Atelier ouvert
Par Christian le lundi 18 avril 2011, 21:30 - Atelier - Lien permanent
Un texte, son livre... sont... un auteur, ses lecteurs. L'apprenti libraire... est... un passeur.
Ouvrir l'atelier c'est en sortir, humer l'air, observer ce roseau et voir qu'une demoiselle vient s'y suspendre un instant, le saisir, s'éloigner un peu, impression sur étang. Un rêve électrique, une ligne nouée, un lieu dit et lire, relire. Découvrir de nouveaux textes, des enfouis, des inédits : choisir, se laisser choisir. Converser longuement et corriger, extraire les arapèdes engluées dans les recoins du style, observer celles qui rehaussent ses replis. Maquette faite, imprimer, couper, insérer, presser. Râper le dos pour que le coulis de colle pénètre profond. Pellicule sur couverture, rainure et encartage, presse encore : les livres naissent des livres. Un léger dépôt reste & cote. Premières lectures, critiques, commandes, un pli et le dire.
(ajout du 18 avril 2011 : dans ces photos de l'atelier j'y vois la trace de ce qui allait advenir... Ce billet fut publié le 6 novembre 2010, juste avant la sortie publique du Souvenir de personne de Cécile Fargue, les photos sont bien sûr antérieures à cette date. )




























(photos sans légendes, libres de droit)
Commentaires
Vous êtes un raisonnable raffiné, Arthur !
Chouette ! C'est encore mieux que je l'imaginais !
NB : Dans la main, les copeaux blancs, qu'est-ce-que-c'est ?
J'hallucine, les photos, le texte, la création, dire que voulais être éditeur pour voir tourner les machines, à l'unité c'est bien plus "noble"
PS : Mes traits d'union avant le point d'interrogation étaient volontaires. :)
J'aime vraiment beaucoup ce passage de votre cadeau aux visiteurs : "Découvrir de nouveaux textes, des enfouis, des inédits : choisir, se laisser choisir."
Se laisser choisir par un livre ? Tenez, cela m'inspire une petite parodie :
"Bon ! se dit Alice, j'ai souvent vu un livre choisi par le lecteur, mais un lecteur qui se laisse choisir par un livre est la chose la plus curieuse que j'ai contemplée de ma vie !" §(*_°)§
On pénètre l'antre interdit et mystérieux de l'éditeur...
Emotion !
On pénètre l'antre interdit et mystérieux de l'éditeur...
Emotion !
Oh ! Savina, pas si mystérieux que ça ! http://billets.domec.net/post/2009/... §(*_*)§
Simone, un petit côté sucre ou betterave, mais sourire de celle de Jeanne.
Serpentin, ce sont des pastilles de colle, elles fondent dans les déchirures du papier et non dans la main.
Jeff, oui, nos paumes rôle(nt) noble.
SC, la veille, j'étais, mais vous n'allez pas me croire, dans une salle nommée Le Trait d'union.
Souris, ah oui ! Je ne me souvenais plus de cette phrase d'Alice, elle tombe à pic & colegram.
Savina, ce mystère je le vis aussi comme tel et, imaginez-vous, ce matin j'ajoutais un phoque se prélassant sur l'estran du côté de Mordreuc (petit port de la Rance), pris sur le vif. C'est peut-être cette vision qui décida tout. Qui sait ?
Poisson, je sais, je n'ai pas été au bout. L'achèvement me fait hésiter.
Christian, non là, pour la salle, vraiment c'est trop. J'ai du mal, en effet.
Pour être précis la salle se nomme Accolade et fait partie d'un ensemble nommé Trait d'union, c'est dans la rue de l'Étang... J'ai ensuite été me noyer non dans l'étang, mais au bar d'à côté pour être frais et dispos le lendemain à la médiathèque. Et, oh surprise !, y rencontrer cet auteur dont le Tous les trois sortira en janvier prochain. Il repartit avec un Souvenir sous le bras. Au fond, mon nouveau voisin croquait quelques dessins. Je ne vais pas décrire plus loin ceux qui viennent palabrer à l'ombre du Cormier d'Aubin. Sachez juste que je n'en fini pas de découvrir et de m'émerveiller.
