Journal des penchants du roseau

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lundi 30 décembre 2013

Pssit

Meilleurs voeux

Christian.

lundi 4 novembre 2013

Le catalogue des penchants du roseau

Nouveau catalogue des penchants du roseau, mis à jour à la date du 1er novembre 2013, il est consultable et peut-être diffusé sans restrictions au format pdf en cliquant sur cette icône :

icône pdf

Je reproduis son contenu, ci-dessous :

°°°

Chers lecteurs,

Les penchants du roseau, librairie artisanale, vous propose un petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l’étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et- Vilaine.

Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou via votre libraire habituel. Il vous est loisible de le feuilleter dans sa bibliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau. Les penchants du roseau prend le plus grand soin dans le choix des textes qu’elle publie ; se défiant des genres, l’accent est mis sur la singularité, le ton et la profondeur de l’écriture de leur auteur.

Christian Domec, apprenti libraire.

La remise bibliothèque est celle en usage. Celle aux libraires de 30 %.

°°°

Amor Omnia
Christophe Esnault
2014 — 64 p. — 10 € — 978-2-916965-26-0 : parution prévue en janvier 2014
« — Le docteur vous attend.
— Je préférerais virer l’idiot hors d’ici et passer vingt minutes avec vous sur le lit.
— Je suis mariée.
— Ça ne me dérange pas.
— Ce n’est pas comme ça que vous trouverez une compagne. » »

°°°

Cargo blues
Yasmina Hasnaoui
2013 — 32 p. — 7 € — 978-2-916965-25-3 : parution prévue le 13 décembre 2013
« corps chargés d’ennui
près de la fontaine
elle n’a pas fini de trinquer
et le jour se fend. »

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Coucous de théâtre
Georgie de Saint-Maur
2013 — 180 p. — 18 € — 978-2-916965-22-2 : parution prévue le 6 décembre 2013
« CLAUDE MONET
― Inutile d’essayer ma chère Lisette. Je ne sais pas peindre. Et puis, de toute manière, même si je savais, je ne peindrais jamais des nénuphars !
LA DEMI-MONDAINE
― Écoute, si jamais tu ne me peins pas, je le dirai à Monsieur Bourrelard !
CLAUDE MONET
― Oh celui-là, il ne m’impressionne plus ! »

°°°

Une gorgée de cailloux
Padrig Moazon
2013 — 68 p. — 9 € — 978-2-916965-24-6
« À travers les ruelles du village,
l’argument de la pluie apaise les dérobades,
lave les visages intermédiaires.
En voulant donner un sens au quotidien,
L’usage des mots émousse les outils dérangés dans l’atelier des habitudes.
Le protocole est respecté, question de principe.
L’alphabet n’est pas l’écriture, même pas un murmure. »

°°°

Mémoire aux alouettes
Espejuelos de la memoria
Nicole Laurent-Catrice
2013 — 40p. — 8 € — 978-2-916965-23-9 (bilingue)
« Au plus touffu de la forêt
dans le grand fourré
interdit aux enfants
il se passe des choses
des choses
dont on n’a pas idée
les mâles perdent
leurs grands bois
et les biches
oh ! les biches… »

°°°

Tisane de thym au jardin d'hiver
Carmen Pennarun
« Côté jardin n° 1 »
2013 — 48p. — 7,50 € — 978-2-916965-21-5
« Elle marche, non, elle titube et s’écroule.
Ses larmes, le tapis d’humus les a bues,
et le souffle de la terre est monté.
À l’envers, le chagrin laboure,
et la fleur repense ses racines.
Tandis que la faune façonne, souterraine,
l’amitié d’argile. »

°°°

Lisières
Marianne Desroziers
« Petits penchants n° 11 »
2012 — 52 p. — 7,50 € — 978-2-916965-19-2
« Quelques minutes plus tard, un jeune garçon au regard fou dansait sous la pluie, tournant sur lui-même, sautant dans les flaques qui commençaient à se former. À côté de lui, une dame très élégante, qu’on aurait pu prendre pour sa grand-mère, regardait l’océan, apparemment soulagée de n’y voir que de l’eau. »

°°°

Sel et menthe séchée
Mariana Iacoblev-Barbu
« Côté jardin n° 1 »
2012 — 48 p. — 7 € — 978-2-916965-16-1
« Une vie de labeur et parfois de privations de toutes sortes, illuminée çà et là par quelques étincelles de petits bonheurs, grâce à ton humour et à ta volonté de vivre coûte que coûte. « Rire, c’est bon pour la santé ! », nous disais-tu souvent avant de faire le récit de blagues qui me font toujours sourire.
Tu n’avais pas l’habitude de me dire que tu m’aimais. Cela ne se faisait pas à l’époque, mais tu l’as prouvé par tout le bien que tu m’as fait et par tout ce que j’ai appris par toi. »

°°°

Instants tannés
Textes & autres miniatures
Cécile Fargue Schouler
« Petits penchants n° 10 »
2011 — 48 p. — 7 € — 978-2-916965-14-7
« Les passants, sur les trottoirs, se sont remis à passer, à passer à autre chose, comme toujours, et elle est restée sous la pluie avec ses bateaux en vague mouillée au bord de l’iris. »

°°°

Mémoires du cargo
Padrig Moazon
« Petits penchants n° 8 »
2011 — 52 p. — 7,50 € — 978-2-916965-12-3
« Dans le sillage s’efface la mémoire du rivage.
L’océan est le territoire du passage,
Une transition,
Pas un ailleurs. »

°°°

Infinis paysages
Yasmina Teterel, Cécile Delalandre, Nourit Masson-Sékiné, Stanislas Fleury, Dzovinar, Marie-Agnès Michel, Simon Camier, Christelle Anjou, Luna Barbare, Robert Bruce, Fanie Vincent, Christine Leininger, Patrick Aspe, Véra Stépanowa, Annie David
« Petits penchants n° 6 »
2011 — 52 p. — 7 € — 978-2-916965-10-9 (hors librairie)
« Plaisir de découvrir que leurs paysages déchiraient les décors habituels pour y retisser de l’intime, du profond, de la nostalgie, du malicieux. Ce recueil présente ceux que nous avons choisis : quinze poètes et leurs infinis paysages. »

