nuée

« Les voyages me tentaient, mais je sentais que je ne les aimerais que seul, en suivant ma volonté. Enfin, donnant la première preuve de mon inconstance, sans en avertir mon oncle Ravenel, sans écrire à mes parens, sans en demander permission à personne, sans attendre mon brevet d'aspirant, je partis un matin pour Combourg où je tombai comme des nues. »

François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe.

Les nuées de Chateaubriand sont soufflées percées ce matin. Je n'ai trouvé fleur de tournesol à glisser en ma boutonnière, des mésanges gourmandes en picorant les graines ont fané ses pétales ; la voracité de ce passereau agrippé penché, bec acéré, est si charmante à zieuter qu'elle enlève le regret d'un jaune éclatant. Alors, bottes, pardessus ? Non tenue plus légère, le carrosse métallique me protègera, juste éviter de glisser. Le fossé.

Qu'emmener à Combourg pour ces Confidentiels ?

Une main pour en serrer quelques-unes, un peu d'oseille pour lever le coude avec Cyrille Audebert ou joli damoiseau ou donzelle, et choisir deux trois livres : une présentation de mes penchants en douze exemplaires et ceux, les miens, déjà usés du Souvenir de personne, de Bleu Terre, de La Chèvre jaune et des Conards de Rouen, ils pourraient appuyer un propos, une esquisse ou un rire.

PS : j'ai appris par Denis qu'il était trop tard pour serrer la main de ce monsieur. Nous n'y pourrons jamais rien.

(photo de Bruno Bord, licence creative common)