
Soyez sage....
(photo de Nicolas Lœuillet, licence creative common)
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samedi 3 avril 2010
Par Christian le samedi 3 avril 2010, 22:01
vendredi 19 mars 2010
Par Christian le vendredi 19 mars 2010, 13:29
Dimanche 28 février, en ma malle-poste, j’ai eu le plaisir de découvrir un court message m’invitant à partager bonne chère dans le village de Quévreville-la-poterie ce 21 mars 2010. Vous me connaissez, ça n’a fait qu’un court pli, j’ai accepté, d’autant que ce repas est le mitan d’un dimanche littéraire où je pourrai, à la criée, proposer mes Conards et le Bleu Terre de Jean-François Joubert.
Ce village, sur le plateau qui surplombe par l’est la capitale de la Conardie, je ne le connais pas vraiment – il n’est pas loin pourtant. Alors, en préparant mes petites affaires, je plisse les yeux et imagine trois chèvres et un pot : nos anciennes compagnes méprisées et l’une des plus vieilles réalisations humaines, prémisse de l’art en cuisine et matrice étymologique de notre tête (cf. testa).
Alors, outre – elle ne saurait rester vide – Bleu Terre et Les Conards de Rouen, j’emmènerai cette vraie tête de Conard en terre cuite façonnée par Jocelyne et un petit livret à plier, pour les enfants curieux, contenant l’amorce de l’histoire de Poupie Limpopo de Cécile Delalandre.
Ah oui, c’est ce dimanche de 9 h 30 à 18 h, salle de l’Europe, si d’aventure…
PS : Platon sera-t-il là ?
samedi 6 mars 2010
Par Christian le samedi 6 mars 2010, 12:17

Tandis que certains (1) occupent leurs loisirs à s'envoyer des tombereaux d'injures mon imprimante a eu la mauvaise idée de se mettre à fumer, griller une de trop : la fatale.
Ça ne m'arrange ni pour Bleu Terre (2) ni pour les Conards qui reprennent quelque verdeur.
Je file chercher une solution de rechange, mais merde !
Christian Domec, apprenti libraire.
(1) la proue de la nef littéraire transatlantique :
Léo Scheer,
Juan Asensio,
Maurice G. Dantec,
Lise-Marie Jaillant...
(2) l'impression des livres pré-commandés est passée, nulle inquiétude de ce
côté
(photo : La Nef des fous de Jérôme Bosch, XVe,XVIe siècle, licence domaine public)
dimanche 14 février 2010
Par Christian le dimanche 14 février 2010, 21:58
Oh non ! Ne vous méprenez pas, ce n'est pas parce que je n'ai pas reçu de réponse à mon courrier posté il y a soixante-douze jours à Madame le Maire de Rouen que j'intitule ainsi ce billet. Non, non, croyez-moi ! Il s'avère que depuis ce jour les penchants du roseau reçoivent de nombreuses visites accompagnées de cette requête : « Quel est le nom du Maire de Rouen ? »
Maintenant vous en savez autant que moi, alors poursuivons... par un petit retour en arrière, voici le contenu du courrier posté le 3 décembre dernier :
Madame le Maire,
Il est des noms de rues comme de nos manières, elles furent frustes mais gaies, pieuses mais irrespectueuses. Ces noms évoquaient plutôt un métier, une habitude, un marché, une réputation, un personnage illustré... qu’une personne illustre, sévère, défunte. Aujourd’hui, les épitaphes clouées à l’entrée de nos venelles, ruelles et avenues appesantissent nos pas à tel point qu’une prothèse pneumatique nous est devenue indispensable.
Disparues, celle des Arpenteurs, des Belles-Femmes, des Coquets, du Bon-Espoir, de la Basse-Fesse, de Derrière, Devant-la-Cohue, Dame-Jeanne, du Petit-Enfer, du Chien-qui-rit, du Cochon-rôti, de la Truie, des Ramasses, du Bardel, des Barbiers, des Curandiers, de Vanterie, de la Chèvre, des Crottes, de la Grosse-Bouteille, de la Pompe, des Prêtresses... même celle des Jésuites ; comme partout, elles furent remplacées par des galonnés, des ceinturés, des notables, des académiciens, des artistes... un pont récent, inauguré en grande pompe, fut même affublé du nom de celui qui s’écriait : « Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit ! »
Il est pourtant une rue qui retient plus particulièrement l’attention. Celle qui éventra un quartier tumultueux ; qui trancha et redressa les rues des Tanneurs, de la Renelle-aux-Tanneurs, des Maroquiniers, de Dessus-la-Renelle pour tracer une droite impeccable entre la Seine, l’Hôtel-de-Ville et les boulevards. Celle qui eut toujours une belle maîtresse, l’Impériale, la Royale, la République, l’Impériale (bis), la République (bis)... et demain ?