°°°

Descriptions
Jean-Yves chevrier, Éric, potier
Christine Lapostolle
« Petits penchants n° 5 »
2011 — 52 p. — 7 € — 978-2-916965-09-3
« Résister ce serait croire à sa singularité, au fait que dans le grand ensemble humain, eh bien ! on est une petite note qui n’est pas exactement pareille… qui est singulière. Et que cette singularité il faut la mener envers et contre tout en acceptant qu’il n’y ait pas d’explications, en n’ayant pas peur, en se laissant conduire par des choses qui viennent de l’intérieur. »

°°°

L’Homme qui plantait des arbres
Jean Giono
« Petits penchants n° 4 »
2011 — 24 p. — 3,50 € — 978-2-916965-08-6
« Arrivé à l’endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre. Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des chênes. Je lui demandai si la terre lui appartenait. Il me répondit que non. »

°°°

Peaux de papier
Yasmina Teterel
« Petits penchants n° 3 »
2010 — 36 p. — 6 € — 978-2-916965-07-9
« Je veux aller là-bas
Là où le futur est passé
Là, au centre.
Percer l’oeuf.
Écrire. »

°°°

Bankster
Robert Bruce
« Petits penchants n° 1 »
2010 — 32 p. — 5 € — 978-2-916965-05-5
« Les chevillards, maraîchers, fleuristes, poissonniers négocient âprement en langue verte avec les grossistes, les bouchers s’interpellent en louchebem, puis concluent leurs accords avec les détaillants en se tapant dans la main. Les transactions se traitent en cash, sont discrètes, rapides, formelles et consensuelles. Ici, pas de chèque, pas de trace. Une poignée de main vaut contrat. »

°°°

Le Souvenir de personne
Cécile Fargue
2010 — 120 p. — 13 € — 978-2-916965-04-8
« À l’oreille tu me parles avec des mots que je ne connais pas. Des mots comme des volutes, qui naissent et s’évanouissent, tourbillonnent dans l’air et s’émerveillent, puis retombent et se taisent presque de concert. Tu es si fatigué soudain, il te coûte, je le sens, d’articuler chaque lettre, tu ne cesses pourtant de me raconter ton autre côté. »

°°°

La Chèvre jaune
& balade caprine à travers la littérature tourangelle
Paul de Musset, Jean Domec
« Côte à cote n° 0 »
2010 —160 p. —1 3 € —978-2-916965-03-1
« Le dormeur, réveillé par le son joyeux des clochettes, ouvre sa fenêtre et s’amuse à regarder ces escadrons de nourrices qui apportent dans leurs mamelles le remède des poitrines malades et le déjeuner des enfants sevrés. »

°°°

Bleu Terre
balade poétique &insulaire
Jean-François Joubert
2010 — 112 p. — 13 € — 978-2-916965-02-4
« Mon âme saigne et je reste aveugle devant la nature, brisé, coupé en deux. Depuis que ta silhouette est lointaine, j’habite une ville fantôme. Bien sûr, des chants de marin me rassurent, ils poussent leurs ballades dans la moindre fissure, et mon être tremble comme le hêtre se donne aux vents. »

°°°

Les Conards de Rouen
Nicolas Dugord, Marc de Montifaud, Hervé Bréchet
2009 — 154 p. — 14 € — 978-2-916965-01-7
« Oubliés les Conards, ceux de Rouen ? Presque. Et pourtant, à mesure que nos doigts impriment ces caractères, on nous annonce une rumeur : ils sortiraient lentement de l’ombre, toujours braillards, prêts à se moquer des dignitaires et surtout d'eux-mêmes. »

°°°

Ce catalogue a été mis à jour le 1er novembre 2013. Sa diffusion est vivement conseillée.
Pour vous tenir informés des prochaines parutions, parler de vos lectures, feuilleter les livres, contacter les auteurs, trois adresses :
le site web : http://domec.net son journal : http://billets.domec.net sa bibliothèque numérique : http://domec.net/biblio.php

°°°

les penchants du roseau Christian Domec 20 rue de Bécherel 35140 Saint-Aubin-du-Cormier roseau.penchant@orange.fr

Siret : 51 5 145 563 00026 - Gencod éditeur : 3055594072114

dimanche 21 avril 2013

Le catalogue des penchants du roseau

Le catalogue des penchants du roseau est mis à jour à la date du 21 avril 2013, il est consultable et peut-être diffusé au format pdf en cliquant sur cette icône :

catalogue des penchants du roseau

Les principaux changements sont liés à cette estompe.

Je reproduis son contenu, ci-dessous :

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Chers lecteurs,

Les penchants du roseau, librairie artisanale, vous propose un petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l’étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine.

Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou via votre libraire habituel. Il vous est loisible de le feuilleter dans sa bibliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau.

Les penchants du roseau prend le plus grand soin dans le choix des textes qu’elle publie ; se défiant des genres, l’accent est mis sur la singularité, le ton et la profondeur de l’écriture de leur auteur.

Christian Domec, apprenti libraire.

La remise bibliothèque est celle en usage. Celle aux libraires de 30 %.

°°°

Une gorgée de cailloux
Padrig Moazon
2013 — 68 p. — 9 € — 978-2-916965-24-6
« À travers les ruelles du village,
l’argument de la pluie apaise les dérobades,
lave les visages intermédiaires.
En voulant donner un sens au quotidien,
L’usage des mots émousse les outils dérangés dans l’atelier des habitudes.
Le protocole est respecté, question de principe.
L’alphabet n’est pas l’écriture, même pas un murmure. »

°°°

Mémoire aux alouettes
Espejuelos de la memoria
Nicole Laurent-Catrice
2013 — 40p. — 8 € — 978-2-916965-23-9 (bilingue)
« Au plus touffu de la forêt
dans le grand fourré
interdit aux enfants
il se passe des choses
des choses
dont on n’a pas idée
les mâles perdent
leurs grands bois
et les biches
oh ! les biches… »

°°°

Tisane de thym au jardin d'hiver
Carmen Pennarun
« Côté jardin n° 1 »
2013 — 48p. — 7,50 € — 978-2-916965-21-5
« Elle marche, non, elle titube et s’écroule.
Ses larmes, le tapis d’humus les a bues,
et le souffle de la terre est monté.
À l’envers, le chagrin laboure,
et la fleur repense ses racines.
Tandis que la faune façonne, souterraine,
l’amitié d’argile. »

