Une prairie de protection violette permet à une araignée de lumière de se protéger des tempêtes solaires. Des masses de protons, d’électrons, arrosent notre peau blanche et éclairent nos étoiles. Divine toile. Pas un artiste-peintre sur la Terre n’est capable de reproduire ce joli tableau… L’autoroute de protons navigue dans l’espace à grande vitesse et traverse des montagnes d’illusion, comme ma peine de te savoir lointaine. Mon corps s’expose et mon cœur explose si je pense à ma reine du silence, mon ex… piration s’arrête. La solitude me traverse comme un champ de chansons, il est difficile de trouver une raison pour survivre à un abandon. Heureusement, la vue d’une mer de feu rose incandescente me transmet sa force tranquille, et j’avance vers ce chemin inconnu qui mène à la fosse commune, ce lieu si sage, où le silence dort. Secrètement, j’aimerais que nous partagions cette route. Ton charme m’envoûte et je plane sur mes souvenirs d’Espagne. Tu vis en moi. Cette folie me berce, me transperce comme ces glaives de rayons. Je saigne et me sais si fragile, j’ai perdu le mode d’emploi pour sourire à la vie, depuis que tu as quitté le nid que je construisais en oubliant de dormir la nuit.

Combien d’étoiles brûlent pour que mes vœux s’exaucent ?

De pleines poignées identiques à ce sablier qui laisse le temps s’envoler...

Et mes rides construisent un rideau, un voile que tu voles, mon innocence. Sans partage, la vie n’est rien qu’un soupir, une île déserte qui transpire d’ennui. Moi, je voyage dans l’absolue certitude d’avoir rencontré ma sœur d’âme.

Oui, je suis fou !

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.