Après celui de Nicole Schou qui présente sur m@n son manuscrit : Seuls, Cécile Fargue Schouler s'est livrée à ce drôle d'exercice, celui de répondre à cinq questions, voici ses réponses :

Pouvez-vous vous présenter à l’ensemble de la communauté ?

Bien sûr, je m’appelle donc Cécile, j’ai 32 ans, déjà quelques cheveux blancs et aucune envie de les cacher. J’ai pas mal de bonnes grosses casseroles qui me suivent et des valises bien pleines, à côté de cela des envies, des rires et des projets plein la musette : bon an, mal an, tout ce patchwork fait un déséquilibre quasi parfait pour avancer. Côté professionnel, j’ai essentiellement travaillé jusqu’ici dans les médias : presse web, presse écrite , agence de communication, radio... En radio, par exemple, j’ai été plusieurs années journaliste pour RCF (Radio Chrétienne en France) et durant deux ans animatrice-réalisatrice sur radio Primitive ( radio anarcho- punk), autant dire que les grands écarts ne m’effraient pas, bien au contraire. Je crois d’ailleurs que cette liberté et ce goût pour les opposés résument assez bien aussi ma vie personnelle. J’ai fait, j’ai été beaucoup de choses : j’ai aimé des hommes et j’ai aimé des femmes ; j’ai fait 120 kilos et j’en ai fait 60 ; j’ai eu des amis braqueurs et d’autres prêtres ; j’ai crevé la dalle et j’ai diné dans des 4 étoiles ; j’ai été faune la nuit et plante verte le jour... et je pourrais encore allonger la liste tant je suis un paquet de contradictions ! Mais ce paquet, avec ses fils tout emmêlés, est sans nul doute mon plus grand bien. J’ai de plus la chance aujourd’hui d’avoir rencontré, épousé même, un homme qui, loin d’en avoir peur, joue avec ces fils, s’en amuse, m’en amuse et me donne plus encore le goût de cette liberté et du partage. Et puis, au centre de tout cela, il y a des mots. Des mots qui font des phrases, qui parfois même font des livres et qui sont plus intéressants je crois à lire que toutes les lignes ci-dessus.

Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire ?

Longtemps ça a été l’incapacité de parler. J’ai commencé à écrire pour ça, c’est à dire pour moi, très égoïstement, pour m’entendre, m’écouter, me construire, me reconstruire... Ces écrits d’ailleurs n’avaient pas pour vocation d’être lus et j’ai du remplir des dizaines de cahiers brouillon entre 10 et 15 ans, perdus aujourd’hui dans des déménagements successifs. Et puis, petit à petit, les mots m’ont prise à leur propre jeu : si je ne savais pas parler, eux ils avaient à dire. Ils ont donc commencé à inventer. Inventer des petits textes, des petites histoires, avec des petits bouts d’impressions, de sensations qui gravitaient sans raison apparente en moi. Ils se sont mis à légitimer ces émotions hétéroclites que j’ai toujours aimé ressentir et dont je ne savais pas trop quoi faire. J’ai alors découvert une liberté fantastique : cette possibilité de vivre mille vies dans la mienne. Voilà je crois l’envie de départ, ensuite il y a cet émerveillement de gamin devant la puissance du mot. Une phrase qui sonne juste, c’est presque un petit orgasme. Découvert aussi que peu importe le paysage, l’écriture peut éclairer n’importe quel motif, bon ou mauvais, triste ou gai, banal ou extraordinaire, elle peut l’approcher de si près, le caresser ou le mordre si justement qu’il en devient fatalement Beau. Et ça, quand on y arrive parfois, c’est un pur moment de magie !

Quelles sont vos références littéraires principales ?

Je n’ai pas vraiment de référence. Même pas du tout. Et je crois que je n’essaierai pas d’écrire si j’en avais. J’ai aimé, adoré, des livres (des romans de Troyat, Bazin, des poésies de Prévert, Desnos, des écrits d’Artaud, Cioran..), mais jamais d’auteurs je crois. L’idée même d’avoir un modèle, un quelque chose de juché sur un piédestal, me laisse perplexe. De plus, un référent est quelqu’un de qui on apprend et je pense qu’en écriture on est seul. On ne se demande pas si on va écrire mieux que machin, comme bidule ou à peu près à la même hauteur que truc, on écrit, point. Les références c’est utile à ceux qui parlent de littérature, à ceux qui classent, qui comparent, qui critiquent...on ne peut pas tout faire.

Quels sont vos centres d’intérêt autres que la littérature ?

Alors je viens de me découvrir il y a peu une passion dévorante pour le jeu World of Warcraft ! Je peux passer des nuits entières à jouer avec ma paladine, un paquet de clopes et une crampe au majeur. Sinon, il y a les arts plastiques qui m’ont toujours titillée, avec le dessin il y a quelques années et le collage aujourd’hui. Je m’amuse d’ailleurs à les signer du pseudo MadeMoiAiles : jeu de mot idiot qui, pour l’anecdote, me vient de l’époque où je fréquentais le milieu SM, comme quoi rien ne se perd, tout se transforme ! Je nourris ma marotte pour le Moyen Age également en me gavant de livres, de films, de balade « in situ » quand je peux. J’essaie de rire le plus souvent possible aussi et j’y arrive assez bien. Entrecoupez le tout de grandes plages de solitude et de musique, de crises d’angoisse et d’euphorie et voyez que la littérature se trouve plein de copines, autour de la machine à café, pour papoter de sa journée !

Avez-vous déjà des projets pour faire suite au Souvenir de Personne ?

Déjà essayer de suivre, d’accompagner au mieux cette nouvelle publication, en espérant au Souvenir de nombreux lecteurs ! Ensuite il y a un roman à venir, février 2013 normalement, aux Éditions Monplaisir (qui signe déjà Pauline Valmage - « La volonté des anges » - auteur suisse que j’apprécie beaucoup). Et puis, depuis plusieurs mois, je travaille sur deux fictions qui arrivent doucement à leur terme : « La Maison Rouge » et « Les riches heures du pauvre Berry » Je vais prendre le temps de les peaufiner encore un peu avant de chercher à les faire éditer. Et comme les chemins sont faits pour ne jamais se ressembler, je pense que j’essaierai pour eux deux de taper à de grandes portes : on ne sait jamais...

Merci de votre attention et en attendant vos commentaires !

Le site internet de Cécile Fargue Schouler : http://fargue-schouler.blogspot.com/

Sa page Facebook : http://www.facebook.com/cfargue