Journal des penchants du roseau

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jeudi 9 octobre 2014

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Bleu Terre

Bleu Terre

Vous avez feuilleté ou lu Bleu Terre ? Les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon ou de l'ivresse. Je suis aussi vivement intéressé par les célèbres question : où ? quand ? qui ? quoi ? comment ? Concernant la lecture de ce livre.

Merci.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs(1) de Bleu Terre en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]

(1) étrange langue françaises, le féminin s'imposerait pourtant vraiment ici.

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Venez découvrir Bleu Terre

Demain, il y aura une quinzaine que j’ai terminé « Bleu Terre » de Jean-François Joubert.
Pourtant, j’ai l’impression de n’avoir pas fini ce livre où tout est fort, brillant et magique. Mais dire que j’ai aimé est insuffisant.
De ce recueil de textes courts, je retiens une poésie vivante tantôt nostalgique, tantôt onirique. Si « l’albatros » de Baudelaire avait dû écrire le récit de ses voyages et ses Mémoires, certains textes pourraient être de sa plume.
Car, ne nous méprenons pas : ce « Bleu Terre » parle de la mer et de ses côtes, de ce qu’elle inspire, de ceux qu’elle fait vivre ou mourir ; mais aussi des animaux qu’elle abrite, de ses paysages et différents aspects, des légendes et rêveries qui lui sont rattachées…

On peut sentir dans chaque mot, l’amour que l’auteur lui porte et à quel point elle est intimement liée à de nombreux aspects de sa vie actuelle. Peut-être même de ses vies antérieures vu le respect face à la source de toute chose qu’est l’océan, et la sagesse qui émane de certains textes.

Quant à moi, j’ai adoré ceux puisés directement à l’âme et au cœur de Jean-François Joubert, ceux qui mettent la larme à l’œil ou font pleurer avec bonheur tellement ils font écho à des sentiments ressentis par chacun à un moment ou un autre de sa propre vie. Preuve, s’il en faut, que les meilleures choses sont écrites à l’encre de la souffrance voire du désespoir.

Dans le texte – Suspension divine -, on nous interroge : « Que donner de plus quand on n’a rien d’autre qu’une vie à donner ? ». Ses sentiments les plus intimes, une parcelle d’âme, ses joies et ses larmes, ce qu’on aime et qui nous inspire…

Merci Jean-François.

Céline C. M. (je me suis permis de vous emprunter ce texte, dites-moi si j'ai eu tort)

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Mon avis concerne le livre de Jean-François Joubert « BLEU TERRE ». J'aime les textes de Jeff, même (ou peut-être à cause ?) s'ils ne sont pas totalement aboutis, pas "pro" : il a vraiment un monde à lui, des côtés absolument touchants, une vraie veine poétique.

Je ne connais pas les autres auteurs que vous avez publiés.

Pour ce qui concerne le livre, j'ai aimé le choix du papier et la typographie, la mise en page aérée et le dos solide. J'ai regretté que les illustrations ne soient pas toutes en pleine page, quitte à en mettre moins. Je trouve la couverture un peu mince et surtout, le défaut qui m'a paru le plus flagrant est son aspect gondolé, dû, je pense, au passage sous presse.

J'ai énormément apprécié le côté humain des échanges, le suivi de la commande ( j'imagine que vous devez y passer un temps fou !) : je n'ai jamais eu l'impression d'être une cliente anonyme, mais une amie potentielle !

Au total, j'ai l'impression en ayant acheté ce livre d'être dans le registre (précieux car il disparait !) des véritables amateurs : des gens qui partagent un amour de la chose bien faite, avec soin et personnalité et je vous en suis reconnaissante.

Nicole Delvallée (repris de ce billet-ci)

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Bleu Terre de Jean François Joubert :

Avis sur le texte : j'ai connu Jean François sur un site de correction où j'ai pu lire plusieurs de ses textes. J'ai été fasciné par cet auteur, sa personnalité à la fois fragile et attachante et sa capacité à écrire dans plusieurs genres. Il s'agit ici d'un recueil de poèmes où plutôt d'une balade poétique magnifiquement illustré par Georges Briot. Je n'ai pas encore fini de lire ce livre mais, bien que n'étant pas très passionné par la poésie, je pense en faire un commentaire prochainement sur Babelio.

