Le nom de Madame le Maire de Rouen ? Valérie Fourneyron
Par Christian le dimanche 14 février 2010, 21:58 - Tribulations - Lien permanent
Oh non ! Ne vous méprenez pas, ce n'est pas parce que je n'ai pas reçu de réponse à mon courrier posté il y a soixante-douze jours à Madame le Maire de Rouen que j'intitule ainsi ce billet. Non, non, croyez-moi ! Il s'avère que depuis ce jour les penchants du roseau reçoivent de nombreuses visites accompagnées de cette requête : « Quel est le nom du Maire de Rouen ? »
Maintenant vous en savez autant que moi, alors poursuivons... par un petit retour en arrière, voici le contenu du courrier posté le 3 décembre dernier :
Madame le Maire,
Il est des noms de rues comme de nos manières, elles furent frustes mais gaies, pieuses mais irrespectueuses. Ces noms évoquaient plutôt un métier, une habitude, un marché, une réputation, un personnage illustré... qu’une personne illustre, sévère, défunte. Aujourd’hui, les épitaphes clouées à l’entrée de nos venelles, ruelles et avenues appesantissent nos pas à tel point qu’une prothèse pneumatique nous est devenue indispensable.
Disparues, celle des Arpenteurs, des Belles-Femmes, des Coquets, du Bon-Espoir, de la Basse-Fesse, de Derrière, Devant-la-Cohue, Dame-Jeanne, du Petit-Enfer, du Chien-qui-rit, du Cochon-rôti, de la Truie, des Ramasses, du Bardel, des Barbiers, des Curandiers, de Vanterie, de la Chèvre, des Crottes, de la Grosse-Bouteille, de la Pompe, des Prêtresses... même celle des Jésuites ; comme partout, elles furent remplacées par des galonnés, des ceinturés, des notables, des académiciens, des artistes... un pont récent, inauguré en grande pompe, fut même affublé du nom de celui qui s’écriait : « Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit ! »
Il est pourtant une rue qui retient plus particulièrement l’attention. Celle qui éventra un quartier tumultueux ; qui trancha et redressa les rues des Tanneurs, de la Renelle-aux-Tanneurs, des Maroquiniers, de Dessus-la-Renelle pour tracer une droite impeccable entre la Seine, l’Hôtel-de-Ville et les boulevards. Celle qui eut toujours une belle maîtresse, l’Impériale, la Royale, la République, l’Impériale (bis), la République (bis)... et demain ?
Demain est ma requête, Madame le Maire, celle de redonner fierté aux riverains de cette artère qu’on traverse sans jamais s’y attarder ; permettre aux passants de sourire, de se rappeler, de revenir. Demain sera changer son nom en rue de la Conardie, en mémoire aux fameux Conards de Rouen(1) qui surent égayer la ville un siècle durant avant d’être étouffés par le Parlement et l’ombre du sinistre homme rouge.
Madame le Maire, je vous en prie, bousculez l’ordre du jour de votre prochain conseil, présentez-lui cette requête et, à n’en pas douter, il l’adoptera à l’unanimité. Pensez à ces jours de liesse lorsqu’au son des « tabourins, fleustes, phiffres, trompes, trompettes, cimbales, cornemuses, vielles, carivary, hautsbois, rebecquets, bourdons, violons, harpes, loures sourdes, orgues, timpans, pippets, cornets » vous inaugurerez cette rue : la clameur s’étendra à toute la cité et... bien au-delà.
À cette inauguration prochaine, bien à vous,
Christian Domec, apprenti libraire.
(1) Les Conards de Rouen, les penchants du roseau, 2009, dans toutes les bonnes librairies de la ville.
Commentaires
Vous savez quoi ? Je commence doucettement à vraiment y croire, moi á ce nom qui va changer. C'est de quelle couleur, chez vous, elle p.c. c'est ? Votre idée ferait un sujet de reportage original qui plairait car, de lá-haut, votre compatriote doit déjà sourire dans sa moustache. =^.^=
Rose bonbon ou barbe à papa, je crois...
Je vais invoquer les mânes de Saint Amant !
Fagoté plaisamment comme un vrai SimonnetFagoté plaisamment comme un vrai Simonnet,
Pied chaussé, l'autre nu, main au nez, l'autre en poche,
J'arpente un vieux grenier, portant sur ma caboche
Un coffin de Hollande en guise de bonnet.
Là, faisant quelque fois le saut du sansonnet,
Et dandinant du cul comme un sonneur de cloche,
Je m'égueule de rire, écrivant d'une broche
En mots de Pathelin ce grotesque sonnet.
Mes esprits, à cheval sur des coquecigrues,
Ainsi que papillons s'envolent dans les nues,
Y cherchant quelque fin qu'on ne puisse trouver.
Nargue : c'est trop rêver, c'est trop ronger ses ongles ;
Si quelqu'un sait la rime, il peut bien l'achever.
Je fais nargue de ceux qui se sont moqués.
" Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,
Je songe aux crautés de mon sort inhumain.
L'espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu'un Empereur Romain.
Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu'en mon premier estat il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent :
Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d'espérance,
Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent."
Voici le rendez-vous des Enfants sans souci
Voici le rendez-vous des Enfants sans souci,
Que pour me divertir quelquefois je fréquente.
Le maître a bien raison de se nommer La Plante
Car il gagne son bien par une plante aussi.
