Journal des penchants du roseau

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mercredi 15 février 2012

Peaux & Cie

Personne ne parle
N’entends-tu pas ?
Les ventres restent muets depuis que les têtes, nues,
Ont été parquées sur les aires de silence,
L’œil tourné vers un horizon qui n’existe plus.

Crois-tu que nos peaux se souviennent encore
Des étreintes murmurées ?
Elles buvaient à grande bouche la sueur de notre histoire
Pour ne rien dévoiler

Mon corps affaibli par tes absences
S’usait sur les toits du monde
Cherchant en vain le ciel de tes yeux
Dans le regard des autres

Les mots étaient devenus blancs
Leur mémoire semblait effacée
Ne rien dire. Se taire.
Pourtant…

Il reste des traces
Les cœurs portent toujours une laisse
Et leur sang ne sèche pas
Il nourrit l’épiderme du papier

Peaux en absence in Peaux de papier de Yasmina Teterel (Hasnaoui)

mardi 17 janvier 2012

« Marie Eye Liner » de Yasmina H. pour A.

Marie Eye Liner

Icône glacée
Femme adrénaline
Les bas-ventres affamés de ces chiens
Crient ton nom

Ô Marie Eye Liner
Cesse de pleurer

Toi, si adulée
Acidulée
Rondeur platine sur cheval désaxé
Croupe offerte aux loups enragés

Ô Marie Eye Liner
Cesse de pleurer

Corps praline
Au cœur de porcelaine
Brisé sous le joug
De ces sculpteurs cupides

Ô Marie Eye Liner
A Cessé de pleurer

Peaux de papier, Yasmina Teterel

dimanche 1 janvier 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Peaux de papier

couverture_peaux_de_papier_1_400

Chers lecteurs de Peaux de papier de Yasmina Teterel, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs de Peaux de papier en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]


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En général la poésie n'est pas mon genre préféré, mais je n'ai éprouvé aucune peine à entrer dans l'univers de Yasmina. Ici, aucune affectation, juste des mots vrais et sincères. Au fil des pages j'ai été bouleversée (Mary Eye Liner) nostalgique (Lever) révoltée (Le Chien de garde) et même joyeuse ( le soleil brille...)

Mon texte préféré? Peut-être Le voleur de rêves....Et tous les autres.

En reprenant certains textes j'ai ressenti plus profondément la grande tristesse, la noirceur même de ces poèmes. Le temps qui passe en laissant des blessures , les amours absentes, la froide solitude sous la lune, la vie avec ses douleurs..

"Et un jour, les yeux ont tiré leur couverture "..

Dimitra (recopié de commentaires ci-dessous)


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Je viens de lire et de relire Peaux de papier.

Quelle profondeur dans votre pensée, quelle fluidité dans votre écriture !

Votre chant est fort comme un opéra, parfois en relief, parfois en creux, parfois sage, parfois douloureux. C'est une langue universelle, celle de l'innocence ou de la souffrance, de la raison démesurée ou des illuminations. Vous répugnez à la laideur, vous magnifiez les bonheurs. Alors, je vous dis simplement merci, merci et à bientôt.

Robert Bruce (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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J'ai pris le temps, ou plutôt "Peaux de papier" me l'a pris et je l'ai laissé faire avec délectation...

Yasmina Teterel est une vraie poétesse! Quel talent!

Il y a de l'élégance, de la délicatesse, de l'humble justesse, et surtout une discrète mais si éclatante profondeur dans ses peaux de mots!

Sous ce bel épiderme perce sans saigner l'humanité entière faite de retenue y versant à la fois ses douleurs et ses petits bonheurs..

Yasmina ne s'efface pas, elle laisse de vraies et belles traces:

   "là où le futur est passé
Là, au centre,
Percer l'oeuf.
Ecrire."

Cécile Delalandre (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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S'il y a bien un pan du registre de la chose écrite qui me met toujours un peu mal à l'aise, c'est bien celui de devoir donner un avis sur des poèmes. Tant il me semble que c'est de l'ordre de l'extrême intime. Dans le cas de Yasmina je suis, en premier, infiniment séduite par le titre. Les mots qui prennent chair dans ce recueil étincelant témoignent que le creuset est douloureux et profond, mais aussi d'une belle élégance. S'il ne fallait en choisir qu'un seul pour exprimer mon penchant de l'instant présent, ce serait peut-être celui de la page 21... Mais aussi celui de la page 13 et... les suivants ! Bien évidemment. Si l'amour et la mort sont, comme il est dit, les mamelles éternelles du poète, il me semble que Yasmina Teterel le confirme.

Véra (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Peaux de papier est arrivé chez moi par surprise... Il repose depuis sur ma table de chevet pour que je puisse le lire et le relire. J'ai une sensibilité toute particulière au Voleur de rêves et au Chien de garde. Des mots solaires, tout en douceur, pour dire la noirceur d'un monde de douleur. Merci Christian de m'avoir fait découvrir Yasmina Teterel. Merci Yasmina pour vos merveilleux mots.

