(nous recopions ici, tel quel, un vagabondage de librairies en bibliothèques. Seul le nom des participants a été tronqué)

Les Diaboliques sous le bras, je suis sortie de La Bouquinerie de Plurien avec Bécassine dans la tête.

La bouquiniste venait de me narrer les déboires de l'héroïne malgré elle de Pinchon : lorsque débarquée au pied du cap Fréhel par son oncle furieux d'avoir raté quelques canards, Bécassine se crut au bout du bout du monde puisqu'il y avait Plurien pour tout horizon.

Je note souvent les bonnes adresses, mais sur des feuilles volantes. Elles profitent ces diablesses de mon absence d'ailes. Alors commençons par :
La Bouquinerie
12, rue Montaingue
22240 Plurien
France

Vous qui passez par ici, si d'aventure une librairie, une bibliothèque... vous est précieuse ou anecdotique : laissez un commentaire sur le mur avec son adresse. De cette collecte nous pourrons faire les itinéraires de futures balades.

Élise.

Mary : impossible de ne pas réagir ! Il y a… très longtemps, j’ai failli m’installer à Plurien. Cet épisode de ma vie m’avait tellement marqué que j’en parle dans l’un de mes romans, et le hasard fait que c’est justement celui que je viens de publier : « Embarquement indirect ». Je ne fais que citer le nom de cette ville que ...j’ai choisi pour les vacances de mon héroïne… Le monde est si petit.

Arthur : Mary, pour que votre nostalgie nous submerge, j'ai mis en actualité un lien vers une image de Plurien (un embarquement bien indirect, je vous le concède).
@Tous, comme notre point de départ est bien ancré, je vous invite à nous proposer un premier itinéraire.

Bernard : Bien sympathique cette adresse à Plurien
Moi , je propose la librairie française Kailash a Pondichéry:

Arthur : Merci Bernard. Se situe-t-elle ici ?
Quels livres as-tu feuilletés, achetés ?

Bernard : Effectivement Lal Bahadur Street devient la rue de Bussy dans la "ville blanche". Devant encore marcher, je n'ai pas pu me charger de livres... j'ai feuilleté:
Gayatri Devi (Une princesse se souvient - Les mémoires de la Maharani de Jaipur)
La conquête du paradis de Judith GAUTIER

Arthur : De la part de Véra :
De l’évocation de Raphaël encore en Alpes de Haute-Provence, il m’est venu le souvenir de la célèbrissime librairie de Banon, ceci à une foulée de Forcalquier et à un pas de Saint Michel de l’Observatoire. Je viens d’avoir une autre idée, mais est-ce bien le genre de bleu ci-dessous que vous recherchez pour votre palette voyageuse ?
D'une couleur, deux coups de pinceaux, je crois que la mère y trouva les livres ci-dessous, à peine étaient-ils encore tout chauds car sortant de l'imprimerie...
L’amour impossible du noble J.B. d’Aurevilly
Ainsi que Géraldine Barbe, alias Barberine, pour son Ratez mieux
De même que celui Saphia Azzedine la divine...

Arthur : De la part d'Adélaïde :
Bonjour chers amis, au risque de vous choquer, il y à un endroit dont je voudrais vous faire part... Dans ma ville Denain, il y a une libraire, que je dois dire assez nul qui est tenue par une femme qui s'appelle Mauricette. Si vous commandez un livre même simple, comme le Guépard de Lampeduza i...l met plus de 3 semaines à arrivé. mais au moins avons nous une librairie ce qui me semble important pour une petite ville ou plus des trois quarts des personne touche le Rmi ... C'est encore dans cette librairie ou me vient des idées pour écrire des nouvelles. Je feuillette des livres au passages et des mots me sautent aux yeux... assez anodin ce geste semble mais je pense que je suis la plus jeune sur ce groupe et je me fais une joie qu'une personne de mon age sache lire et parler sans faire de fautes de français tout en trouvant une joie à manier la langue et me l'approprier pour le plaisir de mes lecteur aussi peu soient-ils !

