D’où provient le vent qui caresse mes oreilles ?

Nul ne le sait vraiment : d’un haut talus, d’une balise russe, d’un nuage de feu. Jamais je ne saurai si cet élément n’est pas le fruit des âmes tranquilles qui veillent sur nous, de vieilles dames ou de vieux messieurs qui ont fui la Terre pour arpenter la pente de nos silences. Doux souvenir de courses sur l’eau, le vol des voiles nous mène sur les flots, nous avançons vers la paix, main dans la main ou le regard en l’air, les oiseaux en guides sur la surface immobile, la mer. Je rêve de ce voyage dans l’univers de ma raison, porté par la folie de croire au miroir de ta silhouette, aussi chouette qu’une allumette ; je brûle de désir et d’impatience, sous un thermique absent. J’ai chaud. En août ou en juillet, je sillonne l’atmosphère à la recherche d’un billet pour une vallée de sourires, sans dépérir, seulement ivre... de liberté.

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.