°°°

Lisières
Marianne Desroziers
« Petits penchants n° 11 »
2012 — 52 p. — 7,50 € — 978-2-916965-19-2
« Quelques minutes plus tard, un jeune garçon au regard fou dansait sous la pluie, tournant sur lui-même, sautant dans les flaques qui commençaient à se former. À côté de lui, une dame très élégante, qu’on aurait pu prendre pour sa grand-mère, regardait l’océan, apparemment soulagée de n’y voir que de l’eau. »

°°°

Sel et menthe séchée
Mariana Iacoblev-Barbu
« Côté jardin n° 1 »
2012 — 48 p. — 7 € — 978-2-916965-16-1
« Une vie de labeur et parfois de privations de toutes sortes, illuminée çà et là par quelques étincelles de petits bonheurs, grâce à ton humour et à ta volonté de vivre coûte que coûte. « Rire, c’est bon pour la santé ! », nous disais-tu souvent avant de faire le récit de blagues qui me font toujours sourire.
Tu n’avais pas l’habitude de me dire que tu m’aimais. Cela ne se faisait pas à l’époque, mais tu l’as prouvé par tout le bien que tu m’as fait et par tout ce que j’ai appris par toi. »

°°°

Instants tannés
Textes & autres miniatures
Cécile Fargue Schouler
« Petits penchants n° 10 »
2011 — 48 p. — 7 € — 978-2-916965-14-7
« Les passants, sur les trottoirs, se sont remis à passer, à passer à autre chose, comme toujours, et elle est restée sous la pluie avec ses bateaux en vague mouillée au bord de l’iris. »

°°°

Mémoires du cargo
Padrig Moazon
« Petits penchants n° 8 »
2011 — 52 p. — 7,50 € — 978-2-916965-12-3
« Dans le sillage s’efface la mémoire du rivage.
L’océan est le territoire du passage,
Une transition,
Pas un ailleurs. »

°°°

Infinis paysages
Yasmina Teterel, Cécile Delalandre, Nourit Masson-Sékiné, Stanislas Fleury, Dzovinar, Marie-Agnès Michel, Simon Camier, Christelle Anjou, Luna Barbare, Robert Bruce, Fanie Vincent, Christine Leininger, Patrick Aspe, Véra Stépanowa, Annie David
« Petits penchants n° 6 »
2011 — 52 p. — 7 € — 978-2-916965-10-9 (hors librairie)
« Plaisir de découvrir que leurs paysages déchiraient les décors habituels pour y retisser de l’intime, du profond, de la nostalgie, du malicieux. Ce recueil présente ceux que nous avons choisis : quinze poètes et leurs infinis paysages. »

°°°

Descriptions
Jean-Yves chevrier, Éric, potier
Christine Lapostolle
« Petits penchants n° 5 »
2011 — 52 p. — 7 € — 978-2-916965-09-3
« Résister ce serait croire à sa singularité, au fait que dans le grand ensemble humain, eh bien ! on est une petite note qui n’est pas exactement pareille… qui est singulière. Et que cette singularité il faut la mener envers et contre tout en acceptant qu’il n’y ait pas d’explications, en n’ayant pas peur, en se laissant conduire par des choses qui viennent de l’intérieur. »

°°°

L’Homme qui plantait des arbres
Jean Giono
« Petits penchants n° 4 »
2011 — 24 p. — 3,50 € — 978-2-916965-08-6
« Arrivé à l’endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre. Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des chênes. Je lui demandai si la terre lui appartenait. Il me répondit que non. »

°°°

Peaux de papier
Yasmina Teterel
« Petits penchants n° 3 »
2010 — 36 p. — 6 € — 978-2-916965-07-9
« Je veux aller là-bas
Là où le futur est passé
Là, au centre.
Percer l’œuf.
Écrire. »

°°°

Bankster
Robert Bruce
« Petits penchants n° 1 »
2010 — 32 p. — 5 € — 978-2-916965-05-5
« Les chevillards, maraîchers, fleuristes, poissonniers négo­cient âprement en langue verte avec les grossistes, les bouchers s’interpellent en louchebem, puis concluent leurs accords avec les détaillants en se tapant dans la main. Les transactions se traitent en cash, sont discrètes, rapides, formelles et consen­suelles. Ici, pas de chèque, pas de trace. Une poignée de main vaut contrat. »

°°°

Le Souvenir de personne
Cécile Fargue
2010 — 120 p. — 13 € — 978-2-916965-04-8
« À l’oreille tu me parles avec des mots que je ne connais pas. Des mots comme des volutes, qui naissent et s’évanouissent, tourbillonnent dans l’air et s’émerveillent, puis retombent et se taisent presque de concert. Tu es si fatigué soudain, il te coûte, je le sens, d’articuler chaque lettre, tu ne cesses pourtant de me raconter ton autre côté. »

°°°

La Chèvre jaune
& balade caprine à travers la littérature tourangelle
Paul de Musset, Jean Domec
« Côte à cote n° 0 »
2010 —160 p. —1 3 € —978-2-916965-03-1
« Le dormeur, réveillé par le son joyeux des clochettes, ouvre sa fenêtre et s’amuse à regarder ces escadrons de nourrices qui apportent dans leurs mamelles le remède des poitrines malades et le déjeuner des enfants sevrés. »

°°°

Bleu Terre
balade poétique &insulaire
Jean-François Joubert
2010 — 112 p. — 13 € — 978-2-916965-02-4
« Mon âme saigne et je reste aveugle devant la nature, brisé, coupé en deux. Depuis que ta silhouette est lointaine, j’habite une ville fantôme. Bien sûr, des chants de marin me rassurent, ils poussent leurs ballades dans la moindre fissure, et mon être tremble comme le hêtre se donne aux vents. »

°°°

Les Conards de Rouen
Nicolas Dugord, Marc de Montifaud, Hervé Bréchet
2009 — 154 p. — 14 € — 978-2-916965-01-7
« Oubliés les Conards, ceux de Rouen ? Presque. Et pourtant, à mesure que nos doigts impriment ces caractères, on nous annonce une rumeur : ils sortiraient lentement de l’ombre, toujours braillards, prêts à se moquer des dignitaires et surtout d'eux-mêmes. »

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À paraître prochainement : un recueil poétique de Yasmina Hasnaoui, une anthologie théâtrale de Georgie de Saint-Maur, un court roman de Christophe Esnault.

