Journal des penchants du roseau

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samedi 24 juillet 2010

Suspension

Esse

Est-ce ?

(photo de Paulo Barcellos, licence creative common)

mercredi 7 juillet 2010

Ouf

Le déménagement de l'atelier et de ses penchants est plus périlleux qu'il ne semblait. J'ai eu le plaisir d'être privé de connexion internet ces quinze derniers jours. Privation – ce mot – devrait faire éclater de rire mes contemporains de quinze ans d'âge passés. Et me rappeler que de la coupe aux lèvres la distance demeure la même pour peu que l'on veuille goûter à petites gorgées les saveurs du temps. Le rétrécissement apparent de l'espace et de ses dimensions crée l'illusion de l'immédiateté et de sa permanence : leurre d'une présence.

Cette connexion rétablie, je vais pouvoir me délecter de vos commentaires – je vous salue et vous remercie de les avoir déposés ; et reprendre doucettement les échanges que ce support permet.

Mais me souvenir toujours de cet extrait du Petit Prince :

Bonjour, dit le petit prince.
Bonjour, dit le marchand.
C'était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l'on n'éprouve plus le besoin de boire.
Pourquoi vends-tu ça ? dit le petit prince.
C'est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.
Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?
On en fait ce que l'on veut...
« Moi, se dit le petit prince, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine... »

dimanche 13 juin 2010

Stop

Pour raison de déménagement imminent STOP les éventuelles commandes ne seront honorées que vers la mi-juillet STOP annonce sera faite d'une nouvelle publication STOP elle plonge ses racines en Sicile STOP en Touraine aussi STOP point-virgule STOP finalement point STOP

mercredi 31 mars 2010

Cécile, merci

Si en premier fut le verbe, n’était-il douter ?

Cette inextinguible soif d’exprimer ce qu’il y a d’enfoui en nous par un silence, une mémoire, la manière particulière de nouer un fichu, une mélopée, la trace d’un charbon prolongeant notre main sur une roche… et plus tardivement – plus récemment donc ; voie ultime ? – l’écriture est certainement ce qui nous est propre, ce qui nous est commun. Cette expression a un compagnon fidèle : le doute.

Le doute ne tétanise pas, il n’empêche la décision, il la tremblote, la bafouille, la lapsus (il travestit un nom en verbe comme une voix sensible chevrote).

Le doute accompagne celui qui écrit, celui qui choisit, celui qui passe.

Alors lire la critique de Cécile Delalandre, celle de Bleu Terre, fait un bien fou. Certes j’avais déjà lu des mots encourageants de Véra, Bernard, Corinne, Valérie… Mais là !

Oui, Cécile, merci pour Jean-François, merci pour nos penchants, merci de substituer à un doute le prochain.

Christian Domec, apprenti libraire.

mardi 9 mars 2010

Non, Orwell n'est pas une rivière marocaine !

Dans le courant de cette année 2010, j'avais pour projet de publier la partie marocaine du Journal d'Eric Blair. Je disposais d'une traduction d'Arthur Morneplaine, restait à en demander les droits en expliquant que mes capacités de publication tournaient autour d'une centaine d'exemplaires. Depuis Noël dernier, j'ai contacté Gavin Freeguard, administrateur du Orwell Prize, Bill Hamilton et Jennifer Custer de l'A.M.Heath & Company et Mary Kling de la Nouvelle agence. Par cette dernière, j'ai appris une bonne nouvelle : ils sont à la recherche d'un éditeur pour entreprendre la publication de ce Journal dans son entièreté en France ; une moins bonne, ils ne m'autorisent pas à publier des extraits de ce Journal même en faible quantité.

J'en fais donc mon deuil et souhaite réussite à l'éditeur qui s'attellera à cet ouvrage.

Je donne ici un avant goût de ce qu'il pourrait être en recopiant la présentation qu'en faisait Arthur Morneplaine.

