Le Cormier inspire
Par Christian le dimanche 14 novembre 2010, 08:07 - Clin d'oeil - Lien permanent

Des Confidentiels je n'écrirai mes impressions, juste sachez que j'y ai rencontré des passionnés et des amoureux, cela fait plaisir à vivre & rapporté pour ma fille un cahier à musique ouvragé dans l'atelier d'Emma et de Stéphane, une petite note me chatouille le co(rt)dex depuis (à suivre).
Non, juste ceci, je viens - merle alors ! - de le picorer sur poezibao :
« C’est en 1949 que Fernand Verhesen a fondé les éditions Le Cormier, en publiant un recueil de Maurice Blanchard, que suivit bientôt un recueil de René Char. Ces volumes furent composés à la main et imprimés par l’éditeur lui-même. La philosophie du Cormier se trouve énoncée là : l’exigence dans le choix des textes (quatre titres par an) y épouse le grand soin accordé à la réalisation du livre comme objet singulier. »
Le rameau du cormier inspire (vous aussi, croyiez-vous enfant, que des arbres naissait le vent ?).
« Doux n'est le vent du rameau de ses brisées »
Anonyme, 2011.
post scriptum & baba au rhum :
Ah oui, dire quand même que parmi toutes les personnes rencontrées même très brièvement : Emma Coll – relieur (Dinan) – , Stéphane Gangloff (Dinan) – doreur (Dinan) – , Hélène Camus – libraire (Combourg) – , Philippe Marvier – libraire (Dol-de-Bretagne) – , Camille Hacquard - libraire (Châteaugirond) – , Claude Charpentier – libraire (Liffré) – , Mérédith Le Dez – éditeur (Saint-Brieuc) , Jean-Marie Berthier – auteur, Xavier Rougerie – éditeur (Mortemart), Olöf Pétursdottir – poète et traductrice – et celles que je ne peux citer ; aucune n'avait cet esprit geignard qui trop souvent s'étale sur le web ; elles transpiraient de leur passion.
Commentaires
Chouette ! J'ai une idée. Le Roseau aussi il inspire...
Souvent je - ou on - se demande comment s'y retrouver pour savoir ce qu'est ou non un "grand" livre, auteur, etc. Sur quels critères se fier, en somme. A partir d'aujourd'hui, vais-je me dire peut-être et avant de dilapider trop d'émotions : "Tiens, mais ce livre "mériterait-il" d'être relié comme un objet singulier ?" En disant cela, je songe à la toute vieille poupée chiffonnée - mais chérie - que l'enfant a préférée à une toute neuve mais par un parent imposée.
Question : Anonyme 2011 ?
Figurez-vous que la petite note a cette couleur là, je vais en aviser Emma & Cécile, si elle trouve portée, vous le saurez en 2011.
PS : j'aime citer les anonymes non nés.
J'appuie à mon tour la question de Véra qui est mienne depuis quelques jours également.
qu'est-ce qu'un grand livre, ou plutôt lequel mérite d'être relié demande Véra..
je pense que ce serait celui qu'on ne se décide jamais à ranger, qu'on garde à porter de main, qu'on abandonne quelques temps mais qu'on veut toujours avoir sous les yeux et dont l'auteur est devenu un ami..
celui-là seul mérite d'être amoureusement relié; et, paré de cuir il pourra survivre à toutes les tempêtes...
qu'est-ce qu'un grand livre, ou plutôt lequel mérite d'être relié demande Véra..
je pense que ce serait celui qu'on ne se décide jamais à ranger, qu'on garde à porter de main, qu'on abandonne quelques temps mais qu'on veut toujours avoir sous les yeux et dont l'auteur est devenu un ami..
celui-là seul mérite d'être amoureusement relié; et, paré de cuir il pourra survivre à toutes les tempêtes...
Merci, Ariane, pour cette belle réponse.
Elle me convient ...
Merci, Ariane, pour cette belle réponse.
Elle me convient ...
Je pense que mon propos était surtout d'ordre "symbolique", si j'ose m'exprimer ainsi. Mais comment le formuler, le dire ? En ce sens que dans mon esprit, sans trop y réfléchir, je vois comme une sorte d'étalon de mesure... Sans doute que ma mémoire a dû retenir le nom de Protagoras, évoqué par Christian, mais où ? http://www.metrologie-francaise.fr/...