Votre émerveillement est communicatif bien au-delà des ondes ! Merci de le partager. Le bar ? C'est un rêve. Et puis il diffuse une musique très plaisante, il me semble. (Suivez mon regard : quelques petits pincements en vue, sont-ils prévus ? :)
* Pour Gaël Brunet, je souris. Il me souvient qu'il y a deux ans, ma distraite cousine l'avait confondu avec un clic qu'elle croyait déguisé à cause du nom breton. Clic caniculait déjà en Bretagne.
* Les eaux fortes de votre voisin François Houtin sont époustouflantes ! Vous dire pourquoi elles m'émeuvent à ce point m'obligerait de parler de mes premiers émois d'écolière en dessin. Sa ressemblance avec le héros du vol au-dessus d'un nid de coucou est troublante. L'oeil surtout.
On a le droit de poser des questions ? http://billets.domec.net/post/2010/... §(*_°)§
Une par jour devrait suffire, donc à votre première question ma réponse est oui... à demain...
Oui...
Surtout n'effacez rien, Roseau pensant ... afin qu'on revienne de temps en temps respirer vos éditions !
Dis-moi, Simone, pourquoi ne te revêtus-tu pas en rouge, si pas garance, http://fr.wikipedia.org/wiki/Garanc... parce que c'est introuvable, mais rouge vin, http://www.magma.ca/~mmarquis/Coule... quand tu viens ? Sauf avis contraire de notre hôte, c'est mieux d'ajouter un lien, faute de quoi on ne voit pas bien celui qui passe. PS : Pourquoi parles-tu d'effacer ?
J'ai préparé votre colis, ainsi que celui de la souris. Mais le vôtre, fermé, scotché et scellé, je me suis aperçu avoir oublié d'y insérer un courrier. Il arrivera donc nu comme un ver, et le courrier à vous destiné, je vais finalement le garder... J'en suis désolé.
Quel étourdi vous faites ! J'y tenais, mouais, à ce courrier. Ne serait-il dans vos possibilités de melenou faire parvenir grâce à Emile ?
Saperlipopette, il ne s'agissait pas du vôtre, mais de celui de Simone. Je suis en train de réparer par l'envoi d'un second courrier.
Oui, tête en l'air. Alors, je vous prie, ne me distrayez-pas !
Désolée, mais c'est parce que la souris a de nombreux habits. C'est une compliquée qui complique.
Ah oui ! J'oubliais. Il n'y a que Véra et sa ribambelle qui peuvent poser des questions ? (Une par jour, j'entends).
Elle est bien belle la photo où l'on voit les livres de MLLE Fargue reposer entre deux gros bouquins. Un beau rêve que vous réalisez: fabriquer de vrais beaux livres à la main (ou presque).
On a la conviction que vous avez concrétisé un rêve d'enfant et c'est très joli à regarder.
Sapristi !, une question par penderie. Alors pour celle du jour que vous posez c'est non : une par jour et par placard. À demain.
Votre passage me rappelle pour l'oublier que j'étais très colère contre ceux qui au-delà des médisances ou des insultes, diffament une personne pour excuser leur comportement d'un soir ailleurs et trouvent toujours des oreilles attentives dès que leur délire devient rumeur.
Ceci dit pour la clore.