Avis sur son enveloppe : les illustrations couleurs donnent à ce livre un cachet certain.

Bernard Fauren. (repris de ce billet-là)

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Bleu Terre

Suffit d'ouvrir les pages de Bleu Terre de Jean-François Joubert et la vague mangeuse vous avale dans un flot de salive qu'aurait un goût d'embruns, d'algues et de varech ...

Engloutis nous sommes, avec délices et presque volupté par ce souffle marin qui parle, nous parle, leur parle, lui parle, du crépuscule à l'aube, de cette langue d'eau qui charrie tant d'images, de sons, d'odeurs qu'on en finit par être sa balade à lui ...

Cécile Delalandre

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J'en suis à la troisième lecture de BLEU TERRE ... et toujours sous hypnose !

Je ne peux donc pas dire ce que j'en pense ... mais simplement que je ne peux pas m'empêcher d'en REPRENDRE une page chaque fois que je vois le livre !
C'est grave, Docteur ?
Bin tant pis : il tiendra une place de choix dans ma vie !
Merci à l'auteur, à l'éditeur et qu'il fende les eaux, ce bookin :-)

Simone Milhé.
(repris du commentaire ci-dessous)

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(...) Balade se réclamant poétique, laissant aux mots la liberté de choisir, et leur place, et leur force ; une façon, nonchalante, de laisser couler une écriture fantasque, mais sans doute, travaillée habilement, qu'on peut lire à voix haute : « pas un chat ne passait par là, aucun chien non plus ; le temps avait mis sa pause et le jardin gardait ses secrets » (...)

Martine Lamouché Petauton in Reflets du temps

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« (...) Ce sont de petits textes de longueurs diverses, dans une sorte de prose poétique, un recueil d’émotions sur fond de tempête, de brume, d’éclaircies soudaines, et de tout ce qui fait le charme de cette région. L’auteur semble imprégné de cette nature sauvage et c’est avec un certain talent qu’il nous livre le fruit de ses impressions. (...) »

Lire l'article de Noann en entier.

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Un recueil poétique en forme de balades où l'auteur joue avec les mots jusqu'à l'enivrement... on pense à cette « quête de l'inconnu par le dérèglement de tous les sens » de Rimbaud. Il y a effectivement du « Voyant » chez Jean-François Joubert qui évoque des ailleurs à partir des couleurs qu'il associe avec bonheur :

« ...il voyageait dans un monde féerique, son âme aimait les étincelles de couleurs de ces poissons étranges qui offraient des ondes rouge vert phosphorescent, de l'artifice à implosions électriques… »

Bleu-Terre c'est aussi une ode au monde marin, les bateaux, les poissons... et puis une nostalgie d'un passé qui ne sera plus « Fantôme de nos mémoires » :

"Mon grenier, je t'aime comme une dépendance, une drogue alitée, toi, qui conservais, sans le savoir, toute la mémoire, tout ce passé. Toute cette sensibilité étalée sur le sol, ce désir de livrer sa conscience, de se livrer, de se donner, m'ont aspiré."

C'est au fond ce qui m'aura le plus marqué au cours de ma lecture : cette « sensibilité » qui engendre aussi la souffrance... et puis cette évocation d'Elle qui sourd de page en page.

J'ai eu l'occasion d'écouter une lecture mp3 de Bleu Terre que je recommande car la « mise en bouche » de Cécile Delalandre met bien en valeur la musicalité des textes.

Enfin, mention spéciale à Georges Briot pour ses aquarelles qui entrent très justement en harmonie avec les textes de Jean-François Joubert.

Becdanlo (recopié de Babelio)

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(...) Certaines balades sont tout simplement magnifiques, et les mots utilisés par l’auteur sont d’une grande force. Je pense notamment à La Sorcière, La femme horizon ou encore L’’Ours. Ce sont les trois écrits qui m’ont le plus marqué. Avec eux, j’ai rêvé et voyagé. Diverses émotions sont ressorties de ces lectures. Avec La Sorcière, on retombe dans l’enfance et nous nous remettons à penser à toutes ces histoires farfelues qu’on pouvait imaginer lorsqu’on était enfants. La femme horizon nous fait sentir toute la puissance de l’amour. L’Ours nous plonge dans les méandres de l’être humain, et ce qu’il peut causer à la terre. Comme l’ours, on est confus et révolté.

