Une révision déchirante... une décision reposante
Par Christian le samedi 9 janvier 2010, 07:27 - Journal - Lien permanent

Rassurez-vous, il ne s'agit ni de parler de pilon (1), ni de cesser de nous
pencher.
Simplement constater que la production d'un exemplaire de notre première
publication, nous prend trop de temps (actuellement plus de deux heures) et
nous revient plus cher en matériels (papier, encre, colle, film plastique,
enveloppes, frais postaux, etc.) que son prix nominal dès lors qu'il n'est pas
vendu de la main à la main.
Je décide donc :
- de clore la première édition des Conards de Rouen (2),
- d'arrêter la production de livres pendant un bon mois,
- d'une pause.
Une pause ?
Cette pause, l'arrêt de la production de livres, sera comme un temps suspendu.
Suspendu à la préparation de trois nouveaux livres : une réédition des Conards de Rouen, une balade poétique, un « policier ».
Suspendu à l'apprentissage d'autres façons de relier, de fabriquer un outil en cours de conception qui facilitera les opérations de presse, de sciage du dos et d'encollage ; à l'achat d'une nouvelle imprimante moins gourmande en encre et plus fiable (il ne faut pas que je me plante, dit le roseau).
Suspendu à la lecture de manuscrits reçus.
Suspendu à la rédaction de quatre bulletins spécifiques : l'un en direction des bibliothèques ; le second, des libraires ; le troisième, des éditeurs ; le dernier, des chroniqueurs.
Suspendu à l'écriture de billets sur le blog surtout dans les parties projet, atelier et papiers : sur le thème : « voilà pourquoi et comment je fais : chapardez, remarquez, critiquez ».
Suspendu à l'articulation entre le livre et sa représentation numérique.
Une pause, donc, où l'ennui ne risque pas de m'assombrir.
Je profite de cette première heure de pause pour remercier toutes celles et ceux qui m'ont encouragé, vous ne pouvez pas savoir à quel point ça m'a fait du bien.
À bientôt.
Un apprenti libraire, 2010.
(1) bien que, à partir de cette vidéo, nous reviendrons sur ce sujet. L'industrie de la marchandise livre s'accommode très bien du pilonnage du quart de sa production, elle participe au développement durable des stocks. Ces derniers, leur gestion, donnent d'ailleurs de très mauvaises habitudes à tous ceux qui gravitent autour de l'industrie de cette marchandise, un certain mépris de l'objet et de la main qui le façonne. Que d'anecdotes déjà engrangées depuis à peine plus d'un mois, elles font pousser mes incisives.
Les livres invendus finissent pilonnés dans une usine de Vigneux. Toutes les cinq minutes, 1,5 tonne de livres y sont détruits. Le papier est ensuite recyclé dans l'industrie papetière.
(2) mon stock est suffisant pour satisfaire toutes les commandes en cours, les envois se feront lundi 11 janvier.
(photo de de douaireg, licence creative common)
Commentaires
Bonjour cher Roseau,
Lorsque vous parlez de réédition - ce qui, dans mon chef, suppose que le premier volume devient (chouette !) une vraie "rareté" - est-ce dans le projet d'y ajouter une préface, par exemple ?
P.S. si la question vous surprend, je peux m'en expliquer en d'autres lieux, si vous le souhaitez. Je trouve que pour un lecteur, vivre "en direct" la naissance d'un livre depuis le b.a. ba, est une expérience formidable, et á marquer d'une pierre blanche. Merci.
Chère Pandora,
Nouvelle édition veut dire réflexion, mais oui, la préface sera changée. S'il me reste quelques exemplaires de la première (hors le tout premier que je garde précieusement), je les mettrai en vente d'occasion, mais pour un prix bien supérieur à celui du neuf, surtout s'il sont écornés (je dis ça...).
Oui, ce b a ba, je vais m'y appliquer, le roseau cultive la solitude mais prend du plaisir lorsqu'il n'est pas seul. Si cette démarche fait pétiller un oeil critique, tant mieux.
Cher Roseau,
Vite un petit mot, même si j'ai quelque scrupule - je devrais l'écrire au pluriel - d'obliger votre apprenti - que l'adore, mais quel sacré cachotier ! - d'offrir de son temps si précieux pour répondre á des "lagomorphes" en jupons.
De fait, dans mon chef, il ne s'agit nullement de critiques (!), mais tout simplement de "confort" disons, "personnel"...
En ce sens que les gens - ceux auxquels on offre ce livre - ceux un peu bêtes (sic) et peu avertis, ne comprennent pas de suite qui sont ces augustes, fameux, et si joyeux habitants de Conardie, s'ils ne sont pas prévenus.
PS : et si je vous confiais, qu'en rêves j'ai vu... Non ! je ne dis plus rien car, soudainement, je crains les petits coucous qui pourraient vous piquer. Vous me direz, un jour, si le rêve était trop fou.
Pour Conards, je comprends l'hésitation. Ce mélange de d'où l'on vient et d'être lié à une personne volage n'est pourtant pas désagréable à porter. Les mots... il en est tant qui provoquaient le frisson et sont devenus presque transparents. Parions que, sous peu, il y aura quelque fierté à se réclamer comme tel.
Même si n'est "pas désagréable á porter", je donnerais cher pour être, un seul instant, dans le cerveau d'un Champollion...
Hum... question un peu tardive, je crains d'aiguiser quelque peu vos incisives, de plus belle. Mais que pense-vous de ceux qui se défendent en déroulant que le procédé du pilon serait sensé apporter de l'ouvrage neuf parce que faire ou défaire serait toujours travailler ? C'est comme si les souvenirs terrifiants de livres brûlés sur la place publique leur étaient devenus inconnus ou étrangers.