Jamais je n’ai vu de plus beau paysage. Des oiseaux fous se moquent des falaises et la flore m’émerveille. Un homme portant son ombre se promène, si loin de moi. Il croise les nuages et marche sur de gros cailloux sans craindre la bise de cette brise qui porte mouettes et goélands. Sur la falaise, pas de balise. Des couleurs fauves chantent au vent le plaisir de se transporter de jour en jour dans cette vie d’homme. Ses pas font du bruit et l’eau cyan résonne dans ma tête, haut perchée. J’invente à celui qui s’invite dans mes pensées une vie. J’ai des envies de couleur, jaune fleuve, gris mauve et violet, le tout cerné par de l’orange mandarine. Derrière, un clocher est l’amer du pêcheur, le ciel déguste de l’énergie et se présente pourpre roi. J’ai froid face à ces couleurs chaudes, souvenir de temps meilleur où je passais par là, la peur du tonnerre au fond de moi. Je rêve de te parler de cette image. Toi, trésor abandonné…

Ce lieu m’appelle les soirs où je ne respire plus ta voix. Tu vois ?

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.