Pause

Rassurez-vous, il ne s'agit ni de parler de pilon (1), ni de cesser de nous pencher.
Simplement constater que la production d'un exemplaire de notre première publication, nous prend trop de temps (actuellement plus de deux heures) et nous revient plus cher en matériels (papier, encre, colle, film plastique, enveloppes, frais postaux, etc.) que son prix nominal dès lors qu'il n'est pas vendu de la main à la main.

Je décide donc :

  • de clore la première édition des Conards de Rouen (2),
  • d'arrêter la production de livres pendant un bon mois,
  • d'une pause.

Une pause ?

Cette pause, l'arrêt de la production de livres, sera comme un temps suspendu.

Suspendu à la préparation de trois nouveaux livres : une réédition des Conards de Rouen, une balade poétique, un « policier ».

Suspendu à l'apprentissage d'autres façons de relier, de fabriquer un outil en cours de conception qui facilitera les opérations de presse, de sciage du dos et d'encollage ; à l'achat d'une nouvelle imprimante moins gourmande en encre et plus fiable (il ne faut pas que je me plante, dit le roseau).

Suspendu à la lecture de manuscrits reçus.

Suspendu à la rédaction de quatre bulletins spécifiques : l'un en direction des bibliothèques ; le second, des libraires ; le troisième, des éditeurs ; le dernier, des chroniqueurs.

Suspendu à l'écriture de billets sur le blog surtout dans les parties projet, atelier et papiers : sur le thème : « voilà pourquoi et comment je fais : chapardez, remarquez, critiquez ».

Suspendu à l'articulation entre le livre et sa représentation numérique.

Une pause, donc, où l'ennui ne risque pas de m'assombrir.

Je profite de cette première heure de pause pour remercier toutes celles et ceux qui m'ont encouragé, vous ne pouvez pas savoir à quel point ça m'a fait du bien.

À bientôt.

Un apprenti libraire, 2010.

(1) bien que, à partir de cette vidéo, nous reviendrons sur ce sujet. L'industrie de la marchandise livre s'accommode très bien du pilonnage du quart de sa production, elle participe au développement durable des stocks. Ces derniers, leur gestion, donnent d'ailleurs de très mauvaises habitudes à tous ceux qui gravitent autour de l'industrie de cette marchandise, un certain mépris de l'objet et de la main qui le façonne. Que d'anecdotes déjà engrangées depuis à peine plus d'un mois, elles font pousser mes incisives.

Le pilonage des livres - Ma-Tvideo France3
Les livres invendus finissent pilonnés dans une usine de Vigneux. Toutes les cinq minutes, 1,5 tonne de livres y sont détruits. Le papier est ensuite recyclé dans l'industrie papetière.

(2) mon stock est suffisant pour satisfaire toutes les commandes en cours, les envois se feront lundi 11 janvier.

(photo de de douaireg, licence creative common)