D’autres textes ne m’ont pas vraiment touché. Je les ai lus sans être porté par les mots et sans vraiment voyager. (...)

Extrait de l'article de Gaëtan « Bleu Terre, balade poétique et insulaire », de Jean-François Joubert

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Katell et Bleu Terre

Katell et Bleu Terre

Photos : A.-C. et E.T.

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Terre et rêves

Terre et rêves

Photo de Carmen Pennarun Boucher (contact)

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Terre-mère

Terre-mère

Photo de Carmen Pennarun Boucher (contact)

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dimanche 7 avril 2013

Bienvenue aux lectrices et lecteurs d'Un mal nécessaire

.Un mal nécessaire - Scènes étrange d'une enfance de garçon 1

Chers lecteurs d'Un mal nécessaire, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.

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Dans Un mal nécessaire nous faisons plus ample connaissance avec Jens Erwaal, le père de Wems et Serg. Architecte naval apprécié, confortablement installé dans la vie, Jens va voir son passé le rattraper sous les traits d’un maître chanteur, Harj Welsoen, et devra agir pour sauver sa réputation, sa vie et celle des siens.

Dès le début du récit nous comprenons que quelque chose d’important va se passer et rapidement nous en devinons l’issue. Aucun suspens n’est entretenu et à mon avis, ce n’est pas un manque dans la rédaction du récit mais tout simplement que cet effet n’était pas recherché. L’auteur, habilement, nous fait entrer dans la tête de Jens, prendre possession de son corps afin de nous faire vivre cette rencontre décisive. Par le biais de dialogues intérieurs, nous apprenons son passé d’officier, nous ressentons son angoisse et sa solitude lors de sa rencontre avec ce Harj Welsoen. Le rendez-vous a lieu la nuit, dans un endroit isolé et par conséquent à l’abri des regards. L’homme, vicieux, livrera alors dans un long discours les détails d’une sombre affaire remontant à quelques années. Jens parle peu et cette récitation sournoise fera petit à petit monter la pression chez lui. Elle est palpable. L’auteur maîtrise parfaitement les dialogues (dans le cas présent un long monologue) et a su rendre une atmosphère pesante, lancinante qui nous hérisse le poil. Nous sommes Jens et n’avons qu’une envie : clouer définitivement le bec de ce sale type.

Dans le texte de présentation de ces scènes étranges, il nous est précisé que leur écriture est quasi cinématographique. Ce Mal nécessaire en est une parfaite illustration. Aucune difficulté à visualiser cette scène et j’ajouterai qu’à la lecture j’ai eu réminiscence de films visionnés avec des scènes semblables. Aucun film précis, juste une impression de déjà-vu.

De plus, notre mémoire est sollicitée avec l’évocation d’une certaine « police » la Kreepo, des escadrons maudits.

Et puis il y a un moment fort dans ce texte, très fort et pourtant bref : le train sortant du tunnel. Une interruption dans le monologue de Welsoen qui n’est pas anodine….

Jens mettra un terme à cette rencontre comme il se doit. Même si c’est malgré lui, même si sa conscience le torture, Jens tient à protéger les siens et surtout, même s’il ne le reconnait pas (Welsoen en a joué dans son discours) à demeurer « idéal » aux yeux de ses fils.

A ma première lecture, j’avais apprécié mais je trouvais au récit quelques faiblesses que je ne savais définir. Un petit quelque chose qu’il me semblait manquer. Une seconde lecture a dissipé cette impression. Je crois qu’en fait ce sentiment confus était tout simplement un malaise, celui d’un questionnement : Est-ce un mal nécessaire ? Une fois de plus, Garçon a su mener son récit avec beaucoup de talent et si ce celui-ci est différent des précédents, il n’en est pas moins puissant.

Yasmina Hasnaoui

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Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Scènes étranges d'une enfance de garçon - Objet onirique

scènes étranges d'une enfance de garçon - objet onirique 1

Chers lecteurs de Scènes étranges d'une enfance de garçon - Objet onirique , les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.

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Anaïs...

Anaïs

Photos : A.-C. et E.T.

