Sur la piste aux étoiles, je croisais une fleur rousse. Son odeur entrait dans ma peau, aussi puissante qu’enivrante, elle aspirait mes songes. Je plongeais et quittais la surface du globe, la tête sous l’eau, prêt à chasser du plancton vert phosphorescent. La lumière noyait ma souffrance, tant j’étais las de ton absence. Le soleil, lui, s’éteignait sur le passage d’une hirondelle et de trois gros nuages. Aspiré par la route du doute, je m’effaçais, quittant le miroir aux étincelles.

Place au noir si profond. Où avais-je rangé ma chance ?

Dans le tiroir de cette commode où le trait d’union de nos âmes avait cette couleur : bleue. La signature, avant blessure, de quelques idées folles...

Je voulais nager, solidaire du reflet de ta main. Depuis hier, je n’attends que demain, futile espoir de retrouver mon chemin. Animal perdu sur la Terre, j’aime à penser que tu vas bien. Voyageur immobile, ma conscience se balance sur cette balade de non-retour, et je pleure, en écoutant ces mots voler. Volcan terrible, tu brillais de mille feux. Le reste de l’histoire n’est que cendres qui ravagent ma mémoire. Pourtant, je suis libre comme l’oiseau et je plane au-dessus des regrets.

Petit diamant solitaire, tu es la fleur de mon passé…

Regarde ce galet, regarde ce coquillage, et oublions le naufrage... de notre aventure.

Depuis que tu es lointaine, je me heurte à un murmure né de la nuit et qui me poursuit seconde par seconde.

Tic, tac, boum. Je n’ai plus de cœur.

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.