Dans ma nuit, un hippocampe caresse ce désir de nous unir. Toi et moi, sur ce cheval outremer... Des champs d’algues ocre jaune et des châteaux de sable, quelques rhinocéros-roches et une foule de poissons-lunes nous surveillent sous les flots. Tu es le poison de ma conscience, ce silence amer qui me perce et m’oblige à sentir le glaive du temps. Je rêve pour oublier que je crève errant dans le cercle de l’absence. Ton image me fuit, alors je pense aux anémones, fleurs-orages phosphorescentes qui me piquent et m’entraînent sur des chemins de traverse, d’averse en averse, et me versent en cascade de folie. Une musique me hante quand je balade ma nostalgie sur des sentiers fantômes. Un port, une place, une ville de mâts et ce miroir d’eau de mer qui réfléchit ton sourire. Partout où je vais, je partage ce souvenir de ta gracieuse silhouette. Toi, ma mouette rieuse !

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.