Perdu dans l’œil du cyclone, petit clown, je rêve d’ailes et d’horizons. La mer insolente me malmène l’estomac, et plus d’un repas tapisse la baignoire des dauphins, peuple roi Océan. Triste, ma larme montre au monde des souvenirs de joie disparue depuis ce mois de mars, quand tu as décidé de quitter ma planète. Là où la démographie est reine, la solitude est un luxe. Cependant, pour moi, le silence nourrit mon mal. J’imagine tes vacances, volontaire sous des orages de saison, aux Antilles. L’arc-en-ciel se dessine quand des éclairs t’illuminent et la pluie rigole jusqu’au centre de tes os. As-tu froid ?

Des averses dans ce champ, et le soleil absent. Comment ne pas se noyer ?

De nature sauvage, tu es la seule à parler mon langage, celui des cygnes et quelques mots. D’humeur tempête, je rage de ne pas pouvoir partager nos images, toi ici, et moi là-bas… Ou serait-ce l’inverse ?

Réponds-moi, et reprenons le voyage à la case zéro. Tu me trouveras à la gare portant canne et chapeau, plus quelques années qui ont flétri ma peau.

Subir l’attaque du temps, et conserver ton sourire...

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.