Je ne suis pas particulièrement friand des anglicismes, mais ce titre est un clin d’œil au livre désopilant de Roy Lewis – Pourquoi, j’ai mangé mon père ? – dont un des personnages ne cesse de répéter « Back to the trees » comme cri de ralliement de ceux qui se méfient de l’innovation technologique et de ses conséquences parfois funestes.

Retour aux livres ? Comme si ce fantastique support de l’écrit était menacé par d’autres tel l’écran sur lequel vous lisez ces quelques phrases…

Je n’y crois pas vraiment – du moins à brève échéance. Le livre que l’on peut emporter n’importe où, qui accompagne une balade, une attente, un canon de rouge, un moment tranquille, une veillée, qui alimente une conversation… a de beaux jours devant lui. Ce qu’il contient continuera longtemps à stimuler notre imagination, à servir de prétexte à des dialogues intérieurs, à enflammer des conversations, à servir de lien.

Je me souviens d’une nouvelle lue au mitan des années 80. Elle racontait, à peu près, ceci : un enfant ayant fouillé toute la journée dans le grenier de son grand-père en sortit émerveillé par un objet curieux. Celui-ci contenait un grand nombre de données, elles étaient soigneusement indexées, l’accès était immédiat et nul besoin d’identifiant ou de mot de passe. Il demanda à son grand-père que pouvait être cet objet, celui-ci lui répondit : « ah ! on appelait ça un livre. »(1)

Plus tard, en 1998 pour être précis, année où le web prit son envolée en France, je m’essayais à créer un petit site reprenant quelques-unes de mes flâneries. L’accueil du site contenait (contient toujours) cette phrase : « Flâneries sera le titre de ce site, flâneries seront son contenu. Nous aimons le paradoxe entre la une et son support - apparence sur elle-même - qui singe sans le savoir celui du spectacle et de son monde. La vitesse écrase le cheminement, les déplacements effacent le voyage, les moyens taisent la communication, opacifient l'information. »

Le web a permis et permet, à ceux qui peuvent disposer de cette technologie, la floraison ou la redécouverte d’écrits de qualité, de lectures passionnantes. Manque pourtant cette distance avec le texte que ce compagnon si proche, si quotidien, permet : le livre.

Fin juin 2006, au détour d’un article lu dans la presse, je découvris Lulu... Et cette perspective – à portée de main – d’allier le web avec le livre. Je vais donc l’arpenter quelques temps...


(1) Si quelqu’un pouvait me retrouver cette nouvelle – ses références – j’en serais ravi.