Plus la ficelle est grosse plus elle devient leurre
Par Christian le dimanche 24 janvier 2010, 12:14 - Pécadilles - Lien permanent

[enquête ultra rapide dans le monde des leurres ; les pièces à conviction sont regroupées ici : du moins tant qu'elles ne seront effacées.]
Inscrit sur la plate-forme facebook, je reçois un message public d'un certain Richard Joffo envoyé à la cantonade et disant ceci :
« j'ai reçu 2 messages de participants au concours de nouvelles
s'inquiétant de ne pas recevoir d'informations.
D'autres qui, légitimement, s'étonnaient de voir des nouvelles qui avaient
été mises sur le forum, avoir été récupérées par des responsables de sites qui
les ont publiées à leur tour.
Pour ce qui concerne le Magazine Nosart's pour lequel j'ai lancé cet
appel, sachez que je n'ai pas de nouvelles de la responsable depuis quelques
semaines et qu'elle ne répond pas à mes appels. J'ai transmis, comme
prévu, les nouvelles qui m'ont été adressées et je suis dans la même
expectative que chacun d'entre vous. Et je comprends votre impatience et, pour
certains, votre irritation.
Dès que j'aurais réussi à avoir les informations, je vous les transmettrai
sans tarder.
Pour ce qui concerne les nouvelles qui auraient pu être "piratée" sur le forum, une avocate est en train d'étudier les aspects juridiques de cet affaire afin, si la loi nous y autorise, de demander des explications (et plus si possible) à ceux qui ont publié ces nouvelles sans autorisation. »
Diantre ! Il est question de pirates, d'une avocate anonyme, d'un concours sans nouvelles, d'un magazine confidentiel, d'impatience et d'irritation. Pas de quoi fouetter un chat. Un plat assez ordinaire au service imprécis. Message mis à la poubelle.
Un peu plus tard, triant mes messages, je tombe sur celui – du même Richard Joffo, le 26 août 2009 – annonçant ce fameux concours, contenant en lui tous les ingrédients d'un piège à gogos (surligné par moi) :
« Concours de Nouvelles
En partenariat avec le magazine NOSARTS.
Réservé aux auteurs qui n’ont jamais été publiés à compte
d’éditeur.
(Les auteurs auto édités ou publiés à compte d’auteur peuvent participer
mais doivent envoyer une nouvelle INÉDITE).
Les nouvelles devront être déposées dans le groupe : ÉCRIRE et faire ÉDITER son PREMIER LIVRE dans le FORUM au sujet : CONCOURS DE NOUVELLES.
Nouvelle inédite
Sujet : Libre
Format : Minimum 3 feuillets – Maximum 30 feuillets (1 feuillet :
1500 signes espaces compris – l’outil statistique dans les outils de Word
permet de compter).
Faire figurer avec votre texte : nom, adresse, tel portable,
adresse email.
Les nouvelles seront présélectionnées par Richard Joffo et un
responsable de NOSARTS.
Un jury composé notamment de responsables du Magazine NOSARTS (Directrice de publication, responsable de la rubrique littéraire) sélectionnera un certain nombre de nouvelles qui seront publiées sur le site http://www.nosarts.com et soumis aux votes des abonnés au site (l’abonnement est gratuit).
Les nouvelles sélectionnées seront publiées dans un recueil édité par NOSARTS et certaines d’entre elles dans le magazine bimestriel NOSARTS diffusé à 20 000 exemplaires (et progressivement à + de 50 000).
La publication dans le recueil fera l’objet d’un contrat
d’édition rémunéré à 15 % pour les auteurs (à répartir).
La publication dans le magazine sera faite à titre promotionnel et sera
accompagnée d’un portrait de l’auteur.
L’envoi des nouvelles sera clos le 15 octobre 2009. »
Est-il nécessaire de commenter ce message public ?
Oui ?
Brièvement, alors... Un certain Richard Joffo en partenariat avec un magazine dont il ne précise pas le nom des responsables, demande à tout auteur « obscur » de communiquer son nom, son adresse, son numéro de téléphone, son adresse email sur un forum public et l'incite grandement à s'abonner (et de faire abonner ses amis) sur le site de ce magazine pour voter pour la nouvelle dont il est si fier. Pensez donc, cette revue est diffusée à 20 000 exemplaires et bientôt 50 000 dit la boule de cristal. Bref, une campagne publicitaire assez ordinaire.
Le jour même, les premiers ferrés vont émettre des doutes : « Heuu... On doit noter des éléments perso dans la liste de discussion ? Comment garantir la protection des informations personnelles ? (ce n est pas pour faire la rabat-joie mais c'est bon à savoir) », d'autres publier leur nouvelle sur le forum avec de jolis numéros à appeler, un peu kamikazes, mais bon, pourquoi pas. Une centaine d'autres (« Bonjour... nous avons reçu une centaine de nouvelles ! », Richard Joffo le 16 octobre), vont faire confiance à Richard Joffo et lui envoyer leurs coordonnées et nouvelle par email.
L'attente commence, anxieuse pour certains. Le 22 décembre Richard Joffo précise que la publication du choix effectué par Nos'Arts est imminente : « c'est imminent... cela ne dépend plus de moi mais de l'équipe de NOSARTS.. ».
L'attente continue, à l'orée de l'année nouvelle. Des « nouvellistes » enquêtent, ils découvrent que sur la plateforme utilisée par Nos'Arts pour mettre en ligne leur revue se trouve toutes les nouvelles envoyées par mail à Richard Joffo, mais plus grave, leurs coordonnées complètes... : la mise en ligne a été effectuée par la même personne, pour la revue comme pour ces données nominatives, un certain Robinson Mendez, responsable diffusion. Nos'Arts, « le magazine de tous les talents » (sic), n'hésite pourtant pas à mettre en exergue de son site le traditionnel : « aucune donnée personnelle ne sera ni donnée ni vendue ». Ça ne mange pas de pain.