Arthur : De la part d'Adélaïde (suite) :
Il y en à une autre que je connais, qui m'a marqué des mon entrée, je ne sais plus exactement où elle se trouve mais on peut se cacher entre les rayons et lire jusqu'à l'heure de la fermeture, un petit escalier en colimaçon nous mène à un étage étroit et poussiéreux où on peu trouver des... premières éditions. Il parait qu'une personne en est tombé...mais qu'elle serait toujours en vie servant de libraire quelques rues plus loin ....

Arthur : Adélaïde,
La librairie de Mauricette, serait-ce celle-ci ?
Marque Page
126 RUE VILLARS
59220 Denain

Adélaïde : oui en effet il s'agit bien de celle-ci... Rue DE Villars ... qui s'appelait avant 'Majuscule'... !! A présent 'Marque-page'. Pour compléter l'anecdote, quand Mauricette donne des sacs pour mettre les livres, ils sont encore au nom de la précédente enseigne

Arthur : Adélaïde, et celle avec un petit escalier en colimaçon, se trouve-t-elle à Denain ?

Adélaïde : En vérité celle-ci se trouve à Lille. Dans la rue de la Clef....

Arthur : Adélaïde, Merci.

Eric : Il est encore des villes sans librairie (je ne parle pas de maison de la presse). C'était le cas à Houdan (78) et un homme, grand lecteur et fort sympathique, s'aperçut du fait. Pour résultat, il créa :
Bulles d’encre et Billes de verre
24 Grande Rue
78 HOUDAN
(du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 15h à 19h, dimanche ...de 10h à 12h30)

A noter qu'il ne me connait pas, je ne le connais pas, nous avons juste échangé trois minutes et ce bonhomme m'a plu d'instinct : c'est tout bête.

Arthur : Eric,
Le mal d'Houdan prive Elise du colimaçon, elle quitte Adélaïde avec regret pour jouer aux billes et bulles souffler.

Merci.

Eleonor : je vais vous faire part d'un endroit pour les livres:
c'est à bray-dunes (59)
ça s'appelle LE GRENIER DU LIVRE. C'est au bord de la mer donc ça sent le sel et c'est poisseux. la boutique est assez bordélique et plutot mal éclairée, qui semble encore porter les vestiges de la guerre (je crois me souvenir de casques anglais... et de figurines de soldat d'occasion) Les livres sont vieux, usés marrons avec les coins abimés, et vraiment pas cher. Ils ne sont pas dans des rayonnages, mais en pilles et dans des bacs.
j'avais peu d'argent quand j'y suis allée, j'étais au lycée et chez moi on avait pas d'argent de poche, mais j'avais trouvé un euro par terre. J'ai déniché le livre le moins cher: "Kleider machen Leute" de Gottfried Keller. Le rayon littérature étrangère était, je crois, dans l'arrière boutique...

Arthur : Merci Eleonor, pour ce casque coiffant des cheveux en bataille du côté de Bray-dunes.

Cécile : Merci pour cette invitation Véra..Point d'anecdote en tête pour l'heure...mais je reviendrai dès que la mémoire, elle, me reviendra

Arthur : Cécile, la mémoire ne doit pas être bien loin, il suffit pour la retrouver de s'en souvenir. Où l'avez-vous déposée la dernière fois ? Quel habit portiez-vous ? Mangiez-vous quelque chose ? Les souvenirs reviendront alors comme des bulles peuvent remonter à la surface de l'eau.

Véra : Oh… maintenant, je me souviens... De Bray-Dunes vers La Panne, en Belgique, il n'y a qu'une trentaine de kilomètres en longeant la mer. Une longue plage clairsemée de vestiges de guerre que nous longions, Macha en était, puis, au loin, se pointait le Perroquet du Week-end à Zuydcoote et Belmondo. De La Panne vers Bray...-Dunes, en hiver, les horizons étaient rose et lilas. Parfois, la marée montante nous surprenait, et nous devions courir très vite, et à Bray-Dunnes, les crêpes de chez ? nous attendaient. Mais, cher Arthur, faut-il chercher vers Calais, la Côte d’Opale et Boulogne ? Ou alors, Elise sera-t-elle réveillée par des Belges ? Hélas, je n'ai plus la souvenance d'une librairie particulière sur ces chemins. Il faudra attendre Knokke et la Librairie Corremans de la Zeedijk...