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Ce catalogue a été mis à jour le 21 avril 2013. Sa diffusion est vivement conseillée.
Pour vous tenir informés des prochaines parutions, parler de vos lectures, feuilleter les livres, contacter les auteurs, trois adresses :
le site web : http://domec.net
son journal : http://billets.domec.net
sa bibliothèque numérique : http://domec.net/biblio.php

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les penchants du roseau
Christian Domec
9 rue du Bourg au Loup
35140 Saint-Aubin-du-Cormier

roseau.penchant@orange.fr

°°°

Siret : 51 5 145 563 00026 - Gencod éditeur : 3055594072114

mardi 26 février 2013

Le catalogue des penchants du roseau

Le catalogue des penchants du roseau est mis à jour, il est consultable et peut-être diffusé au format pdf en cliquant sur cette petite icône :

catalogue des penchants du roseau

Je reproduis son contenu, ci-dessous :

°°°

Chers lecteurs,

Les penchants du roseau, librairie artisanale, vous propose un petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l’étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine.

Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou via votre libraire habituel. Il vous est loisible de le feuilleter dans sa bibliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau.

Les penchants du roseau prend le plus grand soin dans le choix des textes qu’il publie ; se défiant des genres, l’accent est mis sur la singularité, le ton et la profondeur de l’écriture de leur auteur.

Christian Domec, apprenti libraire.

La remise bibliothèque est celle en usage. Celle aux libraires de 30 %.

°°°

Les Conards de Rouen
Nicolas Dugord, Marc de Montifaud, Hervé Bréchet
2009 — 154 p. — 14 € — 978-2-916965-01-7
« Oubliés les Conards, ceux de Rouen ? Presque. Et pourtant, à mesure que nos doigts impriment ces caractères, on nous annonce une rumeur : ils sortiraient lentement de l’ombre, toujours braillards, prêts à se moquer des dignitaires et surtout d'eux-mêmes. »

°°°

Bleu Terre
balade poétique &insulaire
Jean-François Joubert
2010 — 112 p. — 13 € — 978-2-916965-02-4
« Mon âme saigne et je reste aveugle devant la nature, brisé, coupé en deux. Depuis que ta silhouette est lointaine, j’habite une ville fantôme. Bien sûr, des chants de marin me rassurent, ils poussent leurs ballades dans la moindre fissure, et mon être tremble comme le hêtre se donne aux vents. »

°°°

La Chèvre jaune
& balade caprine à travers la littérature tourangelle
Paul de Musset, Jean Domec
« Côte à cote n° 0 »
2010 —160 p. —1 3 € —978-2-916965-03-1
« Le dormeur, réveillé par le son joyeux des clochettes, ouvre sa fenêtre et s’amuse à regarder ces escadrons de nourrices qui apportent dans leurs mamelles le remède des poitrines malades et le déjeuner des enfants sevrés. »

°°°

Le Souvenir de personne
Cécile Fargue
2010 — 120 p. — 13 € — 978-2-916965-04-8
« À l’oreille tu me parles avec des mots que je ne connais pas. Des mots comme des volutes, qui naissent et s’évanouissent, tourbillonnent dans l’air et s’émerveillent, puis retombent et se taisent presque de concert. Tu es si fatigué soudain, il te coûte, je le sens, d’articuler chaque lettre, tu ne cesses pourtant de me raconter ton autre côté. »

°°°

Bankster
Robert Bruce
« Petits penchants n° 1 »
2010 — 32 p. — 5 € — 978-2-916965-05-5
« Les chevillards, maraîchers, fleuristes, poissonniers négo­cient âprement en langue verte avec les grossistes, les bouchers s’interpellent en louchebem, puis concluent leurs accords avec les détaillants en se tapant dans la main. Les transactions se traitent en cash, sont discrètes, rapides, formelles et consen­suelles. Ici, pas de chèque, pas de trace. Une poignée de main vaut contrat. »

°°°

Peaux de papier
Yasmina Teterel
« Petits penchants n° 3 »
2010 — 36 p. — 6 € — 978-2-916965-07-9
« Je veux aller là-bas
Là où le futur est passé
Là, au centre.
Percer l’œuf.
Écrire. »

°°°

L’Homme qui plantait des arbres
Jean Giono
« Petits penchants n° 4 »
2011 — 24 p. — 3,50 € — 978-2-916965-08-6
« Arrivé à l’endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre. Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des chênes. Je lui demandai si la terre lui appartenait. Il me répondit que non. »

°°°

Descriptions
Jean-Yves chevrier, Éric, potier
Christine Lapostolle
« Petits penchants n° 5 »
2011 — 52 p. — 7 € — 978-2-916965-09-3
« Résister ce serait croire à sa singularité, au fait que dans le grand ensemble humain, eh bien ! on est une petite note qui n’est pas exactement pareille… qui est singulière. Et que cette singularité il faut la mener envers et contre tout en acceptant qu’il n’y ait pas d’explications, en n’ayant pas peur, en se laissant conduire par des choses qui viennent de l’intérieur. »

°°°

Retours difficiles
Scènes étranges d’une enfance de garçon
« Petits penchants n° 7 »
2011 — 48 p. — 6,50 € — 978-2-916965-11-6
« Avant son emploi, la baguette était agitée une ou deux fois à dessein dans le vide, comme pour signifier à toute la classe sa redoutable souplesse, puis le professeur s’approchait dans votre dos et l’appréhension vous serrait la gorge. Vous saviez que vous alliez passer un moment difficile. »

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Infinis paysages
Yasmina Teterel, Cécile Delalandre, Nourit Masson-Sékiné, Stanislas Fleury, Dzovinar, Marie-Agnès Michel, Simon Camier, Christelle Anjou, Luna Barbare, Robert Bruce, Fanie Vincent, Christine Leininger, Patrick Aspe, Véra Stépanowa, Annie David
« Petits penchants n° 6 »
2011 — 52 p. — 7 € — 978-2-916965-10-9 (hors librairie)
« Plaisir de découvrir que leurs paysages déchiraient les décors habituels pour y retisser de l’intime, du profond, de la nostalgie, du malicieux. Ce recueil présente ceux que nous avons choisis : quinze poètes et leurs infinis paysages. »

