de l’emménagement, malgré son prix exorbitant (« prendre un crédit pour un tapis, c’est ridicule », lui avais-je dit), est toujours au même endroit, le temps n’a pas de prise sur lui. Bien sûr, la table en chêne paraît plus grande qu’avant, surtout à l’heure du dîner, quand une seule personne s’y installe pour regarder le Journal en avalant une tranche de jambon ou une barquette réchauffée au micro-ondes. Il est loin le temps où nous nous retrouvions tous les quatre, quoi qu’il arrive, à vingt heures pétantes, autour d’un pot-au-feu en hiver ou d’une salade niçoise en été. Certains dimanches de juillet, lorsqu’il y avait des invités et qu’on voulait manger dehors, il fallait s’y mettre tous les quatre pour transporter la table dans le jardin (Jacques a toujours refusé de manger sur une table en plastique comme tout le monde, c’était son côté snob). Même en mettant les rallonges, on était un peu serré. Combien de plats, de verres, de saladiers Frédéric a-t-il bien pu renverser durant toutes ces années ? Ce n’était pas de sa faute : il est gaucher. Je me demande s’il est toujours aussi maladroit. Je n’ai jamais compris comment il pouvait être aussi à l’aise dans l’eau (un vrai poisson) et presque empoté sur terre.

Oui, tout est comme avant : un lundi ordinaire, la maison vide, Chloé à l’université, Frédéric à son travail à la bibliothèque, et Jacques… où est-il ?

Marianne Desroziers, extrait de La Disparition de la photo in Lisières.

vendredi 16 novembre 2012

18 novembre rendez-vous avec Marianne Desroziers

Je vous rappelle que Marianne Desroziers vous donne rendez-vous à Gaujac, dans le Lot & Garonne, à l'occasion de son salon du livre. « On s'autorise à penser dans les milieux autorisés » qu'un bouquet de Lisières sera à votre portée.

Marianne, je te souhaite de belles rencontres !

(image : extrait de l'Alphabet des mouvements du corps humain, Arthur Saint Léon, 1852. « Clignette » à Arianne Ariane)

lundi 10 septembre 2012

Lisières, une lecture de De Litteris

« (...) Voilà le lecteur condamné à vaciller d’un mot à l’autre, jamais certain d’échapper aux sables mouvants des atmosphères chuchotées par l’auteur. Que l’on se laisse prendre par les vagues de monologues intérieurs (Depuis les terrasses, texte écrit à l’ombre de Virginia Woolf) ou piéger dans une bibliothèque (Le vice enfin puni, hommage pétillant à Borgès, confirmant, si l’on en doutait, que l’écrivain est avant tout un lecteur) ; que l’on tente d’élucider le mystère d’un cliché (La disparition de la photo, plaisante variation autour d’un thème fantastique rebattu) ou de la disparition d’une jeune fille (Marie-Josée, jolie ré-appropriation d’une œuvre de Boltanski, dont le rythme, très travaillé, emporte) ; que la frontière soit matérielle (Le bar d’acajou, intéressante interprétation du rôle de garde-frontière) ou spirituelle (La couverture rouge, morceau de bravoure sensible), l’écrivain travaille à cristalliser ces bordures intimes et à confondre son lecteur, lui laissant le choix entre le mystère et l’introspection. (...) »

Lire le billet entier est à lire sur le site De Litteris.

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PS : Merci, J. Bel encouragement à poursuivre en lisière.

lundi 30 juillet 2012

Univers de mystère à Fourcès

« Lors du marché aux livres organisé par l'association Arrebiscoula, dimanche dernier, parmi les libraires et bouquinistes, une jeune auteure de 33 ans, domiciliée à Mézin (47), est venue présenter et dédicacer son premier recueil de nouvelles intitulé « Lisières », édité depuis le 1er juin par Les Penchants du roseau.

Avec ces six nouvelles, Marianne Desroziers entraîne les lecteurs dans son monde imaginaire, où l'ordinaire côtoie l'extraordinaire, où deux mondes se confondent à la lisière de la vie et de la mort. Ces histoires sont remplies de mystère, d'étrangetés et d'ambiguïtés, où les personnages vivent beaucoup dans les non-dits. (...) »

Henri Portes, Sud-Ouest, 30 juillet 2012.

Lire l'article complet.

vendredi 29 juin 2012

Le 30 juin : L’Occasion de lire, l’occasion d’écrire

(Tiens le 30, c'est demain...)