Journal d’Eric Blair

Orwell Maroc

« Les tortues ne semblent pas longtemps rester sous l ’eau
sans remonter à la surface aspirer un peu d ’air frais.»
Eric Blair

(Image réalisée d'après Eric Blair au Maroc, Orwell Archive, ULC Library Services.)

Journal d'Eric Blair - Esquisse

Depuis le 9 août 2008, The Orwell Prize, publie, sous la forme d'un blog, le journal personnel d'Eric Blair. Cette publication, soixante-dix ans après sa rédaction manuscrite, au jour le jour, est soignée et documentée. Elle devrait durer quatre années. Gageure moderne où — trop souvent — tout doit couver, flamboyer et s'éteindre vite. Sur le web, de nombreuses traductions circulent déjà en diverses langues, mais, à y regarder un peu, il s'agit, le plus souvent, du résultat d'un traitement automatisé régurgitant un galimatias digne de la célèbre novlangue de 1984.

Ce m@nuscrit est l'esquisse de ce que pourrait être l'édition de ce journal en français.Il s'appuie sur une initiative de traduction participative du blog des éditions Léo Scheer : celle de Zoé Balthus, d'Aloïs Hiller et de Christian Domec*. Notre seul loisir fut de relier ces jours, en estomper les coutures. Ce faisant, nous avons gardé à l'esprit la recommandation d'Aloïs : « un traducteur est, par définition, a pain in the ass » et la volonté de poursuivre notre ouvrage, dans la pénombre, les mois à venir.

Arthur Morneplaine.

N.B. Les coquilles qui émaillent ce journal sont de notre seule responsabilité.

Nous réjouir

Le 19 septembre 1938, sur les papiers réalisés en prévision de son séjour au Maroc, nous pouvons lire ce signalement : Blair Eric Arthur, taille : 1 m 82, front : moyen, nez : rectiligne, bouche : moyenne, menton : rond, visage : ovale, cheveux : châtains, barbe : rasée, corpulence : moyenne, yeux : châtains, teint : clair, femme : Ellen Maud O'Shanghnessy. Nous pourrions nous en contenter si, dans le Suffolk, ne coulait une rivière, autrefois poissonneuse, vers la mer du Nord répondant au nom d'Orwell.

George Orwell, connu dans nos contrées pour être l'auteur de 1984 et de La Ferme des animaux, est, en 1938, cet homme singulier qui se dresse plume à la main contre ce « monde vers lequel nous glissons, monde de la haine, monde des slogans. Chemises de couleur uniforme, fer barbelé, matraques. Cellules où l'ampoule électrique se consume jour et nuit, policiers guettant votre sommeil. Et les défilés et les affiches montrant des visages gigantesques, et les foules, millions de gens, acclamant le Chef, s'assourdissant jusqu'à croire qu'elles le vénèrent, et tout ce temps, au fond d'elles-mêmes, le haïssant à en vomir. Tout cela va arriver. À moins que... ? Certains jours je pense que c'est impossible, d'autres, que c'est inévitable. (1) » De cette plume il ne se contente pas et s'engage dans les combats de son siècle, âge des extrêmes (2), en tentant de nouer ces fils invisibles — se mettre en situation — entre les êtres contre leur massification.

Si, certainement, il fredonna l'Internationale, il devait écorcher le passage : « du passé faisons table rase » ; tant le passé ainsi que la langue qui le véhiculait avaient pour lui de l'importance : étudier, connaître, transmettre. Qu'ils ne s'accordent jamais avec l'orthodoxie du moment était un des moyens de combattre les tentations totalitaires : « le contrôle du passé dépend surtout de la discipline de la mémoire. S'assurer que tous les documents s'accordent avec l'orthodoxie du moment n'est qu'un acte mécanique. Il est aussi nécessaire de se rappeler que les événements se sont déroulés de la manière désirée. Et s'il faut rajuster ses souvenirs ou altérer des documents, il est alors nécessaire d'oublier que l'on a agi ainsi. (3) »