Ce 22 janvier, coup de théâtre : la directrice de la publication, Sandrine Morvan annonce avoir été victime d'un accident grave le... 13 décembre – Richard Joffo, voyons, vous l'ignoriez le 22 ? -, se débattre avec des difficultés financières – Richard Joffo, vous dites que la diffusion était en pleine expansion ? – et se battre pour son projet... Nous n'en doutons pas.
Alors que penser de tout ça ? Il n'est pas question ici de mettre la sincérité des différentes personnes en doute : Sandrine Morvan se bat et doit trouver des relais, Robinson Mendez tente de diffuser au maximum, Richard Joffo est un bel ambassadeur et transmet, en aveugle, des missives, l'avocate n'a pas de nom et les Nouvellistes écrivent.
Ah oui, peut-être, tout simplement, apprendre à lire... (je ne vais pas me faire des amis !)
(photo de Jean-Louis Vandevivère, Leurres, licence creative common))
Commentaires
Je dirais même plus : votre tête va être mise á prix ! Mais vous en avez l'habitude... C'est du joli !
P.S. : et si "les Nouvellistes écrivent", ceux de la télévision, qui sont en manque d'imagination, en feront bientôt des feuilletons.
Parions ?
Oh, je ne parierai pas. Je me désintéresse de la télévision et de ses feuilletons.
Ce n´était pas ce que je voulais dire. Décidément...
Mais j'ai eu connaissance que tous ces "concours" de nouvelles sont épluchés par d'indélicats télévisieux, parfois vicieux, en manque d'inspiration ou de souffle. Et les nouvellistes en herbe sont quelquefois d'excellents "souffleurs" puisque les idés sont á tout le monde ainsi que les mots, aurait dit Brassens. Vous me saisissez ?
Or les n... Pas et, je pense.
Je ne sais pas.
Ce doit être vrai parfois, mais il y a aussi des légendes à ce sujet.
Je ne suis pas scénariste, mais je suppose que la vie offre suffisamment d'idées de scénario pour ne pas avoir à se coltiner la lecture (pénible parfois) de nouvelles.
J'ai été frappé, avec des amis, de me rendre compte qu'une idée sur laquelle j'avais réfléchis assez longtemps en solitaire était déjà leur lorsque je l'exprimais. Mon champ étant ridiculement petit, si nous envisageons le passage d'une clôture, cette simultanéité doit être plus ordinaire que fortuite.
Après, oui, il y a des pompeurs, comme les Shadoks, eh bien, tant pis. Qu'ils pompent. Quelle importance ?
Oui, Roseau, vous avez parfaitement raison, aucune importance.
Et puis á quoi bon s'encombrer les esprits en aérant les dents de sa souris
pour des prunes ?
Merci d'avoir pris la peine de me répondre et belle nuit á vous,
et á votre mystérieux apprenti.
Bonjour
Je tiens juste à vous informer de notre situation actuelle est plus que difficile et explique que le concours de nouvelles organisé est en attente pour l'instant.
En effet si nous ne trouvons pas de fonds très rapidement notre magazine devra s'arrêter, le dernier Numéro venant de sortir risque d'être aussi le dernier dans la réalité.
Je vous confirme une seconde fois que les écrits reçus sont en sécurité et que le dérapage qu'il y avait eu avec des nouvelles publiées était une erreur qui a été rectifié immédiatement.
Comme je l’avais déjà indiqué à Murielle Lacroix dans un précédant mail, nous n'avons aucuns intérêt à publier des nouvelles telles qu'elles car beaucoup sont truffées de fautes, de plus nous sommes des personnes honnêtes et responsables.
Notre seul véritable problème est le manque de fonds pour pouvoir survivre et mener à bien nos objectifs qui sont de rendre l'art et la culture accessible à tous tout en aidant de nouveau talents à sortir de l’ombre.
Pouvez-vous transmettre l'information aux personnes ayants participé car visiblement la conversation que j'ai eu avec l'une d'entre elles (un Monsieur) pour expliquer notre situation ainsi que dans le mail envoyé à Murielle Lacroix qui avait le même but, n'ont pas étés transmis. J'ai pu le constater via un article publié par Christian ici même.
Pour information: j'ai effectivement eu un grave accident de voiture le 13 décembre à 18h45 précise, ou j'aurais pu y laisser la vie mais heureusement pour moi je n'y ai laisser que ma main droite ! qui est maintenant truffée de broches !
Merci de votre compréhension et de bien vouloir faire le nécessaire.
Et vous pouvez me croire, nous aurions préféré pouvoir faire se que l'on avait organisé.
Bien cordialement
Sandrine MORVAND
Tél : 33 06 50 74 29 12
Chère Sandrine,
Je prends acte de votre commentaire et des difficultés qui sont actuellement les vôtres.
Je terminais mon billet par ces deux phrases :
« Alors que penser de tout ça ? Il n'est pas question ici de mettre la sincérité des différentes personnes en doute : Sandrine Morvan se bat et doit trouver des relais, Robinson Mendez tente de diffuser au maximum, Richard Joffo est un bel ambassadeur et transmet, en aveugle, des missives, l'avocate n'a pas de nom et les Nouvellistes écrivent.
Ah oui, peut-être, tout simplement, apprendre à lire... (je ne vais pas me faire des amis !) »
Elle me paraissent plus pertinentes aujourd'hui sous l'éclairage de vos dits.
Il s'agit bien - comme souvent - de savoir lire. Laissons nos esprits vagabonder pour de plus plaisantes perspectives.
Bien à vous,
Christian Domec, apprenti libraire.