La Petite Mangeuse de cerises - Auguste Boulard

Marianne Desroziers dédicacera Lisières ce samedi 30 juin à Marmande en la librairie L'Occasion de lire, l'occasion d'écrire, 9 rue de la République de 9h30 à 12h et de 15 h à 18 h. Pour les marcheurs et les amoureux de trottinettes, quelques indications utiles sont données par Marianne sur son blog.

En remontant la Garonne d'une soixantaine de kilomètres, vous trouverez Lisières dans la librairie Quesseveur d'Agen, 2 place des Laitiers, tenue par un sacré bonhomme.

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Et un petit clin d’œil en passant à La Domec et ses talents appréciés le sourire aux lèvres ce 21 juin.

samedi 9 juin 2012

Lisières de Marianne Desroziers est publié

« Si seulement il pouvait y avoir une inondation, un raz-de-marée, que la mer envahisse la terrasse, qu’une vague monstrueuse brise la porte-fenêtre en mille morceaux, que des trombes d’eau s’engouffrent dans la maison, retournant les tables et les faisant flotter comme des radeaux, les chaises, les vases vides et tous ces bibelots ridicules transformés en chars dans une immense cavalcade de printemps. Les assiettes en porcelaine de leur mariage, les livres reliés de la bibliothèque de papa, les rideaux blancs qui nous protégeaient du dehors, les boîtes à biscuits, la théière en argent de grand-mère, le tapis persan, et cet affreux petit lit qui n’a jamais servi.

Des poissons partout dans le salon : des petits, des gros, des poissons-chats, des poissons volants, des poissons-lunes, des poissons-clowns, des poissons-anges, peut-être la tête d’une baleine ou d’un cachalot, des pieuvres, des seiches crachant de l’encre sur la tapisserie, sur le buffet, sur papa. Tout se mettrait à flotter, même le chat qui essaierait d’avaler les poissons. Le canapé, les tableaux prisonniers du mur, tous les meubles et les objets coincés là depuis des années, des années à subir toujours les mêmes conversations, reprendraient eux aussi leur liberté, ils iraient prendre un bain de mer, voir du pays et trouveraient finalement refuge dans une autre maison. L’eau pousserait la porte de sa chambre et l’emporterait pendant sa sieste, elle ne s’en rendrait même pas compte, et je crois que ça serait mieux comme ça. Elle n’aurait le temps de rien dire, pas de « au secours », ni de « à l’aide » et encore moins de « pitié » : pas un mot. Et puis l’océan se retirerait, emportant ma mère sans que personne s’interpose. Un jour, on retrouverait deux ou trois os sur la plage et moi, je saurais bien que c’est elle, j’en serais persuadé autant qu’un et un font deux. Que la mer engloutisse la maison et qu’on n’en parle plus. Jamais !

Le châle à fleurs d’Eleonor glissa sur ses épaules, elle frissonna, le réajusta et leva les yeux vers le ciel d’un air las. »

Extrait de Depuis les terrasses in Lisières de Marianne Desroziers

Se réjouir de cette publication ce 1er juin 2012 à l'orée de l'été, un bravo à Marianne et une pensée particulière pour William.

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Marianne Desroziers,

Trente-trois ans, écrivain et blogueuse littéraire, vit dans le Sud-Ouest. Lisières est son premier livre. Elle a publié des nouvelles dans des revues littéraires (Dissonances, Népenthès, Lapsus…) et collabore à plusieurs sites Internet (Vents contraires, Pastiches.net, La Cause littéraire…).

http://mariannedesroziers.blogspot.fr/

William Mathieu, artiste peintre, a réalisé l’illustration de couverture.

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« Lecteur, suis-moi sur ce chemin, à la lisière, même – et surtout – si tu ne sais pas où il te mènera. La lecture est un risque à prendre... Ceci est une invitation au voyage, au périple le long de la frontière, de toutes les frontières. Celles poreuses entre la réalité et l’illusion, le banal et l’extraordinaire, le monde des vivants et celui des morts.

Une jeune fille disparue, laissant la porte ouverte à toutes les hypothèses, une photo de famille recélant bien des secrets, une couverture rouge faisant resurgir le souvenir d’un homme aimé quelques instants, une rencontre improbable dans une station balnéaire à l’abandon, une lectrice perdue dans ses livres, un garde-frontière aux prises avec de drôles de créatures... Voilà ce qui t’attend dans ces six nouvelles que j’ai voulues emplies de mystère, d'étrangeté et d'ambiguïté, te laissant, cher lecteur, ta part d'interprétation. »

Lisières

En savoir plus et la page de bienvenue aux lecteurs.

Comment commander ?

