Chercher un début, une origine et entamer ce journal ? Une anecdote toute chaude y suppléera bien.

Cécile Delalandre qui, à n’en pas douter, aime les clins d'œil nous sert l’extrait d’un article de Fulbert Dumonteil à propos du fameux canard rouennais. Sa langue, celle de Fulbert et non du canard, savoureuse était, dit-on, guidée par la délicatesse de ses papilles. Or, samedi, en revenant « de la tournée des libraires », je repensais au texte d’Hervé Bréchet, à son glissement vocalique des canards aux Conards de Rouen. Je descendais tranquillement la rue de la République en pestant contre son nom : il épousa si bien les différents régimes : Royale, Impériale, (Nationale ?) République... « Il faudrait proposer à notre Maire un autre nom, un nom qui ne fluctue pas au gré des passions humaines, un nom qui donne splendeur à celle qui éventra de nombreux quartiers populeux pour tracer droite : rue des Conards ou rue de la Conardie. Oui. Les riverains y retrouveraient fierté et les passants souriraient. » Soudain, là où la rue rejoint le quai qui borde la Seine, je vois dans un vaste couffin, deux magnifiques canards de Rouen – d’une ferme proche de Duclair – qui paradent à la porte du restaurant le Réverbère. Un homme, un verre à la main, veille sur eux, il se présente comme maître canardier.

C’est décidé, j’écris au Maire le 3 décembre.