Véra : Post Scriptum : lors de mes promenande à Wimereux dont les couchers de soleil sont inoubliables, je me souviens d'avoir acquis quelques livres ici.

Arthur : Merci Véra, avec le joli texte d'Adélaïde sur le fil "Entrez donc, prenez vos aises", Elise se relève et erre entre le flanc de la mer du Nord et les jardins de mémoire. J'y reviendrai.

Véra : Cher Arthur, vous aviez mille fois raison. Peu à peu les souvenirs reviennent. La Librairie Correman que vous avez mis en lien, invite régulièrement des écrivains pour des signatures. Le vin coule à flots... En été, les folles Nuits de Knokke (le Zoute...) attirent une foule considérable très fortunée, sensible aux arts... plastiques et aux livres. Du Zwinn à Cadsand, puis Sluis, il n'y a qu'un tour de roue en bicyclette hollandaise... Mais il me semble que nous nous rapprochons de Bruxelles...
Cela dit, je pencherais, volontiers, vers quelques détours par Bruges, Damme et Gand car ils s'imposent. Les amis de Fred Janin, Nicolas Crousse devraient peut-être nous aider, et par vous, sollicités ? Mais comment ? Moi, je n'ose.

Arthur : Chère Véra, laissez faire, cela viendra tout seul... ou pas. La spontanéité dans ce genre de balade en est presque sa condition : "nous verrons bien où elle nous mènera".

Véra : Ce qui me rend fort perplexe, et même plus, c'est qu'en amie de la balade, je sois chaque fois venue en retard pour tout voir. Pourquoi FB n'instaure-t-il pas un parloir qui préviendrait les amis de Plurien qui doit arriver jusqu'au bout du monde ?

Arthur : Je recopie ici, le message d'Adélaïde écrit sous le sujet "Entrez donc, prenez vos aises" le 21 janvier dernier :

Et assise sur le tronçon d'un arbre, depuis le haut de la rue, elle qui est plongée dans sa pénombre peut encore dissimuler bien des recoins. En quittant le parc, quelques rues plus loin dans un coi...n se cache une petite librairie. Les enfants y viennent après l'école avec leurs grands-parents. Le commerce familial marche depuis quelques années, et à présent Sally a repris le commerce de sa mère. La boutique quoique poussiéreuse abrite une vraie joie de vivre.

Arthur : (suite du message d'Adélaïde) :

En face de l'entrée se dresse un ancien bar sur lequel on a posé quelques livres sans places décisives. Le comptoir est un vieux bureau en bois assez en désordre avec une vieille caisse de l'ancien temps. Tout dans ce magasin rappelle comme il est important de se souvenir de l'ancien te...mps, les commerces fleurissent mais ne perdent jamais leur but premier si l'on s'emploie à ne jamais les faire disparaitre. On y trouve tous les livres dont les enfants rêvent, la jeune femme connait toutes sortes d'histoires et chaque après midi à la fin de la classe en raconte une aux enfants. Malgré la poussière et le risque sans cesse de devoir mettre la clef sous la porte, la concurrence ne peut en aucun cas égaler la mentalité et l'ambiance de ce magasin qui jamais ne pourrait présenter de livres tel que 'La vie de G.W Bush' ou quelque chose comme ça...

Arthur : (fin du message d'Adélaïde) :

Petite mais si vivante, loyale et jamais décevante, c'est parfois ici que j'imagine la rencontre qui s'y est faite il y a bien des années...

Véra : Oserais-je raconter, un jour, que c'est à cause - ou grâce - à la Comtesse, qu'une fillette a commis son second très gros mensonge - le premier est trop secret - à la gentille libraire du patelin où elle vivait ? Un saut à Liège, malgré la neige, m'y a fait songer. Le patelin se nomme Ougrée. Mais ne sommes-nous pas to...ujours bloqués à Damme et Bruges ? Je ne me souviens plus si j'ai fait un saut à la librairie française de Hambourg ?