Anne Laure (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Le lecteur lit Peaux de papier comme on déguste un thé rare. J’ai bien aimé la phrase mise en exergue : "Si je me tue tu m’en voudras toute ma vie ", cela sonne comme un lapsus, c’est un présent du ciel reçu par lecteur ou par la lectrice. Les poèmes de Yasmina Teterel reflètent la lumière d’étoile dans la noirceur de la matière noire. De cette noirceur de charbon Yasmina Teterel a su ciseler un diamant. On ne lit pas seulement les vers, les lettres ont leurs mots à dire. Yasmina Teterel est un auteur inspiré, une femme de lettres. Ces peaux aime fait de papier couleur chair poursuivent longtemps le lecteur après la fermeture du livre.

Rémy (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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samedi 13 août 2011

Avignon : « je poursuis une conversation passionnée »

Ce jeudi 11 août est le dernier soir des lectures libres avant la fermeture pour congés du centre européen de poésie d’Avignon. J’ai décidé de m’y rendre et de partager quelques vers.

J’arrive un peu en avance et je profite de ces instants pour relire les mots accrochés aux murs pour les 25 ans du centre. L’écriture des poètes est la thématique de cette fabuleuse exposition. Ces vers à l’état brut ! On peut encore en saisir l’émotion, l’encre semble encore fraîche.

Nous sommes maintenant une bonne dizaine et Marie Jouannic, directrice artistique, nous invite à prendre place autour de la table. Les lectures peuvent commencer. Que dire de ce que j’ai entendu et reçu ? Des mots qui résonnent encore en moi et dont je savoure la texture. Des mots que je n’ai pas mémorisés mais dont je vois les couleurs et sens les parfums. L’élément eau est présent ce soir, la mer s’est invitée et c’est tout naturellement que trois poèmes des Mémoires du Cargo de Padrig Moazon entrent dans cette ronde. Le retour à la terre s’annonce avec la lecture de trois textes de Peaux de papier et s’achève à un retour à la mère de mon voisin.

Si l’écoute est silencieuse durant la lecture, la discussion s’anime ensuite et Marie Jouannic nous invite à partager le verre de l’amitié. Il est l’heure de rentrer. Je poursuis une conversation passionnée et passionnante dans les rues animées d’Avignon avec un des poètes, mais nous sommes obligés d’y mettre un terme. Il doit rejoindre son Ardèche. Si la poésie ignore les kilomètres, le corps, lui, les compte.

Il est 23 heures et juste avant de m’endormir je pense aux Infinis paysages, aux Mémoires du cargo et à mes Peaux de papier qui ont pris place sur un des rayons du centre.

Je pense à ces visiteurs qui, un jour, feuilletteront ces pages.

Yasmina Teterel

mercredi 10 août 2011

La voix de Yasmina en Avignon ce 11 août 2011

À l'occasion des Lectures libres du Centre européen de poésie d'Avignon ce jeudi 11 août 2011, Yasmina Teterel présentera et lira des poèmes de Mémoires du cargo & de Peaux de papier.

Amis qui passez le pont, venez l'entendre et vibrer au 4-6 rue Figuière, Avignon, et, s'il vous plaît, merci de la saluer de ma part.

mercredi 26 janvier 2011

Peaux de papier de Yasmina Teterel est publié

Peaux de papier

« Le Voleur de rêves

La main du faiseur d’images
Dessine ses larges empreintes
Sur le corps apeuré
De l’enfant aux yeux de pluie
Petite pelote aux chairs meurtries
Souillées du rire carnassier
Du voleur de rêves
Ô petit ange cassé
Oublie ce visage
Écoute la voix du confident
Des mille et une lunes »

Peaux de papier, Yasmina Teterel.

Peaux nues, sans l'aspérité d'un mot - d'un son - qui pourrait heurter, sans l'artifice d'un ton affecté. Peaux simplement limpides à dire le trouble, le sombre et l'espoir aussi.

Cécile Delalandre l'exprime bien :

« Quel talent !

Il y a de l'élégance, de la délicatesse, de l'humble justesse, et surtout une discrète mais si éclatante profondeur dans ses peaux de mots !

Sous ce bel épiderme perce sans saigner l'humanité entière faite de retenue y versant à la fois ses douleurs et ses petits bonheurs..

Yasmina ne s'efface pas, elle laisse de vraies et belles traces:

  "là où le futur est passé
  Là, au centre,
  Percer l'œuf.
  Écrire." »

Yasmina Teterel nous offre dans Peaux de papier une discrète, mais magnifique invitation : nous rappeler à la poésie.

mardi 21 décembre 2010

Peaux de papier de Yasmina Teterel - la couverture

« petits penchants » - 3

[en attendant la sortie de Peaux de papier]

couverture_peaux_de_papier_1_400

couverture_peaux_de_papier_4_400

Yasmina Teterel,

poète aux peaux de papier, lorsqu’elle ne les déchire pas, aime les suspendre à un poteau sous notre regard. Elle se réveille, le matin parfois, en Avignon.


***

« L’essai se meurt
De ma main fébrile
Je ne suis qu’un brouillon
Voyez ! Je m’efface

Je … »

Peaux de papier