°°°

Mémoires du cargo
Padrig Moazon
« Petits penchants n° 8 »
2011 — 52 p. — 7,50 € — 978-2-916965-12-3
« Dans le sillage s’efface la mémoire du rivage.
L’océan est le territoire du passage,
Une transition,
Pas un ailleurs. »

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Dangereuse expédition
Scènes étranges d’une enfance de garçon
« Petits penchants n° 9 »
2011 — 56 p. — 7 € — 978-2-916965-13-0
« Tu préfères être un homme et tuer les bandits méchants ou pleurer comme une sale fille ?
— Je veux tuer les méchants balbutia Serg.
— Tous ?
— Tous !
— Alors ça va, dit Wems. »

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Instants tannés
Textes & autres miniatures
Cécile Fargue Schouler
« Petits penchants n° 10 »
2011 — 48 p. — 7 € — 978-2-916965-14-7
« Les passants, sur les trottoirs, se sont remis à passer, à passer à autre chose, comme toujours, et elle est restée sous la pluie avec ses bateaux en vague mouillée au bord de l’iris. »

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Sel et menthe séchée
Mariana Iacoblev-Barbu
« Côté jardin n° 1 »
2012 — 48 p. — 7 € — 978-2-916965-16-1
« Une vie de labeur et parfois de privations de toutes sortes, illuminée çà et là par quelques étincelles de petits bonheurs, grâce à ton humour et à ta volonté de vivre coûte que coûte. « Rire, c’est bon pour la santé ! », nous disais-tu souvent avant de faire le récit de blagues qui me font toujours sourire.
Tu n’avais pas l’habitude de me dire que tu m’aimais. Cela ne se faisait pas à l’époque, mais tu l’as prouvé par tout le bien que tu m’as fait et par tout ce que j’ai appris par toi. »

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Lisières
Marianne Desroziers
« Petits penchants n° 11 »
2012 — 52 p. — 7,50 € — 978-2-916965-19-2
« Quelques minutes plus tard, un jeune garçon au regard fou dansait sous la pluie, tournant sur lui-même, sautant dans les flaques qui commençaient à se former. À côté de lui, une dame très élégante, qu’on aurait pu prendre pour sa grand-mère, regardait l’océan, apparemment soulagée de n’y voir que de l’eau. »

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Objet onirique
Scènes étranges d’une enfance de garçon
« Scènes étranges d’une enfance de garçon n° 0 »
2011 — 20 p. — 0 € — 978-2-916965-17-8
« Les courts récits parfois naïfs et tendres, d’autres fois cruels ou choquants, qui composent les Scènes étranges d’une enfance de garçon peuvent se lire sans ordre particulier. »

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Un mal nécessaire
Scènes étranges d’une enfance de garçon
« Scènes étranges d'une enfance de garçon n° 1 »

2012 — 88p. — 9 € — 978-2-916965-20-8 « – Personne ne fera jamais aucun mal à Winka, Wems et Serg, dit-il sourdement, sans reconnaître sa propre voix. Personne, je tuerai de mes mains ceux qui s’y risqueront…
– En ce cas, vous aurez sans aucun doute énormément de monde à tuer, monsieur Erwaal. Vraiment beaucoup et vite, une assez belle meute de hyènes… Songez que la vie d’un homme menacé et celle de sa famille peuvent devenir un véritable enfer. »

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Tisane de thym au jardin d'hiver
Carmen Pennarun
« Côté jardin n° 1 »
2013 — 48p. — 7,50 € — 978-2-916965-21-5
« Elle marche, non, elle titube et s’écroule.
Ses larmes, le tapis d’humus les a bues,
et le souffle de la terre est monté.
À l’envers, le chagrin laboure,
et la fleur repense ses racines.
Tandis que la faune façonne, souterraine,
l’amitié d’argile. »

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Une gorgée de cailloux
Padrig Moazon
2013 — 68 p. — 9 € — 978-2-916965-24-6
« À travers les ruelles du village,
l’argument de la pluie apaise les dérobades,
lave les visages intermédiaires.
En voulant donner un sens au quotidien,
L’usage des mots émousse les outils dérangés dans l’atelier des habitudes.
Le protocole est respecté, question de principe.
L’alphabet n’est pas l’écriture, même pas un murmure. »

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Mémoire aux alouettes
Espejuelos de la memoria
Nicole Laurent-Catrice
2013 — 40p. — 8 € — 978-2-916965-23-9 (bilingue)
« Au plus touffu de la forêt
dans le grand fourré
interdit aux enfants
il se passe des choses
des choses
dont on n’a pas idée
les mâles perdent
leurs grands bois
et les biches
oh ! les biches… »

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À paraître prochainement : un recueil poétique de Yasmina Hasnaoui, une anthologie théâtrale de Georgie de Saint-Maur, un court roman de Christophe Esnault.

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Ce catalogue a été mis à jour le 22 février 2013. Sa diffusion est vivement conseillée.
Pour vous tenir informé des prochaines parutions, parler de vos lectures, feuilleter les livres, contacter les auteurs, trois adresses :
le site web : http://domec.net
son journal : http://billets.domec.net
sa bibliothèque numérique : http://domec.net/biblio.php

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les penchants du roseau
Christian Domec
9 rue du Bourg au Loup
35140 Saint-Aubin-du-Cormier

roseau.penchant@orange.fr

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Siret : 51 5 145 563 00026 - Gencod éditeur : 3055594072114

mercredi 14 mars 2012

Plié en quatre

Catalogue plié en quatre

Catalogue plié en quatre

Catalogue plié en deux

Catalogue plié en deux

Des p'tits papiers...

vendredi 25 novembre 2011

Brèves sans comptoir d'un apprenti libraire

Sans comptoir, j'en doute un peu.

Si l'accalmie sur les commandes persiste, je vais pouvoir tranquillement faire le point sur la diffusion des livres des penchants du roseau ce week-end, je pourrai ainsi informer chaque auteur - y compris ceux d'Infinis paysages - de la diffusion réelle de leur livre en la détaillant. J'écrirai ensuite un billet plus synthétique sur les penchants. Il est bon, au delà des mots, de savoir leur réel envol.

