Vous avez feuilleté ou lu La Chèvre Jaune ? Les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon ou de l'ivresse. Je suis aussi vivement intéressé par les célèbres question : où ? quand ? qui ? quoi ? comment ? Concernant la lecture de ce livre.

Merci.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs de La Chèvre jaune en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]


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« - Cangia, un mot de votre bouche pour me confirmer ce que m'ont dit vos yeux.

- Cent mots ne seraient pas assez, répondit la jeune fille. Mes yeux n'ont point menti : je suis à toi !

- Et mes haillons, ma misère, mon ignorance, mon vil métier ?

- Tes haillons, je ne les vois pas. Mire-toi dans mon âme, et tu te verras avec le manteau d'Alexandre et la couronne de César... »

(La chèvre jaune, Paul de Musset, 1848)

Aïe, aïe, aïe ! C'est hot ! Esmeralda au pays de la Maffia. Plus chaude, plus torride, plus méditerranéenne. Pire que Jane et Tarzan, sauf que Cheeta se nomme Gheta. Normal, c'est une chèvre savante. L'eau de myrte coule à flot pour raconter les déchirements amoureux du jeune chevrier Cicio, littérairement coincé entre ses trois femmes : Angelica - Cangia - sa jeune amoureuse cent fois plus passionnée, plus braiseuse que l'Etna. Gheta, la chèvre jaune, mille fois plus habile que Djali, dont les tours de magie confinent au diabolique. Et Dona Barbara, sa mère, infiniment possessive, sachant tout autant pointer sa pétoire trombonesque en direction des gendarmes napolitains que pleurer d'avance la perte du fils chéri capté par les bras de sa catin.

Je n'en suis qu'à la page 44. Il en reste 100. Mais quel bonheur ! Que d'aventures !! Et quel langage !!! C'est un vrai régal que de lire du bon français. Du très bon et très joli français qui ondule comme blé péguyien sous le vent des bicornes agités par quatre-vingt petits bras verts. Ça change vraiment des journaux télévisés et du vocabulaire sarkocatacombesque actuel. Cette lecture devrait être remboursée par la Sécu. Elle comblerait le gouffre de la bêtise. Bravo à l'auteur Paul de Musset qui écrit mieux que son frère Marcel de Vigny (sic). Bravo à Christian Domec, éditeur poétiquement numérique pour cette aventure littéraire - et son cadeau en guise de bonus : une balade caprine à travers la littérature tourangelle écrite voici quelques années par son père Jean, grand défenseur des Animaux, de l'Homme et d'une Terre qui pourrait tourner rond...

PS : La chèvre jaune existe en 2010. Ma petite fille Siam l'a aperçue dans un magasin de Toulouse...

Jean-Noël Passal (copié de ce billet)


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