Le printemps est la saison reine, il met ses parures de majesté, les fleurs sont au sol ou sur tous les arbres. J’aime qu’Éole me coupe le souffle quand les oiseaux rigolent et tes cheveux d’or s’éclairent de tant de mystères. Tu balances tes reins au son des serins, et les mouettes m’assomment de questions. Quand le vent nous traîne dans les parcs, ensemble nous respirons les quatre saisons. J’aime que les plantes exhalent leur amour, que leurs crinières montrent leurs secrets, et je reste con, comme toi, face à la beauté des champs. Le blé se récolte ; la vigne, elle, pousse les humains à faire la fête. Le vin de la déraison, tu sais...

L’automne arrive, sa lumière, ses couleurs. Le ciel s’inonde de terre de Sienne, de pourpres de soie, de lacs turquoise, et invite au voyage. J’aimerais m’asseoir sous un bolet diable et y soulever ton jupon, dynamite, amanite phalloïde, tu es mon poison, mon amour, et le temps n’y peut rien.

Naissance de l’été, de sa chaleur si je pense à ton univers de plaisir, de partage d’une terre de lune pour aspirer nos soupirs. Mais je sais que je rêve à voix haute ce mystère de ne plus croiser nos corps, comme mort. Je m’évade hors de la raison, oubliant l’abandon. Les turbulentes vacances qui s’avancent, d’année en année, me montrent l’ombre de ma solitude.

Latitude zéro. J’ai le cœur en hiver, il pleut la nuit, le jour, et les feuilles tombent sur le parterre où je pleure tes silences, où je te pleure, équation de mon désir.

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.