Le 9 août 1938, Eric Blair, âgé de 35 ans, se remet d'une longue maladie pulmonaire qui l'emportera douze ans plus tard. Son Hommage à la Catalogne vient de paraître, le siècle vacille : « Ce fichu Hitler, c'est autre chose. Et pareil pour Staline. Ils ne sont pas comme les types d'autrefois qui crucifiaient les gens, les décapitaient et ainsi de suite, juste pour s'amuser. Ils ont en tête quelque chose de nouveau... quelque chose qui ne s'est encore jamais vu. (4) » Pour raison de santé, il va rejoindre un pays chaud, accessible : ce sera le Maroc. Au fil de la lecture de ce journal que nous découvrons sur le site internet de The Orwell Prize, apparaît un Eric Blair que nous connaissons peu, mais que nous reconnaissons bien : attentif aux êtres, curieux du vivant, pessimiste, mais sachant s'extasier de l'apparition d'un œuf, du vol de canards sauvages, d'une technique de tournage particulière. Usant d'une langue simple, répétitive parfois — ces carnets n'étaient pas destinés à être publiés —, il revient sur un propos, sur une idée colportée, sur une observation hâtive : pour les amender, en rendre la culture plus riche. En cela, nous aimons le lire et nous réjouir d'un peu d'air frais.

Arthur Morneplaine, novembre 2008.

1— Un peu d'air frais, 1939. Roman écrit pendant son séjour au Maroc.
2— Cf. L'Âge des extrêmes, histoire courte du XXe siècle, Eric Hobsbawm, 1994.
3— Mil neuf cent quatre-vingt-quatre, 1949.
4— Un peu d'air frais, 1939.

Esquisse II

À Virginie, silhouette fugitive
À Véra, serpentin coloré

Esquisse II

Nous retrouvons Eric Blair à Villa Simont — location paysanne non loin de Marrakech — le 1er novembre 1938, là où son journal nous avait laissés. Au cours de ce séjour où sa maladie pulmonaire ne cesse de le guetter, nous le voyons attentif à créer les conditions de sa vie et porter loin son regard : il y cultive son jardin non, tel Candide, pour se détourner du monde, mais pour aspirer un peu d'air frais et y replonger.
Ce m@nuscrit poursuit l'esquisse de ce que pourrait être l'édition de ce journal en français. La traduction tente de s'approcher le plus précisément du texte original — un journal non destiné à être publié — à ne gommer ni les lourdeurs ni les répétitions, à éviter les anachronismes langagiers.

Arthur Morneplaine.

N. B. Les coquilles qui émaillent ce journal sont de notre seule responsabilité.

dimanche 28 février 2010

Qu'a-t-il donc bu ?

Ce matin je lis le billet de notre apprenti libraire. J'avoue ne pas tout saisir. Ses phrases se heurtent. Le sens a pris la poudre d'escampette. Qu'avait-il donc bu ? Je crains le pire pour les livres qu'il doit relier et lui rappelle que l'ordre des pages a son importance sinon à quoi bon les numéroter (1).

La photo du Caribou aurait suffi.

PS : ai lu, à l'aube (hum !), une note sautillante de Cécile Delalandre sur sa Lunule de Chios, oui, l'auteur de La Bézote, de Poupie Limpopo et de Reste la forêt.

(1) d'ailleurs, je ne vois pas trop l'intérêt de numéroter les pages d'une œuvre de fiction, comme si en cours de lecture, pour retenir l'endroit où nous nous sommes assoupis, nous n'avions qu'un nombre en tête pour tristement peupler nos rêves. Il est des mauvaises habitudes dont il faudrait s'affranchir.

samedi 27 février 2010

Attenti ai corni

caribou

Elle était là cette poutre d’étai, transversale, elle prolongeait une demeure délabrée jusqu’au bord du canal. Ma tendre (1) passa dessous, altière. Sur ses pas, je dus consentir la révérence, une légère flexion du cou, la pupille aux aguets d’un choc frontal. Elle se dilata soudain pour saisir en son trou noir le graffiti déposé sur les nervures : « attenti ai corni ». Un rire bramant sortit de ma gorge à mesure que des bois illusoires me poussaient. Mon aimée se retourna, mon soupçon réait.