Qui de nous ne s'est jamais dit d'un être cher disparu quand le doute nous titille : "Que penserait-il de moi s'il était encore en vie ?"
Pour ma part, j'aurais plutôt envie de faire "relier" un livre en ma possession, soit parce qu'il tombe en ruine soit parce ce qu'il n'est plus publié. Ou alors pour poser un acte qui pourrait être de l'ordre de l'intime. J'ajouterais "que ce que" m'inspire cette page des Penchants, est surtout une remise en question de ce qu'il est convenu d'appeler le sens critique.
Il me semblait que l'exercice pouvait amener à éviter tout laxisme et emballement délétère. NB : L'orange du lien est innocente. Je pense que le Roseau est non plus pas un de ces chasseurs de têtes d'antan, mais "un chasseur de plumes" ! (sourire)
Un grand livre ?
C'est une question à laquelle je ne sais pas répondre, mais j'aime écouter vos approches.
Maintenant, un livre important pour moi, oui, j'aime le partager avec les personnes que j'aime. Certainement. Et pourtant, curieusement, pas toujours. Une phrase, un texte, noir, entouré de blanc, c'est aussi une réflexion sur soi-même avec cet autre dont la seule chair est le relief des caractères.
C'est la raison pour laquelle, je pense, souvent il m'arrive d'acheter deux exemplaires, du moins pour ce j'estime être un livre "grand".
Chère Véra,
Oui, je vis la même chose. Il y a des livres dont on se sent tellement proche, qu'ils en deviennent nos compagnons de route; nos amis. Un ami que l'on garde parfois pour soi, mais dans mon cas, lorsque j'ai une haute estime de lui, j'aime le faire connaître à mes intimes.
Chère Savina,
Oui ! Et pourtant, au fil du temps, j'ai vu, du moins dans l'intimité, qu'il ne fallait pas trop insister. Je connais des parents grands lecteurs qui s'inquiétaient que leurs bambins tardaient tant à lire vraiment. Et puis, un beau jour... §(*_°)§
PS : Ainsi que - et je pense que c'est ce que Christain a évoqué - les annotations personnelles - pas toujours au crayon ! - que j'y laisse...
Un vrai petit cochon, que je suis ! (Ciel ! que de que !)
et bien merci
de votre présence au Salon et du relais que vous en faites
à l'année prochaine j'espère
Yann
(de l'asso "des rives" et organisateur des Confidentiels)
Yann,
Merci pour votre passage ici. Bien que n'ayant pu rester toute la durée du salon, il est pour moi une réussite dès sa première année : l'ambiance qui s'en dégageait incitait à la découverte des personnes et des mots imprimés.
Oui, voisin maintenant, je ne manquerai pas sa suite.
A bientôt donc.
Véra & Savina,
Ce qui me frappe lorsque j'observe (ou que l'on me fait part de) la conduite d'une personne avec « son livre », c'est une grande variété, y compris dans la « cérémonie » de son ouverture. J'ai souvent vu des nez frémir. Que vient donc faire ne nez ici ? Je n'en sais rien. Peut-être tout bêtement sentir la chair du texte lorsqu'elle est couchée. Mais en disant ça, surtout, je ne voudrais pas réduire ces gestes, ces rites particuliers, à une vision qui les engloberait. Il y a variété, celle des êtres, y compris dans ce que l'on ne perçoit pas.
Bonsoir Christian (bonsoir Véra),
C'est tellement vrai d'évoquer cela. Au fond, non seulement le rapport au livre est forcément intellectuel, mais surtout, aussi, très physique.
Ce frémissement souligné, pourrait aussi être accompagné du besoin de palper l'ouvrage, de l'observer, avant de l'ouvrir.
Je me demande, là maintenant, si la griffe d'une maison d'édition, j'entends le type de couverture, ne joue pas un rôle, me semble-t-il essentiel, sur la manière dont un texte sera abordé puis ensuite apprécié.
Un peu comme cette formule disant que l'on mange aussi avec les yeux.
Ou, puisque finalement le rapport au livre est assez érotique, un peu comme si le physique d'une femme ou d'un homme participait à l'attrait de la personne.
Bonsoir Savina,
Erotique ? Sans doute, charnel assurément. Et la chair usée des vieux livres passés de mains en mains indiffère rarement.
Cher Christian,
Oups ! Oui, pardon, charnel est bien le terme qui convient ^^