Ordures

Je sais, mes questions innocentes ne trouvent guère de réponses ici, mes petites annonces non plus. Ainsi, si j'ignore tout du destin des milliers de livres envoyés chaque mois à Électre (1), j'ai pu évaluer, d'après quelques articles qui semblent sérieux mais sans références précises que le pilon broierait environ 100 000 000 de livres par an en France. Une paille ! Un cinquième de la production, certainement le poste le plus rémunérateur de l'industrie du livre et de sa chaîne clinquante (2).

Je me souviens d'un dessin de Plantu, je crois, d'avant la chute du mur de Berlin : deux monceaux de cadavres, celui de l'Est légèrement moins important que celui de l'Ouest et un galonné du Kremlin, du haut de son tas, dire : « Oui, mais vous avez de l'avance ». Dessin sinistre atténué par la ligne claire et rebondie du dessinateur.

Émission économique puisque Salon du livre à la portée des Versaillais, ce matin ; entendre le bruissement des mouvements de capitaux vers la lecture sur support numérique et cette question innocente et prospective : quand le tas des bidules électroniques à désosser sera-t-il plus important que celui des livres à broyer ?

(1) pourtant des employés d'Électre sont passés par ici. Les traces, sur le réseau des bidules électroniques, c'est terrible, ça marque et signe.
(2) cette chaîne me rappelle celle de Gunther IV.

(photo, Bayonne Nord en danger - Saison 1, Moris Dia, licence creative common)