Oui, je sais, le cornu, le cornard, le cocu, nous nous en moquons avec quelque facilité. Mais pourquoi rendre le rire difficile ou pis, subtil. Il a besoin d’une gorge pour se dilater. Et c’est bon.

De Venise, il est possible que plus tard – il se fait déjà tard – il ne me reste que ces mots : « attention aux cornes » et d’en rire encore. Pourtant, écrits ici ou sur un morceau de papier ça ne fait ni rire ni sens.

Un écrit quel qu’il soit n’est pas indépendant de son support : une poutre ici, un écran là et sur papier aussi. Une situation. Sa lecture résonnera différemment. Je ne sais pas pour vous, mais lorsque je me plonge dans un roman il ne peut être que de papier, sur écran je l’effleure autrement, l'écume.

Alors, une amie m’a dit : « je ne comprends pas ce que tu fais, tu mets les textes que tu publies sur internet en libre disposition et, dans le même mouvement, tu les proposes en livre. Penses-tu pouvoir vraiment en vendre ? » Je ne me souviens plus de ma réponse, elle devait être : « cela n’a rien à voir, ceux qui veulent effleurer, feuilleter, saisir un passage, oublier, iront sur internet ; les autres, peu nombreux – mais cela a-t-il vraiment de l’importance ? – aimeront pouvoir disposer du livre, de sa fragilité, là, à portée de leur main, à portée de cette papille chantante, pour s’y plonger. » Ma réponse aurait pu être tout autre : « regarde, Emma, oui, la Bovary, tu la trouveras partout sur le web, dans tous les formats, sur des pixels asservis à la machine du moment ; mais Emma, pourtant, couchée sur le papier fait toujours un tabac, peut-être parce qu’Emma, vivant ses lectures sur de beaux volumes et s'y épuiser, nous y soumet. »

Alors, encore alors, je vois bien où nos éditeurs (2) d’importance veulent nous mener. À mesure que leur cavalerie inonde la librairie, ils placent de belles billes dans le numérique, ses tuyaux, son cryptage et ses péages. Ils trouvent même quelques soldats de plomb qui pensant s’affranchir de leur tutelle sont les propagandistes bavards de leurs visées : contrôler les flux analogiques et numériques et que sais-je encore ? Pourtant leur argile est si vieille qu’elle laisse place à quelques fissures. Celles-ci m’importent.

Alors oui, en accord avec les auteurs : la liberté totale du feuilletage en librairie, en bibliothèque, chez un ami, sur un terminal numérique n’empêche en rien la transmission des livres, de nos livres, à ceux qui veulent s’y plonger.

Bleu Terre comme Les Conards de Rouen sont en libre feuilletage via l’ogre Google et dans quelques bibliothèques.

Christian Domec, apprenti libraire.

(1) si elle me lit, elle rira, j’en suis sûr.
(2) ça manque de référence... Je ne vais pas faire tout le travail. Regardez Hachette, par exemple, et l’extension de son domaine. Fouillez aussi du côté du Syndicat national de l'édition et ses pensum.

(photo, Caribou, Hamed Saber, licence creative common)

mardi 9 février 2010

Mer ocre

sentiers_des_ocres

Attendre que la maquette soit finie, lécher la quatrième de couverture, y parler de récréation et de comptine, préfacer en soulignant ce paradoxe : un monde désenchanté où surgissent des êtres qui ne le sont pas, choisir des œuvres de Georges Briot, les reproduire soigneusement, ne les faire baver et s'interroger tout haut, comme je vais le faire, sur ce qui nous fait choisir un texte pour devenir livre. Attendre avant d'annoncer la publication de Bleu Terre de Jean-François Joubert. Compter les heures et lui dire merci pour la confiance qu'il accorde à l'apprenti libraire et les quelques exemplaires qu'il pourra façonner.

