Si l’on fouillait l’histoire des premières sectes hérétiques de l’Église, Carpocratiens, Adamites, etc., on y verrait trôner dans les réunions l’incurable folie, qui sera plus tard érigée en institution. Les Ascodrugites, surtout, poussèrent assez loin la bouffonnerie sacerdotale ; ils mettaient auprès de leur autel un ballon, le gonflaient fortement et dansaient autour. Ce ballon devait signifier pour eux qu’ils étaient remplis du Saint-Esprit.

C’est sous le nom de Fête des Barbatoires qu’on retrouve l’une des plus anciennes expressions de la fête des fous au moyen âge. Cette dénomination était venue du mot barboire – masque à crins barbus – dont les religieuses se couvraient la figure en pareille circonstance.

Grégoire de Tours dénonce les filles de Sainte-Radegonde, de Poitiers, comme ayant célébré des barbatoires dans le couvent : Barbatorias intus eo quod celebraverit. On verra aussi par la ville, à des époques prescrites, la bande joyeuse de l’abbé de Mau-gouverne ; à Paris, les Badins, les Turlupins, les Enfants sans-soucis ; à Dijon, la Mère-folle et son cortège ; à Rouen enfin, la confrérie des Conards, à peu près vers le milieu du xive siècle.

Marc de Montifaud, 1874.

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in Les Conards de Rouen, 2009.