Oser les penchants
Par Christian le dimanche 10 octobre 2010, 23:30 - Journal - Lien permanent
[Un billet de 500 mots brûlé à l'instant, il était trop violent. Reste le titre, l'image et la citation du Souvenir de personne qui l'inspirait.]

« Ils sont comme ça, tu sais, il leur faut de belles histoires, leur raconter, leur prémâcher, sinon ils oublient de voir, ils ne savent plus lire en dehors de la dictée. », Le Souvenir de personne, Cécile Fargue.
(photo, Morabo del Gurugú, Miguel González Novo, licence creative common)
Commentaires
je lis Christian, et il a l'air superbe ce livre, sinon je ne sais plus qui a laissé des commentaires sur Bleu Terre. Je chercherais plus tard plus de carte mémoire. Aùitiés. jeff
Oui, Jean-François, c'est un livre magnifique.
Pour ta carte mémoire... ne t'inquiète pas, elle va surgir à l'improviste.
Mais alors ça, c'est habile et infernal, Christian!...
Un billet de 500 mots brûlé parce que trop violent... Le lecteur du blog veut en connaître la teneur exacte du coup, il s'agite, il s'échauffe, on lui cacherait donc l'essentiel! _ sans compter que l'humain aime certes les belles histoires prémâchées, mais il ne déteste pas se faire bousculer de temps en temps. (C'est bêtement complexe, un humain).
« C'est bêtement complexe, un humain. »
Oui, Marco, ça me fait penser à cette question : « Comment se décide la publication d'un texte ? » ; devant monter une mini-exposition sur la fabrication des livres : de la rencontre d'un texte à sa métamorphose en codex ; je suis en train de réunir un jeu de photographies. La première présente deux ânes, Justine & Virgule, que je visite fréquemment : notre relation et en quoi elle m'inspire est précisément bêtement complexe.
Il y avait deux étincelles à l'écriture de ce billet : la première est le quasi-silence perçu suite à un envoi important de correspondances dans différentes direction à propos de la sortie du Souvenir de personne ; la seconde est ce billet de Pierre Jourde, ce paragraphe particulièrement faux-cul : « Pardon ? Moi aussi je parle de Houellebecq ? Mais oui, je sais. C'est le piège. Soit on se tait, on laisse passer en silence le déferlement de textes qui ne se demandent pas une seconde pourquoi, en réalité, ils ont choisi ce roman et pas un autre. Soit on s'exprime et, comme disent certains, on contribue au succès de ce qu'on critique. J'ai choisi la deuxième solution, parce qu'il faut bien que quelqu'un dise : ce roman n'est pas scandaleux, il n'est pas «dérangeant», il n'est même pas mauvais ou mal écrit, il se lit sans déplaisir notable, il est juste creux, désespérément. » Le bel enrobage de publicités qui va avec.
Alors oui, je me suis emporté, je ne peux te dire le contenu exact de ma diatribe, mais elle était bien sentie. À sa relecture, avant de la mettre en ligne, c'est un peu sa violence qui m'a effrayé, mais j'ai été surtout gêné : elle pouvait être lue comme une défense et illustration pro domo. Être commentateur offre finalement plus de liberté. Mais Jourde ne perd rien pour attendre, si je retrouve son adresse mail, je vais lui écrire directement, ce sera plus simple et, finalement, plus courtois. Les ânes aussi montrent quelque délicatesse lorsqu'on leur tend une pomme.
Pour la seconde, je ne peux pas dire grand chose, mais pour la première étincelle crois bien que ça ne vaille vraiment pas la peine d'aller se fendre de 250 mots! Et puis, personnellement, je préfère mille fois le silence aux réponses polies et toutes faites. Pense que nous n'aurons même pas un merci à rendre et ça, ça c'est un luxe qui me plait!
Oui, Cécile, tu as sans doute raison.
Les deux étincelles se rejoignent. C'est ce manque de curiosité qui me « troue » : ne s'éloigner du pays de Cathodie que pour rejoindre celui de Plasmie. Mais bon, c'est une permanence aussi. Dommage.
Oserais-je dire que ce qui - moi - me "troue", mais surtout me navre, c'est, qu'à l'instar de Marco, je pense que vous n'auriez peut-être pas dû vous auto-censurer. Présumer que d'aucuns vous feraient des procès d'intention dès lors que, si je ne m'abuse, vous étiez la première personne à le récuser naguère, me semble un peu vain.
Ceci dit, pour ce qui me concerne, je vous remercie de vous être "fendu" de 250 mots pour nous éclairer. Ne dirait-on pas que c'est la fin du monde ? Souvenez-vous de la ferveur qui entoura "Conquistadors", par exemple... Que je sache, nul n'en est passé à trépas...
