Tu es une araignée muette dans l’arène de mars à décembre, un trait d’inconscience dans le silence de la mer, un plongeon dans le noir des phosphorescences, la lumière des abysses et la bise d’une fée. Le dé de la chance coule comme le murmure vague d’une raie. Depuis que, dans sa vie, cet homme a perdu les clefs du secret, le soleil s’absente... Pourtant, à l’est, les jours se lèvent. Dans sa nuit, la lave rouge transpire de cendre, brûle les arbres et transcende. Lui, il nage dans l’oubli, danse en folie, et pense aux chats qui s’amusent sous la pluie. L’île respire l’essence du lendemain, des fleurs mauves au parfum sauvage et l’espoir de croiser un oiseau-dauphin.

Voler vers un nuage de soie, enfin dormir dans ses bras, croire aux baisers de feu du dragon.

Aussi léger que peut l’être une plume, sortir de la misère, d’une solitude assassine.

Rire.

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.