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« (...) On retrouve cette pulsion de violence dans l’écriture, qui procède par à-coups précis, très cinématographiques et qui cherche à meurtrir, à frapper l’imaginaire avec le plus d’efficacité, de force possible. Ces textes, fort courts, se lisent comme des upercuts visuels, au rythme rapide, cru, prenant.

De ces bribes de sentiments et de récits éclatés jaillit, à la façon d’un tableau impressionniste, un contre-univers qui se déploie comme des souvenirs venus d’ailleurs, un ailleurs aussi sombre que fascinant, à la réalité sans doute décuplée par le simple fait que l’auteur de ces récits se refuse à les signer… »

Lire l'article de De Litteris en entier en suivant ce lien.

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Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Dangereuse expédition

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Chers lecteurs de Dangereuse expédition des Scènes étranges d'une enfance de garçon, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.

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Je viens de lire "Dangereuse expédition" et j'avoue que ce récit, comme le précédent, m'a beaucoup troublée !

A l'époque de mon enfance, la sévérité de mes parents sans être identique à celle des parents du livre était impressionnante par rapport aux méthodes d'éducation actuelles. Ceci dit, cela n'enlève rien aux qualités de mes procréateurs à qui je dois tout.

Toutefois, je me suis rendu compte que, enfant, ce qui m'a manqué c'était le fait que nos parents ne nous disaient jamais qu'ils nous aimaient. Cela ne se faisaient pas. De nos jours, on le dit parfois sans compter et à tort et à raison, ce qui, à mon avis, n'est pas forcément très bien non plus. Pourtant, secrètement, et, peut-être, bêtement, j'attendais qu'ils me le disent.

En refermant le livre et en repensant à la phrase qu'elle avait dite à son fils aîné, "...maman t'aime, je t'aime très fort aussi...", je ne pus empêcher mes larmes de couler...Effet de catharsis ? Probablement.

Emouvant et inquiétant récit !

Maïa (appréciation reçue par mail)

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Il est des récits dont la lecture, tout juste achevée, nous laisse dans un état qu’on ne peut définir tant le bonheur et le malaise sont présents. Ces scènes étranges en font partie.

Dans cette dangereuse expédition, l’auteur nous ramène une fois de plus à notre enfance et aux jeux auxquels nous nous livrions. Des jeux, dont le genre respectait le sexe, où nous nous identifions aux adultes. Avec un style qui lui est propre, la plume, à l’instar d’une caméra, nous visionne deux petits garçons, des frères, s’adonnant à un jeu de guerre. Le danger est présent, la mort n’est pas loin.

Le style de l’auteur simple et si singulier, non seulement nous rappelle notre propre enfance mais nous transpose dans le corps de ces deux protagonistes. Nous ressentons l’angoisse du petit Serg, nous haletons devant le danger qui arrive à son point culminant devant cette porte, celle de la chambre des parents. Territoire si convoité par l’enfant et si terrifiant, la vision de la scène tuant l’idéalisation de ces êtres que sont les parents.

« Ils font de l’amour » et les pensées de mort submergent Wems. La vengeance sera implacable et Serg en fera les frais.
Cette mise en italiques de Il et Elle, cette manière si étrange de nommer les parents nous laisse supposer qu’il y a autant de haine que d’amour dans le cœur de Wems pour eux.

Un récit très fort, très humain. Tout au long de la lecture, j’ai ressenti une obsession chez l’auteur, celle de se délester.

Merci à lui et aux Penchants de ce partage.

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous)

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C'est-à-dire, qu'à mon corps défendant, ce qui me charme aussi dans ce récit-ci, c'est son irrésistible drôlerie tendre. Si j'ose dire.

Mais non dénuée de cette cruauté souvent propre à l'enfance que le monde dit des adultes semble souvent ignorer en vieillissant.

Citer des exemples seraient trop réducteur, mais je pense que la prouesse - le génie - du narrateur est d'avoir su transmettre un univers de l'enfance, ses émois, ses tourments, en parvenant, par sa justesse de ton, à créer de véritables archétypes.

Personnellement, je ne pense pas que le style soit "naïf", mais, au contraire, il dénote une faculté singulière d'introspection avec la mémoire à l'enfance qui me laisse franchement baba.