  • envoyer un message (1) à l'adresse roseau.penchant@orange.fr annonçant votre commande, vous recevrez une réponse précisant la date estimée de l'envoi, les moyens de paiement (chèque (2), virement (3), paypal (4)),
  • si vous en convenez, vous envoyez votre paiement de 7,50 € (frais d'envoi inclus pour la France, pour les pays limitrophes en particulier ceux de l'Union Européenne, un forfait de 1,50 € par envoi sera demandé. Pour les autres pays, ce sera précisé dans le courrier de réponse.), après réception, votre commande vous sera expédiée à la date convenue.

(1) Attention ! Vous recevrez la réponse d'une personne et non d'un robot, n'en soyez pas surpris.

(2) chèque à l'ordre de Christian Domec,
adressé à :

Christian Domec
9 rue du Bourg au Loup
35140 Saint-Aubin-du-Cormier

(3) les références vous seront communiquées par retour de mail
(4) compte : christian.domec@wanadoo.fr

Vous pouvez bien entendu le commander à votre libraire ou demander son acquisition dans votre bibliothèque préférée.

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Hier soir, alors que je babillais en buvant verveine, j'ai relu cette annonce des ''petits penchants'' du 18 novembre 2010 et une manière de voir l'édition, la publication, Lisières en est le onzième, la manière reste la même. Ce n'est pas pour me déplaire.

jeudi 31 mai 2012

En attendant Lisières, Staccato en Charente

Lisières de Marianne Desroziers sera publié vendredi 1er juin. En attendant ce jour, je vais faire deux pub, voici la seconde :

Michel Gros Dumaine présentera Staccato ces 1er et 2 juin à Cultura, Champniers. Il sera accompagné de vingt autres auteurs charentais dont celui de l'aquarelle servant pour l'affiche ci-dessus : Manù.

Une bonne occasion de rencontrer l'auteur de Staccato et d'en parler en vis-à-vis.

Liste des auteurs invités : Marie Aubèle, Francis Bonnet, Stéphane Calvet, Henri-Paul Caro, Christian Cazenave, Manuel da Silva; Antoine da Sylva, Pamela de Montleau, Simone Dussidour, Caroline Fortune, Jean-Marie Goreau, Michel Gros-Dumaine, Jean-Louis Lauté, Manù, Manon Meral, Rémy Nardoux, Guy Niéto-Jones, Fabienne Paes, Jean-Michel Peyrat, Marie-Rose Richon, et Solange Tellier.

mardi 29 mai 2012

Depuis les terrasses

« (...) Petit à petit, les gens se sont lassés, ils ont trouvé une autre plage avec moins de vent, plus de place pour étaler les serviettes, des tables en bois pour les pique-niques, des tourniquets et des toboggans pour les enfants. La plage est redevenue quasi déserte, mais elle n’a plus cet aspect sauvage de mes premières vacances. Elle a l’air d’un vieux parc d’attractions désaffecté, une femme d’âge mûr que son mari... C’est drôle cette envie de pleurer qui me vient tout le temps depuis cette terrasse, pourtant il n’y a pas de vent. On dirait qu’il va pleuvoir, tant mieux : rien de tel qu’une bonne averse pour fertiliser les sols, purifier les âmes, assainir les cœurs. Je me souviens d’un temps où j’avais peur de ce vide immense qui prend aux tripes et ne vous lâche pas avant plusieurs heures, parfois plusieurs jours. Aujourd’hui, je ne le crains plus, je le recherche même parfois. Oui, certaines choses ont changé et il me faudrait faire un tri dans mes souvenirs. De toute façon, j’ai si peu de bons souvenirs qu’ils rentreraient tous facilement dans ma vieille boîte à bijoux. Qu’est-ce que j’ai bien pu en faire de cette boîte à bijoux ? Pendant des années, elle est restée dans le premier tiroir de ma commode, d’abord comme un de ces objets précieux qu’on veut garder à tout prix, puis comme une chose un peu embarrassante qu’on se sent coupable de garder mais qu’on ne peut pas jeter si facilement. Comment aurais-je pu m’en débarrasser ? À moins que maman…

Un jeune garçon d’une dizaine d’années assis en tailleur sur le ciment de la terrasse, adossé à la baie vitrée, sursaute quand la femme de l’autre côté de la vitre frappe trois coups secs. Il se lève, fait quelques pas et s’assoit de la même manière contre la balustrade, le regard tourné vers la mer. (...) »

extrait de Depuis les terrasses in Lisières de Marianne Desroziers à paraître le 1er juin 2012.

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