Une gorgée de cailloux, Padrig Moazon, première de couverture

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« Le papillon ignore totalement la botanique
Il n’a pas de compte à rendre sur son battement d’ailes. »

Ainsi s’ouvre Une gorgée de cailloux, le recueil que le poète rennais Padrig Moazon publie samedi, aux Éditions Les penchants du roseau, installées à Saint-Aubin-du-Cormier.

Le recueil regorge de vers lumineux. Certains sont d’une brûlante actualité :

« Dans le pré, une vache prépare ses revendications
Le schéma de distribution du lait lui échappe totalement » ;

« Les chalutiers de l’aube ont rendez-vous avec les quotas » ;

« Marées noires,
Algues vertes,
Sacs plastiques,
À quoi rêvent les méduses ? »

Padrig Moazon est un poète à auteur d’homme. Ses mots et sa vie sont les nôtres. Sauf que lui regarde les choses du quotidien avec une œil mouillé de tendresse. Et il voit des choses que nous ne voyons pas. En tous les cas, pas comme ça : « Les cailloux rêvent », « Le vent n’a rien à raconter », « La poussière a plus de patience que le regard », « Le lointain commence passé le pas de la porte »…

Au cœur de ses textes, il parle d’un cimetière dans lequel « les veuves ont triomphé des fumeurs de maïs et des buveurs de goutte.
Elles versent de l’eau sur les géraniums.
Elles explorent les merveilleux paysages des promenades intérieures,
qui ne mènent nulle part ».

Padrig Moazon déjà auteur du splendide Mémoires du cargo, est un glaneur d’images avec lesquelles il tresse des tableaux sensibles.

Philippe Simon, Ouest-France du 7 mars 2013

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« La marée laisse sa monnaie de coquillages sur le comptoir du jusant. »

Extrait de Une gorgée de cailloux de Padrig Moazon, édition Les penchants du roseau.

Padrig Moazon, poète breton, je viens de le découvrir dans la fraîcheur de mon jardin. J’admire les images poétiques de sa prose, les nombreuses métaphores.

« La mélancolie a laissé ses empreintes digitales sur les arrière-pensées. »

« La rosée sur l’herbe, bijou de pacotille »

Des mots fleurs agréables à découvrir dans un livret de délicat papier crème livré dans une pochette en papier de soie. On sent l’amour du métier, le désir de faire bonne impression.
Il est important de faire connaître les poètes, comme il l’est aussi de parler des petites maisons d’édition qui relèvent des saveurs inconnues, de curieuses délices.
Ils préservent la bibliodiversité ! (...)

Grillon du foyer

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« Une gorgée de cailloux : le titre est déjà magnifique. Les poètes comme Padrig Moazon (de Cesson) nous réconcilient avec la partie immergée de nous-même. On a envie d'isoler les bons mots : « La poésie est biodégradable » ; ou « Tenir un smartphone à la main au lieu de tenir une autre main » ; « Le lointain commence passé le pas de la porte ». On ne devrait pas. La poésie est beaucoup plus qu'une performance. »

La rédaction de Nous, Vous, Ille

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