Quelle curieuse alchimie nous oblige à publier un texte plutôt qu'un autre ? Oh ! Je connais les réponses proclamées par ceux qui ont coutume de publier et ceux qui les observent : le texte diront les uns, le sexe et l'argent, proclameront les autres. L'affaire est entendue ce n'est qu'une question de goût, de préférence sucrée pour ceux qui ont l'ocre amer à la bouche, le boniment facile et l'imagination crispée. Et pourtant, je m'interroge. Pourquoi Bleu Terre ? Est-ce le texte ? Oui, certes, le texte ; et pourtant, non, pas le texte en lui-même, plutôt ce qu'il suggère de la sensibilité de l'auteur, ses conversations avec des êtres peuplant l'estran ou masqués par les profondeurs, la tête en l'air, l'œil cillant à l'astre facétieux. Et aussi la mémoire. Ce souvenir d'un bref échange, des images qu'il suggéra. Vouloir les décalquer d'un trait malhabile, ce que seul une main tremblante sait dessiner.

L'échange eut lieu là où les manuscrits étaient déposés du côté des éditions Léo Scheer, en voici la teneur, celle que mon greffier sut saisir :

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - Poisson-de-lune

Les quarante ou cinquante premières pages sont à couper le souffle. J’ai cru rêver tellement c’est beau et fait résonance pour les amoureuses de la mer et des astres. Puis j’ai préféré m’arrêter par crainte de rompre le charme. C’est comme pour l’aquarelle ou le pastel, les matières sont tellement agréables au toucher que tout l’art est de ne pas trop s’y complaire, sinon le dessin risque de se fatiguer. Si j’étais jury dans un club de lectrices, je donnerais un 10/10 pour l’écriture en tous cas.

L’âge du capitaine - vendredi 29 août 2008 - Ludivine Cissé

Si vous avez moins de vingt ans, c’est - disons - vaguement encourageant. Autrement, votre effort est au mieux inégal. Quelques rares trouvailles qui frôlent la poésie, mais des tonnes de clichés navrants, aussi, et des échos de mirliton partout, partout. À moins que vous ne soyez un amoureux comblé, auquel cas vous ne faites que confirmer, après vingt-huit milliards d’autres niais triomphants, que le bonheur écrit décidément très mal. Mais à en croire le commentaire précédent, votre ami(e) a aimé - et si vous pensez que c’est l’essentiel, voire que cet avis prime sur tous les autres, alors écrivez plutôt des listes de courses. Vous m’êtes sympathique, cela dit. Une belle âme, sans doute.

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Ludivine Cissé. J’ai moins de vingt ans... d’écritures... et déjà, je cite : « quelques rares trouvailles qui frôlent la poésie. » Venant de vous cela me fait sourire. Je parcours le blog et vos commentaires sont toujours là, présents, pour faire mal. Les clichés, possible, mais contrairement à vous, je ne les note pas dans mes listes de courses. Donc si j’en fait c’est que je suis rattrapé par l’inconscient collectif... Pour finir, merci quand même d’avoir posé vos yeux sur ces textes, et je crois que vous avez essayé d’être « gentille ».

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Poisson-de-lune. L’écriture est ce plaisir de partager ses émotions, ne serait-ce qu’à une seule personne... Vous avez rêvé, quitté la scène avant de : « rompre le charme » et laissé ce commentaire, sincère, qui me touche... Que dire d’autre : Merci !
Conclusion : Merci d’avoir laissé un commentaire...

