pétales

Ramasser des pétales jonchant le sol ; traces de murmures anciens, d’un petit cri encore audible. Les percer du regard. Retenir l’une pour la lier à celle toute fripée, en écarter d’autres, mais précieusement en garnir une boîte comme un collectionneur d’allumettes. Ajouter discrètement, au brin torsadé, une feuille artificielle.

La recherche de textes et de documents peut ressembler à ça : allier, délier, ajouter, conserver. Les Conards offrent à n’en pas douter un prisme déformant. Les textes de Nicolas Dugord et de Marc de Montifaud étaient là, choisis depuis longtemps, restait pourtant à proposer une introduction à Hervé Bréchet, précieux complice, écrire quelques mots en préface, choisir une image... mais aussi avoir proche des yeux des dizaines d’autres documents ; coffret invisible — épaisseur du livre et de ses auteurs.

En serait-il autrement d’un recueil de poèmes ou d’un roman ? Oui. Mais un apprenti libraire ne pourrait se contenter du texte seul. Il est question d’un albatros ? Il aimera apercevoir son vol, entendre ses légendes, se rappeler Baudelaire, sentir l’iode.

Le choix c’est inciser l’enveloppe, recueillir la pulpe, mais qui a dit que le zeste n’était ni odorant ni goûteux ?