Au livre sont souvent associés deux mots qui sonneraient comme des évidences : chaîne et fin.

La chaîne, cet ensemble de maillons, qui permet à un texte écrit d’être lu ; un cliquetis bien huilé qui de l’auteur au lecteur le transmet. Tout manuel contemporain vous l’enseignera, cette chaîne est incontournable et a pour maillons essentiels : l’éditeur, l’imprimeur, le diffuseur, le distributeur et la surface de vente. Les huiles pour en faciliter le bon mouvement seraient : les nègres, les agents, les chroniqueurs, les journalistes, les animateurs, les prix, les campagnes marketing. Le livre, marchandise comme une autre, dont le stock inutile (on parle de 25 %) est envoyé au pilon a donc besoin de cette chaîne, arrosée d’huiles essentielles pour trouver bonne place au marché de la consommation estampillée culturelle.

Nous tâcherons de nous en affranchir ici, de faire sauter quelques maillons, d’adapter notre fragilité à celle du livre.

La fin est annoncée depuis le début : de la réticence socratique à l’écrit jusqu’au « tout fout le camp » des siècles derniers, en passant par la résistance à l’imprimerie et aux procédés de reproduction. Une fin toute nouvelle, aux atours enjôleurs d’écrans pixellisés, a vu le jour il y a une vingtaine d’année : internet et sa toile tentaculaire. Comme le cinéma a tué le théâtre ! La photographie, la peinture ! Le phonographe, la musique de concert ! Le Coca, le vin !

Nous nous efforcerons de créer passerelles entre le livre édité et ce que le numérique peut lui apporter : de la souplesse à ce qui est gravé.

Chaque livre publié par les penchants du roseau sera, même marginalement, unique. À chaque publication correspondront des rubriques sur ce site pour proposer une bibliographie, échanger avec l’auteur, ajouter des notes, ouvrir le débat.

Il ne reste plus qu’à se retrousser les manches et faire.

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