Demain est ma requête, Madame le Maire, celle de redonner fierté aux riverains de cette artère qu’on traverse sans jamais s’y attarder ; permettre aux passants de sourire, de se rappeler, de revenir. Demain sera changer son nom en rue de la Conardie, en mémoire aux fameux Conards de Rouen(1) qui surent égayer la ville un siècle durant avant d’être étouffés par le Parlement et l’ombre du sinistre homme rouge.
Madame le Maire, je vous en prie, bousculez l’ordre du jour de votre prochain conseil, présentez-lui cette requête et, à n’en pas douter, il l’adoptera à l’unanimité. Pensez à ces jours de liesse lorsqu’au son des « tabourins, fleustes, phiffres, trompes, trompettes, cimbales, cornemuses, vielles, carivary, hautsbois, rebecquets, bourdons, violons, harpes, loures sourdes, orgues, timpans, pippets, cornets » vous inaugurerez cette rue : la clameur s’étendra à toute la cité et... bien au-delà.
À cette inauguration prochaine, bien à vous,
Christian Domec, apprenti libraire.
(1) Les Conards de Rouen, les penchants du roseau, 2009, dans toutes les bonnes librairies de la ville.
Par Christian le dimanche 14 février 2010, 21:19

Sacrebleu, le knout, voilà tout ce que mérite mon apprenti... Je viens de découvrir que l'achevé d'imprimer, il l'avait typographié : achevé d'imprimé ! Et ce sur tous les exemplaires des Conards de Rouen ! Et ce crétin prend des airs, fait le malin, invoque Émile et me casse les ripatons. Le knout et pas qu'un coup, une volée. Crétin de Conardie.
PS : je profite de l'éclairage de Дуракina, celui du martinet sans plumes, pour joindre une photographie de haut vol d'Alexandre Vialle.
Ajout de dernière minute : ce n'est pas un knout, mais une gerbe qu'il faudrait (ou alors je me goure... merde, j'ai un doute), Une rapide recherche via google donne 581 000 résultats pour "achevé d'imprimé" et seulement 72 300 pour "achevé d'imprimer". On ne dit tout de même pas : « on achève bien les chevals ». Bon, sur le web ce n'est pas bien grave, un coup de blanco et pfffuit, mais sur du papier... « Elle peut » (aidez-moi, quoi) !
(photo d'Alexandre Vialle, licence creative common)
dimanche 27 décembre 2009
Par Christian le dimanche 27 décembre 2009, 11:45
J’ai dû me débrouiller comme un manche – vous me direz que lorsqu’elle se fait majuscule, elle borde au nord la Conardie.
Le 24 novembre dernier, une bonne semaine avant la sortie des Conards de Rouen, j’ai contacté la presse. Voici comment je m’y suis pris : j’ai envoyé un courriel personnalisé à une liste de journalistes et de responsables de publications institutionnelles. Courte liste, ne voulant arroser trop largement, je me concentrais sur le territoire rouennais (1). J’ai été déçu de ne recevoir aucune réponse (2), même pas le plus lapidaire accusé de réception et bien sûr, à ma connaissance, aucune mention, ni insert, ni critique, à l’exception d’Hervé Debruyne de Rouen Magazine (malgré ce problème de tueur de spam) et de Vincent Lalire (ajout du 13 janvier 2010).
N’ayant aucun stock à écouler, cela ne me gène pas outre mesure : il est bien question de manières (3).
Lorsque j’aurai le texte d’un auteur vivant à défendre, il faudra que je trouve le moyens d’atteindre des personnes de qualité.
Christian Domec, apprenti libraire.
(1) en particulier, furent contactés :
Hervé Debruyne de Rouen Magazine que je remercie
Benoit Vochelet de Paris Normandie
Philippe Goudé de France 3
Annie Le Fléouter de France Bleu Haute-Normandie
Marc Parrad, correspondant agence de presse (Reuter)
Dominique Aubin, correspondant agence de presse (AFP)
Michaël Gossent d’Agglo Mag
Nathalie Lecerf de Ma Région
Étienne Banzet de fil-fax Normandie
Vincent Lalire de Seine-Maritime magazine que je remercie
(Ce 6 janvier, Vincent Lalire me fait part : il n'a point reçu ce courrier - en fait deux -. Il est en effet possible que cet Onard fut jugé, par un programme automatique, indésirable. Il serait toutefois souhaitable, en terre de Conardie, de lever ce soupçon et ses automatismes guère humains)
(2) prenant mon balai, je vais au devant de ma porte et m’aperçois qu’il m’arrive de ne pas répondre à des courriels...