Sinon, oui, merci. En fait ce n'est pas tout à fait un rêve d'enfant que je concrétise : jeune je le faisais déjà avec des moyens bien plus rudimentaires, à plusieurs, et pour des diffusions dépassant parfois la dizaine de milliers exemplaires. Des feuilles qui eurent leur succès, mais ne se souciaient ni d'y apposer un nom, ni de toutes les caisses d'enregistrement existantes. Il y eut une longue parenthèse. Il y a quelques années l'idée à recommencé à me gratter avec le soucis de la singularité du texte et de l'objet face à la masse mécanisée, diffusée, pilonnée. Oui, j'ai beaucoup de plaisir à fabriquer un exemplaire, parce qu'il a déjà un destinataire : il est donc unique. Et là, Souvenir de personne, un auteur m'a confié un des textes qui m'a le plus remué, ébranlé depuis longtemps. Alors oui, j'éprouve une joie teintée de candeur à le faire surgir du papier, à le rendre vivant lorsqu'il cherchera l'œil du lecteur.
Concerne : Ceci n'est pas une question mais une suggestion, voire une supplique.
Cher ami, ne vous serait-il possible de numéroter les photographies ? J'ai tout un tiroir de mon bonheur-du-jour qui croule sous les questions. Maintenant que vous avez mis les placards à l'aise, les questions risquent fort de fuser. A demain.
Diable, voilà des photos qui donnent brutalement envie de devenir apprenti-libraire.
Tante Agathe, vous abusez, j'avais dit une question par penderie et voilà que vous sortez de votre cintre pour insidieusement me demander de numéroter. Mais les légendes sont en haut, voyons, il suffit de s'y référer !
Marco, tu ne crois pas si bien dire. Voulant briser les maillons de cette chaîne du livre, je m'y suis emberlificoté et me voilà bien attrapé. Outre les dizaines de manuscrits reçus (j'ai allègrement dépassé le cap des 100, mais je ne compte plus), je reçois maintenant les demandes de stage : cinq depuis septembre ! Apprenti libraire est vraiment une activité attirante et qui commence à être reconnue ; je dois faire un point presse dans quelques jours et j'y ai été invité comme "apprenti libraire". Je vis ça, tu t'en doutes, avec le plus grand sérieux. Tiens je vais mettre "apprenti libraire" dans google pour voir... peut-être que la création d'un syndicat ou d'une amicale se profile.
Ah ! Ce lien-ci est intéressant : http://www.editions-belin.com/ewb_pages/n/notre-histoire.php
Il rappelle bien que la librairie n'était pas que le lieu de vente du livre. C'est curieux comme tout s'oublie très vite...
Oui, bien sûr, toute question concernant l'atelier est vivement recommandée. Les quelques images, mal prises (mais bon on ne s'improvise pas photographe), ne sont là que pour servir de guide, elles ne figurent qu'une toute petite partie de la métamorphose.
Christian, insidieusement, c'est vite dit ! Bon, heureusement que je raffole de la moutarde à l'ancienne. Et puis, personne n'a dit que les photos n'étaient pas bonnes. Depuis l'image de la Maison Rouge (http://www.leoscheer.com/man/spip.p... il y a vingt-trois photos. Celle de la main (de l'apprenti ?) tient les copeaux, pardon des pastilles, est la treize porte-bonheur à l'orientale. Ma souris a dû prendre l'ascenseur moult fois pour qu'enfin je vous demande ce que sont les 5 & 15. Pour la 15, sachant mon droit aux questions limité, j'ai demandé sur le "mur". Mais personne n'a pu me répondre. NB : j'espère que vos stagiaires seront pourvus de plus d'un noeud rond. Et vive les Bretons !
Tante agathe, la cinq c'est une conversation qui se noue, non ? La quinze, c'est une rogneuse appelée massicot, elle permet de trancher vivement. Un mur devient long en bouche lorsqu'il se féminise et porte chapeau sinon il n'a qu'oreilles.
(pour la mauvaise qualité des photos, une personne l'a soulignée, moi-même. Parmi les stagiaires j'en ai rencontré un de quatorze, quinze ans, il m'a l'air passionné et. outre qu'il dévore les livres - je lui ai donné une petite chèvre jaune -, il écrit... Je vais lui demander de me faire parvenir quelques-uns de ses brouillons... J'aimerais être émerveillé)
Mais voilà ! Un massicot ! Vous voyez quand vous voulez prendre sapience ? Je ne risque pas de l'oublier, ce mot-là. En tout cas, un merci grand de votre patience.