Si l'accalmie persiste je vais sans doute geler toute publication autre que celles sur lesquelles je me suis engagé avec un auteur. Ce qui sera déjà beaucoup pour l'année à venir : trois nouvelles collections (« côté cour », textes utra-courts ; « côté jardin », textes intimistes ; « scènes étranges d'une enfance de garçon », pour regrouper les récits venant d'Ostwand), Staccato de Michel Gros Dumaine en janvier 2012, les deux « petits penchants » de Paulette Chevrin et Laurence Olsson Moinot, un recueil de nouvelles en lisière du printemps, et quelques manuscrits à (re)lire. Bref, un gel qui n'engourdit pas les doigts.

Si l'accalmie persiste ça m'embête un peu, non pas pour moi, j'ai finalement tout à y gagner que de moins faire, non, surtout pour les dernières parutions, le nombre de lecteurs ne se compte ni en centaines (il ne faut pas rêver) ni en dizaines (comme les autres), mais en unités. Et ça, ça m'ennuie énormément, parce que lorsque vous lisez - pour de vrai, c'est à dire sur papier - Dangereuse expédition ou Instants tannés, vous comprenez immédiatement que vous n'êtes pas en face d’œuvres de seconde zone ou de circonstance, de vite écrites, vite publiées, vite achetées, vite oubliées, mais d'écrits dont la singularité vous poursuivra.

Décembre de ce point vue s'annonce, comme chaque année, calamiteux ; l'avidité de marchandises s'accompagne mal de découvertes : celle de se cogner à un texte, d'en être giflé, cinglé, tuméfié. Je vais - parce que j'aime ça - prendre le contrepied. Je vais, parce que j'apprécie ces lieux pour l'à venir qu'ils entrouvrent, contacter une à une chaque bibliothèque publique des départements et villes françaises. Je rendrai compte dans un billet de chaque démarche et de la réponse éventuelle qu'elle recevra.

L'aventure se poursuit donc là.

À bientôt.

dimanche 26 septembre 2010

Calame & parchemin

Nos penchants ont un an environ. Je voulais vous dresser un petit bilan de calame et de parchemin. Parler d'embrasser trop, de camembert coulant & de projets aussi. Mais préférant me concentrer sur la sortie du Souvenir de personne de Cécile Fargue, continuer à colorier Bleu Terre de Jean-François Joubert, n'oublier ni la Chèvre jaune ni les Conards, je vous reproduis l'entretien qu'à bien voulu m'accorder Savina de Jamblinne, l'essentiel y est dit. L'original - il est mieux de toujours y revenir - est dans 20 000 lieues sous les livres....

«Ce jour, un roseau se penchait pour la première fois. Des mains malhabiles répétant les mêmes gestes l'assouplirent encore. Il était prêt. »

La Toile regorge d’informations sur les éditeurs en place, mais peu, vraiment trop peu, sur certains qui, travaillant à l’ombre des média, à l’ombre de ces géants sur les feux de la rampe, s’attèlent avec courage et détermination, passion et folie, à la confection artisanale, à l’édition pour dire les choses simplement, de mots et de textes qui entrent en résonance avec leurs goûts littéraires.

Christian Domec, éditeur des Penchants du roseau, dresse aujourd’hui le bilan de sa première année éditoriale.

1. Savina : Les Penchants du roseau fêtent leur première année éditoriale.  Tout un symbole.  Comment cette aventure a-t-elle démarrée ?

Christian : Oh ! C'est une longue histoire. La publication de textes ne m'était pas étrangère il y a de ça longtemps. Mais à cette époque, nous – je donc – ne nous soucions ni de dépôt légal, ni de propriété intellectuelle, ni de droit d'auteur, ni de tous ces petits signes qui encombrent les premières et dernières pages d'un livre. Non, nous avions à lire, à écrire, à colporter et nous le faisions comme ça, à la criée, sous le manteau, dans des assemblées ou leurs couloirs, anonymes ou fantaisistes, avec des traces d'encre sur les mains. Ensuite, j'ai eu une longue période d'absence, pris par d'autres activités et, en particulier, la lecture, celle silencieuse qui toujours a accompagné mes pas.  Curieusement c'est une fenêtre nouvelle, celle s'ouvrant sur Internet, qui m'a replongé dans la publication et ses débats vers le milieu des années 90.  J'y passais beaucoup de temps en conversations, conseils, autour de textes littéraires ou de leur publication. Ce temps, je l'avais donc, et cette aventure maturait.  Il fallut un déclencheur, ce fut La Route de Cormac McCarthy : texte d'une force extraordinaire derrière une écriture très épurée ; l'étincelle ne fut pas le texte, mais la façon négligée de sa traduction en poche, celui que je m'étais acheté.  Des dizaines de phrases tronquées par un vieux mastic qui – vu le procédé de fabrication de ces poches – ornait des milliers d'exemplaires de ce livre.  Regardez l'éditeur L'Olivier, du groupe La Martinière mis en poche sous marque Le Points : de si grandes pointures qu'il était vain de m'adresser à elles pour réajuster l'ensemble, celui de mon unique exemplaire.  Il n'était qu'un élément d'un stock qu'un flux avait échoué entre mes mains. Oui, ce jour là, au printemps 2009, je me suis décidé à faire tout le contraire. Ce jour, un roseau se penchait pour la première fois. Des mains malhabiles répétant les mêmes gestes l'assouplirent encore. Il était prêt.