Sœur Emmanuelle - vendredi 29 août 2008 - Ludivine Cissé

@Jeffjoubert. Pas pour faire mal, non, ne vous méprenez pas. J’ai apprécié votre travail, même si je le dis sans doute avec la maladresse d’un style qui ne s’y prête pas. Seulement j’exècre le ménagement hypocrite et l’indifférence qui se voile d’une appréciation molle. Votre texte manque à mon avis de maturité, mais pas de talent ni d’ambition. Ce n’est sûrement qu’une question de temps, et d’expérience, pour qu’en disparaissent les scories qui m’empêchent d’être vraiment touchée. Au plaisir de vous lire davantage, et mieux.

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Ludivine Cissé. Là où je vous suis c’est sur le côté « inégal » cependant je ne suis pas certain que le temps soit un ami... (je brûlerais bien quelques textes...)
Et ce qui est sûr, c’est que vous n’êtes pas « hypocrite » et ce : « J’ai apprécié votre travail, même si je le dis sans doute avec la maladresse d’un style qui ne s’y prête pas », ce doit être un sacré compliment, du moins je le prends tel quel...
Merci... Vous me donnez l’envie de recommencer mes « listes de courses » en évitant les scories, bien sûr...

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - Christian

@Franfreluche. J’ai entamé Bleu Terre ce matin - aux aurores - comme vous m’y aviez invité. J’ai sursauté, la comptine des jours de la semaine qui ouvre l’ouvrage souvent je l’utilisais en d’autres variations auprès de ma fille.
Beaucoup de douceur dans ces textes, c’est charmant et enchanteur.
Votre comparaison - du moins celle de Poisson-de-lune - avec l’aquarelle et sa fragilité est très juste. J’ai lu la critique de Ludivine Cissé nécessairement outrancière et définitive, mais qui ne manque pas de justesse si on en atténue les traits (elle a aimé vraisemblablement avec tout l’agacement que cela procure). Du bleu-terre à la lettre-bluette la marge est mince ; les bluettes ne sont-elles pas aimables si l’écriture sait les habiller ?
Oui, un recueil d’aquarelles avec ces textes en vis-à-vis serait une bonne idée.

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - jeffjoubert

@Christian. Certains textes de Bleu Terre sont nés de mes impressions sur la vue d’aquarelles de Georges Briot, un peintre que j’adore. Merci de votre passage, de votre lecture et de ce commentaire...

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - Christian @Jeffjoubert. Ah Georges Briot, je ne connais pas. J’ai trouvé ce site.

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - jeffjoubert

@Christian. Eh bien maintenant vous le connaissez... le lien que vous avez trouvé est correct, cet homme peint la nature depuis de nombreuses années et son atelier se trouve près de chez-moi... Voilà comment, j’ai pu m’inspirer de ses propres inspirations, pour certains textes...

Bleu Terre - mercredi 22 octobre 2008 - eva baila

Jeff, je viens de lire avec plaisir Bleu Terre. J’y ai retrouvé des chapitres que j’avais déjà lu sur un site d’écriture, et que j’avais beaucoup aimés. À cette époque, je me souviens vous avoir demandé si vous étiez peintre aussi, tant votre écriture semblait colorée, visuelle. J’ai maintenant la clef : certaines évocations, dites-vous, sont inspirées du peintre Briot. J’ai lu Bleu Terre avec la naïveté du lecteur ordinaire, profitant de la mélancolie et de la douceur des évocations oniriques. Je n’ai certes pas l'œil d’un écrivain, ni celui d’un éditeur, et je me suis laissée bercer par cette douceur, sans trop de questionnement. Ce fut un très agréable moment passé avec vous, et je vous en remercie. Toutes mes amitiés. eva-Cerf volant.

Bleu Terre - jeudi 23 octobre 2008 - jeffjoubert

@ Cerf-volant. Quelle patience, puisque je sais que vous connaissez déjà ces textes, et malgré tout, vous continuez à y prendre du plaisir... Sachez simplement, que j’ai de nouveau envie d’écrire des textes courts, un peu grâce à vous. Merci et amitiés. Jeff

...
...