Véra : Non plus ! ;)

Arthur : Dans les villages, on néglige souvent de visiter leur bibliothèque. Sur le plateau du Vercors, à La Chapelle, à l'entrée du Collège, se trouve une bibliothèque nommée médiathèque - centre de documentation pour les collégiens -. Elle est aussi ouverte à tous y compris hors période scolaire (l'emprunt est même possible).... Outre un fond qui peut réjouir le passant, Elise pourra trouver des documents liés à l'histoire locale - en particulier son fameux maquis résistant - et à la géographie particulière de ce plateau où l'on s'égare en quelques pas. Médiathèque - CDI du Vercors 26420 La Chapelle-en-Vercors.

Arthur : J'accompagne Élise à la bibliothèque de Sotteville-les-Rouen cet après midi, je vous en dirai plus en revenant.

Arthur : Nous avions rendez-vous avec la directrice de la magnifique bibliothèque de Sotteville-lès-Rouen (dont l'architecte est Henri Gaudin). Élise, un peu intimidée, ne posa qu'une question : "comment sont choisis les nouveaux livres", elle apprit que les suggestions faites par les inscrits étaient prépondérantes, qu'ensui...te une lecture attentive de l'actualité du livre permettait de réaliser les commandes en mettant l'accent sur la variété et en évitant les livres à la mode, d'une durée de vie ephémère, ou les ouvrages trop spécialisés. 10 000 documents commandés par an, pour une ville de 30 000 habitants, c'est chouette. La lecture, surtout chez les jeunes, se porte bien (quelques chiffres nous parviendront). Élise repartit avec un magnifique livre sur l'hibernation des chauves-souris.

Arthur : « Quel drôle de capharnaüm ! », s'exclama Élise. « Des échappés du pilon ou de l'oubli à la recherche de nouveaux regards », lui répondis-je. Nous sommes entrés dans cet ensemble hétéroclite nommé Monalisait, 8 rue St Martin, 75004 Paris. Beaucoup de « beaux » livres parfois fort laids, mais quelques merveilles à puiser.... Notre choix se porta sur Baudelaire : Clandestin de lui-même d'Isabelle Viéville Degeorges et un magnifique livre sur la poterie Gallo-Romaine dont j'ai oublié les références.
Élise ne fut pas déçue.

Arthur : Élise : « pourquoi, depuis quelques jours, êtes-vous le seul à me tenir la main et me faire découvrir ? ».

- Je ne sais Élise, les gens sont si occupés et parfois intimidés par une jeune fille aux yeux grand ouverts.

Véra : Arthur, pensez-vous qu’il soit opportun de rebrousser chemin vers Ougrée, car j’ai oublié de raconter ce gros mensonge de petite fille ? Mais peut-être Elise préfère-t-elle prendre une collation à la Foire de Saint-Germain en votre présence et que je libère ma conscience ?

Ce mensonge, je ne l’ai jamais raconté à per...sonne. Sauf à mon journal intime, avant qu’un père indélicat et mal aimant ne me l’ait substitué en vertu de sombres raisons tout aussi indélicates.

Issue d’une famille aux revenus fort modestes, mes parents avaient néanmoins institué de me donner quelques sous - de quoi m’acheter un livre - si j’avais de bonnes notes à l’école. A l’époque, les écoliers, c’était le jeudi après-midi qu’ils avaient congé. Il y avait encore des cinémas de quartier, et avec ces sous, je pouvais m’offrir deux séances de « matinées enfantines », ou un livre. .../...

Véra : .../...
D’après mes calculs, je devais avoir sept ou huit ans. A la bibliothèque de l’école communale du Centenaire, j’avais découvert Les Malheurs de Sophie et j’avais hâte de connaître la suite de ses aventures. D’autres ouvrages de la Comtesse ne figurant pas dans la liste des ouvrages disponibles à l’école, je déci...dai de me rendre à la seule librairie de mon patelin. Décrire, je m’en souviens comme d’aujourd’hui, le plaisir qui fut le mien quand je découvris que cette librairie possédait toute la collection, serait superflu.

Mais arrivée à la dernière page, quelle ne fut pas ma surprise de constater que la Comtesse avait prévu une suite aux aventures ! Pas question d’attendre un mois avant de lire « Les Vacances », mais que faire ? .../...