2. Savina : Ces livres ne ressemblent pas aux autres :  leur confection relèverait-elle de l’artisanat ?

Christian : J'aime bien le mot artisan : l'artiste qui prend tout son temps. Si vous regardez bien un livre, du texte à votre main de lecteur, vous voyez qu'il concentre un labeur extraordinaire.  Un labeur lent.  Et s'il est bien fait, celui d'un artisan. L'écriture d'un auteur peut être traversée de fulgurances, mais hormis quelques poèmes, il ne peut œuvrer sur l'heure. Ce sont des semaines, des mois, des années de coupes et de découpes. Lorsque le texte rencontre son premier lecteur, l'autre, celui qui pourrait – soyons fou – l'éditer, une longue conversation s'engage. Au heurt de la lecture l'auteur devra répondre : heurter un peu plus ou fondre.  Le façonnage du livre peut mieux s'industrialiser, le procédé est assez simple, il a cinq siècles d'apprentissages accumulés.  Pourtant, demandez au premier correcteur ou maquettiste venu, les technologies les plus fines ne peuvent négliger l'œil. Oui, le livre relève de l'artisanat, même s'il est aujourd'hui manufacturé – l'écriture elle-même peut être produite par des logiciels, elle ferait pâlir d'envie des auteurs en herbes sauf leur fêlure.  Non, ce qui m'a décidé à façonner un livre de bout en bout, c'est ma défiance de cette chaîne, devenue « incontournable », celle qui divise le travail en compartiments étanches, hyper-spécialisés, et ne parlent plus – sauf pour la communication marketing qui crée des rentrées littéraires comme Boucicaut créa la semaine du blanc – que de produits, de stocks et de prix... réservant la part belle au pilon.  Alors oui, en artisan, je choisis le texte et son auteur, le papier, la police de caractères, la colle et le lieu où le livre pourra cheminer.

3. Savina : Sur votre blog Les penchants du roseau, vous mettez en lumière l’édition numérique.  Quel regard portez-vous sur cette forme d’édition, et pourquoi, dans la foulée de la création de votre maison d’édition, en tenez-vous compte ?

Christian : Ah ! le numérique, c'est le grand débat actuel.  Il coïncide avec l'arrivée de tablettes électroniques qui font comme si elles étaient des livres, alors qu'elles sont des bibliothèques éphémères de fichiers numériques.  Dans les années qui viennent, la rotation de ces machines, de leurs nouveaux modèles toujours plus puissants et adaptés vont créer un amoncellement de déchets considérable. Ceci dit, je ne rentre pas trop dans ce débat : livre papier versus fichier numérique. J'ai juste remarqué deux choses :

- la lecture ouverte, publique et presque gratuite (les bibliothèques municipales par exemple) favorise l'acquisition de livres ; il en va de même pour la lecture sur écran ou tablette, parce que cet objet, le livre, n'est pas simplement fétiche, il incorpore le texte comme nul autre objet, il lui donne chair et cette chair, nous aimons l'effleurer, l'écorner, même parfois la posséder et souvent la partager. L'offrir.

- Comparé au travail d'édition d'un texte, de composition et de publication, le temps passé pour transformer ce texte en fichier numérique est celui d'une virgule, les moyens, ceux d'un point, l'énergie d'une esperluette. Le fichier numérique, en temps que tel, a une valeur proche de zéro (contrairement à ce que peut dire le SNE – syndicat national de l'édition - dont le nez vient à l'instant de traverser ma fenêtre entrouverte).

Fort de ces deux observations, j'ai décidé de mettre en ligne tout ce que je publie. Il y aurait quelque chose à cacher ?

4. Savina : Votre passé (ou présent) professionnel vous est-il utile dans cette folle entreprise que vous menez aujourd’hui ?

Christian : Non, pas directement. Mais, vous avez dû l'observer, tous les lieux où l'on se frotte à d'autres, même les plus éloignés d'un objet nous le font voir d'une autre manière.  Sans doute, il y a un peu de folie dans ce que j'entreprends.

5. Savina : Quels sont les auteurs que Les Penchants du roseau ont l’honneur d’accueillir ?

Christian : Ah ! J'aime bien l' « honneur d'accueillir » parce qu'il y a de ça, en effet. Les auteurs ? Je cherche le côtoiement d'anciens et de modernes ou plus directement de morts et de vivants.  Les auteurs des trois premiers livres publiés sont Nicolas Dugord, libraire du XVIe siècle, Marc de Montifaud, femme sulfureuse, XIX e siècle, Paul de Musset, le frère d'Alfred, Jean Domec, amoureux des chèvres, Hervé Bréchet, amoureux des Conards et Jean-François Joubert à la sensibilité à fleur de mots.  J'aime retrouver la modernité et l'audace des anciens, la sensibilité profonde des nouveaux.

6. Savina : En tant qu’éditeur débutant dans le métier, à quelles principales difficultés êtes-vous confronté ?

Christian : Toutes, mais la première est lorsque je me présente : « apprenti libraire ». Pourquoi ?   Parce que lors de mes contacts, dès que j'annonce mon titre – on n'a que celui que l'on veut bien s'octroyer -, il y a confusion, méprise, sourire gêné ...  Pourtant, les mots ont bien un sens : un libraire est bien celui qui fabrique des livres et les publie. Ce n'est pas parce qu'il lui arrive de les vendre que ce dernier acte doit effacer tout le reste à tel point qu'il se sente obligé de ne faire plus que ça et d'exiger le code barre pour rendre sa tâche moins épuisante. Et apprenti... ah ça ! Je tiens à le rester toute ma vie.

7. Savina : Les auteurs qui souhaiteraient être publiés chez vous, doivent-ils remplir des conditions ?

Christian : Oui, que le texte qu'ils me présentent me plaise presque instantanément quitte à en reparler très longuement ensuite.  Qu'ils ne soient pas en quête d'une grande ni d'une moyenne diffusion, il y a d'autres portes pour ça.  Qu'ils ne craignent pas que leur texte soit rendu public... après publication... sur d'autres supports que le livre.  Mais tout ça je l'explique très clairement dans le contrat que je leur propose.  Il a de plus une particularité rare, très rare : l'auteur m'autorise à publier mais garde tous les droits sur son texte, il peut s'il le souhaite le proposer ailleurs ou le diffuser directement.

8. Savina : Comment pourriez-vous nous présenter votre ligne éditoriale, le style, l’atmosphère qui se dégage de vos livres ?

Christian : Je n'ai pas à proprement parler de ligne éditoriale, je procède plutôt par correspondance (« A, noir corset velu des mouches éclatantes ») et par « souvenance » (« Je me souviens des coups de règle en fer sur les doigts. »). Mais je penche vers la littérature qui se défie des genres.  Il n'y a pas d'unité de style ni d'atmosphère sauf dans leur fabrication : je cherche une ligne épurée, une sobriété, une discrétion, je n'y suis pas encore tout à fait arrivé, mais je m'en rapproche : l'éclat doit surgir du texte.

9. Savina :  Les penchants du roseau ont un an.  Par la force des choses, vous prenez le pouls de votre bébé.  Comment se porte-t-il ?