Si, un exemple quand même ! L'expression de l'ombrageux Wems « Ils font de l’amour », résume à merveille - par son petit "de" - la petite voix secrète du récit. Drôle à souhait, j'insiste !

Véra-Rèva (recopié d'un commentaire ci-dessous)

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Partie pour une dangereuse expédition avec Garçon !

Partie pour une dangereuse expédition avec Garçon !

Photo de Yasmina Hasnaoui.

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Dangereuse expédition !

Dangereuse expédition !

Photo de Lise.

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Sortie de route

Sortie de route

Photo de Luzsky.

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Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Retours difficiles

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Chers lecteurs de Retours difficiles des Scènes étranges d'une enfance de garçon, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.


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Avant de livrer mes appréciations, je tiens à préciser que je n’ai lu aucune critique, aucun commentaire sur les écrits d’Eric Meije – même pas l’échange mis en ligne ici sur le site accompagnant l’annonce de sa publication -, tenant ainsi à préserver un regard nouveau, « innocent » sur les Retours difficiles. Dès les premières lignes, j’ai eu le sentiment de connaître cette écriture ou plutôt cette voix. Voix d’un narrateur nous rapportant une histoire, vous savez ce genre de voix que l’on entend dans les films, alors que les images défilent.

Quand nous lisons, notre imaginaire se met en route et va à la rencontre de l’auteur, le rejoint sur son terrain créatif. Ici, c’est l’imaginaire d’Eric Meije qui vient à nous et de lecteur nous devenons spectateur. Nous devenons « voyeur ». C’est une des grandes forces de ce récit.

L’écriture d’Eric Meije est simple avec de longues phrases dont le rythme met en haleine, l’image est en perpétuel mouvement avec des sensations de gros plans, de digressions, pour revenir ensuite au sujet premier. J’ai été très frappée par ce style et je rejoins ce qui a été mentionné en préambule au récit. L’écriture est cinématographique.

Ces Retours difficiles dégagent une atmosphère pesante. Certes, nous ressentons l’angoisse de ce petit garçon ayant peine à retourner au pensionnat – comment ne pas l’être avec l’évocation des châtiments ? - mais nous sommes également gênés par la normalité d’un contexte qui est tout sauf normal. C’est cette évocation d’acceptation qui est dérangeante. Soumission à une autorité quelle qu’elle soit, quoiqu’elle exige. Le passage évoquant son amour pour son père est très éloquent. Ces répétitions de mots tel que « père », ces insistances, sont comme des martèlements jusqu’à assimilation.

Si l’histoire se déroule dans un lieu sorti de l’imagination de l’auteur, elle n’a aucune difficulté à entrer dans notre réalité. La situer dans un lieu connu et réel n’aurait pas eu le même impact. Dans le cas présent, ce lieu inconnu permet à chacun de se situer dans cette histoire. C’est très judicieux de la part d’Eric Meije. Il est fait appel à une mémoire, à celle que l’histoire nous a malheureusement léguée. Chacun peut faire le rapprochement avec des faits, des lieux.

Eric Meije nous livre cette histoire et je l’y ai senti très impliqué, ce qui fait la beauté de ce récit. S’il n’y a pas d’effets de style, d’écriture pompeuse, d’artifices inutiles, il y a de l’humain dans ces mots et en cela on ne peut être indifférent.

J’ai été fascinée et dans le même temps perturbée par cette lecture et je crois que ces sensations sont normales même si elles surprennentt. Je crois que c’est le but recherché de ces récits. Ils touchent à nos sentiments les plus profonds, à ceux que nous avons enfouis.

Pour finir - du moins pour l’instant – j’avoue que cela faisait bien longtemps que je n’avais lu un tel ouvrage et je remercie l’auteur et l’éditeur.

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Je viens d'achever ma lecture, et j'en reste sur les fesses ..

Bien sûr comme tout le monde, j'ai lu Dickens ou "Jane Eyre" mais à la lecture de ce livre je ressens moins de colère pour la cruauté des adultes que d'admiration pour le courage et la fierté du héros.Le livre décrit merveilleusement le caractère fort et l'orgueil de ce jeune garçon qui se refuse à laisser paraître la moindre faiblesse ..Curieuse époque où même le père de Wems, qui fait montre d'une grande affection pour son fils, donne malgré tout l'autorisation aux maîtres d'exercer leur droit de punir par châtiments corporels..

Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de voir dans ces coutumes une propension assez peu catholique de ceux-ci à se délecter de la douleur et de l'humiliation des enfants...

À ce propos , il me revient un souvenir qui prouve que ces temps ne sont pas si éloignés, car j'avais en cours primaire une maîtresse qui nous menaçait très souvent de nous fesser cul nu (sic).

Admirable récit en tout cas, et qui a produit chez moi une très forte impression, tant par le contenu que par le style , simple mais imagé et les descriptions d 'un paysage de mer, sauvage et envoûtant.

Dimitra (recopié d'un commentaire ci-dessous).


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Une sensation à la fois âpre, aigüe, tendre et sauvage de cet indicible petit-je-ne-sais-quoi qui nous serait, oserais-je dire, profondément familier - ou pas encore - mais semblable à une quête inconsciente, voire collective ?

Ce qui m'avait aussi fort impressionnée, troublée, émue, à l'époque..., c'est l’œil vif du narrateur. Celui qui observe tout scrupuleusement sans complaisance, comme s'il se mettait farouchement - volontairement - en retrait.

Or, il me semble que tout porte à croire que le lecteur serait en droit d'imaginer, sans trop s'égarer, que Wems est bel et bien ce narrateur mystérieux qui ne cesse de fouetter notre imagination...

Sonia Winterfeld... (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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J'ai aimé, beaucoup, Retours difficiles pour leur caractère universel, car il me fait penser à d'autres totalitarismes mais aussi à l'époque où petite écolière de 7 ans, chez les Ursulines, j'avais été punie pour avoir oublié à la maison ma broderie pour le cours de travaux manuels : la bonne sœur m'a ordonné de me mettre à genoux sur des grains de maïs pendant un temps qui m'a paru interminable. Je me rappelle encore aujourd'hui les larmes qui coulaient silencieusement sur mon visage et je n'ai jamais compris le sens de cette punition qui me semblait énorme par rapport aux faits.

Des "retours" douloureux donc dans mon passé.

À propos, qui pourrait bien être l'auteur de ces Scènes étranges ?
Tout un chacun ?
Sûrement quelqu'un qui sait dire, avec talent, ce que tout un chacun aurait pu vivre sans trouver les mots pour l'exprimer !

Maïa (recopié d'un mail reçu avec son autorisation)


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lundi 11 mars 2013

Étranges scènes étranges

Un mal nécessaire estompé

Une des particularités du catalogue des penchants du roseau est de voir apparaître des Scènes étranges, celles d'une enfance de garçon. Trois en deux ans et un objet onirique pour les accompagner. Nul auteur nommé ni camouflé derrière un pseudonyme ou la mention « anonyme » : absence de nom revendiquée par son... absence précisément. Scènes disparates que l'on cherche à emboîter l'une dans l'autre sans jamais y parvenir, elles relèvent plus de la découpe en biseaux que celle d'arrondis grossiers. Scènes confidentielles qui pourtant font chavirer les quelques lecteurs qui s'y heurtent.

La nouvelle Scène s’appellerait Bunker et héros si elles ne devaient s'évanouir.

Les Scènes vont progressivement s'estomper des penchants du roseau. Nul ne sait si elles resurgiront un jour, ici, ailleurs, sous d'autres formes et des habits différents. Il en restera bien sûr quelques traces. Aucun souffle n'est assez violent pour les effacer totalement, mais leur forme ne sera bientôt plus nette. Un trouble accompagnera leur estompe... longtemps.

Elles vont s'estomper pour subir de profonds changements : cet univers, tel un grand iceberg, vit et bouge. Peut-être – sans doute – resurgira-t-il un jour, ici, ailleurs, sous sa nouvelle forme.

Voici le message que j’ai reçu du créateur de cet iceberg : « Merci infiniment mon cher Christian pour tout ce que vous avez apporté à ces scènes. Votre lecture éditoriale les a fait progresser comme je n’aurais pu le faire seul, votre compréhension pour leur effacement provisoire permettra leur évolution. Je dois désormais rester seul avec cet univers, comme dans une bulle, pour mieux le faire renaître sous une forme plus dense, aussi plus cohérente, en renouant avec une très vieille et essentielle règle : Unité de temps, de lieu et d’action. Et il reviendra effectivement sans doute, ici ou ailleurs, sous sa nouvelle structure… »

La vie réserve toujours des surprises, elle n'en est que plus précieuse.

