Les Conards de Rouen - notice sur la fête des fous II.2
Par Christian le mardi 22 décembre 2009, 04:00 - Les Conards de Rouen - Lien permanent
Si nous revenons aux moinesses des xve et xvie siècles, d’après Henri Estienne, on voit dans le procès des Jacopins de Berne, « qu’ils furent trouvez faisant grand’chère au milieu de belles dames dedans leur couvent, non point accoustrez en moines, mais en gentilshommes ». À la faveur d’un capuchon, les femmes passaient la grille, car il se trouvait toujours au dehors, afin de les amener, un frère Lubin assez éloquent :
''Pour desbaucher par un doux style, Quelque fille de bon maintien.''
Ce même Henri Estienne, si terrible en ses histoires, parle de Cordeliers jouant à la paume avec des jeunes filles, à la condition que les perdants auront la peine de coucher avec les gagnants. On sait que la papauté tirait ses revenus les plus importants des impôts prélevés sur les courtisanes.
L’Église a formulé l’expression de sa convoitise vis-à-vis de la femme par cette seule parole dans la bouche d’un de ses docteurs : « Sauver une belle âme qui habite un beau corps. »
Marc de Montifaud, 1874.
in Les Conards de Rouen, 2009.