(pour la 5, en fait, j'aurais aimé déchiffrer les lettres de la "conversation" l'écran refusant de grandir). Il a cru voir JOB ou TOB au somment, mais.)
Désespérant...
C'est toujours magique de découvrir le travail de l'éditeur. J'aimerais un jour voir un de mes recueils ainsi passer sous la presse et le massicot...
Denis,
En attendant, si nous en avons l'occasion, vous pourrez visiter le mien qui n'a malheureusement pas belle patine, mais où la métamorphose du texte en livre s'opère sans précipitation.
La vingt-et-unième image, nommée quinzième deux trois commentaires au dessus fait apparaître un outil dont le nom pourrait être roulette à rainurer, elle remplace le plieur (je l'ai toujours, il est en os) : il permet de tracer une petite rainure dans la carte qui servira de couverture pour permettre son pliage net, sans que les fibres de cellulose aient un aspect cassé.
Le Furetière, lui, est ouvert à l'entrée "Souvenance", "Souvenir".
Cher Christian, merci. §(*_°)§
Deux questions s'il n'est trop tard (*) :
1)http://billets.domec.net/public/ate... Cette image sur laquelle il est indiqué "correction" : puis-je savoir de quel livre il s'est agi ? Ma souris curieuse n'a pas de lunettes.
2)Une amicale c'est plus joli que syndicat. Belin, j'ai toujours cru que c'était une marque de biscuits au beurre. http://www.editions-belin.com/ewb_p...
(*) Soyez gentil avec ma tante. Elle très vieille et un peu sourde.
PS : Vous avez évoqué un ado-stagiaire qui a de la plume. Peut-on en savoir plus ?
Je réponds quand même
"Deux questions s'il n'est trop tard (*) :"
ça commence bien... tard pour quoi ? Comme si l'heure était la même à Dunkerque ou à Tamanrasset.
"1)http://billets.domec.net/public/ate... Cette image sur laquelle il est indiqué "correction" : puis-je savoir de quel livre il s'est agi ? Ma souris curieuse n'a pas de lunettes."
J'y ai répondu ici, ne pas se souvenir mérite une bonne correction, un monocle n'y suffirait pas.
"2)Une amicale c'est plus joli que syndicat. Belin, j'ai toujours cru que c'était une marque de biscuits au beurre. http://www.editions-belin.com/ewb_p..."
Je n'ai pas compris la question, elle a dû se noyer dans le beurre, comme la grenouille de l'histoire.
"(*) Soyez gentil avec ma tante. Elle très vieille et un peu sourde."
Je ne connais pas votre tante. Canadienne ou Esquimau ?
"PS : Vous avez évoqué un ado-stagiaire qui a de la plume. Peut-on en savoir plus ?"
Bah non.
________________________
Permettez-vous
Que j'empreinte votre oreille
Histoire de vous raconter
L'histoire de Mireille
Mireille est une mouche
Comme toutes les mouches
Le soir elle se couche
A l'aube elle se réveille
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum
Un jour elle atterrit
Dans la cellule d'une crapule
Raymond était son nom
Il tirait vingt ans de prison
violeur voleur tueur
Raymond attend son heure
Abruti par l'ennui la mouche le surprit
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum
Raymond bonjour la mouche
Mireille bonjour Raymond
Soyons de bons amis
Des amis pour de bon
La brute apprivoisée
Passant toute sa journée
A jouer avec Mireille
Pour bonne conduite est libéré
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum
Qu'est ce qu'on peut bien faire
Quand on sort de prison
Dans une poche une mouche
Dans l'autre quelques ronds
Si je me faisais dompteur
De puces de cafards et d'abeilles
Je serais manager la bête de scène
Serait Mireille
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum
Voyons ce que ça donne
Voyons si tu étonnes
Les clients de ce bistrot
Mireille va faire ton numéro
Tiens une mouche, pardon dit le garçon
Et d'un pouce farouche
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum zoum zoum zoum
Zoum
Mireille
Dick Annegarn.