Christian.

PS : un passage des Scènes étrange d'une enfance de garçon sera lu le 25 mai prochain lors des 1ères lectures buissonnières à Saint-Aubin-du-Cormier.

samedi 10 novembre 2012

Une visite : extrait 1 de Scènes étranges d'une enfance de garçon

L'édition et la publication des Scènes étranges d'une enfance de garçon sera - comme pour les actions vers les bibliothèques (1) ou tout ce qui n'est pas superficiel - une entreprise de longue haleine. Il est d'ailleurs tout à fait envisageable que ces récits m'achèvent ;-). Pourtant, même s'ils sont en constante évolution, il existe déjà une bonne demi-centaine de manuscrits prêts à être édités - c'est à dire lus à deux voix avant de devenir livres. Ce billet présente un premier extrait, celui d'Une visite, il sera suivi d'autres, mois après mois. Leur présentation est sous la forme d'une image, celle d'une petite feuille pouvant passer de mains en mains. J'ignore si ainsi, ils seront bien lisibles - si vous éprouvez une difficulté dites-le moi, nous aviserons pour les présenter d'une autre manière.

À ce propos, un site dédié aux Scènes étranges est consultable ici : http://ostwand-seeg.blog4ever.com/, il contient l'accès aux récits sous différents formats ainsi qu'une présentation générale de ceux-ci. N'hésitez pas, si la "navigation" vous semble hasardeuse, de le signaler ici dans la partie commentaire, je ne doute pas que vos remarques seront lues et entendues.

Une visite, Scènes étranges d'une enfance de garçon

Extrait 001 : Une visite

Scènes étranges d'une enfance de garçon

(1) j'ai oublié de mettre à jour mes démarches, je le ferai dès que possible.

dimanche 4 novembre 2012

Scènes étranges d'une enfance de garçon lus par De Litteris

scènes étranges d'une enfance de garçon - objet onirique 1

« (...) On retrouve cette pulsion de violence dans l’écriture, qui procède par à-coups précis, très cinématographiques et qui cherche à meurtrir, à frapper l’imaginaire avec le plus d’efficacité, de force possible. Ces textes, fort courts, se lisent comme des upercuts visuels, au rythme rapide, cru, prenant.

De ces bribes de sentiments et de récits éclatés jaillit, à la façon d’un tableau impressionniste, un contre-univers qui se déploie comme des souvenirs venus d’ailleurs, un ailleurs aussi sombre que fascinant, à la réalité sans doute décuplée par le simple fait que l’auteur de ces récits se refuse à les signer… »

Lire l'article de De Litteris en entier en suivant ce lien.

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Autres articles de Julie :

jeudi 1 novembre 2012

Staccato lu par De Litteris

Couverture Staccato 1

« (...) Ainsi le texte oscille-t-il entre récit, poème et philosophie, genres-membranes qui vibrionnent de concert pour mieux rendre compte de la complexité métaphysique de cet être rongé par le néant (« Quand les signifiants des êtres et des choses disparaissent de sa bibliothèque mémorielle. Quand leur familiarité bascule vers une absolue étrangeté, Simon éprouve d’une terreur muette la vacuité du monde. Il ne reconnaît plus le nom des vivants, le nom de chaque chose. Le nom de Simon, lui-même, qui s’éloigne de Simon »).

Ainsi emporte-t-il à plein souffle chaotique, coeur déchiré ébranlé d’incertitude, laissant son lecteur hagard face à ces respirations impossibles, face à cet ébranlement de l’âme qu’on l’a invité à partager.

Un texte poignant, à l’écriture musicalement juste, qu’on lit par secousses éblouies.