Se demander si la réponse ne se trouve pas dans ces quelques lignes, les relire encore et attendre que la maquette soit finie, lécher... avant d'annoncer... Bleu Terre.

Christian Domec, apprenti libraire.

(photo, Sentier des ocres, abigailvisits, licence creative common)

samedi 9 janvier 2010

Une révision déchirante... une décision reposante

Pause

Rassurez-vous, il ne s'agit ni de parler de pilon (1), ni de cesser de nous pencher.
Simplement constater que la production d'un exemplaire de notre première publication, nous prend trop de temps (actuellement plus de deux heures) et nous revient plus cher en matériels (papier, encre, colle, film plastique, enveloppes, frais postaux, etc.) que son prix nominal dès lors qu'il n'est pas vendu de la main à la main.

Je décide donc :

  • de clore la première édition des Conards de Rouen (2),
  • d'arrêter la production de livres pendant un bon mois,
  • d'une pause.

Une pause ?

Cette pause, l'arrêt de la production de livres, sera comme un temps suspendu.

Suspendu à la préparation de trois nouveaux livres : une réédition des Conards de Rouen, une balade poétique, un « policier ».

Suspendu à l'apprentissage d'autres façons de relier, de fabriquer un outil en cours de conception qui facilitera les opérations de presse, de sciage du dos et d'encollage ; à l'achat d'une nouvelle imprimante moins gourmande en encre et plus fiable (il ne faut pas que je me plante, dit le roseau).

Suspendu à la lecture de manuscrits reçus.

Suspendu à la rédaction de quatre bulletins spécifiques : l'un en direction des bibliothèques ; le second, des libraires ; le troisième, des éditeurs ; le dernier, des chroniqueurs.

Suspendu à l'écriture de billets sur le blog surtout dans les parties projet, atelier et papiers : sur le thème : « voilà pourquoi et comment je fais : chapardez, remarquez, critiquez ».

Suspendu à l'articulation entre le livre et sa représentation numérique.

Une pause, donc, où l'ennui ne risque pas de m'assombrir.

Je profite de cette première heure de pause pour remercier toutes celles et ceux qui m'ont encouragé, vous ne pouvez pas savoir à quel point ça m'a fait du bien.

À bientôt.

Un apprenti libraire, 2010.

(1) bien que, à partir de cette vidéo, nous reviendrons sur ce sujet. L'industrie de la marchandise livre s'accommode très bien du pilonnage du quart de sa production, elle participe au développement durable des stocks. Ces derniers, leur gestion, donnent d'ailleurs de très mauvaises habitudes à tous ceux qui gravitent autour de l'industrie de cette marchandise, un certain mépris de l'objet et de la main qui le façonne. Que d'anecdotes déjà engrangées depuis à peine plus d'un mois, elles font pousser mes incisives.

Le pilonage des livres - Ma-Tvideo France3
Les livres invendus finissent pilonnés dans une usine de Vigneux. Toutes les cinq minutes, 1,5 tonne de livres y sont détruits. Le papier est ensuite recyclé dans l'industrie papetière.

(2) mon stock est suffisant pour satisfaire toutes les commandes en cours, les envois se feront lundi 11 janvier.

(photo de de douaireg, licence creative common)

lundi 4 janvier 2010

Mes « à faire » janvier 2010...

gargouille

Très pratique ce blog, je peux noter mes courses... Et voir celles prévues et omises en décembre.

J'avais dressé une liste comme on pourrait le faire d'une table, mais elle était tellement longue... j'ai préféré tirer sur la nappe.

Donc : poursuivre et croquer un fruit.

l'apprenti, 2010.

(photo : gargouille du Palais de Justice de Rouen, putneymark, 2009, licence creative common)

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