(3) « Il est des noms de rues comme de nos manières, elles furent frustes mais gaies, pieuses mais irrespectueuses. » (incipit de l’Adresse à Madame le Maire de Rouen).
jeudi 3 décembre 2009
Par Christian le jeudi 3 décembre 2009, 00:04
[Copie de l’adresse publique à Madame le Maire de Rouen pour l’inauguration de la rue de la Conardie, envoyée ce jour par courrier postal]
Madame le Maire,
Il est des noms de rues comme de nos manières, elles furent frustes mais gaies, pieuses mais irrespectueuses. Ces noms évoquaient plutôt un métier, une habitude, un marché, une réputation, un personnage illustré... qu’une personne illustre, sévère, défunte. Aujourd’hui, les épitaphes clouées à l’entrée de nos venelles, ruelles et avenues appesantissent nos pas à tel point qu’une prothèse pneumatique nous est devenue indispensable.
Disparues, celle des Arpenteurs, des Belles-Femmes, des Coquets, du Bon-Espoir, de la Basse-Fesse, de Derrière, Devant-la-Cohue, Dame-Jeanne, du Petit-Enfer, du Chien-qui-rit, du Cochon-rôti, de la Truie, des Ramasses, du Bardel, des Barbiers, des Curandiers, de Vanterie, de la Chèvre, des Crottes, de la Grosse-Bouteille, de la Pompe, des Prêtresses... même celle des Jésuites ; comme partout, elles furent remplacées par des galonnés, des ceinturés, des notables, des académiciens, des artistes... un pont récent, inauguré en grande pompe, fut même affublé du nom de celui qui s’écriait : « Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit ! »
Il est pourtant une rue qui retient plus particulièrement l’attention. Celle qui éventra un quartier tumultueux ; qui trancha et redressa les rues des Tanneurs, de la Renelle-aux-Tanneurs, des Maroquiniers, de Dessus-la-Renelle pour tracer une droite impeccable entre la Seine, l’Hôtel-de-Ville et les boulevards. Celle qui eut toujours une belle maîtresse, l’Impériale, la Royale, la République, l’Impériale (bis), la République (bis)... et demain ?
Demain est ma requête, Madame le Maire, celle de redonner fierté aux riverains de cette artère qu’on traverse sans jamais s’y attarder ; permettre aux passants de sourire, de se rappeler, de revenir. Demain sera changer son nom en rue de la Conardie, en mémoire aux fameux Conards de Rouen(1) qui surent égayer la ville un siècle durant avant d’être étouffés par le Parlement et l’ombre du sinistre homme rouge.
Madame le Maire, je vous en prie, bousculez l’ordre du jour de votre prochain conseil, présentez-lui cette requête et, à n’en pas douter, il l’adoptera à l’unanimité. Pensez à ces jours de liesse lorsqu’au son des « tabourins, fleustes, phiffres, trompes, trompettes, cimbales, cornemuses, vielles, carivary, hautsbois, rebecquets, bourdons, violons, harpes, loures sourdes, orgues, timpans, pippets, cornets » vous inaugurerez cette rue : la clameur s’étendra à toute la cité et... bien au-delà.
À cette inauguration prochaine, bien à vous,
Christian Domec apprenti libraire.
(1) Les Conards de Rouen, les penchants du roseau, 2009, dans toutes les bonnes librairies de la ville.
dimanche 29 novembre 2009
Par Christian le dimanche 29 novembre 2009, 09:52
Le 24 novembre je fus pris d’un fou rire : le logiciel utilisé par la Mairie de Rouen pour son système de messagerie, celui qui tue les spam, ne supporte le mot Conard. Obligé de censurer le titre d'un livre en C... pour que le courriel arrive à son destinataire. Louis Conard qui édita la correspondance de Flaubert doit se faire chatouiller par les asticots.
Voulant poster au Maire une demande de changement de nom de la rue qui épousa tous les régimes : Royale, Impériale, République (on m'a dit que pendant la guerre c'était Nationale, mais je n'ai pu vérifier) ; lui affubler un nom qui rendra la fierté à ses riverains et aux passants d'un soir. Hésiter juste entre rue des Conards ou rue de la Conardie... cette dernière pouvant paraître prétentieuse : des communes, cantons, villes, régions, pays, pourraient se la disputer.
Bref, je vais devoir rédiger ma demande sur papier vergé ou pas.