Journal des penchants du roseau

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mercredi 17 février 2010

Une brise sensible : Bleu Terre de Jean-François Joubert

La côte

Après les vents turbulents des Conards de Rouen, une brise sensible penche le roseau, celle de Bleu Terre de Jean-François Joubert.

Cette balade poétique & insulaire est illustrée par la reproduction de pastels et d'aquarelles de Georges Briot, le peintre du bout du monde. Elle sera publiée par nos soins le 17 mars 2010.

Pour les penchants du roseau, Christian Domec, apprenti libraire.

(photo, La côte, reproduction de l'aquarelle de Georges Briot, 1989)

jeudi 3 décembre 2009

Pendons la crémaillère !

Pendre la crémaillère

Ce jeudi 3 décembre 2009, pendons la crémaillère et que penche le roseau ! La sortie des Conards de Rouen en est le prétexte et vite nous sortirons discrètement de nos cartons les publications à venir.

Nous répondrons à toutes vos questions, celles au roseau, celles à ses penchants.

Mais n’oubliez pas ripailles, festoyance et farandoles !

(photo de Égoïté, auteur du tableau : Jos Goemaer, Détail de « Le Christ chez Marthe et Marie », de Jos Goemaer, exposé au Musée de la Gourmandise de Hermalle-sous-Huy, licence creative common)

Le roseau gambille, il vous annonce, en ce 3 décembre 2009, la publication des Conards de Rouen

Les Conards de Rouen - Couverture

Titre : Les Conards de Rouen
Auteurs : Anonymes, Nicolas Dugord, Marc de Montifaud, Hervé Bréchet
ISBN : 978-2-916965-017
Format : 14 cm x 21 cm
nb pages : 154
prix de vente public : 12 €
date de publication : 3 décembre 2009

Ce livre est fabriqué par votre apprenti libraire à l’unité.

Amis lecteurs

Si vous voulez disposer de cet ouvrage, vous pouvez le demander dans votre bibliothèque (1) favorite, chez votre librairie (1) ou le commander directement.

Pour ce faire, il suffit de m’envoyer un message à l’adresse : roseau.penchant @ orange.fr ; de préciser votre adresse, le mot que vous souhaiteriez voir imprimé sur la page de fausse-garde. La somme qui vous sera demandée est de 12 € plus 1 € pour les frais d’envoi en France ou 2 € pour les autres pays de la zone euro (2). Les modalités pratiques de paiement et le délai, nécessairement long, vous seront précisés par retour de courrier.

Mais plutôt que de l’acheter, ce qui donnerait beaucoup d’ouvrage à votre apprenti, sachez qu’il sera progressivement mis en ligne dans la section : Autour des Conards de Rouen.

Amis libraires

Si mes pas peuvent venir jusqu’à vous, je suis disposé à vous le laisser en dépôt. Dans tous les autres cas, votre démarche sera la même que celles des lecteurs, sauf pour le prix : 7 € 50 l’unité plus les forfaits de 1 € en France ou 2 € (zone euro) pour les frais d’envoi. Une adresse : roseau.penchant @ orange.fr.

Amis bibliothécaires

Adressez-vous à votre libraire favori ou directement à moi : roseau.penchant @ orange.fr.

Amis éditeurs

Si vous souhaitez publier un ouvrage reprenant tout ou partie des Conards de Rouen, je suis prêt à vous fournir les fichiers. Votre seul écot sera de mentionner vos sources et de renoncer à toute exclusivité. Une seule adresse : roseau.penchant @ orange.fr.

À tous

Si j’étais friand de devises je ferais mienne celle que suggère le poème de Guillaume Apollinaire, À la santé :

« Que lentement passent les heures
Comme passe un enterrement

Tu pleureras l'heure où tu pleures
Qui passera trop vitement
Comme passent toutes les heures »

Christian Domec, apprenti libraire

(1) à ma connaissance, quatre librairies et trois bibliothèques disposent de cet ouvrage en ce jour du 3 décembre 2009 :

La librairie l’Armitière
La librairie Chantefables
La librairie l’Écho des vagues
La librairie Élisabeth Brunet
La Bibliothèque nationale de France
La Bibliothèque municipale de Rouen
La Bibliothèque municipale de Sotteville-les-Rouen

La commande via les librairies en ligne n’est, pour l’instant, pas opportune (l’apprenti ne se décide vraiment pas à apprendre).

