Petite annonce n° 1 : chiffrer le pilon
Par Christian le vendredi 5 mars 2010, 20:50 - Petite annonce - Lien permanent
(je remonte cette petite annonce, il serait curieux que parmi les visiteurs des penchants du roseau il n'y ait pas quelqu'un qui possède un début de réponse. Alors, merci de me donner une piste. Pour vous séduire, je présente à nouveau ce court et magnifique reportage de FR3 sur le développement durable du pilon)
J'étrenne une nouvelle rubrique: les petites annonces.
Vous commencez à être nombreux à venir ici (1), souvent fort silencieux parfois non. Il y a donc une petite chance qu'une annonce trouve réponse. Je tente donc la première.
J'aimerais écrire un relevé d'idées simples contre le pilon, celui des livres. Il pourrait s'appeler : « Mort au pilon !... Oui mon poulet » ou autrement, nous verrons bien.
Le pilon qui est, pour le livre, la modernité du modèle économique dominant : fabriquer des déchets et les peindre en vert, j'en ignore précisément l'étendue. « On » parle de 25 % des livres façonnés.
Ma petite annonce est :
Qui peut me dire, avec l'appui de sources fiables, la quantité des livres pilonnés chaque année en France (2) ? Et, sans vouloir pousser le bouchon trop loin : Quels sont les lieux principaux du pilonnage industriel ?
Les livres invendus finissent pilonnés dans une usine de Vigneux. Toutes les cinq minutes, 1,5 tonne de livres y sont détruits. Le papier est ensuite recyclé dans l'industrie papetière.
(1) une centaine de personnes par jour depuis février.
(2) nous nous bornerons à la France dans un premier temps, d'une part parce que
nous y résidons, d'autre part parce qu'elle a la fâcheuse manie, par la voix de
ses bredouilleurs patentés, de donner des leçons à la terre entière et même
parfois... à l'Univers.
Commentaires
Quatre questions :
1) Pourquoi vous limitez-vous á la France ?
2) Comment et oú faut-il chercher ?
3) Pourquoi un tag au poulet ? Est-ce pour le pilon ?
4) Et pourquoi donc pas au sot-l'y- laisse ?
Arlette :
1) Pourquoi vous limitez-vous á la France ?
Il me semble y répondre dans l'annonce.
2) Comment et oú faut-il chercher ?
Je saurais y répondre précisément, je n'aurais passé cette annonce.
3) Pourquoi un tag au poulet ? Est-ce pour le pilon ?
Oui, du poussin poussé en 3 semaines nous n'en voyons plus, souvent, que cette partie osseuse, gélifiée, recomposée et décharnée : au son des pépiements numériques nous recyclons en nos palais les déchets que nous produisons, particulièrement en France, pays dit de la gastronomie, mais de l'agro-alimentaire triomphant.
4) Et pourquoi donc pas au sot-l'y- laisse ?
Pourquoi pas, nous verrons bien.
Penchant, cher penchant, mais quelle patience, vous avez... Franchement, je vous admire.
PS : Arlette, ma biquette, offrez-vous une paire de lunettes, ou alors, allez danser !
J'ai trouvé, par exemple, ceci (2005 ?), de Marc Autret interrogé par Amélie Charnay :
Q. — Quelle est la proportion d’exemplaires allant au pilon ?À ma connaissance, le volume annuel d’invendus est de l’ordre de 110 millions d’exemplaires, chiffre bien sûr à actualiser pour 2006. La fraction qui échappe au pilon est réputée infinitésimale, bien que le chiffre exact soit difficile à approcher...
Mais aucune source.
Ou ça (Leila Minano : le filon du pilon, 2007) :
98 millions de livres invendus en 2005. Autant d’échecs commerciaux et d’ouvrages abîmés qui finissent en papier recyclé. Seule une minorité de rescapés retournent au stock ou sont restaurés. Notre reporter a plongé dans les entrailles du pilon, le plus grand tabou de l’édition.(suite)
Si je peux me permettre : une question puérile, peut-être.
Voyez-vous une solution, une méthode pour endiguer ces massacres ? En un mot comme en cent, savez-vous si une solution est prévue ?
Hallucinant ! J'ai en tête un lien du Coq qui, de fait, rappelle les "Soldes". Une solution serait peut-être qu'aux "infos", les médias signalent le nombre de kilos de livres pilonés comme ils annoncent la météo quotidienne ?
René, de solutions ? non, cette réalité va s'accroître et à ce pilon s'ajoute maintenant celui des bidules électroniques. Mais rassurez-vous, ils repeignent les bennes en vert !
Arlette, les média prolifèrent sur cette montagne de déchets, elle les fait vivre.
Ma tête ne vaut-elle une petite annonce numéro 2 ?
PS : je n'avais pas envie d'obéir á votre apprenti...
Voilà pourquoi je remplis mes tiroirs de manuscrits : j'ai peur du pilon !
Rien ne se crée tout se renouvelle, je sais ... mais être pilonnée pour devenir réimprimée en papier-torchon (ou pire !) ça me démonte l'atmosphère ...
Cent mille fois faudra-t-il vous demander ce qu'il faut faire mi ptit poyon, pour l'éviter, ce pilon ? Poil au menton.
Ben oui, quand le bon dieu ne nous a concédé qu'un seul et malheureux neurone, faut se faire aider. Non ?
Anne, oui c'est triste d'autant que c'est - par son ampleur - un phénomène assez nouveau : les livres sont, derrière leur vernis culturel, de plus en plus considérés comme des stocks. "Il" faut en produire beaucoup et en quantité pour inonder le marché et profiter d'un prix de gros et, ensuite, en fonction des résultats, rapidement se débarrasser des stocks. Ce phénomène n'est bien sûr pas propre au livre, il est particulièrement présent dans la production, la distribution et le "recyclage" des bidules électroniques. Il est possible que pour le livre la fibre soit plus sensible. Il est assez remarquable que dans les gigantesques bases de données (Dilicom, Electre, etc.) qui viennent sur les écrans des libraires ou sur les librairies en ligne, un livre soit désigné par un titre, un auteur, un éditeur, mais aussi par un numéro, une taille au millimètre près, un poids au gramme près. Ces dernières données indiquent bien ce qui est essentiel : le stockage, l'encartage, le pilonnage.
Un jour, si vous me le permettez, j'aimerais entrouvrir un peu vos tiroirs.
Pandora, voyons, comme si "la" solution pouvait être l'apanage de l'un ou de l'autre. Et quand bien même ce serait vrai, il faudrait la fuir ! Sinon, il serait assez aisé d'éviter ce pilon (il n'existait que marginalement il y a une trentaine d'année), mais il y a tant d'intérêts en jeu ! Je vous laisse deviner lesquels et pourquoi : la peinture verte ne devrait pas vous tromper.
...Alors qu'on pourrait construire de si jolies cloisons en livres empilés... je suis devenue experte en cloisons livresques !
Les maisons d'édition manquent cruellement d'imagination.