Christian : Je souris, je ris presque. Il va à ma mesure donc bien, pourtant, lorsque je vois le camembert – celui du prix du livre – bien ferme, un beau cercle sans aspérités dont la somme des portions fait 100, je me dis que celui sur lequel lorgne ce bébé est bien coulant, ça dégouline de partout et qu'à découper des portions nous pourrions en faire quatre au moins. Mais le camembert coulant quel délice ! si on le goûte avant que les asticots s'en mêlent. J'en suis exactement là.

10. Savina : Bientôt, un auteur verra le jour aux Penchants du roseau.  Pouvez-vous nous lever un pan de voile sur cette publication (et sur l’auteur) ?

Christian : Cet auteur, c'est  Cécile Fargue.  Elle n'a pas besoin des penchants du roseau pour écrire et publier.  Pourtant, oui, c'est une rencontre importante, en tout cas pour moi, pour les penchants. Importante parce que ce texte qui fera livre, celui qui s'appellera Le Souvenir de personne est certainement un des textes les plus forts, les plus troublants que j'ai pu lire ces dernières années.  Je pense – sans aucune forfanterie, je ne suis qu'un passeur dans l'histoire – que c'est un des livres de l'année.  Dommage, peut-être, qu'il ne bénéficie que de la petite brise qui font se pencher mon roseau.  Mais l'aventure est belle et me donne de sacrées responsabilités.

En dire deux mots ? Non pas tout de suite, mais peut-être citer cet extrait du brouillon de la quatrième de couverture : « Troublante, émouvante, poétique et grinçante à la fois, la langue de ce Souvenir fait vivre toutes les nuances du gris.  Cette palette sensible où le noir n’existe que parce que le blanc n’est jamais totalement absent. »

11. Savina : Vous n’ignorez point la difficulté pour les auteurs de trouver un éditeur, dont certains baissent les bras et abandonnent l’écriture.  Que leur diriez-vous ?

Christian : L'écriture ne doit pas être soumise à la recherche d'un éditeur. L'irrépressible besoin de publier, lui, peut trouver d'autre voies.  Mais cette rencontre se fera si l'auteur, tel un artisan, découvre et redécouvre son texte.  Il trouvera alors l'élan pour frapper à quelques portes, elles ne sont pas toutes fermées, loin de là.  Il suffit juste d'oublier celles aux couleurs criardes, aux accès encombrés.  Mais bon, tout auteur, je crois, le sait.

12. Savina : Un dernier mot pour les lecteurs de ce blog ?

Christian : Oh ! Je le trouve bien courageux de lire cette réponse, sauf s'il a sauté les précédentes. Ce blog est sympathique et y perce une pointe d'audace.  Il est parsemé de réflexions intéressantes.  Mais, comme pour l'auteur, ci-dessus, le lecteur/commentateur de ce blog le sait déjà.

Savina : cher Christian, merci pour ces échanges enrichissants, et …  longue vie aux Penchants du roseau !

Savina de Jamblinne.

jeudi 19 août 2010

Et Demain, je voulais vous dire...

Oui, je voulais vous dire que de ce blog je vais m'écarter un peu ; juste d'une côte. Pourquoi ? C'est un manuscrit, un texte plein et lié : une œuvre, elle demande mon attention. Je pense, je suis persuadé, que si le roseau se penche sur ces mots, il rencontre sa réson d'exister. Ah non ! Ne vous méprenez pas, je suis fier des Conards, sensible à Bleu Terre, réjouis de La Chèvre et de son jaune, mais là, pour moi, il s'agit d'autre chose. Une œuvre, née ailleurs, bourgeonnera ici pour s'épanouir plus loin. Oui, je le sais. Elle sera vagabonde.

Sa publication en nos penchants est déjà prévue pour l'automne, il viendra vite l'automne, novembre serait bien, le mois du neuf.

Il n'est pas possible de tout faire simultanément. Se pencher profondément demande du temps et du silence, des promenades aussi pour lire le texte à haute voix, l'écouter sans s'en distraire.

Alors oui, une pause ici, une pause aussi là où l'actualité de l'instant efface la précédente. Une pause sans oublier de se tourner vers hier. Nous penchons depuis une année bientôt, j'aimerais vous la conter un peu, j'aurai besoin de vous, je vous ferai signe, parce qu'hier c'est demain aussi. Je reprendrai ainsi quelques correspondances négligées. Il y aura donc des « demain les Conards », « demain Bleu Terre », « demain La Chèvre jaune » et cet autre demain qui me fait déjà trembler.

dimanche 15 août 2010

Ave Maria ! La Chèvre jaune est publié(e)

« L’étranger ne manquera pas de s’arrêter, et je me charge du reste. La taillade sera donnée en moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer notre mot d’ordre : Ave Maria. »
in La Chèvre jaune.

« la pensée du meurtre de l’ordinateur lui revint à l’esprit »
in La Chèvre jaune.

« Allez voir, c’est proche d’ici
Écoutez le son de la vielle :
Si l’on y danse, dansez-y
Si l’on y baise, qu’on m’appelle. »
in La Chèvre jaune.

Toutes les informations pratiques pour lire La Chèvre jaune sont ici : La Chèvre jaune, Paul de Musset. Roman suivi de Balade caprine à travers la littérature tourangelle, Jean Domec.

La Chèvre jaune

samedi 14 août 2010

Chers lecteurs

les penchants du roseau n° 31 (bulletin public au format pdf, à télécharger, à lire et à diffuser sans modération.

« Les penchants du roseau », librairie artisanale, vous propose un très petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l'étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine. Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou chez votre libraire, mais il vous est loisible de le feuilleter dans sa bi­bliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau ou plus charnellement dans votre bibliothèque préférée si vous en demandez l'acquisition.

Après le burlesque et sulfureux Les Conards de Rouen de Nicolas Dugord, Marc de Montifaud et Hervé Bréchet ; le sensible et poé­tique Bleu Terre de l’auteur breton Jean-François Joubert ; nous avons le plaisir d’annoncer la publication le 15 août 2010 de La Chèvre jaune de Paul de Musset accompagnée de Balade caprine à travers la littéra­ture tourangelle de Jean Domec.

Christian Domec, apprenti libraire.

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