Vous pouvez le commander sur le site de l’éditeur. »

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Lire l'article de De Litteris en entier en suivant ce lien.

note de l'apprenti libraire : Julie a eu la délicatesse, lorsqu'elle a passé commande de livres publiés par les penchants du roseau de me demander si cela me gênerait de mettre en avant Staccato de Michel Gros Dumaine alors que ce brillant billettiste(1) ne cache pas le mépris qu'il a pour mon activité (Julie ne m'a pas écrit ça, elle n'a parlé que d'une brouille), celle que je mène pour les dix-neuf livres publiés. Ma réponse en substance disait ceci : « Pour Staccato, non, non, je ne serai nullement gêné. Je ne choisis pas un texte en fonction de son auteur. Si tout se passe bien, tant mieux, s'il y a des heurts, eh bien tant pis. C'est d'ailleurs la même chose lorsque je lis des livres d'auteurs connus, je peux trouver tel ou tel personnage (l'auteur dans sa vie, ou du moins ce que je peux en effleurer) odieux, et être époustouflé par un de ses textes. C'est une question que je me suis posée très jeune : comment se fait-il que parfois il y a une telle distance entre un écrit et celui qui l'a commis. La seule réponse que j'ai pu trouver est qu'un acte créatif - ici l'écriture - "sort de soi" dans les deux sens de l'expression. Ce hors-soi est la condition du merveilleux et de l'abject, de toutes leurs nuances. Cette réponse reste pour moi une question, un mystère qui m'accompagnera sans doute à jamais. » Et de relire ce passage de Staccato qui "subitement" fait sens : « Quand leur familiarité bascule vers une absolue étrangeté, Simon éprouve d’une terreur muette la vacuité du monde. Il ne reconnaît plus le nom des vivants, le nom de chaque chose. Le nom de Simon, lui-même, qui s’éloigne de Simon. »

Alors oui, suite à la parole trompée, aux menaces de l'auteur et parce qu'il serait vain d'y résister, Staccato ne fait plus partie du catalogue des penchants du roseau. J'en possède toujours un stock, il est à la disposition de ceux qui éventuellement me le commanderaient. Même si je pense que devraient être mis à l'honneur les dix-huit autres titres (et bientôt vingt), d'auteurs certes plus discrets, de ce petit catalogue dont je suis fier.

(1) une petite publicité pour son blog palimpseste où il maîtrise d'une main de maître les quelques commentaires qu'il adoube en les publiant, censurant les autres. Adresse que je communique volontiers aux auteurs qui m'approchent pour une publication : un miroir a cette utilité.

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dimanche 21 octobre 2012

Scènes et voix

En parcourant le site des Scènes étranges d'une enfance de garçon, dans sa section Reproduction, traductions, adaptations et enregistrements, nous pouvons y lire ceci :

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Enregistrements audio

Les lecteurs qui le souhaitent peuvent réaliser librement des enregistrements audio des récits déjà publiés aux Penchants du Roseau au format audio (MP3).

Ces enregistrement une fois communiqués seront diffusés gratuitement de la même façon que le format texte numérique, sur ce blog et sur des sites tels que Littérature – Audio http://www.litteratureaudio.com/ (1) ainsi qu’éventuellement sur le site des Penchants du Roseau, au moins sous forme de liens.

Un guide d’aide aux enregistrements conçu par le site Littérature - Audio est accessible sur cette page http://www.litteratureaudio.com/guide-du-donneur-de-voix.

Il est également téléchargeable directement au format Pdf sur cette page http://www.litteratureaudio.com/guide.pdf

(1) j'ai corrigé le lien, un petit s y était glissé.

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Ce type d'initiative, visant à diffuser un texte autrement que par les canaux habituels, a tous mes encouragements. Certes, la démarche n'est pas aussi artistique que celle qui aboutit au magnifique Bleu Terre audio réunissant principalement Jean-François Joubert pour les textes et Cécile Delalandre pour la voix et le timbre, mais elle permet de donner "à lire" à ceux qui peuvent éprouver quelque difficulté à le faire et participe autrement à la vie d'un texte.

Dans le même ordre d'idées, en direction des technophiles, on trouve sur la même page des versions des Scènes dans des formats adaptés aux machines électroniques du moment. Après m'être un tout petit peu documenté, il semblerait que le format epub soit le plus ouvert (texte lisible dans de bonnes conditions sur un maximum de machines diverses et variées). Je mets les liens vers les quatre textes, ci-dessous. L'un ou l'une d'entre-vous pourrait-il vérifier si le rendu est bon et me le dire. Si oui, je les ajouterai dans la bibliothèque numérique, ainsi que tous ceux que je pourrais recevoir à l'avenir.

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