Un ou une internaute ne vous avait-il - ou elle - prévenu qu'il fallait être prêt, tant il vrai qu'il y a toujours eu beaucoup d'appelés mais fort peu d'élus ? Son avis fut vitement relégué aux poubelles sous des couverts d'autorité. Pour ce qui concerne votre colère, je pense que vous en avez dit trop ou alors pas assez. CQFD ?
PS : Que vous deveniez soudain amer, cela aussi est fort dommage. A quoi bon faire état de votre chasse aux présumés faux-cul ?
Oh ! Il n'y a aucune amertume de ma part. Parler de permanence, l'évite (mais ce vol léger me heurte au plafond, d'où mon agacement passager).
... Anne Ô' Nyme n'a strictement rien saisi à l'affaire, comme d'ordinaire : ayant décidé une grève de la Vie, elle se réveille et admire juste vos proses fluides pour disséquer d'un cadavre ... que Juan, au moins, n'aura pas !!!!
Diable, j'y vois plus clair et en même temps les ténèbres s'épaississent. 1) j'ai beau relire les phrases de PJ, je n'arrive pas à y voir tout le mal que tu sembles y voir _ je veux dire: il est entendu qu'il se donne toujours pour plus malin que tout le monde, mais en quoi le fait qu'il s'étende sur Houellebecq est fondamentalement choquant (ou simplement faux-cul), puisqu'il évolue exactement dans la même "sphère" que Houellebecq and co? (sauf si tu m'apprends que Pierre Jourde s'est un jour engagé à sortir de sa sphère éditoriale et littéraire). 2) "bibliothécaires", "libraires", "lecteurs", "éditeurs", "chroniqueurs" (les pires;)) à qui tu as envoyé tes missives t'ont peu ou pas répondu. Manque d'ouverture d'esprit, donc. Sans vouloir défendre tout ce petit monde indéfendable, il me semble que les sollicitations sont nombreuses pour ne pas dire innombrables, et ce dans toute "sphère" (des patrons papier-glacé aux blogueurs amateurs) _ tiens, moi il y a quelque temps j'ai chroniqué un recueil de nouvelles, aux éditions Noviny 44 _ tu avais déjà entendu parler des éditions Noviny 44? moi pas. Mais surtout, tu me sembles tout à coup bien pressé (je n'ose dire fébrile); tu es le premier à savoir qu'un livre hors circuit pré-délimité met du temps, parfois beaucoup de temps à voir son existence simplement reconnue. Il faut parfois entendre 3, 4, 5 fois le titre d'un livre dans 3,4,5 bouches différentes pour pouvoir juste se dire: "ah oui, y a ce livre, là, je pourrais peut-être y jeter un coup d'oeil". En seuls termes de délais,n'est-il pas un peu tôt pour stigmatiser l'absence ou la lenteur de réaction de tel interlocuteur? (sauf si tu m'apprends que des gens se la jouaient archi-enthousiastes il y a quelques mois puis pfuiiit plus rien, là ok, c'est pénible).
Ah merde, mon com' peut paraître un poil moralisateur... bon, n'hésite pas à passer ta mauvaise humeur sur moi. ("NON, JE NE SUIS PAS DE MAUVAISE HUMEUR, C'EST CLAIR, MARCO???")
Bah, Marco, t'as raison et tu as beau m'asticoter tu ne me feras pas ressusciter les 500 mots déchirés.
Tu as raison, pourtant, tout le jeu de Pierre Jourde, dans ce texte-ci, mais dans presque tous les autres que j'ai pu lire sur son blog, est de dire : « quoi c'est un scandale de ne parler que de ça... discourons-en pour mieux le démontrer », alors de ce jeu on peut souffler pffffuit ou, subitement, s'en énerver un peu, mais c'est sans doute lui accorder trop de consistance.
Et pourtant aussi... Tu sais, je connais et maîtrise très bien les techniques de l'arrosage électronique ; il se fait que les avoir à portée de main – de clic – m'évite de les utiliser parce qu'elles insupportent et ne servent à rien lorsque l'on veut dire vraiment. Non, j'ai contacté une par une des personnes, certaines que je connaissais un peu, d'autre guère. J'ai eu quelques belles surprises, mais la plupart du temps un silence un peu pesant. Silence qui souvent s'accompagne, ailleurs, de vociférations sur la dernière culotte de machin parce qu'elle est pixellisée.
Voilà, rien de grave. Un moment d'humeur, j'en aurai d'autres (même pas eu le temps de commenter ton dernier billet, c'est le commentaire que tu faisais de celui-ci qui m'a le plus intéressé).