Le déménagement de l'atelier et de ses penchants est plus périlleux qu'il ne semblait. J'ai eu le plaisir d'être privé de connexion internet ces quinze derniers jours. Privation – ce mot – devrait faire éclater de rire mes contemporains de quinze ans d'âge passés. Et me rappeler que de la coupe aux lèvres la distance demeure la même pour peu que l'on veuille goûter à petites gorgées les saveurs du temps. Le rétrécissement apparent de l'espace et de ses dimensions crée l'illusion de l'immédiateté et de sa permanence : leurre d'une présence.

Cette connexion rétablie, je vais pouvoir me délecter de vos commentaires – je vous salue et vous remercie de les avoir déposés ; et reprendre doucettement les échanges que ce support permet.

Mais me souvenir toujours de cet extrait du Petit Prince :

Bonjour, dit le petit prince.
Bonjour, dit le marchand.
C'était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l'on n'éprouve plus le besoin de boire.
Pourquoi vends-tu ça ? dit le petit prince.
C'est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.
Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?
On en fait ce que l'on veut...
« Moi, se dit le petit prince, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine... »