Véra : …/…

C’est alors que me vint l’idée du fameux mensonge. Le coeur battant, de cela je m’en souviens aussi, mais déterminée, le livre lu sous le bras, je me suis présentée à la dite librairie, et la voix légèrement tremblante j’inventai effrontément :
« Bonjour Madame, excusez-moi, mais je suis venue vous acheter ce livre. ...Or ma maman vient de m’offrir exactement le même ! Ne pourriez-vous me l’échanger contre un autre s’il vous plaît ? » ai-je demandé les paupières baissées.

- Mais bien sûr, ma petite fille, lança la libraire dans un sourire. Elle avait un accent wallon légèrement traînant, et moi j’avais envie de bondir de joie, de battre des mains…

P.S. : Arthur, vous dont la moralité scrupuleuse et drastique est légendaire, quel sera votre verdict après un tel aveu ?

Arthur : Vous offrir un livre. Non ?

Eleonor : Il est un endroit fabuleux, où tous les livres existants se retrouvent et vieillissent ensemble paisiblement: la ville de la Charité-sur-Loire. C'est une immense librairie bibliothèque, un cimetière de livres, les seules boutiques de la ville sont des librairies et vendent des vieux livres reliés fleurant bon un cuir a...ncestral et un papier jauni... Je n'y suis allée qu'une fois fois, et pourtant j'ai hâte d'y retourner. L'architechture des bâtiments est typique du coin: un style comme en bourgogne, avec des poutres, des couleurs claires, blanc écru, rose saumon, etc et le sol, marron, avec quelques pavés (moins qu'en belgique, quand même ) ou bien faits avec un épais goudron mal odorant qui fond en été et colle aux semelles recouvert de graviers pointus gris et rouge. Je suis allée dans 20 librairies au moins, car chacune a sa spécialité: théâtre, biographies, vieux livres de classe, grands classiques, revues vintage de collection, etc

Eleonor : les livres que j'ai acheté ce jour-là, hélas, furent décevants:
Romantique folie de M.Montegut et une femme et des hommes de P.Abraham et aussi le théâtre complet de goldoni (celui-là était bien) ces livres sont malheureusement plus intéressants à regarder et à avoir dans les mains qu'à lire.
Il s'agit de romans à l'eau de... rose ouvertement moralisateurs des années 1900, qui sont révoltants à lire, et une fois finis, on se dit qu'on a perdu son temps et qu'on s'est usé les yeux pour rien...
Esthétiquement, ils sont superbes à voir, avec une reliure en cuir et des petites fleurs de lys tout le long de la tranche...
J'avais 17 ans, et mes goûts littéraires n'étaient pas très affirmés, et je ne savais pas choisir les livres en les achetant, à cette époque. Ce fut d'ailleurs une période de perpétuelles et intenses déceptions littéraires qui m'a dégoûtée de lire pendant quelques années, mais bon, c'est une autre histoire..

Arthur : Merci Eleonor,

La Charité-sur-Loire a aussi la particularité d'accueillir les lumières du ciel et du fleuve.

Adélaïde : Prenez note, les amis, que les plus belles choses que nous voyons sans nous rendre compte qu'elle ne le sont pas en réalité sont pendant l'enfance. Il fut un jour où je devais suivre mes parents dans une galerie personnelle d'un artiste pour un vernissage. JE n'était pas très âgée, mais je me suis sauvée dans la rue, e...t comme à mon habitude, j'ai jouée à la grande fille. Je suis entrée dans le premier magasin sur la gauche, qui était une fort belle librairie. Un couple de jeune venait de la racheter, et avait tout rénové. L'ensemble était sous le thème du merveilleux ou fabuleux. De tous les coups d'œil que l'on jetaient à droite et à gauche, il n'y avait que de douces couleurs et des livres sagement rangés attendant le moment où on allaient les choisir pour les lire enfin. Pour une enfant c'était le paradis...

Adélaïde : ...Il y avait un coin où l'on pouvait lire sur des coussins. Je fit semblant de lire un livre d'art, qui contenait de merveilleux photos. Et l'une d'entre elles me marqua....C'était au châteaux de chantilly. Les murs étaient en réalité des bibliothèque, qui montaient jusqu'au plafond et pour les atteindre il y avait de...s échelles coulissantes. L'étage déjà très haut comportait un large balcon où se prolongeait la bibliothèque. Une petite promenade qui surplombait le reste de la salle. Et de grande statues gardait le tout. Le mieux sans doute devait être le petit aperçu des manuscrits des très riches heures du Duc de Berry dont soigneusement chaque semaines on tournaient les pages à la pince.

