Un jour de grosse lune de Cécile Delalandre est publié
Par Christian le samedi 22 janvier 2011, 07:47 - Un jour de grosse lune - Lien permanent
« J’ai cinq ans dans la neige.
Comprends que le mot est barreau, encercle la solitude. Comprends qu’il fait
comprendre pas sentir. Ne m’y résous pas. Ne m’y résoudrai jamais.
J’ai cinq ans dans la neige.
Déclare la guerre aux mots. Décide de les scier, de les tordre. Décide de
trouver la faille pour libérer l’authentique et semblable impression. Faire
qu’elle se glisse intacte de moi à l’autre, de l’autre à moi.
J’ai cinq ans dans la neige.
Ne suis plus complètement heureuse.
Ainsi, c’est arrivé. »
Un jour de grosse lune, Cécile Delalandre.
Ce jeudi, mais était-ce un dimanche ? « La neige fondit et apparut la mémoire de pierre sous la toiture céleste. Les saints des murs prirent leurs armes et s'échappèrent de leurs chaînes de pierre. » (1) De l'escampolette, la scie swing, la torsion jazz, des senteurs fortes s'échappent, & s'extirpe de la calame ce mal à di. En jeter l'encre et la projeter, la douleur même s'irise de couleur.
Cécile, dans son jour de grosse lune, en regroupe quelques éclats, vous en frôlerez d'autres en survolant l'Égée, Chios et sa lunule.
Cécile *_*, merci.
P.S. Cécile Delalandre est aussi la voix de Bleu Terre.
(1) Nikos Lygeros, La Neige de l'oubli, trad. A.-M. Bras

Commentaires
Merci Christian *_*
Tu sais, Cécile, ce livre, même si je le nomme livret, j'ai vraiment du plaisir à le façonner et lorsque je le propose, je le fais avec fougue parce que je sais qu'il suffit que la personne à laquelle je m'adresse le lise pour la comprendre. Alors merci, oui.
J'ai levé un (plusieurs) verre de vin blanc frais et gouleyant à la sortie de ce livre qui tout comme le vin dans la gorge égaie l'esprit au long cours (ou un truc plus simple mais l'effet du vin, ou du livre, enfin les deux)...
Bravo Cécile pour ce très beau livre -je dis bien livre-
Nul besoin d'un pavé indigeste pour nourrir l'imaginaire du lecteur et la "Grosse lune" remplit parfaitement ce rôle.
A découvrir et déguster encore et encore..
Je suis sous le charme chaque fois que je l'ouvre !
J'attends maintenant que LA BEZOTE sorte prendre l'air des Penchants : les houseaux sauront la mettre en pages et nous réjouir de ses vagabondages...
C'était un Beau Jour, hier, puisqu'on a vu TON NOM s'afficher en tête d'un "livret" (qu'ils disent !) qui vaut bien des parpaings indigestes !
Que l'artisan prépare le matériel : un chef-d'oeuvre est en train de courir à sa rencontre !!!
Je souris d'aise en vous lisant parce que, pas plus tard qu'il y a deux minutes, je voulais vous souhaiter un joyeux "Jour de pain perdu" ! D'ailleurs, je suis d'accord, cinquante pages ce n'est plus un livret ni une nouvelle et l'écriture très originale de Cécile me rend toute joyeuse. Surtout qu'il m'apparaît - et de plus en plus - que c'est parsemé de charmantes petites clefs qui entrebâillent, non sans malice mais avec délicatesse, la porte de ses mystères. J'adore son petit je-ne-sais-quoi qui me rappelle Gavroche. Merci !
Encore bravo Cécile pour ce Jour de grosse lune !
Et à bientôt pour une suite que nous attendons tous avec impatience.
Merci à Toutes et tous *_*
J'ai lu deux fois ce petit livre. La première fois, j'ai été poussé dès les premières pages par la curiosité: le besoin d'avoir une impression globale, une apprehension, une compréhension, une intuition de la nature du texte et des sentiments qui s'y expriment....
A la fin, j'avais le goût d'un journal d'automne dans le coeur (ben oui..)
La deuxième fois, j'ai relu doucement. J'ai oublié les fautes (il y en a peu) et je me suis arrêté sur les merveilles (il y en a beaucoup)que j'avais soulignées à ma première lecture... J'ai parfois regretté les ellipses parisiennes, l'addition des métaphores, ou la complexité de certaines phrases... J'ai souvent regretté la brièveté du texte (certaines paragraphes méritent plusieurs pages)... J'ai toujours adoré le mélange pudique-m'astuvu du langage, si fort, si difficile, si juste.....
Surtout je n'ai jamais boudé mon plaisir !
Le goût qui m'en est resté est plus complexe: subtile, gai, doux, amer, une sorte poétique très parnassienne (ben oui).
Je me suis dit que j'avais oublié ce qu'il y a entre les lignes, entre les mots.. Dans ce petit livre, il y a beaucoup à lire.. Avec un grand bonheur.
Merci.
Je vais le relire.
Merci Michel, je vais mettre ce commentaire à la suite du billet de bienvenue.
P.S. pour les fautes que vous auriez remarquées, ça me ferait plaisir que vous les notiez, ci-dessous, ou, si vous le préférez, envoyez-moi un message. Ma méthode de fabrication a ceci de bien : elle peut cueillir une coquille et la ranger dans un de mes tiroirs obscurs.
Michel Dalmazzo a parfaitement jugé le style par ces mots :
" le mélange pudique-m'astuvu du langage, si fort, si difficile, si juste ... "
J'apprécie ... l'appréciation !
La Grosse Lune est une enfant trop tôt "adultée" qui le dit avec ses maux ... !
Oh, côté fautes, il n'y a vraiment pas grand chose! J'ai surtout repéré des bricoles:
p12, "m'avait guidé" au lieu de "m'avait guidée",
p18, le point manque après Wepler,
et p48 "Forca del destino" au lieu de "Forza del destino",
ainsi que, ça et là, quelques grains de sable dans la ponctuations..
C'est dire que ce n'est pas un problème!!
j'ai lu bien souvent pire.. et je lis rarement aussi beau...
Merci Michel,
je regarderai tout ça et vous remercie pour ce travail de relecture dont vous avez eu la délicatesse de m'envoyer la copie en privé. Je ne manquerai pas, en accord avec l'auteur, de procéder à toutes les corrections qui iraient de soi. <-- j'avais mis un t à soi !
Pour le reste, et je sais que vous en êtes d'accord, je tiens à ce que l'auteur ait toujours le premier mot et le dernier. Qu'une bonne correction - lorsqu'on prend la décision d'éditer et de publier - n'est pas d'appliquer des règles, mais d'interroger et de suggérer ou... de la refuser, bien entendu. Je reviendrai, dès que j'en aurai le loisir, sur ce sujet dans un billet qui ne sera pas nécessairement très court.
Merci beaucoup Michel d'avoir pris le temps de me lire et par deux fois, qui plus est!
je suis très touchée par la façon dont tu as exploré mes textes et je prendrais garde dorénavant à me relire plus attentivement!
je suis flattée aussi que tu aies pensé à "une sorte poétique très parnassienne " . j'aime très justement l'Art pour l'Art, la beauté et tout ce qui s'engloutit pour le seul plaisir de la délectation.. car même si cela n'est pas manifeste, tout cela a un sens!
Merci . *_*