L’oiseau guettait la nourriture et la fille l’aventure. Un livre à la main, elle partait en voyage sur des chemins de traverse où seuls le vent et la flûte traversière lui nourrissaient l’âme. Cette dame, sans âge, se protégeait du destin, d’une silhouette d’assassin ou d’un furieux marin. Une goélette dans le port de Brest chantait un air adonnant, une blessure assassine sur un siège d’antan. Sous le château, le soleil assombrissait sa peau, et la lueur de l’éclat de pierre enlevait les menaces de guerre ou de chantier naissant. Plus de bruit, silence de la panse. Tranquille sur son îlot sauvage, elle oubliait un temps la faim qui parcourt le monde et tue des enfants. Sur un nuage calme, le volatile pensait à son ventre, il oubliait parfois que les humains sont rois... mais de quoi ?

D’une Terre de Sienne, d’un pas de haine, d’un pull en laine...

Moi, je voyageais à côté du naufrage, impuissant pour un temps à poursuivre le voyage. Je m’isolais comme un dé sorti de la main, je roulais de bosse en bosse, sur un étang de fleurs gris orage. J’avais froid d’être un petit bonhomme, si loin de sa main, complètement atone sur mon chemin d’une tonne de chagrin. Pas un chat ne passait par là, aucun chien non plus. Le temps avait mis sa pause et le jardin gardait ses secrets.

Un plus un égale un, pour une fille de hune.

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.