Vous y voyez Bilot, pâle morne et transi,
Vomir par les naseaux une vapeur errante ;
Vous y voyez Sallard chatouiller la servante
Qui rit du bout du nez en portrait raccourci.
Que ce borgne a bien plus Fortune pour amie
Qu'un de ces curieux qui, soufflant l'alchimie,
De sage devient fol, et de riche indigent !
Celui-là sent enfin sa vigueur consumée,
Et voit tout son argent se réduire en fumée ;
Mais lui, de la fumée il tire de l'argent.
La Débauche
Nous perdons le temps à rimer,
Amis, il ne faut plus chômer ;
Voici Bacchus qui nous convie
A mener bien une autre vie ;
Laissons là ce fat d'Apollon,
Chions dedans son violon ;
Nargue du Parnasse et des Muses,
Elles sont vieilles et camuses ;
Nargue de leur sacré ruisseau,
De leur archet, de leur pinceau, Et de leur verve poétique.
Qui n'est qu'une ardeur frénétique;
Pégase enfin n'est qu'un cheval,
Et pour moi je crois, cher Laval,
Que qui le suit et lui fait fête
Ne suit et n'est rien qu'une bête.
Morbieu ! comme il pleut là dehors !
Faisons pleuvoir dans notre corps
Du vin, tu l'entends sans le dire,
Et c'est là le vrai mot pour rire ;
Chantons, rions, menons du bruit.
Buvons ici toute la nuit,
Tant que demain la belle Aurore
Nous trouve tous à table encore.
Loin de nous sommeil et repos ;
Boissat, lorsque nos pauvres os
Seront enfermés dans la tombe
Par la mort, sous qui tout succombe,
Et qui nous poursuit au galop,
Las ! nous ne dormirons que trop.
Prenons de ce doux jus de vigne;
Je vois Faret qui se rend digne
De porter ce dieu dans son sein,
Et j'approuve fort son dessein.
Bacchus ! qui vois notre débauche.
Par ton saint portrait que j'ébauche
En m'enluminant le museau
De ce trait que je bois sans eau ;
Par ta couronne de lierre.
Par la splendeur de ce grand verre,
Par ton thyrse tant redouté.
Par ton éternelle santé.
Par l'honneur de tes belles fêtes,
Par tes innombrables conquêtes.
Par les coups non donnés, mais bus.
Par tes glorieux attributs,
Par les hurlements des Ménades,
Par le haut goût des carbonnades,
Par tes couleurs blanc et clairet,
Par le plus fameux cabaret,
Par le doux chant de tes orgies.
Par l'éclat des trognes rougies,
Par table ouverte à tout venant,
Par le bon carême prenant.
Par les fins mots de ta cabale,
Par le tambour et la cymbale,
Par tes cloches qui sont des pots.
Par tes soupirs qui sont des rots.
Par tes hauts et sacrés mystères.
Par tes furieuses panthères.
Par ce lieu si frais et si doux.
Par ton bouc paillard comme nous,
Par ta grosse garce Ariane,
Par le vieillard monté sur l'àne.
Par les Satyres tes cousins,
Par la fleur des plus beaux raisins.
Par ces bisques si renommées,
Par ces langues de bœufs fumées,
Par ce tabac, ton seul encens.
Par tous les plaisirs innocens.
Par ce jambon couvert d'épice.
Par ce long pendant de saucisse,
Par la majesté de ce broc.
Par masse, tope, cric et croc,
Par cette olive que je mange.
Par ce gai passeport d'orange,
Par ce vieux fromage pourri,
Bref, par Gillot, ton favori,
Reçois-nous dans l'heureuse roupe,
Des francs chevaliers de la coupe,
Et, pour te montrer tout divin,
Ne la laisse jamais sans vin.
Francs chevaliers de la coupe ou de la croupe ? Quel troupeau !
Oú est Saint Amant ?
http://fr.wikisource.org/w/index.ph...
Il s'appelait Girard.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57729b.rJe ne sais si je fais fausse route ou non - pour le licou - mais votre Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, le poète oisif et dit "paresseux", me botte ! Merci á vous pour la précieuse découverte. (Je pouce...)
http://fr.wikisource.org/wiki/Auteu...
Oui, moi aussi, à part qu'il a houspillé Mademoiselle de Gournay (la "fille" de Montaigne) quand elle n'était plus jouvencelle...
Il est dans mes projets, à terme..., de publier un opuscule avec des écrits de ce fameux poëte.
Bojé moiii ! hi hi hi, houspillé ? Vous nous en direz tant.
Vous n'ignorez pas que les sentiments n'ont pas d'âge, mon cher.
Faut-il le rappeler ?
Ceci étant, publier des écrits oubliés est un destin et une tâche qui me sembbent très noble.
PS : votre ami bec s'énerve sur le knout de l'autre côté. Je ne comprends rien à ce qu'il raconte.
Poisson de lune ou "poisson des brumes" ?
http://www.nicolascrousse.net/jl%20...
Un sonnet dédié à une amie proche mais mienne qui illustra quelques recueils, il y a une toute petite vingtaine d'années...
Oui, je me souviens ! C'est bien celui qui vous avait surnommée "l'inachevée" ? Mais je comprends votre discrétion, vous avez toujours voulu fuir pour ne pas vous immiscer dans le grand bal futile des vanités.
http://images.google.be/images?hl=f...
une tres belle facons de voir les choses oui meme si je suis ps convaincu que ca peut parcher :)