Arthur : Merci Adélaïde.

Cécile : Prenez un livre, n'importe lequel, feuilletez le. Les chances sont grandes qu'à la marge vous y découvriez l'écriture d'une inconnue? Quelques notes prises, notées à la va vite au crayon de papier. Ou alors c'est au plume, sur la page première qu'un «A toi que j'aime» vous sautera aux yeux et au coeur.

Mieux qu'un livre,... c'est un livre et son histoire que vous trouverez. Une histoire oubliée sur un coin d'étagère de la salle des ventes et qui n'attend que le prochain lecteur de son épopée.

Ps : j'allais oublier l'adresse – 25 avenue Gabriel Péri – 51430 Tinqueux

Cécile : Ce n'est pas vraiment une librairie, même pas du tout pour tout dire...c'est une sorte de salles des ventes. Vaste batiment, anciennement une usine semble t'il, où désordre et envoutement se disputent les premières impressions.

Il faut se frayer un chemin à travers les premières salles, entre le piano poussiereux et dé...saccordé et le bonheur du jour fané. Glisser sans un bruit devant le pavillon du phonographe essoufflée et longer le buffet bas aux reflets de miel. Prendre l'escalier de bois, redescendre...et c'est là, une toute petite pièce un peu grise. Trois rayonnages, des toiles d'araignées, une lumière incertaine...C'est spartiate et ça a l'odeur des greniers oubliés.

Des livres, combien sont ils? Je ne saurais dire avec exactitude...200, 300...

Un classement? Celui du hasard. Ainsi, sur l'étagère, du bout vermeil de son cuir elimé, Platon fait de la couverture à Colette qui, elle même, lorgne sur la portée allumeuse d'une partition de Litz éventrée.

Arthur : Merci Cécile, et à ces dédicaces qu'Élise pourrait surprendre.

Arthur : Salle des ventes des particuliers à Tinqueux

Ingénue : Je me demande bien ce que devient un groupe sans administrateur ? Rire.

"Il n'est pas facile ... d'être Administrateur. C'est un poste qui exige beaucoup de qualités. Il faut faire montre d'une grande souplesse d'échine, de beaucoup d'obséquiosité, d'une totale absence d'idées personnelles de manière à garder à ses ne...urones toute disponibilité pour accueillir celles du chef. Il faut surtout se garder comme de la peste de toute forme d'initiative. Notre Administrateur observe à la lettre ces sacro-saints principes. C'est un homme intelligent Je prédis qu'il montera haut dans la hiérarchie."

Rachid Mimouni, Le Fleuve détourné

Lioubov : C'est pas tout ça, mais elle en est où, finalement, la douce Elise ? Je crois que nous avons tous perdu sa trace. Je pense à elle, parce que je viens de me rendre au grenier mansardé de ma vétuste demeure, et quelle ne fut par ma surprise d'y retrouver un vieux grand coffre en bois plein à craquer de livres dont j'ava...is complètement oublié l'existence. Je me disais, mais pourquoi garder des livres qu'on sait pourtant ne lire ou relire jamais ? Mais, alors que faire ? Les confier à Elise et qu'elle nous en parle après chaque livre lu ? Nous pourrions peut-être tous nous retrouver ici régulièremennt ? Je partage l'avis de Candide quand il dit qu''il faut s'adaper.

Eleonor : (au fait, juste une parenthèse: cet été je suis allée à la charité sur loire, c'était super! c'est vraiment un lieu génial. qui d'autre y est déjà allé??? j'ai acheté le théatre complet de giraudoux. - sauf que j'ai encore rien lu parce que les pages sont attachées entre elles, et qu'il faut les découper et que je sais... pas comment faire - . A tous les amateurs de livres, je recommande chaudement cet endroit!!! )

Arthur : Eléonor, merci pour la parenthèse. Oui, la Charité-sur-Loire est une ville splendide, j'y allais de temps en temps lorsque j'ai séjourné à Nevers. Mais je ne connais pas la librairie.

..................................................