Hallucinant ! Merci. De lui, je ne connaissais que la belle Bruxelles, à peu de chose près. Quant au père, il se nommait Raymond de même. Sauf que le séjour fut moins long à expirer. Que Dieu ait son âme. Mais que de, que de, que de hasards sur la toile !
Non, nulle correction à m'infliger de plus belle. Je ne demandais pas le nom de l'outil, mais le titre du livre à corriger. Ce n'était ni pour pinailler ni poser pour poser, mais voyez les bords supérieurs des pages disposées en colonnes comme une Bible. J'aurais aimé déchiffrer. Point.
Et pour l'ado, de charmants m@nuscrits de chat rose etc. m'ont fait rêver d'une enfance émerveillée. http://www.leoscheer.com/man/spip.p...
NB : Il ne s'agissait nullement d'un manque de respect. Ce serait s'égarer que de. Clic et ses cygnes ne furent pas les dernier à le penser...
Un programme informatique mal configuré, sans doute.
Quelle bizarre réponse.
Le dictionnaire ? C'est celui de Furetière réédité il y a quelques années.
(voyez, comme je réponds rapidement)
§(*_*)§
Au passage :
1) Que signifie "arapède" ?
2) Un lecteur n'est-il un peu un passeur aussi ?
Merci.
1) Sans vouloir porter le chapeau pour me cacher ni chinoiser vous trouverez sa définition dans tout bon dictionnaire, même en ligne.
2) « Poser la question est y répondre » est tout à fait adapté.
Que du bonheur monsieur l'apprenti.
Je connais aussi très bien ce phoque de la cale de Mordreuc. Il cotoie la fée des grèves que Faul Féval nous narra jadis. Si vous trainez par là allez jeter un oeil sur cette merveille qu'est le chateau de la Bellière.
Et longue vie au livre qui sent bon la colle.
Très curieux, cette conversation abandonnée en novembre 2010 et reprise un an plus tard..
Force est de constater qu'entre-temps rien ou presque n'a changé. Mireille et sa tante Agathe sont toujours accrochées comme des arapèdes au rocher des Penchants, et Christian , plus que jamais à la colle avec sa vergère...
Mais j'ai apprécié le reportage-photo, inédit pour moi;)
Dimitra, et si je vous disais même plus ? Oui, que c'est absolument surréaliste qu'elle est cette conversation, bien sûr ! ;)
Heureusement que tout est bien qui finit bien, car j'ai enfin appris, ce soir, qu'il s'était agi d'un célèbre dictionnaire.
Lequel, bien évidemment, de moi était inconnu et non pas de la Bible comme je l'avais supposé.
Quoique, pour un apprenti libraire, un dictionnaire doit être aussi précieux que des prunelles.
Un dernier détail qui comblerait ma curiosité, tout à fait : à quoi peut bien ressembler l'odeur de cette colle à relier ?
Marc, hélas, je connais mieux ce phoque que ce château, je ne l'ai vu que de loin. Mais comme il est assez proche d'où j'habite maintenant, j'y penserai, merci.
Dimitra, il tombait à point pour une petite exposition, ce jour. Il est des permanences assez remarquables.
Agathe,
Nous sommes, il est vrai, passé de la penderie prolixe à la famille consanguine. C'est étrange.
