Traverser un Océan pour retrouver la paix de l’esprit, ça c’est une idée !

Plonger au creux d’un chant d’antan, sous l’averse d’un ciel aux nuages épars, de la douceur sur une grève et m’en aller, sans lendemain, vers un temps meilleur, moins incertain, recouvert de champs vert poussière, ou d’un céruléen marin. Tourner le dos aux dauphins, oublier leurs certitudes, me noyer ce soir trop sombre dans une futile peur, sans jamais oublier tes cris sur papier. Et y rassembler, par secondes, nos émotions.

Penser à toi, aux années, la douceur de tes joues pourpres, poursuivre l’envie de revoir l’éclat lumineux du feu de tes pupilles, celles qui croisent sans faim l’intérieur de mes nuits, et rire ! Rire, oui, oser rire devant les vents hantés par les esprits, les dieux des gardiens celtes, ces éminences-entités, porteuses de secrets.

La croix porte tous ceux qui possèdent les clefs des légendes et rêvent, non pas de chair à canon, mais juste de sortir la tête de l’eau, regarder le désert de sable, le soleil chaud. Puis encore penser à toi, ton odeur, la douceur de ta voix, celle de ta peau…

Ton absence est le rêve de deux mains. Pas de virages où l’on pense vivre ivre, afin de retrouver un cœur ou un nuage de tendresse.

M’asseoir enfin sur un banc, concevoir l’idée de créer des enfants, en rire et prendre la vie sans s’arrêter, sur la bonne voie, celle du bon choix. Croire en la souplesse d’un regard, la vérité au fond des yeux, et rire encore de cet instant, à en perdre le son de ma voix, puis sourire… et reprendre ma marche vers le fond du jardin. Un, deux oiseaux passent, noirs, blancs ou verts. Ils chantent les quatre saisons, la messe du printemps, leurs ailes battent au sein de l’air.

Et la puissance de leurs aveux éclaire mes jours sans fin, ceux que je passe l’espace d’un temps à souffrir de l’absence de ta main...

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.