L’univers verse ses larmes sur la route de ton charme, drôle de dame... La déesse danse sur l’océan et efface mes initiales, sans doute heureuse de m’oublier. J’aimerais être un murmure dans ton ventre, sentir ta joie sur mes épaules, l’iris gai. J’invente des orages aux étincelles brillantes pour éviter le naufrage de l’âge. Depuis que tu as construit un mur de silence, j’ai du mal à respirer. Alors, je m’aère l’esprit en pansant mes plaies en compagnie d’un bain de souvenirs, douce tendresse du passé.

J’évite les miroirs, présent sans avenir : il n’ont pas de mémoire et me glacent le sang. Reste une humeur vague, seul espoir de nous revoir ici, sur papier. Reste ma veine qui se balade, parabole hors sujet…

Tu es ce nuage qui nage dans l’absence, une vérité ; tu es ce dragon de feu assassin qui brûlait de désir, d’îles et d’ailes.

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.