(2) il n’est pas prévu, à court terme, de franchir cette frontière symbolique, mais vous pouvez toujours m’envoyer un message. Nous aviserons ensemble.

jeudi 19 novembre 2009

Souffle ride le marigot

Un souffle en brumaire, une brise du ponant ; léger, le roseau s’incline pour vous saluer. Il aurait aimé attendre un peu, être prêt, mais le sommes-nous un jour ? Il pensait que c’était mieux. Un roseau pense-t-il ? Alors agitant ses quenouilles, il va vous murmurer ce qui l’agite.

Il aimerait que le marigot qui le nourrit — le protège — se métamorphose en librairie. Vous vous en souvenez ? Ce lieu où l’on choisit des textes, les recopie, y trempe parfois sa plume, les assemble en feuillets, les presse, les couvre et, avant qu’ils ne collent complètement, les transmet.

Il a vu un atelier s’assembler de bric et de broc : un vieux bureau ici, des dictionnaires là, des rameaux de feuilles ivoirines et un plioir en os, de l’encre, de la colle et un couteau au tranchant redoutable. Cette presse qui fait danser, à pas malhabiles, l’apprenti de ce lieu.

Ah ! Celui-ci, il s’en moquait un peu, il le voyait passer de l’émerveillement à la gaucherie après avoir claviardé comme un singe, il supposait que le plomb disparu de la fonte s’était logé insidieusement dans sa tête. Le voir tourner comme un ours autour d’un serre-joint récalcitrant à faire sauter les ais et l’entendre pester comme un soudard ; il en tremblait un peu.

Soudain, il l’a vu brandir un petit volume, entamer une danse de Saint-Guy et chanter au son des fifres et des tambours : « Les Conards… Les Conards de Rouen ! », se précipiter dehors annoncer la nouvelle dans les librairies de la ville, les vraies, les sérieuses, celles qui savent choisir et proposer. Il revint souriant avec une drôle de ride en travers du front : « L’accueil est bon, trop bon… veiller… les façonner à temps. » Le conflit social couvait, l’apprenti éditeur se frottait les mains lorsqu’il reçut l’apprenti diffuseur, mais l’apprenti imprimeur marmonnait jurons, il demandait à l’apprenti secrétaire de passer commande de papier et d’encre au lieu de jeter un œil distrait sur de futurs communiqués qui ne feraient qu’ajouter à la tension. L’apprenti libraire se réunit et décida, pour apaiser son petit monde, d’user d’une astuce éprouvée depuis des siècles : désigner l’en-dehors et proclamer avec un brin d’emphase :

  « Pis que la muselière, l’oubli œuvre à étouffer plus sûrement les manifestations audacieuses de la vie. S’il en subsiste quelque écho, il suffit de le travestir avec l’assurance de celui qui sait, l’habiller de folklore, le rendre désuet.

Déambulez dans Rouen, glissez sur le pavé, arrêtez un passant et rappelez-lui les Conards de la ville… Si vous échappez au gnon, un haussement d’épaule ou une moue vous répondront.

Pourtant, ils furent fameux ces Conards de Rouen. Turbulents, satiriques, insolents, drôles, courageux, grotesques, ridicules parfois : vivants ! Le XVIe siècle fut leur apothéose et le XVIIe leur fin, comme celle des Badins, des Turlupins, des Mau-gouverne, des… Fous – le grand enfermement commençait.

Les Conards de Rouen n’a pas l’ambition de retracer leur histoire ni même en rédiger une chronique, juste rendre public des textes enfouis dans des fonds de bibliothèques : celui du libraire Nicolas Dugord,  Les Triomphes de l’abbaye des Conards (1587), précipité dans un cul-de-basse-fosse suite à cette publication ; la savoureuse notice de la sulfureuse Marc de Montifaud (1874), jetée en prison parce qu’auteur des Vestales de l’Église ; la note culinaire d’Hervé Bréchet (2009) qui ne perd rien pour attendre de son ironie pendable.

Les Conards de Rouen, première publication des Penchants du roseau, est à votre main dans toutes les bonnes librairies de la ville et du territoire infini de la Conardie à partir du 3 décembre 2009. »

Le roseau bâille, il relâche ses quenouilles, il attend le jour pour bruisser à son point.

Un apprenti libraire, novembre 2009.

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