poisson origami

Éric Meije en culottes courtes nous l’avait annoncé : « le livre, en tant qu'objet fétiche, objet à sens, parasite l'écrit qu'il contient. Le livre-objet est à l'écrit ce que l'image est à un concert public : en trop. » Par une ultime pirouette il publiera le 28 avril prochain ses Récits aux éditions Léo Scheer, ainsi le champ du signe redeviendra friche.

Éric avait raison, le papier doit retourner à sa fonction première : d’emballants cartons ondulés protégeant nos élevages de puces savantes ou mieux encore servir de torche et moucher nos transits passagers. Ses fibres celluloïdes sont insignifiantes et n’offrent lorsqu’elles sont couchées qu’un sens unique à nos expressions.

Libérons nos textes de toute entrave matérielle – éphémère chinoiserie –, l’avenir sera numériquement sautillant et cliquant ou ne sera pas. De petites entreprises audacieuses, la pomme, l’amazone, la hachette de Numi, nous montrent le chemin.

Nous ne nous pencherons plus sur ce papier obsolète et préférerons dorénavant dresser les puces à coups de fouet : la mayonnaise n’en sera que plus onctueuse.

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(photo de Emre Ayaroğlu, licence creative common)