La colle ? Son odeur ? Il suffit de la humer. Mais, me direz-vous, ce serait la réduire. Alors que la colle, comme la pomme :
Sur une assiette bien ronde en porcelaine réelleune pomme pose
Face à face avec elle
un peintre de la réalité
essaie vainement de peindre
la pomme telle qu'elle est
mais
elle ne se laisse pas faire
la pomme
elle a son mot à dire
et plusieurs tours dans son sac de pomme
la pomme
et la voilà qui tourne
dans une assiette réelle
sournoisement sur elle-même
doucement sans bouger
et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz
parce qu'on veut malgré lui lui tirer le portrait
la pomme se déguise en beau bruit déguisé
et c'est alors
que le peintre de la réalité
commence à réaliser
que toutes les apparences de la pomme sont contre lui
et
comme le malheureux indigent
comme le pauvre nécessiteux qui se trouve soudain à la merci de n'importe quelle association bienfaisante et charitable et redoutable de bienfaisance de charité et de redoutabilité
le malheureux peintre de la réalité
se trouve soudain alors être la triste proie
d'une innombrable foule d'associations d'idées
Et la pomme en tournant évoque le pommier
le Paradis terrestre et Ève et puis Adam
l'arrosoir l'espalier Parmentier l'escalier
le Canada les Hespérides la Normandie la Reinette et l'Api
le serpent du Jeu de Paume le serment du Jus de Pomme
et le péché originel
et les origines de l'art
et la Suisse avec Guillaume Tell
et même Isaac Newton
plusieurs fois primé à l'Exposition de la Gravitation Universelle
et le peintre étourdi perd de vue son modèle
et s'endort
C'est alors que Picasso
qui passait par là comme il passe partout
chaque jour comme chez lui
voit la pomme et l'assiette et le peintre endormi
Quelle idée de peindre une pomme
dit Picasso
et Picasso mange la pomme
et la pomme lui dit Merci
et Picasso casse l'assiette
et s'en va en souriant
et le peintre arraché à ses songes
comme une dent
se retrouve tout seul devant sa toile inachevée
avec au beau milieu de sa vaisselle brisée
les terrifiants pépins de la réalité.
Eh bien, vous voilà tranquille pour quelques heures : de quoi permettre à la famille de se concerter afin de donner à ce message la réponse idoine...
Christian,
Une première mise au point, si je peux encore me le permettre ?
La seule vraie raison de l'évocation de l'odeur de la colle était, en fait, liée à des souvenirs et non des moindres. Dont de longues discutions sur la pertinence de la magie des ondes et sa soit-disant non réalité intrinsèque. http://www.leoscheer.com/blog/2008/...
C'est bête, je sais, mais voyant la vaste main offerte aux blancs copeaux, j'ai soudain "réalisé" que le parfum et les odeurs - que cependant j'affectionne tant - n'avaient pas cours sur une toile. D'où ma question.
Quant aux pépins, seuls ceux du retrait de vie me terrifient... Mais Dimitra n'a pas tort, la famille devra être concertée. Longuement... Car pour résoudre votre magnifique rébus et ses énigmes, elle se doit de trouver, en premier, si Dieu lui prête vie, qui fut la pomme et pourquoi Picasso et non Cézanne ?
Chère Dimitra,
Désolée, car le parfum amer de votre commentaire numéroté cinquante-cinq m'avait échappé. La réponse idoine qui peut-être sied, c' est que ma pomme n'est sans nul doute qu'une "pauvre" pomme ! http://www.college-masevaux.org/Arc... Et que Christian aurait ajouter des guillemets. ;-)
Oui ! il aurait "dû", parce qu'alors Agathe aurait su que le message n'était pas de son cru, puisqu'il est de Jacques Prévert.
j'ai pu admirer un jour de fin octobre le chateau de Bellière qui n'est visible que lorsque les arbres perdent leurs feuilles, son austérité tranquille m'a séduite, je crois savoir que c'est la famille Raguenel dont une des filles épousa Bertrand du Guesclin , qui l'occupa longtemps..
Agathe, ne soyez pas offusquée par ce texte de Prévert, extrait de "Paroles", qui s'intitule Promenade de Picasso,avec qui il était très ami, votre "pomme" n'y a rien à voir..et je me demande bien pourquoi je ramène la mienne..
Ariane, le "smili émoicheûne" du 57, à la fin, vous aurait-il donc échappé ? Mais sue de tourments pour quelques guillements manquants !
"guillemets" ! NB : c'est bizarre, cette faute de frappe, ce n'est pas la première qu'elle m'attrape.